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9.août.20189.8.2018 // Les Crises

L’étude de l’influence russophile sur le Benallagate : d’énormes failles méthodologiques

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Suite au buzz déclenché par Nicolas Vanderbiest de EU DisinfoLab sur le “gonflage numérique” de l’affaire Benalla sur Twitter, nous avons publié cet article mardi dernier – regrettant , comme beaucoup, que l’étude complète n’ait pas été disponible au moment des déclarations publiques de l’auteur (comme ici).

  1. Nos 13 questions, et les réactions de EU DisinfoLab
  2. Analyse de l’étude EU DisinfoLab
  3. Partie 2 – Méthodologie
  4. Partie 3 – Analyse
  5. Partie 1 – Enseignements
  6. Parties 4 et 5 – Le EU DisinfoLab et FAQ

I. Nos 13 questions, et les réactions de EU DisinfoLab

Nous posions 13 questions à l’auteur, en lien avec ses déclarations – nous avons eu depuis quelques réponses :

  1. comment sont identifiés les tweets sur l’affaire Benalla ? Quels sont les mots clefs retenus ?
  2. comment Nicolas Vanderbiest définit-il scientifiquement un “bot” et du “militantisme” ?
  3. comment Nicolas Vanderbiest définit-il scientifiquement un “troll” ?
  4. comment sont traités les Retweets dans l’étude ?
  5. comment Nicolas Vanderbiest définit-il scientifiquement un “gonflage numérique” ?
  6. pourquoi Nicolas Vanderbiest ne donne-t-il pas une dizaine d’autres exemples de même type pour analyser la façon dont se propage l’information sur Twitter ?
  7. comment Nicolas Vanderbiest définit-il scientifiquement un “écosystème russophile” ?
  8. pourquoi avoir choisi de définir spécifiquement un “écosystème russophile” ? Est-il prévu, par déontologie élémentaire, de définir et mener des études avec un “écosystème américanophile”, “écosystème europhile”, “écosystème sinophile” etc…
  9. comment Nicolas Vanderbiest définit-il scientifiquement une personne “russophile” ? Et comment qualifie-t-il une personne qui n’est pas “russophile” – ce qui semble être son cas ?
  10. Nicolas Vanderbiest a-t-il bien ainsi intégré ainsi les comptes dans cet écosystème ? A-t-il tenu compte de volonté de désinformer ? Si oui, comment, quels en sont les critères ? Y a t-il des critères de diffusion de désinformation en lien avec “l’intérêt gouvernemental” ou “l’intérêt américain” ? Sinon, pourquoi ?
  11. Nicolas Vanderbiest a-t-il donc compté les retweets de ce compte PoteRusse comme des tweets ?
  12. pourquoi Nicolas Vanderbiest n’a-t-il pas pris la peine de contacter ce compte avant de le clouer publiquement au pilori, afin de valider son analyse ?
  13. pourquoi analyser simplement le nombre de tweets et non pas leur portée ?

Pour celles et ceux qui n’ont pas Twitter, lorsque Thomas Guenolé a retweeté notre étude, Nicolas Vanderbiest lui a répondu publiquement ceci (source : son tweet) :

Si je comprends bien, il ne répond donc pas à la plupart des questions, et nous reproche d’avoir commenté son étude à lui (qui parlait du volume de l’affaire Benalla sur Twitter), et non pas celle concernant le “gonflage numérique” de l’affaire Benalla – étude qui hélas n’était pas disponible quand le billet est sorti, plusieurs jours après ses propres déclarations sur Twitter… Mais il tente régulièrement de faire croire qu’il existait une autre étude avant le 8 aout:

Ceci étant, ce n’est pas la première fois que ce chercheur pose question – comme il y a un an à l’occasion des MacronLeaks :

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Hélas, il avait alors démontré une capacité d’écoute limitée…

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II. Analyse de l’étude EU DisinfoLab

EU DisinfoLab a finalement publié son étude mercredi – on peut la lire ici (mais ce n’est pas nécessaire, nous la reprenons en bonne part ci-après). Nous allons donc l’analyser dans ce billet.

“Hyperactivisme” qui restera à démontrer…

Cela commence bien : elle n’est apparemment disponible que sur le web en format Adobe Spark, et ne peut pas être téléchargée en pdf, ni être imprimée :

De plus elle ne contient, semble-t-il, aucun nom d’auteur

Mais on comprend assez bien les nouveaux éléments de langage, dans un contexte où les compétences et l’objectivité de l’équipe sont de plus en plus remises en question : “Il faut sauver le soldat Vanderbiest”

Ah bon. C’est tout de même dommage que l’étudiant, qui a écrit tout un article grâce au logiciel Visibrain, qui a communiqué énormément sur la nouvelle étude tout en diffusant des graphiques, ne semble soudain plus tellement intéressé par cette dernière…

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Question : cela serait trop demander de connaitre le nom du ou des auteurs de l’étude ? Et leurs références en Data Science ?

Car a priori, il n’y a plus que 4 possibilités :

L’étude prétendant analyser les interactions de 4 millions de tweets de 250 000 personnes a donc-t-elle été réalisée par :

Réponse A : Gary, avec son Master d’Affaires Européennes et de Coopération Franco-Polonaise ?

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Il est vrai qu’il a aussi une énorme expérience de “Big Boss”® de l’ONG du numéro d’urgence 112 (c’est probablement le moment d’appeler…)

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Réponse B : Alexandre, avec son Master en Communication ?

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Réponse C : Martin, avec son Master de Management et d’études Ibériques ?

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Réponse D : Léa, avec son Master de Droit public comparé européen ?

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Réponse E : Le Stagiaire ?

“URGENT MERCI !” (source ici et )

On appréciera la vision de “Militant de la Contre-Désinformation” – qui ne s’exercera à l’évidence pas sur celle de l’Union européenne…

Réponse F : La réponse F ?

 

En fait, le seul chapeau de l’étude suffit à en relativiser fortement la crédibilité :

“L’Affaire Benalla, révélée par le Monde, suivie de plusieurs rebondissements de la part de l’exécutif français, existe sans les réseaux sociaux. Dans le même temps, l’affaire Benalla a occupé Twitter en ce mois de juillet dans des volumes que nous n’avions presque jamais croisés auparavant. Ce volume a également été fortement amplifié par un petit nombre de comptes. Nous nous posons alors la question : comment s’exerce cette hyperactivité ? S’agit-il de partages militants ou est-ce également un gonflage numérique contaminé par de la désinformation ?”

Le “Ce volume a également été fortement amplifié par un petit nombre de comptes” n’a guère de sens, puisque par principe Twitter est animé par un petit nombre de comptes…

Après une enquête de longue haleine, l’ONG Les-Crises.fr© est heureuse de vous communiquer la source originelle du “gonflage numérique” de l’affaire Benalla, puisqu’avant ce tweet, le volume était quasiment nul :

On notera aussi le fait de laisser croire qu’il n’y a qu’une alternative fermée entre “partages militants” et “un gonflage numérique contaminé par de la désinformation”.

On voit que l’officine défend son existence, en mettant en avant “la désinformation”, alors que l’Affaire Benalla est probablement un très bel exemple d’affaire mobilisant les citoyens sans création de beaucoup de désinformation.

Bien entendu, nous ne disons pas qu’il n’y a pas eu, ici ou là, des rumeurs, erreurs, mensonges ou malveillance – on parle de 4 millions de Tweets ! Mais macroscopiquement, il n’y a pas eu de manipulation ayant largement trompés Français et ayant perduré longtemps dans leur esprit. Bref, à ce stade, on voit déjà que l’étude semble très douteuse…

III. Partie 2 – Méthodologie

L’étude commençant par les enseignements (sic !), nous sautons cette partie, et y reviendrons, comme il se doit, à la fin. Les premiers mots sont :

Définition fort juste – mais on voit mal comment ils vont prouver que le partage était délibéré, et qu’il ne s’agissait pas d’erreurs de bonne foi…

Nous obtenons ensuite la réponse à une question importante : comment ont été sélectionnés les tweets ?


Notre seule réserve sera peut-être sur le fait d’avoir pris toute référence à “Macron”, ce qui a pu ramener un volume non négligeable d’informations sans lien avec l’affaire.

C’est ensuite que sont amenées certaines définitions, fort surprenantes et critiquables :

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D’accord, mais… pourquoi ? Ou plutôt pourquoi seulement ça ? Pourquoi ne pas faire aussi un écosystème de médias mainstream, d’ailleurs scindé entre gauche et droite… (RTL-Europe 1 – TF1 – BFM et Arte – France Inter etc). Sinon, cela induit un biais colossal… Et encore, c’est une proposition simpliste. Il faudrait mener une étude statistique approfondie, afin d’analyser l’échantillon en composantes principales, pour trouver les regroupements statistiquement logiques.

C’est une telle analyse qui devrait aboutir à prouver que cela a un sens de s’intéresser à RT. Ici la logique est inversée, et donc faussée : on part de la conclusion, et on bâtit l’étude pour prouver qu’on a raison. Illustrons par un exemple : ce choix aboutit à retenir 5 000 comptes “diffuseurs de RT”. Imaginons qu’ils soient particulièrement hyperactifs. L’étude va conclure “les diffuseurs de RT ont été hyperactifs dans l’affaire Benalla – suivez mon regard”. MAIS imaginons, en fait, que ces comptes partagent systématiquement le contenu de TOUS les médias, RT comme TF1 et le Monde. On voit alors que cela n’a pas de sens de les identifier par la diffusion de RT, la conclusion sera la même si on regrouper les gros diffuseurs du Monde ; on montrait en fait simplement que les “hyperactifs de tout” ont été hyperactifs sur Benalla…

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On se demande bien comment une identification aussi fine a été faite, à partir de quelles identifications (ce n’est pas précisé), avec quelles requêtes (qui dit qu’elles sont justes et non biaisées ?).

Pour revenir à leur propre définition, comment les auteurs savent-ils que c’est de la désinformation volontaire ? Et pas des erreurs. Ou surtout, de l’humour pour faire rigoler ses amis. “Emmanuel Hollande” et “Macron Cahuzac”, ça compte comme “désinformation” – sérieusement ???

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Il y a donc un réseau “Macron Leaks” en France – défini à partir d’une infirmation venant de “réseaux identifiés comme américains” (?).

Mais là encore, le document était en grande partie vrai ; c’est logique qu’une telle information se diffuse rapidement.

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Là encore, pourquoi pas, mais pourquoi ne pas avoir défini un “Écosystème de désinformation En Marche” (et il existe !), un “Écosystème de désinformation pro-UE” et un “Écosystème de désinformation américain” ?

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Là encore, erreur méthodologique, toujours la même : qui dit que ceux qui partagent RT ne partagent pas tout de la même façon ? Cela-il été vérifié ? Où est l’étude ?

On appréciera particulièrement ceci :

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“Russophile c’est un fait quantifiable” – comme américanophile ?

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Et on sent à quel point l’auteur aimerait bien faire partie desdits “services de renseignement”…

 

La partie “méthodologie” se termine ainsi, sans qu’y figure (pas plus que dans le reste de l’étude !) une information sur la prise en compte des RETWEETS (c’est quand on rediffuse un tweet à sa communauté. C’est comme la différence entre “écrire un mail” et “faire suivre un mail reçu” à tous ses contacts). C’est pourtant fondamental pour la compréhension !

Là encore, la réponse a été obtenue sur Twitter (source) ;

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#OnAuraitDûLeMettreParÉcrit – oui, sans doute…

Pour illustrer, c’est en fait marqué là, dans la capture en effet :

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Quand les auteurs parlent de 4,5 millions de tweets, il s’agit en fait de 700 000 tweets, retwittés 3,8 millions de fois… (source)

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Question : pourquoi ne pas écrire clairement que les retweets sont comptés comme des tweets ? Pourquoi ne pas le dire systématiquement quand ils communiquent à l’extérieur des résultats ? Cela change tout…

Question : pourquoi ne pas réaliser quelques analyses sur les tweets seuls – vu qu’on parlerait alors ici des seuls créateurs de contenus

D’ailleurs, de même , l’étude ne fait aucune différence entre des tweets et de simples réponses lors de discussions.

EU DisinfoLab a même précisé que (source) :

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C’est là que saute aux yeux le manque de maitrise statistique et méthodologique.

Ils veulent regarder l’activité et la désinformation, mais ne s’intéressent pas à l’influence ! Ils vont donc se passionner pour un compte à 2 abonnés qui aurait diffusé 8000 tweets sur Benalla, en expliquant qu’il aura été très actif dans la diffusion du Benallagate ?

Mais une telle vision est logique pour eux, car il est certain que l’influence de la désinformation a été négligeable dans cette affaire – et donc que cette officine ne sert à rien sur ce sujet…

Question : pourquoi les auteurs ont ils simplement analysé le nombre de tweets et retweets et non pas leur portée/influence ? À quoi cela sert-il de tenir compte d’une masse de tweets s’ils ne sont lus par presque personne ?

IV. Partie 3 – Analyse

Les auteurs ont donc identifié 4 567 426 tweets et retweets émis par 247 701 acteurs en 10 jours – soit 2 tweets et retweets par jour en moyenne.

Ce seul chiffre, rapporté aux 22 millions d’utilisateurs mensuels et aux plus de 4 millions d’utilisateurs par jour de Twitter (source) montre bien l’extrême concentration de l’utilisation de Twitter : la grande majorité des utilisateurs ne twittent pas. (source)

Dès lors, le fait qui semble étonner les auteurs – à savoir que “1 % des twitteurs ont publié plus de 47 % des tweets et retweets sur l’affaire Benalla” – n’est pas très étonnant : on sait bien que la grande majorité des twitteurs twittent peu.

C’est en fait une loi d’Internet :

Wikipédia appelle même ça “la règle du 1 %” sur Internet – par exemple en 2005, 1,8 % des contributeurs avaient écrit plus de 72 % de tous les articles de Wikipédia.

Il est donc étonnant que les auteurs aient qualifié “d’hyperactifs” (laissant à penser à une anomalie) les 3 378 comptes ayant parlé de l’affaire Benalla et qui ont twitté ou retwitté plus de 200 fois sur ce sujet en 7 jours . Surtout qu’ils ne mènent aucune étude de concentration sur d’autres sujets !

Question : Pourquoi les auteurs n’ont-ils réalisé aucune étude de concentration sur d’autres sujets du même type ? Comment dès lors peuvent-ils soutenir qu’il y aurait une particularité dans la diffusion de l’information Benalla, et un” gonflage numérique” ? C’est peut-être le fonctionnement normal de Twitter.

Autre point central, sur lequel les auteurs passent très vite :

Vous avez bien lu : “Pour l’analyse, nous avons exclu les médias” !

Pourquoi ? Parce que !

On imagine que les auteurs estiment que, si on s’intéresse à la diffusion de l’affaire Benalla sur Twitter, le rôle de ces médias a été négligeable :

C’est dommage, ils auraient dû directement se limiter aux twittos qui ont le mot “russe” dans leur biographie, on aurait gagné du temps d’analyse…

Question : mais pourquoi diable les auteurs ont-ils exclu les médias de leur étude ?

 

Les auteurs ont alors réalisé ce graphique via un algorithme d’interactions entre comptes – ici avec plus de 200 tweets et retweets :

et là avec plus de 1 000 tweets et retweets en une semaine :

Quand les auteurs redécouvrent l’opposition…

Et de là ils définissent 4 communautés politiques :

La statistique est cruelle, car elle regroupe en une seule communauté “les médias” avec la communauté “En Marche”… :

Rappelons le problème d’attribuer ainsi à un compte une opinion politique, en se vantant de sa fiabilité :

mais c’est l’objet d’un autre article dédié sur ce site.

 

Question : pourquoi les auteurs n’ont-ils réalisé aucune analyse statistique sérieuse (ACP etc.) ? Pourquoi n’indiquent-ils jamais les médianes en plus des moyennes – sachant la forte hétérogénéité des contributeurs ?

Les auteurs s’intéressent ensuite aux ultra-actifs (plus de 1000 tweets et retweets) :

Et c’est qu’on retrouve la faille délibérée de l’étude – ne pas analyser l’influence. Car on est sûr d’une chose : un compte (re)twittant 953 fois par jour n’a AUCUNE influence. Car bien évidemment, aucun de ses abonnés (qui ne peuvent qu’être en nombre assez limité) ne lit une telle production !

Voici le compte qui a publié le plus sur Benalla : 5430 tweets

Il n’a que 5300 abonnés, dont le fil est donc noyé… Idem pour un des comptes les plus actifs hors Benalla :

Peu probable que beaucoup des 2 300 abonnés aient lu les 1 260 000 (re)tweets du compte.

Mais pour les auteurs de l’étude, ces comptes sont donc au cœur de leurs préoccupations.

 

Reviennent alors les “Russophiles” :

On retrouve ainsi la problématique évoquée précédemment (avoir choisi par principe au hasard un sous-ensemble sans analyser statistiquement la pertinence de ce choix – peut-être que ceux qui partagent RT partagent aussi tout autant LCP). On note également que de nouveau, aucune analyse statistique sérieuse sur les corrélations n’est menée – les auteurs sortent juste un “27 %” sans même qu’on puisse l’analyser (c’est normal, pas normal ?). Et puis il est certain que comme ils enlèvent les médias, ils vont finir par suffisamment resserrer l’étude pour arriver à ce genre de conclusion fortement biaisée. Enfin, il y a le problème classique de prendre une corrélation pour une causalité : peut-être que “partager RT” est surtout un indicateur très fortement corrélé à “être un opposant actif à Macron”…

 

Ensuite, la plaisanterie continue :

“Nous nous sommes ensuite posés la question suivante : est-il tout à fait normal pour certains militants de tweeter 200 fois sur un même sujet ?”

La réponse est “Oui, en Démocratie”.

En revanche, on pourrait se poser la question suivante : est-il normal qu’une micro-officine belge partenaire de l’Atlantic Council a priori sans salarié vraiment compétent en statistique se voir qualifiée “d’ONG” et voient ses analyses biaisées reprises par l’AFP et la presse ? (source)

 

Vient alors cette partie cocasse :

“Nous avons identifié neuf désinformations qui ont circulé durant l’affaire Benalla” : dont AUCUNE désinformation pro-Macron, c’est vrai qu’aucun LREM n’a menti ni désinformé dans cette affaire. Cela ne va donc pas du tout nuire à la fiabilité de l’analyse…

On se rend compte d’abord de la faible portée de ces “désinformations” : le volume de (re)tweets est faible. Tellement qu’on se demande comment une information (re)tweetée a été considérée comme pouvant figurer dans cette étude… On parle ici de 35 000 (re)tweets, soit 0,8 % de la base, ce qui montre bien que 99 % des tweets étaient de l’information, ce qui semble déjà un très joli score…

Pour la “désinformation” à propos du gyrophare de la voiture de fonction de Benalla (6881 tweets) – comment dire… Le problème, ce n’est pas tant que c’est RTL qui l’a dit :

c’est quand même surtout que ça a été confirmé par le Directeur général de la Police Nationale Eric Morvan devant la commission d’enquête du Sénat :

Et quand bien même cela aurait été faux, on voit mal la gravité de la chose pour quelqu’un qui a port d’armes, badges d’accès à l’hémicycle de l’Assemblée et passeport diplomatique…

Et ce genre de bévue a des conséquences…

Quant au “Benalla s’appellerait en fait Lahcene Benalla” (dont on voit mal encore la gravité) “sans présence médiatique”, comment dire (source) :

Et pour le recueil de l’ADN des opposants politiques (qui sonne quand même plus Gorafi) “sans présence médiatique”, cela a été entendu sur France Info :

Bref, si on enlève le gyrophare et le prénom sans intérêt, on arrive à 15 000 soit 0,3 % du total (avec une portée forcément encore plus limitée) – bref, le phénomène est imperceptible…

S’en suit alors une partie “Police judiciaire”, s’intéressant à certains comptes “suspicieux” :

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Là encore, voici l’audience de certains de ces comptes à 120 (re)tweets par jour :

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On voit le danger… En plus, ils achètent des fans les affreux ! (notez la solidité scientifique de l’analyse) :

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Soulignons que, fort heureusement, ceci n’arrive jamais sur les comptes sérieux

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Quelques nouveaux abonnés du compte Twitter d’Emmanuel Macron…

 

Bref, le jugement est clair :

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OK, bravo, bien joué ! Mais bon, quel est le problème qu’ils automatisent 3 comptes pour diffuser leur idées ? En quoi est-ce un “gonflage artificiel” de volume ? C’est quoi un “gonflage naturel” de volume ? Twitter est un réseau, le but de chaque personne ayant un message à diffuser est de toucher le plus de personnes possible pour les informer… Le JT de 20h00 ou les journaux des milliardaires participent-ils à des “gonflages artificiels” de volume d’information (par rapport au fait naturel de parler dans un bistro ?) ?

 

Enfin arrive la conclusion – où les auteurs définissent (allez savoir comment… #Pifomètre) – un “degré de suspicion” de désinformation :

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Donc oui, on risque d’être un compte qui désinforme si on a partagé plus de 5 des 9 âneries précédentes… Mais cela ne concerne que moins de 700 comptes (sur 55 000 relativement actifs, soit 1 %…)

 

L’étude se termine sur un nouveau coup sur les “russophiles” :

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alors qu’à l’évidence ce critère n’est qu’indirect, et que la variable explicative est probablement principalement d’être un compte d’extrême-droite malhonnête…

 

Mais en conclusion de cette analyse, nous citerons EU DisinfoLab (source) :

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V. Partie 1 – Enseignements

L’étude commence en fait ainsi :

Elle dresse 5 conclusions :

“1. Un volume d’activité extraordinaire” :

“en sélectionnant les plus actifs ayant publié au moins 1000 tweets, on obtient même 445 acteurs qui ont publié 768 281 tweets.”Soit 250 (re)tweets par jour : quelle en est l’influence réelle à ce stade ?

“2. Des hyperactifs avec des caractéristiques hors-norme” :

Un haut taux de tweets : Les individus qui ont propagé beaucoup de désinformation ont publié en moyenne 173 318 tweets contre 46 000 tweets pour les comptes qui ne diffusent presque pas de désinformation. Ce nombre est en relation directe avec la probabilité qu’un individu diffuse une désinformation.”

Ils ne se rendent même pas compte que, en plus de ne sciemment pas avoir mesuré l’influence, ils sont passés à côté d’un autre problème : ils n’ont pas mesuré le “taux de désinformation”. Bref, pour eux, il est plus grave d’avoir partagé 5 désinformations sur 1000 (re)tweets à 1 000 abonnés que 4 désinformations sur 15 tweets à 20 000 abonnés… Ils l’affichent eux-mêmes (source) :

7 désinformations sur 10 000 (re)tweets pour un compte de 1 500 abonnés…

Question : Pourquoi ne pas pondérer la “désinformation” par l’activité et l’audience ?

Habitant nulle part : Un autre fait intéressant est le fait que 41,9 % de ces comptes n’ont aucune information à propos de leur localisation“.

On appellerait ça un compte anonyme ?

3. Un écosystème relié à d’autres réseaux identifiés précédemment” ;

Là encore, l’étude cherche à confirmer ses propres biais et obsession- mention spéciale pour les 3 % de comptes qui ont parlé des MacronLeaks… Là encore aucune analyse sur l’écosystème LREM, ou sur les écosystèmes américanophile ou europhile…

“4. Comptes semi-automatisés”

Nous avons identifié un réseau de trois personnes utilisant un système automatique de retweet. Ces trois comptes passent par un service web utilisant l’API Twitter afin de publier toute la journée et ont vraisemblablement acheté des followers.”

5. Une corrélation de désinformation

#OnNePeutPasLeProuver…

Par ailleurs on ne savait pas que c’était mal d’automatiser un compte Twitter – on ne nous avait pas dit que c’était réservé aux seuls grands médias a priori…

Quant aux “comptes à la solde d’un réseau de désinformation étranger”…

Mais loin de nous l’idée de nier le fait que la Russie a une stratégie d’influence en Occident. Simplement, force est de constater que primo, on lui attribue beaucoup de choses sans preuves solides (voire de manière de plus en plus ridicule, ce qui prend un tour réellement parodique) et que, secundo, quoi que fasse la Russie, cela restera en termes d’efficacité d’influence sur notre pays sans commune mesure avec les interventions permanentes du soft power des États-Unis, sujet tabou qui n’est presque jamais abordé.

Et on voit que, face à cette menace insignifiante, de plus en plus d’individus travaillent à la limitation de Libertés fondamentales (loi sur les fake news, suivi et fichage des internautes, sanctions et contre sanctions…)

 

Rappelons également cette vision du professeur Kevin Limonier :

VI. Parties 4 et 5 – Le EU DisinfoLab et FAQ

Dans cette partie, l’officine donne plus d’informations sur elle par transparence :

Méthodologie “innovante” que nous venons de voir à l’œuvre. Quant au “soutien scientifique”, ce serait bien qu’ils aient de vrais scientifiques…

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Ok – ils ont donc touché 125 000 $ de Twitter – qui viennent des 1,9 M$ payés par RT et Sputnik à Twitter (soit 7 % de la somme), que Twitter a choisi de reverser “à des organisations luttant contre la désinformation”. On se rend que le trio qui a fondé leur agence de com a eu le nez creux de justement créer une officine présentée comme “luttant contre la désinformation”…

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Vous pouvez en apprécier la teneur ici (on serait Soros, on demanderait cependant un sérieux rabais sur les 25 000 $) – surprise, ils parlent encore de “l’écosystème russe” :

mais au moins elle est signée et transparente sur le financement :

Ah, il y a eu aussi 25 000 $ de la fondation Soros pour suivre les élections italiennes – on imagine qu’il n’y a aucune structure en Italie avec les compétences de cette officine…

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Comme on l’a vu dans cet autre billet, ils ont mis le fichier des comptes à disposition…

Et ils terminent par :

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Bon, c’est juste bête que ceci figure en bas de leur site :

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Annexe : On lire avec intérêt cette étude complémentaire de Damien Liccia sur Médium, et cet article de synthèse plein de bon sens des Décodeurs du Monde (il faudrait juste arrêter d’appeler cette officine “ONG” qui a un sens différent en français).


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Commentaire recommandé

Fritz // 09.08.2018 à 17h24

Bon, EU Disinfo Lab n’a plus qu’à sombrer dans le néant du ridicule.
Comme dit Olivier, « est-il normal qu’une micro-officine belge partenaire de l’Atlantic Council a priori sans salarié vraiment compétent en statistique se voit qualifiée “d’ONG” et voit ses analyses biaisées reprises par l’AFP et la presse ? »

Dans un pays dont la presse a accumulé les mensonges depuis la guerre du Kosovo, oui, c’est normal.

44 réactions et commentaires

  • Fritz // 09.08.2018 à 17h24

    Bon, EU Disinfo Lab n’a plus qu’à sombrer dans le néant du ridicule.
    Comme dit Olivier, « est-il normal qu’une micro-officine belge partenaire de l’Atlantic Council a priori sans salarié vraiment compétent en statistique se voit qualifiée “d’ONG” et voit ses analyses biaisées reprises par l’AFP et la presse ? »

    Dans un pays dont la presse a accumulé les mensonges depuis la guerre du Kosovo, oui, c’est normal.

    • Fritz // 09.08.2018 à 20h31

      Erratum : « se voie qualifiée “d’ONG” et voie ses analyses… »

  • Pierre de Taille // 09.08.2018 à 17h26

    Sur le fond, cette étude s’inscrit évidemment dans la communication institutionnelle européenne antirusse probablement pas étrangère à certains “influenceurs” américains et anglos-saxons ! En se basant sur des échanges de twitts, elle témoigne d’un biais méthodologique considérable étant entendu que ce n’est en aucune manière Twitter qui a été utilisé par les médias à l’origine de la montée en puissance de ma médiatisation de ce scandale (Le Monde, Libération et consors), et encore moins par la commission d’enquête parlementaire mise en place pour établir les faits relatifs à ce qui s’avère chaque jour davantage une véritable affaire d’Etat, n’en déplaise aux charlots qui le contesteraient encore !

  • Nathan // 09.08.2018 à 17h32

    Ayant eu un doctorat pour lequel j’ai dû me taper des centaines d’articles afin d’avoir un niveau méthodologique convenable, ça fait suer de voir qu’un type va avoir sa thèse avec un truc aussi fragile.

    • Dominique // 09.08.2018 à 21h38

      Non seulement son étude est fragile (mot empreint d’indulgence), mais on se demande comment un doctorant peu écrire des passages comme « reproche avant qu’on peut pas verifier et puis reproche que c’est transparent » et utiliser le mot « suspicieux » au lieu de « suspect ». Quelle misère ! C’est ça un doctorant, de nos jours ?

      • Le Belge // 10.08.2018 à 11h26

        Hélas, oui, à l’Université Catholique de “Louvain”, c’est possible, il sort de là le snoteneus (morveux en belge) de Vanderbiest (n’y-a-t ‘il pas une famille parisienne pour adopter ce dingue parce que voir un Belge faire ça, ça me dégoute) . Malheureusement.
        Les gens qui nous gouvernent et ceux qui les flattent (pour être poli) sont devenus des paranoïaques / psychopathes / toxiques au dernier des points.

        • Fritz // 10.08.2018 à 12h06

          Oui, c’est triste… Mais il y a des Belges plus honorables, comme Michel Collon, ou encore Noël Godin qui se ferait un plaisir d’entarter M. Vanderbiest. Gloup ! Gloup !

  • Fritz // 09.08.2018 à 17h34

    Dans sa réponse à Thomas Guénolé, Vanderbiest traite les-crises de “site complotiste”. Tan Khaerr de Wikipédia disant la même chose, il doit considérer EU Disinfo Lab comme une “source fiable”, parée de l’auréole des ONG.

  • Owen // 09.08.2018 à 17h42

    Pas le temps de lire, il faut que j’y aille.

    Le CNIL s’est saisie des plaintes déposées par les comptes twitter qui ont été fichés par EU Disinfolab.

    https://twitter.com/CNIL/status/1027570794027798528

    Maintenant, compte tenu que le Monde a lancé l’affaire Benalla et vient encore de contester l’étude EU Disinfolab, il faudrait créer l’écosystème d’informations, ou le logigramme qui a aboutit au fait que, oui, la CNIL a accepté de saisir…

    Par contre, François Mollins n’est pas dans le même logigramme:
    https://twitter.com/ProfToujours/status/1027444427441229825

  • Fritz // 09.08.2018 à 18h06

    Attention… Même le Décodex critique l’officine de Vanderbiest !
    https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/08/08/l-impossible-quete-des-bots-russes-de-l-affaire-benalla_5340540_4355770.html

    Les décodeurs ne vont quand même pas jusqu’à citer l’étude d’Olivier. On reste au Monde, entre gens bien… N’empêche que cette étude apparaît dans un tweet de la France insoumise. Sans doute les décodeurs ont-ils choisi ce tweet à cause de la photo inquiétante de Vladimir Poutine.

    Et comme au Monde, on ne se refait pas, on a droit à cette flatulence : « Il est assez fréquent à l’extrême droite de préférer Russia Today au Monde ou à Libération, et de se montrer élogieux envers Vladimir Poutine ».

  • WASTERLAIN Serge // 09.08.2018 à 18h09

    Le sieur Vanderbbiest ne maîtrise pas la statistique, mais parfaitement l’art du rétropédalage :
    https://francais.rt.com/france/53272-pas-dinfluence-russe-disinfolab-change-conclusions-etude-affaire-benalla

  • Epenico // 09.08.2018 à 18h12

    Bonjour,
    Dans la partie méthodologie, il me semble qu’une erreur d’interprétation du filtre s’est glissée pour ce qui est de la référence à Macron, en fait on a : … ou ( (“chargé de mission” ou “collaborateur” ou … ) (“macron” ou “emmanuelmacron” ou …) ) ou …
    A la jointure des 2 expressions, là où on a une parenthèse qui se ferme et une qui s’ouvre, il y a un opérateur implicite qui est souvent un “ET” (cela dépends de l’outil, mais là, ça me semble être le cas)
    Cela donnerait : (“chargé de mission” ET “macron” ) OU (“collaborateur” ET “macron” ) OU …

    • Silk // 10.08.2018 à 22h17

      Effectivement, l’expression s’ouvrant par une double parenthèse (la 2eme expression), les 2 parties entre parenthèses sont considérées comme liées par un ET. Ce qui fait que chaque terme contenu dans la première expression doit être lié par un ET (implicite) avec un terme de la deuxième parenthese (le tout contenu dans la double parenthèse se fermant à « lang:fr »). Mais d’ailleurs il y a un problème de quote. Il aurait fallu ne pas fermer la parenthèse après Elysée mais rajouter des quotes. Cette requête paraît assez mal formulée et peut générer des erreurs. Afin de les éviter la fin aurait dû être modifiée et ne pas limiter les quotes aux expressions’ en faisant comme ceci : “elysee” lang:fr). D’autant plus qu’apparemment le “lang:fr” semble être directement compris comme n’etant pas un terme recherché (voir les parenthèses suivantes et précédentes : (OR benalla lang:fr)), cela implique qu’il n’etait pas nécessaire de fermer la parenthèse après elysee dans OR élysée OR elysee) lang:fr) et que seule la dernière parenthèse était nécessaire, même quand plusieurs expressions sont recherchées, le lang:fr s’applique à chaque terme (voir la 1ere expression finissant par […] OR affairebenalla OR “Vincent Crase” lang:fr)
      Je ne suis pas sûr que la requête ne produise pas de faux positif en l’etat, il aurait fallut mettre chaque expression et chaque mot recherché entre quote. Ex (“benalla” OR “chargé de mission” lang:fr). Je trouve la requête mal écrite. L’utilisation d’expression régulière aurait évité une requête de cette taille qui en plus ralenti son exécution (et dès qu’il y a une erreur ou un désordre de parenthèse c’est toute la requête qui peut renvoyer de mauvais résultat, même si je ne peux affirmer avec certitude que c’est le cas). Disons juste que la syntaxe utilisée n’est pas homogène, et que des expressions régulières auraient été beaucoup plus puissantes.

  • Fabrice // 09.08.2018 à 18h15

    Conclusion la meilleure solution d’éviter la désinformation numérique c’est de lire de bon vieux temps livres (argh je n’ai plus de place je devrais me contenter d’une liseuse), et continuer à prendre nos écrans pour une pièce comique.

  • Lysbeth Levy // 09.08.2018 à 18h51

    Au delà de l’aspect “‘technique” éthique”, lesgislatif, il faut y voir surtout “la tentative” ou “ballon d’essai” à faciliter la censure “de profils” dissidents” ou “complotistes” selon les “inquisiteurs professionnels” des réseaux sociaux (C. W) imitant les Usa : https://actu.orange.fr/societe/culture/les-geants-d-internet-censurent-le-conspirationniste-alex-jones-l-extreme-droite-crie-au-complot-CNT0000015tzAO.html. Plus de 4000 comptes ont été bloqués” et ensuite Mr Nicolas Vanderbiest s’est félicité du “ménage” fait par twitter face “aux rumeurs du net” sur Macron (macronleaks) et l’affaire Bénalla pourtant lancé par le Monde; et s’est lancé par une “étude” en créant une liste de 4000 noms de “l’écosystème russophile” les “macronsleaks” étant selon les MSM d’origine russe. Or c’est Wikileaks qui a lancé ces “macronleaks” déclarés faux par l’ensemble de la presse, bien qu’exploité par Mediapart : https://www.google.com/search?q=M%C3%A9diapart+les+macronleaks&ie=utf-8&oe=utf-8&client=firefox-b d’un côté on vous dit que “ce sont les russes” et de l’autre Mediapart en fait ces choux gras. Pendant ce temps là des comptes twitter on sautés définitivement pour certains déjà jugés avec les “ismes habituels” https://www.facebook.com/ConspiracyWatchFR/?hc_ref=ARSfLNpEUriJzvaCSYf9dMZw-Xx9r0_G8i/…/g: Plein de comptes sont supprimés lors de l’opération, donc celui ci “bête noire” de “Rudy Torquemada”. C’est déjà le cas aux Usa ou des journalistes connues dissidents (sur la Syrie, Ukraine, etc) ont “sauté” de même. Alors vrais ou faux les macronleaks ? En tout cas demain vos comptes pourraient eux aussi être éliminés de la même façon sous un prétexte déjà cité ..

  • Duracuir // 09.08.2018 à 19h05

    Le terme ONG est une escroquerie sémantique. Le terme anglais indique seulement un truc style “asso à but non lucratif”. Grosse différence de sens entre “Asso à but non lucratif” et “organisation non gouvernementale”. L’intégralité de ces ONG sont discrédités entre scandales de remplissages de fouilles dans le caritatif, et les collusions manifestes entre beaucoup d’autres et les pires agences gouvernementales d’influence, on peut dire qu’un ONG, c’est soit pourri, soit mercenaire, soit supplétif beurk.

    • Fritz // 09.08.2018 à 19h11

      D’accord avec vous, quoi qu’il existe des ONG potables : le club de pétanque du village, par exemple. Mais elles sont rarement désignées par ces initiales. Dès que les médias disent “ONG”, il faut se méfier. ONG, c’est beau. ONG, c’est généreux. ONG, ça fait pleurer dans les chaumières. Le “régime”, c’est le MAL ; les “ONG”, c’est le BIEN.

  • perso // 09.08.2018 à 20h18

    – Bon alors je vais vous démontrer que toutes les fleurs sont rouges. Je circonscris donc mon périmètre de recherche à un mètre carré de champs de coquelicots (ben oui, pourquoi irai-je prendre des violettes, puisqu’elles sont pas rouge!). Alors donc disais-je, je place ensuite des miroirs sans fin tout autour, et que constate-t-on?? A votre avis? Ben oui, toutes les fleurs sont rouge, CQFD!
    – Mais les miroirs c’est pas des vraies fleurs?
    – Abruti! je l’ai mentionné dans mon postulat de recherche, ma methodo est verrouillée.
    – Ah d’accord…

  • Max // 09.08.2018 à 20h29

    Prendre Sputnik ou/et RT-TV comme source est souvent contre productif.
    Perso, sur l’affaire en question, j’ai préféré mettre en avant le fait qu’il n’avait pas eu de formation validé d’une école de police ou de gendarmerie et que le poste qu’il occupait était simplement la décision du Président et qu’il était lié a un parti politique du temps de Hollande.
    De plus comme ca a été déjà dit E Macron a fait comme ses prédécesseurs donc pas besoin de la Russie.

  • t2lt // 09.08.2018 à 20h58
  • Gleux // 09.08.2018 à 22h20

    Je viens de voir sur RT (oups russophile) lors d’une interview d’olivier sur ce média (oups russophile lui aussi) qu’Alexandre Alaphilippe avait aussi été interviewé par RT, donc Alaphilippe est aussi russophile d’après leur méthodologie non ?

  • Fritz // 10.08.2018 à 00h12

    Non seulement EU Disinfo Lab fait machine arrière, dépassée par le fiasco de ses “révélations”, mais si vous tapez maintenant “Benalla” sur un moteur de recherche, vous tombez sur des papiers qui évoquent le scandale du flicage effectué par cette officine avec la kollaboration de Twitter, les plaintes déposées auprès de la CNIL…

    Évidemment, ces papiers de France Info, LCI, etc., s’appliquent méticuleusement à ne pas citer le blog d’Olivier.

  • Patrique // 10.08.2018 à 00h46

    L’affirmation que Benalla serait un espion marocain vient d’Algérie. Ces deux pays ne s’aime pas, faut-il le rappeler.
    Mais Vanderbiest explique que Benalla n’est pas un espion marocain puisqu’il parle de désinformation. Quelle est sa source ? Personnellement je ne sais pas si Benalla est un espion marocain ou Vanderbiest un espion de la CIA. Mais je ne sais pas non plus s’il ne le sont pas.
    Donc monsieur Vanderbiest, quelle sont vos sources ?

  • Brian64 // 10.08.2018 à 08h40

    Oui, leur but n’est pas de délivrer des études de qualité, mais de faire des pseudo-études ( qui présentent bien) pour “montrer” que c’est les russes, défendre Macron, etc…
    On connaît la musique on a déjà Conspiracywatch de Reichstadt et le Decodex du Monde. C’est de l’enfumage total mais à destination de qui ? La plupart des gens se foutent de ces organismes, ceux qui s’intéressent un peu à la politique leur crachent dessus. Donc à qui cet enfumage est-il destiné ? Les journalistes ?

    • Max // 10.08.2018 à 16h13

      À l’AFP, avide d’information orientées parées d’un crédit factice mais rassurant (“une ONG”, “un expert des réseaux sociaux”), ainsi que ses perroquets (les grands médias), et par conséquent l’opinion majoritaire.

  • Charles // 10.08.2018 à 09h02

    “Contactée par “Arrêt sur Images”, Stephanie Lamy reconnaît que son tweet comporte “”une erreur” “dans la formulation. “”Eu disinfo Lab n’a pas directement attribué les MarcronLeaks à une offensive russe comme mon post peut le laisser croire, “clarifie-t-elle. “Les captures d’écran des tweets publiés par Berruyer sont sorties de leur contexte, alors que j’ai demandé maintes fois à son auteur de me consulter avant d’en faire usage dans ses articles””. “”

    Passage tiré d’un article d’ASI (certes très partial sur OB) : https://www.arretsurimages.net/articles/gonflage-benalla-sur-twitter-long-qui-accuse-est-elle-anti-russe

    Qu’en est-il réellement ? Si ce que Stephanie Lamy reproche à OB est vrai, ça pose quand même question. Notamment le “maintes fois”. Surtout vis-à-vis de la question 12.

  • Kokoba // 10.08.2018 à 10h30

    “macron” OR “emmanuelmacron” OR “élysée” OR …
    Bonjour le niveau…
    Qui peut croire à une étude sérieuse après çà ?

    On voit le résultat du délire de nos élites sur les “fake news” :
    Tout le monde se met à hurler sur ces fameuses fake news. On exige que twitter/facebook fassent quelque chose. Du coup, il font genre “bien sur qu’on va s’en occuper” et balancent quelques millions d’euros dans la nature que vont récuperer quelques types sans scrupules.

    Et à l’arrivée, on a ce genre d’imbécilités.

    • Yanka // 11.08.2018 à 00h29

      J’avais trouvé dès le début de l’affaire, cherchant à mettre un hashtag déjà populaire, un hashtag dyslexique apparemment involontaire : #AffaireBellana. Bellana, pas Benalla. Si on me le suggérait, c’est qu’il était actif déjà. 🙂

  • jave // 10.08.2018 à 11h51
  • Caton l’Ancien // 10.08.2018 à 12h14

    A propos de faire parler les stats pour leur faire dire n’importe quoi :

    https://www.youtube.com/watch?v=1lrofY8E1NU (francophone)

    Cherchez un peu “p-hacking” : ce terme désigne les combines pour donner l’apparence de l’étude statistiquement bien faite à ce qui est monté de toute pièce.

    Un autre exemple, par un chercheur qui avait décidé a priori de “prouver” que le chocolat aide dans un régime amincissant et qui a utilisé ces combines pour fabriquer un résultat “statistiquement significatif” :

    https://io9.gizmodo.com/i-fooled-millions-into-thinking-chocolate-helps-weight-1707251800 (écrit en anglais).

  • ThylowZ // 10.08.2018 à 16h16

    Je ne sais pas si O.Berruyer a vu, mais même Samuel Laurent (c’est dire) a fait un article qui va dans le sens du gros travail du blog sur cette affaire il y a peu (aujourd’hui ou hier je n’ai pas regardé la date). Ca m’a scotché!

    • Fritz // 10.08.2018 à 17h30

      Olivier l’a vu, il l’a même cité. L’ennui, c’est que Samuel Laurent ne cite pas la démonstration d’Olivier, comme aussi les médias qui ont évoqué la fragilité des méthodes de M. Vanderbiest.

  • RGT // 10.08.2018 à 19h01

    Après la sphère russophile, aurons-nous AUSSI une étude sur la sphère pipeauphile ?

    Entre EU DisinfoLab, le gouvernement, l’UE, les médias et tous les autres nous aurons une étude pour laquelle nous une source de données phénoménale.

  • Yanka // 10.08.2018 à 23h33

    À propos de failles méthodologiques, cette affaire m’a rappelé l’échec de la société Filteris, autrement plus sérieuse et rigoureuse que DisinfoLab, lors de la présidentielle : ils avaient prédit la qualification de Fillon, en analysant chaque jour les data (le “bruit”). Je m’y étais intéressé en relevant chaque jour leurs données (je les possède encore), pour la simple raison que moi-même, sans le moindre outil en dehors de mon nez, j’avais prédit très tôt la qualification de Fillon lors de la primaire de la droite (il était donné largement battu), puis sa victoire lors du second tour (mais devant Sarkozy, je me suis trompé sur le second qualifié). J’avais aussi prédit la victoire de Trump, quand tous les sondages (et l’expertise du président Hollande), sauf un, donnaient Clinton vainqueur les “fingers” dans le “nose”. En fait, je suivais de près par intérêt la campagne à droite, et j’avais trouvé que Fillon seul faisait de la politique. Les autres faisaient de la com’. J’en avais déduit que les électeurs choisiraient le plus sérieux des candidats. Je n’ai pas Visibrain, mais “brain” tout court — et un bon flair !

    Ceci dit, Olivier a aussi démontré quelque chose : quand on prétend faire de la science avec un biais idéologique (ici, partir d’une conviction personnelle — les Russes sont dans le coup — et chercher à la démontrer par la “méthode”), on se retrouve vite à poil sur la place du Marché, un dimanche d’été.

  • Yanka // 11.08.2018 à 01h29

    Je ne suis pas la mesure de toutes choses, mais je voudrais, sur la base de mon expérience personnelle, apporter un éclairage sur la méthodologie, moisie selon moi, de DisinfoLab. J’ai assez peu tweeté sur l’affaire Banalla (41 tweets ou RT), avec chaque fois, quand j’y pensais, des hashtags comme #AffaireBenallaMacron, #Macron, #Benalla, #Benallagate. Je suis sans doute politisé, mais je ne suis pas un activiste. Je retweete fort peu, et la plupart du temps des particuliers, ou bien le Figaro ou Valeurs Actuelles. Le seul journaliste que je suive de la “russosphère” officielle, c’est Édouard Chanot (Sputniknews), dont j’apprécie les interviews. Mon profil Twitter ne mentionne pas mes idées politiques, et à peine mon pays (orthographié “Blêmgique”, en hommage à l’écrivain Marcel Moreau). Sur ces bases, mon activité et qui je suis, je suppose que je suis épinglé à l’extrême droite de l’échiquier politique.

    Que fais-je sur Twitter ? Surtout l’idiot. Je suis une sorte de Gorafi à moi tout seul, un amateur d’absurde et de grotesque à la mode Monty Python. Sur l’affaire Benalla, j’ai surtout été opportuniste et cherché à enfoncer le clou en faisant de la surenchère dans l’absurde, en publiant des trucs du genre : “Excédé par l’importance prise par l’#AffaireBenalla, Macron hurle ‘Je vous hais, compris ?!’ depuis le toit de l’Élysée.” Comme j’ai peu de followers et que je m’en fous un peu, de tels saillies humoristiques restent la plupart du temps vierges de “likes” et de RT. Mais les hashtags ont cependant une force certaine, je le constate. Je suis donc la plupart du temps “liké” ou retweeté par des inconnus.

    J’imagine donc que si le but de DisinfoLab était de ficher les gens en vue d’exclusions de Twitter ou d’arrestations physiques (rêvons un peu, faisons-nous peur !), je serais donc considéré comme un “fake news maker”, un activiste peu actif mais teigneux, enchérissant et surenchérissant, alors que je suis un clown, ou à la limite un troll plus ou moins rigolo. J’estime que, même si cela m’amuse dans le fond, ce n’est vraiment pas sérieux d’inclure un bonhomme de mon genre dans une étude à prétention scientifique. Et j’imagine que des cas dans mon genre, il doit y en avoir des milliers sur Twitter, pris dans une nasse bien trop large.

  • Jean-Paul B. // 11.08.2018 à 09h29

    Bonjour,
    merci pour cet intéressant article de véritable désintoxication, il doit nous permettre de comprendre, une fois de plus, le peu de crédibilité de la plupart des “grands” médias dont malheureusement ceux du Service “Public” radio-télé sous l’emprise du pouvoir en place!

  • Jean-Paul B. // 11.08.2018 à 09h39

    À propos de manipulation de l’information il faudrait s’intéresser à la rencontre Potemkine (organisée le 7 août par Europe 1 et son “journaliste” M.Victor Dhollande!) entre un enfant de 6 ans et M.Emmanuel Macron lors d’un “bain de foule” (dans un verre d’eau?) à Brégançon.
    Les mêmes “grands” médias viendront ensuite nous parler de l’insupportable propagande mise en place par Bachar,Poutine,l’Iran ou Maduro.

  • Ando // 11.08.2018 à 09h54

    Je comprends que l’entreprise était des sa création un projet malhonnête tout a fait conscient : faire de la désinformation sous une très vague apparence de sérieux statistique et scientifique, le tout finance par des officines partisanes ou gouvernementales etrangeres. La propagation délibérée de fausses nouvelles n’est pas le signe d’un amour debordant de la démocratie : ne faisant pas confiance à la capacité des gens à se forger une opinion on préfère de loin les manipuler.

    • Sam // 11.08.2018 à 16h13

      Ou faisant un peu trop confiance à la capacité des gens à se forger une opinion, d’où l’urgence de désinformer.

  • LauraGoldies // 11.08.2018 à 11h25

    Ce qui est troublant dans cette affaire que l’on pourrait appeler #DisinfoLabGate c’est la légèreté avec laquelle toute réflexion autour de l’éthique semble gommée, effacée…Quand on fait de la Twitterologie il convient de se poser très vite deux questions: citer l’auteur d’un tweet ou ne pas le citer? Etre ou ne pas être en dehors des clous face aux dérives de la confidentialité des données régulées par la CNIL. Dans ma thèse sur le Webpolitique j’ai cité beaucoup de tweets mais je me suis appliquée une règle fondamentale: les personnalités médiatico-politiques dont les sensibilités sont connues ont été citées, en revanche en explorant les tendances négatives ou positives d’un événement politique ou d’un phénomène viral je n’ai cité personne, excepté des twittos très connus pour leurs idées; dans l’ensemble j’ai tenté de rendre anonyme toute donnée spécifiquement personnelle et j’ai demandé aux personnes concernées leur autorisation avant de les citer. La simple logique reste encore le respect de l’autre….même sur Twitter!!!:)

  • JBV // 11.08.2018 à 18h03

    Bravo à Olivier et son équipe pour ce travail. Impressionnant de détail, de documentation et pourtant facile à lire.

  • 5cents // 13.08.2018 à 15h33

    Pour info :”Quand “l’affaire Benalla” rebondit jusqu’à l’UCL”
    https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_quand-l-affaire-benalla-rebondit-jusqu-a-l-ucl?id=9994434

  • Schutz // 14.08.2018 à 14h55
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