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12.avril.201812.4.2018 // par Olivier Berruyer

Syrie : Master Class Propagande de Guerre – Le Monde et « l’inéluctable riposte occidentale »

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Comme « l’éducation aux médias » est dans l’air du temps :

Nous vous proposons aujourd’hui une illustration de la propagande de guerre chez nous – avec ici un édito du journal Le Monde. Cela formera les plus jeunes qui découvrent ce phénomène (qui est loin d’être nouveau, mais est de plus en plus délirant et dangereux)

Olivier Berruyer

Source : Le Monde, 10.04.2018

Syrie : l’inéluctable riposte occidentale

(OB) À peu près tout est dit dans le titre : L’Occident doit « riposter ».

Larousse : « Riposter : rendre avec vivacité à un adversaire la contrepartie d’une attaque : Riposter à une agression par des mesures adéquates. »

Or, sauf erreur, le gouvernement syrien ne nous a pas attaqués…

Editorial. Après l’attaque chimique de Douma, Washington et Paris estiment nécessaire une « réaction ferme de la communauté internationale » contre les auteurs de ce crime de guerre.

Editorial du « Monde ». Près de cinq ans après le tragique renoncement des Etats-Unis face à l’utilisation d’armes chimiques par le régime syrien contre ses propres citoyens, la communauté internationale se retrouve confrontée au même défi : comment punir les auteurs de ce qui s’appelle, en droit international, un crime de guerre ?

Vous noterez dès le début :

1/ qu’il est présenté comme « tragique » que les Étaient-Unis n’aient pas violé le Droit International en 2013 pour bombarder le gouvernement syrien – le contraire semblant donc évident pour Le Monde. De plus, les raisons de l’inaction américaine ne sont pas présentées au lecteur – nous y reviendrons ci-après

2/ « communauté internationale » = Occident + Israël + Arabie Saoudite. Avez-vous senti des velléités de bombardement de la Chine, de l’Inde, de l’Asie, de l’Afrique, de l’Amérique du Sud ? Ça ne fait que 6 milliards d’habitants sur 7 qui manquent à l’appel…

3/ ah, le fameux « droit international ». Mais oui, c’est un crime de guerre. Comme Le Monde semble ne pas savoir « comment punir les auteurs », je propose qu’on les punisse exactement comme on a puni les auteurs de crimes de guerre au Yémen ou en Palestine, par cohérence.

Hormis Moscou, qui crie sans vergogne à un montage orchestré par les rebelles, nul ne doute en effet que la substance à l’origine de la mort de plus de 40 civils syriens, parmi lesquels de nombreux enfants, samedi 7 avril, à Douma, dernière poche rebelle aux abords de Damas, fait partie des gaz neurotoxiques interdits par les conventions internationales sur les armes chimiques.

Heu, si, moi je doute à ce stade – essentiellement car il n’y a pas eu d’enquête, et que les infos viennent d’une zone tenue par des salafistes.

Plus sérieusement, vous notez que ce journal affirme donc qu’il n’y aurait « aucun doute », ce qui n’est évidemment pas correct.

Espérons que cette affirmation péremptoire ne rentre pas dans la catégorie Fake News, vu que le diplomate britannique Craig Murray doute sérieusement de cette narrative, tout comme le journaliste américain Tucker Carlson

L’ambassadeur de France aux Nations unies, François Delattre, a évoqué devant le Conseil de sécurité de l’ONU « un carnage chimique » et des symptômes « typiques d’une exposition à un agent neurotoxique puissant, combiné au chlore pour en augmenter l’effet létal ».

Ni Washington ni Paris ne contestent que la fameuse « ligne rouge », celle du recours mortel aux armes chimiques contre des civils, a ainsi été franchie.

Ce sont de sacrés comicos quand même à Damas : on les autorise apparemment à tuer des dizaines de milliers de civils, « à l’ancienne » (bombes, balles, missiles, etc), mais ils ne peuvent s’empêcher d’utiliser du gaz (qu’ils se sont engagés à détruire) pour en tuer 50 de plus, juste au moment où ils allaient gagner…

Mais on ne peut évidemment exclure la responsabilité de Damas, mais on ne peut alors que conclure qu’il s’agirait d’une provocation pour déclencher une guerre – et, dès lors, il serait dans doute intelligent de ne pas se jeter dans le piège de Damas…

Bref, dans tous les cas, et quel qu’elle soit, il est assez évident que la personne qui a lancé l’attaque au gaz espérait des bombardements – veut-on tant lui faire plaisir ?

Les présidents Donald Trump et Emmanuel Macron se sont entretenus deux fois au téléphone en deux jours après l’attaque de Douma et sont convenus de la nécessité d’une « réaction ferme de la communauté internationale ».

Cf plus haut.

Devant la presse à Washington, le président américain a assuré que ce nouveau défi du régime syrien serait relevé « avec force »

Oui, le gouvernement syrien aime bien être bombardé et mettre ses alliés dans l’embarras, surtout face à des dingues malhonnêtes qui, non content d’avoir vaporisé des centaines de milliers de civils japonais il y a 70 ans, ont menti au monde entier pour envahir et détruire le pays frontalier de la Syrie, et pendre son dirigeant…

et qu’« il serait établi » si cet acte avait été commis par la Syrie, la Russie, l’Iran, « ou tous ceux-là ensemble ».

Open Bar Complotisme aujourd’hui…

S’il pouvait aussi « établir » la réalité des armes de destruction massive en Irak, il ferait d’une pierre deux coups…

La volte-face désastreuse de 2013

Une riposte est donc inéluctable.

Voilà. C’est évident.

Enfin, pas pour la Chine, l’Inde, l’Afrique, etc.

Les responsables français, américains et britanniques ne sont que trop conscients des conséquences désastreuses de la volte-face de l’administration Obama qui, le 31 août 2013, alors que les avions français étaient prêts à décoller, renonça à mener des frappes militaires conjointes contre le régime du président Assad, après une attaque au gaz sarin contre la population de la Ghouta, près de Damas.

De nouveau, on n’expliquera pas au lecteur la raison de cette volte-face. C’est dommage. Surtout que c’est Obama lui-même qui l’a fait, dans cet article traduit sur ce site. Vu son importance, je le cite longuement :

Toute la semaine, les représentants de la Maison-Blanche martelaient que Assad avait commis un crime contre l’humanité. Le discours de Kerry allait marquer le point culminant de cette campagne.

Mais le président était de plus en plus mal à l’aise. Obama me racontait plus tard que, durant les jours qui suivirent le gazage de Ghouta, il répugnait de plus en plus à l’idée de procéder à une attaque non validée par le droit international ou par le Congrès. Le peuple américain ne semblait pas se réjouir d’une éventuelle intervention en Syrie ; tout comme l’un des rares dirigeants étrangers que Obama respecte, Angela Merkel, la chancelière allemande. Elle lui a dit que son pays ne participerait pas à une campagne en Syrie. Et de façon inattendue, le 29 août, le parlement britannique refusa à David Cameron son accord pour une attaque. John Kerry me dit plus tard que lorsqu’il avait entendu cela : « intérieurement, je me suis dit Oups. »

Obama a également été déstabilisé par la visite surprise plus tôt dans la semaine de James Clapper, son directeur des services secrets, qui interrompit le briefing journalier du président – le rapport sur les menaces qu’Obama reçoit chaque matin des analystes de Clapper – pour rendre clair le fait que les informations issues du renseignement sur l’usage du gaz sarin en Syrie, bien que solides, n’étaient pas « exemptes de tout doute ». Il a choisi ce terme avec précaution. Clapper, le chef d’une communauté du renseignement traumatisée par ses échecs durant la préparation de la guerre en Irak, ne souhaitait pas faire de promesses excessives, à la manière de l’ancien directeur de la CIA George Tenet, qui avait garanti à George W. Bush, concernant l’Irak, qu’il n’y avait aucun doute à avoir. […]

Obama partagea également avec McDonough un ressentiment de longue date : il était fatigué de voir Washington dériver de manière irréfléchie vers la guerre dans les pays musulmans. […]

Obama comprend que la décision qu’il a prise de renoncer aux frappes aériennes et de permettre la violation impunie de la ligne rouge qu’il avait lui-même tracée sera impitoyablement mise en question par les historiens. Mais aujourd’hui cette décision est source de grande satisfaction pour lui.

« Je suis très fier de ce moment, » m’a-t-il dit. « L’écrasant poids de la pensée conventionnelle et de la machinerie de notre organe de sécurité nationale était allé assez loin. Le sentiment était que ma crédibilité était en jeu, que la crédibilité de l’Amérique était en jeu. Et donc pour moi presser le bouton à ce moment, je le savais, m’aurait coûté politiquement. Et le fait que j’ai été capable de repousser les pressions immédiates et de penser par moi-même ce qui était dans l’intérêt de l’Amérique, pas seulement eu égard à la Syrie mais aussi eu égard à notre démocratie, a été la décision la plus difficile que j’ai prise – et je pense finalement que c’était la bonne décision à prendre. »

Depuis, selon l’ONG Human Rights Watch, le régime a fait usage d’armes chimiques contre les civils 85 fois. Le successeur de Barack Obama puis celui de François Hollande ont à leur tour défini l’utilisation d’armes chimiques comme une « ligne rouge » : ne pas respecter cet engagement reviendrait à enterrer définitivement la crédibilité, déjà sérieusement mise à mal dans le drame syrien, des puissances respectueuses du droit international, et à consacrer l’impunité des auteurs de crimes de guerre.

Aie, l’auteur a oublié de préciser « l’impunité des auteurs de crimes de guerre EN SYRIE, COMMIS PAR LE GOUVERNEMENT ». Car je n’ai pas vu des sanctions contre les crimes de guerre des rebelles islamistes très modérément modérés que nous soutenons, et, pour les crimes dans d’autres pays, Netanyahou dort tranquille apparemment.

La question n’est donc plus : faut-il riposter ou non ? Mais : comment riposter ? Sur le front diplomatique, le Conseil de sécurité de l’ONU est bloqué par la Russie qui, protectrice de Bachar Al-Assad et maîtresse de l’espace aérien syrien, opposera inévitablement son veto à toute tentative de sanctionner légalement Damas.

Ah mais si, c’est la toute la question justement – et il est hors de question que ce soit ce tract de la « Gauche Pentagone » qui y réponde pour nous…

C’est le principe de l’ONU : les grandes puissances doivent négocier pour résoudre les problèmes, ce qui est difficile, mais c’est le propre de la Diplomatie. L’autre option est la loi du plus fort, qui se termine souvent par des guerres.

Par ailleurs, Le Monde se garde bien de rappeler ici que les États-Unis ont également refusé le projet de résolution de la Russie sur une enquête de l’OIAC.

Une fois cette voie épuisée, Français et Américains devront donc agir de leur propre initiative, peut-être avec l’appui des Britanniques.

Euh, non, une fois cette voie épuisée, il ne se passe rien, c’est le principe du Droit International – l’auteur à bêtement confondu avec les règles du Far West…

Et là, du coup, c’est ballot, mais il vient d’écrire que « les puissances respectueuses du droit international » allaient évidemment violer le droit international pour punir Assad d’avoir violé le droit international (le tout sans enquête sérieuse sur les responsabilités)…

Il y a un an exactement, les Etats-Unis avaient répondu par un tir de missiles sur une base aérienne syrienne à une attaque à l’arme chimique qui avait fait plus de 80 morts.

Aaaaah, des bombes !!! ça été le seul moment de l’année où ils ont aimé Trump…

Il leur faut maintenant penser plus loin, sans précipitation, avec le plus grand nombre d’alliés possible, sans négliger les effets d’opérations menées dans un environnement aussi explosif en présence d’acteurs comme la Russie et l’Iran, mais aussi Israël et la Turquie.

« Penser plus loin » ? Hmm. La guerre, des bombes atomiques, c’est quoi exactement le plan ? Car le dernier patine depuis 17 ans face aux Talibans qui contrôlent la moitié du pays, et a surtout généré Daech en Irak (et donc le Bataclan)…

Rarement le Moyen-Orient aura été aussi dangereux.

Surtout à cause du Monde et de ses confrères, oui…

Source : Le Monde, 10.04.2018

« Les Membres de l’Organisation règlent leurs différends internationaux par des moyens pacifiques, de telle manière que la paix et la sécurité internationales ainsi que la justice ne soient pas mises en danger. [Ils] s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies. » [Charte des Nations-Unies, art. 2]

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

Commentaire recommandé

Canal // 12.04.2018 à 06h37

Merci Les Crises pour cet article.
La décadence du Monde, qui fut longtemps le journal de référence de la France, a été maintes fois racontée, sur ce site et ailleurs. Le conflit Syrien en offre une nouvelle illustration, sans doute plus visible et mieux décryptée qu’autrefois grâce à Internet. Je suis triste de voir ce journal être descendu aussi bas, de ne voir aucun autre quotidien national prendre la relève de l’honnêteté et, de façon plus générale, de vivre la décadence des médias dominants.

173 réactions et commentaires - Page 2

  • Mitch // 12.04.2018 à 14h48

    Au dernières nouvelles, le cowboy à abattu ses cartes, le bluff n’a impressionné personne, et Le Monde ravale son chapeau.

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  • fanfan // 12.04.2018 à 15h27

    Assange Freedom #ReconnectJulian
    ‏ @AssangeLiberty
    So silencing @Wikileaks editor @JulianAssange 2weeks ago by cutting off internet, phone & visitor access was REALLY about silencing the truth about the next US war! #Syria #Russia
    Can’t have any of those courageous trusted journalists informing people about the facts! #Ecuador
    https://twitter.com/AssangeLiberty/status/983932208988667904

    US Aggression Towards Syria Escalates As Assange Remains Unable To Speak Out
    https://disobedientmedia.com/2018/04/us-aggression-towards-syria-escalates-as-assange-remains-unable-to-speak/

    Caitlin Johnstone :
    « When A Government Declares A Verdict Before An Investigation, It’s Because There’s A Preexisting Agenda »
    « The US Empire Has Been Trying To Regime Change Syria Since Long Before 2011 »
    https://steemit.com/@caitlinjohnstone

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  • fanfan // 12.04.2018 à 15h45

    Glenn Greenwald on Syria: U.S. & Israel Revving Up War Machine Won’t Help Suffering Syrian Civilians
    https://www.democracynow.org/2018/4/9/glenn_greenwald_on_syria_us_israel

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  • Un_passant // 12.04.2018 à 15h50

    Finalement, les deux choses rassurantes, c’est d’une part que Ankara, contre toute attente, plaide plutôt pour l’apaisement et que Xinhua ne fait même pas un entrefilet sur l’affaire Skripal, le rapport de l’OIAC, ou les annonces « va-t-en-guerre ». Si vraiment l’escalade s’annonçait, je doute que XinHua reste à ce degré neutre pour ne pas dire quasiment indifférent.

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  • Jeffke BLK // 12.04.2018 à 16h09

    Live Le Monde 12 avril 2018. Consternant si ce n’est édifiant

    Question internaute « A part ne pas perdre la face, si la ligne rouge à bien été franchie, à quoi peut servir une frappe française, maintenant que la guerre à été gagnée par Bachar El Hassad?Peut – on risquer un engrenage avec la Russie pour cela? »
    -Kassagi

    Marc Semo : Il ne s’agit pas seulement de rappeler clairement que l’emploi de l’arme chimique ne restera pas impuni. La guerre est certes plus ou moins gagnée par le régime, mais elle n’est pas finie. Si l’on ne fait rien Damas pourra à nouveau utiliser ces armes destinées à semer la terreur pour reconquérir la zone d’Idlib dans le nord ouest ou Deraa dans le sud.

    Les armes chimiques pourraient être utilisées ailleurs et par d’autres. Ce n’est pas une coïncidence si les services secrets russes ont utilisé sur le sol britannique du Novitchok pour tenter d’éliminer un ancien agent double… C’est aussi là une manière de tester la limite et de voir jusqu’où il est possible d’aller face aux démocraties occidentales.

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    • JC // 12.04.2018 à 21h09

      C’est pas une parole de journaliste ça, on n’est pas dans l’information mais purement dans la propagande, la « pédagogie » pardon, le mec invente son histoire et tout c’est fou.

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  • Valérian // 12.04.2018 à 16h09

    Mais qu’attend la Russie pour :

    1- Organiser une réunion extraordinaire de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) et faire venir les dirigeants, leur ministre des affaires étrangères et leur ministre de la défense de la Chine, de l’Inde, du Pakistan, de l’Iran… que les français, les anglais et les américains prennent conscience qu’en face ils sont 3 milliards et qu’il n’y a pas que Bachar et Poutine.

    2- Déployer sur leur base des TU-22 pouvant porter des missiles anti-navires en masse (type Onyx)… même si leur SU-34 doivent déjà pouvoir le faire… l’US Navy se souviendra pourquoi ces bombardiers ont été conçus à l’origine.

    3- Faire des vols de reconnaissance au dessus des positions où sont déployer les forces spéciales françaises près de Manjib…. pour rappeler à notre gouvernement que si nos missiles tombent sur les soldats russes, ils peuvent faire pareil en représailles.

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    • Philou // 12.04.2018 à 18h03

      …ça ne marche pas comme ça : le Brésil est revenu dans le giron de l’Empire, les autres pays d’Amérique latine en dissidence sont ou assiégés (Vénézuéla) ou intimidés (cf. l’Equateur avec Assange interdit de communication), l’Inde est pratiquement pro-occidentale (pro-libérale, anti-chinoise), le Pakistan est paralysé par ses dissensions et les menaces extérieures (USA, Talibans), le Vietnam et le reste de l’Asean restent pro-occidentaux sinon pro-US (sauf Philippines et Myanmar), les Corées s’isolent dans leur difficile dialogue, la Chine n’intervient strictement qu’en vertu de ses intérêts et ne soutiendra la Russie, dont elle s’est rapprochée pour ses bonnes affaires (vingt ans de gaz à prix bradé, lancement des nouvelles routes de la soie passant notamment par la Sibérie) que si cette dernière est en péril absolu, pour éviter de se retrouver dans la situation de dernier bastion face à l’Empire du chaos…
      L’OCS est juste une belle ébauche, pour l’instant…

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  • Jeffke BLK // 12.04.2018 à 16h12

    Voir le Live aujourd’hui sur la Syrie ou Marc Semo, journaliste à LeMonde donc, déclare à propos des armes chimiques et du bien fondé d’une intervention pour prévenir de futures attaques au gaz:

    « Ce n’est pas une coïncidence si les services secrets russes ont utilisé sur le sol britannique du Novitchok pour tenter d’éliminer un ancien agent double… C’est aussi là une manière de tester la limite et de voir jusqu’où il est possible d’aller face aux démocraties occidentales. »

    Ils sont supers

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    • JC // 12.04.2018 à 21h07

      On est dans le complotisme pur jus, le « story telling » de services d’opérations psychologiques. C’est contre ce complotisme-là qu’il faut lutter sévèrement, pas contre d’obscurs blogs lus par 0,001% de la population du pays et donc écrit par des gens n’ayant aucun pouvoir. Ce live était incroyable.

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  • fanfan // 12.04.2018 à 16h15

    A Map Of The Coming War: Who Is Who (And Where) In Syria
    -The first and most useful one, courtesy of Turkey’s Omran Dirasat think tank, shows updated areas of control and influence in Syria by international military forces with reference to the most prominent international military sites in Syria.
    -The second map, from Dirasat employee Nawar Sh. Oliver lays out the control and influence zone in Syria as of April 2018, revealing the relative % of gains and losses in the last 24 days.
    -Finally, from the regional political journal, Suriye Gündemi English, here is a map showing the latest military situation as well as location of key military bases in Syria ahead of the expected US strikes.
    https://www.zerohedge.com/news/2018-04-12/map-coming-war-who-who-and-where-syria

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  • Catherine // 12.04.2018 à 17h14

    Il manque à ce dossier une pièce d’importance.

    L’annonce par le général chef d’état major russe le 13 mars, au vu de ses renseignements, de ce qui se préparait et des réactions occidentales à attendre, au détail près.

    https://www.youtube.com/watch?v=iMWYkROaUuo

    On admirera le calme des Russes devant tant de perfidie…

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  • Phil_A // 12.04.2018 à 17h55

    SAMS :syrian american medical society , l’autre « ONG » qui fournit les « preuves » qui ont convaicus l’OMS (et probablement Macron) :

    https://grayzoneproject.com/2018/04/12/al-qaedas-mash-unit-how-the-syrian-american-medical-society-is-selling-regime-change-and-driving-the-us-to-war/

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  • Denis // 12.04.2018 à 18h01

    On comprend comment on peut se faire des amis
    dans « Le Monde » après cette analyse corrosive!

    On peut prendre les articles du « monde »( bien suffisant)
    pour de l’humour, perso ça m’en touche une…

    Lire aussi les commentaires des lecteurs prêts à en découdre,
    derrière leur clavier, (faut pas pousser mémère…) mais pas d’acte.

    Certains voudraient la guerre, une guerre facile à gagner…contre la
    Russie! Faut trouver un autre partenaire pour jouer, car dans ce cas,
    c’est la grosse fessée assurée et zéro retour sur investissement.

    Mais pour vendre du papier, ça marche encore!

    Bonsoir chez vous!

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  • Nanker // 12.04.2018 à 18h17

    Et puis ces éditos qui appellent à faire verser le sang et qui sont non signés… Ca ne sent pas très bon! Peut-être que le ou la plumitif qui a rédigé ce pamphlet est invité(e) sur des médias respectables genre « France Culture » (genre « L’esprit public » le dimanche) ou il/elle devise avec retenue et politesse?

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  • alain // 12.04.2018 à 18h32

    Depuis le début de la guerre les américains n’ont jamais pu trouver une seule preuve d’utilisation de sarin et d’un seul coup, en 48h on a toutes les preuves.

    Déclaration du Général Mattis, ministre de la défense : https://apnews.com/bd533182b7f244a4b771c73a0b601ec5

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  • lon // 12.04.2018 à 18h56

    Le Monde, Libération , Le Point, France Inter , France Cul , Arte, CNN , le Washington Post , le New York Times , même combat , mêmes patrons .

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    • Catalina // 12.04.2018 à 20h32

      Merci Olivier pour ce décryptage nécessaire, indispensable. Je pense pour ma part que l’hégémon qui est au final les grandes multinationales avait déjà son « après-Syrie », il avait déjà tout calculé et devant son échec ne peut pas se remettre ni en question ni se remettre tout court. Pour une fois, lecow-boy est bien emmerdé avec son pistolet !! c’est assez jouissif mais très dangereux.

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  • lon // 12.04.2018 à 19h10

    il est remarquable comme le souligne un commentaire plus haut que c’est dans les cercles culturellement supérieurs qu’on appelle le plus à la guerre , et de culture  » de gauche » plus précisément , cette gauche humaniste-libérale-droit de l’homme qui s’est illustrée depuis 30 ans par sa soumission quasi totale aux lois du  » marché » ( comme les journalistes de Le Monde , pour ne citer qu’eux )

    On comprend que ces braves gens ont maintenant envie de remonter leurs pantalons et paradoxalement de prouver par ce geste  » qu’ils en ont  » . A cela il faut rajouter le vieux et triste sentiment d’infériorité qui habite tout intellectuel , surtout de gauche , face à la force brute et virile , celle qui règle des problèmes compliquées avec des solutions simples ( on se reportera ainsi au soutien quasi sans faille de l’intelligentsia allemande aux nazis , pendant les années menant à la guerre )

    Et plus prosaïquement , les intellos français se font royalement c…r , et souffrent sérieusement de consanguinité émotionnelle .

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  • JABA // 12.04.2018 à 20h31

    Vu l’article du monde on pourrait presque porter plainte pour incitation à la haine et à la violence.
    http://www.juridique-et-droit.com/la-loi-sur-l-incitation-a-la-haine-discrimination-et-violence-dans-un-media-ou-sur-internet/

    JABA

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  • Le Pinardier // 12.04.2018 à 22h09

    En fait, grâce au Monde (entre autres), la France est à la pointe dans un secteur technologique d’avenir: la réalité virtuelle !

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  • Pietranera // 12.04.2018 à 22h16

    voila les prédictions de HARRY DENT pour 2018

    WARNING: Major stock market collapse dead ahead! The Dow and S&P 500 could each see up to 83% losses before it’s over

    ça donne l’ambiance !

    Les Russes n’ont que 11% de DETTES/PIB et des Matières premières à gogo

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  • fanfan // 12.04.2018 à 22h35

    Un certain nombre d’hommes des forces britanniques ont été capturés par l’armée syrienne lors des opérations militaires dans la Ghouta orientale, selon des médias locaux…
    They are believed to be a part of international military forces deployed in the region to launch a ground assault in Damascus in cooperation with the US…
    https://sputniknews.com/military/201804121063460158-british-forces-syria-ghouta/

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    • ledufakademy // 12.04.2018 à 23h19

      attention la propagande est des deux côtés …
      les faits rien que les faits.

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  • fanfan // 12.04.2018 à 23h55

    Backpédaler en zig-zag dans les virages en pente :
    De la concurrence entre deux crises colossales (la Syrie et l’attaque contre Trump) évoluant de concert et s’influençant l’une-l’autre…
    http://www.dedefensa.org/article/backpedaleren-zig-zag-dans-les-viragesen-pente

    World War III: The False Narrative that Fuels Conflict in Syria and Beyond
    https://www.zerohedge.com/news/2018-04-12/world-war-iii-false-narrative-fuels-conflict-syria-and-beyond

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  • boudet marc // 13.04.2018 à 01h13

    Le mensonge chronique, le déni, la dissimilation, le non dit, la manipulation, la frustration,la cupidité et l’avidité, la stigmatisation, sont les « intentions » parmi d’autres qui définissent le psycopathe.

    Nous ne sommes plus dans une démocratie, mais dans une « pathocratie » une société au fonctionnement pathogène, dont les termes de ses fondements ont été pervertis détournés, vampirisés, par des personne malades
    Nous avons une presse sociopathe dont le déni de discernement parle des dégats pathologique quant à son fonctionnement et son absence totale d’héthique professionnelle.
    Des gens malades!

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  • dissy // 13.04.2018 à 02h50

    Peut on poursuivre légalement(il faudrait demander à un avocat)cette meute de ‘journalistes’pour:incitation au meurtre,à la guerre,au génocide,au terrorisme de facto?

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  • xavier37 // 13.04.2018 à 07h49

    La fuite en avant vers la guerre n’est elle pas l’aveu de l’abyssale incompétence / corruption / bêtise de ceux qui se revendiquent nos « élites ». Ils ont tout raté si on regarde bien: l’économie sapée par la finance, l’environnement détruit par le consumérisme, la paix sapée par la corruption et l’avidité… alors comment conserver le pouvoir encore un peu ? Par la guerre, qu’il ne feront pas eux même. La guerre qui leurre des opinions. La guerre qui fait tourner encore un peu l’économie. Puis après épuisé de tant d’horreurs, on dira c’était la « der des der », la « plus jamais ça », sauf que cette ultime fois la Planète dira peut être « ça suffit ».

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  • SanKuKai // 13.04.2018 à 11h28

    Cet article d’Acrimed qui date de 2013 n’a pas pris une ride. En 2018, les éditocrates s’habillent (encore) en kaki…
    http://www.acrimed.org/Conflit-en-Syrie-les-editocrates-s-habillent-en-kaki
    Mais qu’il y aillent en Syrie…

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  • Ernest Fleury // 13.04.2018 à 22h55

    « Or, sauf erreur, le gouvernement syrien ne nous a pas attaqués… »

    …sauf à considérer Jaïch-Al-Islam comme nos propres forces.

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