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5.juillet.20195.7.2019 // Les Crises

Regain de tension entre Rome et Bruxelles après le retour sur scène des controversés « Mini-bots ».

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Par l’Équipe Les-Crises

Un énième symptôme de la désintégration européenne?

La situation économique de l’Italie, troisième économie au sein de la zone euro, fait planer le risque d’une désintégration de l’union monétaire, voire même le spectre d’une nouvelle crise de la zone1Reuters, Le FMI évoque des risques encore «très sérieux» en zone euro. , ravivant les tensions diplomatiques entre Rome et Bruxelles. Il s’agit du pays ayant contracté la plus forte dette après la Grèce, celle-ci avoisinant 2 300 milliards d’euros, soit 132 % de son PIB. Si l’on compare la situation de la Grèce en 2009 au moment de sa crise budgétaire avec celle de l’Italie actuelle, le taux d’endettement dépasserait le seuil critique au point de devenir insoutenable. À titre d’exemple, « les seuls intérêts de la dette coûtent à l’Italie environ 65 milliards d’euros chaque année, soit l’équivalent du budget de l’éducation »2Antoine d’Abbundo, Pourquoi la situation économique en Italie inquiète. .

Italy Government Debt to GDP – 2018

Les deux capitales n’en sont pas à leur première passe d’armes si l’on se rappelle la polémique qu’avait suscitée le budget prévisionnel de 2019 présenté par le gouvernement Conte à l’automne. Cette fois-ci la Commission européenne a fait savoir au lendemain du scrutin européen qui s’est tenu du 23 au 26 mai dernier qu’elle allait recommander l’ouverture d’une procédure de déficit excessif contre l’Italie, non seulement en raison de sa dette, mais surtout aux vues de la détérioration de son déficit structurel3Gabriel Grésillon, Déficit : Bruxelles va lancer les hostilités contre l’Italie. . Il s’agit là d’une procédure inédite qui n’a jamais été intentée contre aucun État membre, les négociations entre les États ne se conformant pas aux critères budgétaires des traités européens et l’institution bruxelloise aboutissant le plus souvent à un compromis. C’est donc le 5 juin que Pierre Moscovici est monté au créneau en adressant à ses homologues italiens un «La mia porta è sempre aperta » (ma porte est toujours ouverte)4Jérôme Gautheret et Cécile Ducourtieux, Regain de tension entre l’Italie et la Commission sur le budget. pour accompagner la sanction financière avancée par la Commission, sanction qui pourrait atteindre 0,2 % du PIB italien, soit environ 3,5 milliards d’euros. D’ailleurs les rangs semblent se resserrer autour de la Commission, le ministre français des Finances, Bruno Lemaire, ayant enjoint le 13 juin la coalition giallo-verde de saisir « la main tendue par la Commission en prenant les mesures appropriées. »5Le Matin, Dette italienne : la zone euro rappelle Rome à l’ordre sur son budget. . Car pour avoir une chance d’aboutir, cette procédure de sanction exceptionnelle doit recevoir l’approbation de l’ensemble des États membres.

Les enjeux politiques sous-jacents

Cette fermeté soudaine envers le talon d’Achille qu’est devenue la botte de l’Europe tient plus vraisemblablement à l’offensive que la ligne politique souverainiste incarnée par Matteo Salvini entend défendre face aux pressions de Bruxelles, et ce à travers la réplique donnée à la Commission européenne par la réapparition dans le débat politique national de la mise en place d’une monnaie alternative sous forme d’obligations d’État, les « mini-bots » (Buoni Ordinaro Del Tresorio). En effet, à l’occasion d’une motion votée à l’unanimité au Parlement le 28 mai dernier, l’idée de la création d’une monnaie parallèle a refait surface de l’autre côté des Alpes6Le débat italien concernant la mise en place d’une monnaie parallèle, ou « monnaie fiscale », n’est pas nouveau et s’est enrichi de multiples orientations de la part d’économistes depuis 2017, chacun des partis politiques italiens faisant valoir une politique monétaire alternative inédite. Ainsi le parti de Berlusconi Forza Italia a défendu la proposition d’émissions d’obligations d’État, les Credit Tax Certificates (CFF), inventée par Marco Cattaneo. Il s’agirait pour l’État d’émettre des obligations négociables et transférables, que les porteurs pourraient utiliser pour des réductions d’impôts deux ans après l’émission. Le mouvement Cinq Etoiles était, lui, plus favorable au modèle proposé par Gennaro Zezza. Ce dernier envisageant la monnaie numérique sous forme de cartes électroniques distribuées au public. Les unités de valeur pouvant être utilisées pour l’achat de biens et de services dans le secteur privé. Contrairement aux CFF celle-ci ne nécessiterait pas le délai de deux ans après émission. Quant à la Ligue du Nord, elle a repris à son compte les travaux de Claudio Borghi et sa proposition d’émission d’obligation sous forme de billets, les fameux « Mini-bots ». Ceux-ci transforment un crédit que le gouvernement doit à une société ou à une personne privée, en un instrument pouvant circuler et être utilisé immédiatement, d’où son caractère polémique. Sur ce point voir l’article éclairant de Tyler Durden, Italy’s Parallel Fiscal Currency: All You Need To Know. provoquant du même coup le contre-feu de Bruxelles et un vif débat entre des économistes comme Jacques Sapir et David Cayla7Ces deux analyses font l’objet d’un développement dans la suite de l’article. Voir Jacques Sapir, L’Italie va-t-elle entamer en toute discrétion le processus de sortie de l’Euro ? et David Cayla dans « Minibots » : La monnaie parallèle de Salvini peut-elle remplacer l’euro ?, par Etienne Campion. autour de l’enjeu que représenterait l’émission de cette monnaie alternative à l’euro. Toute la question étant de savoir si cet effet d’annonce politique, la motion parlementaire n’ayant pas valeur juridique, constitue une préfiguration de velléités d’Italexit de la part du gouvernement italien, ou s’il s’agit plus sobrement d’une stratégie visant à retrouver une position plus équilibrée dans le rapport de force opposant Rome à Bruxelles. Il se pourrait d’ailleurs qu’on retrouve ces deux tendances au sein du gouvernement italien présageant des dissensions internes qui devraient s’accentuer à mesure que s’affirme la question de la souveraineté monétaire dans le débat public italien et mener, en conséquence, à sa restructuration autour d’un des deux axes8Tyler Durden, What Happens If Salvini Goes Mini-BOT On The EU? .

Les «Mini-bots» en débat, efficacité économique et conséquences politiques.

Les deux économistes divergent sur la soutenabilité économique d’une telle initiative, ainsi que sur les enjeux politiques qu’elle implique. Jacques Sapir partage l’interprétation donnée par Vincent Brousseau9Fabien Rives, Une monnaie parallèle à l’euro en Italie ? «Niveau logistique, c’est prêt» selon un ancien de la BCE. , économiste membre de l’UPR et ancien spécialiste des questions monétaires au sein de la Banque centrale européenne, qui voit dans cette mesure les prémisses d’un Italexit et considère donc cette motion comme « importante et ambiguë »10Sapir, Ibid. . D’après lui, cette initiative peut être comprise soit en tant qu’une « politique de consolidation fiscale », soit en tant que « prélude à une sortie de l’Italie de l’Euro »11Idem. . L’économiste hétérodoxe insiste davantage sur le caractère stratégique de cette ambiguïté affirmant que « ce mécanisme peut permettre d’obtenir plus de liberté tout en restant dans la zone euro tout comme il peut servir pour gérer une éventuelle rupture avec cette même zone euro et le retour à une monnaie nationale »12Idem. .Cette ambiguïté tient en fait aux types de transactions qu’impliquerait l’émission de ces bons. En effet, tant que l’on considère les « Mini-bots » comme un « système de compensation des dettes » et non comme « un mécanisme de paiement »13Idem. , servant à des transactions verticales entreprises-État, « ce système est parfaitement compatible avec les règles de l’Union européenne et celle de la zone euro »14Idem. . En revanche cela devient plus problématique à partir du moment où les « Mini-bots » se retrouvent pris dans des transactions horizontales, impliquant les entreprises entre elles et leurs salariés et entraînant donc une véritable circulation monétaire qui « pourrait rapidement se substituer, du moins en partie, à l’Euro pour de nombreuses transactions »15Idem. .

David Cayla est beaucoup plus sceptique sur l’extension de cette monnaie à des transactions horizontales, déclarant qu’il « s’agira d’une monnaie de second ordre, moins intéressante que l’euro, et dont les détenteurs chercheront à se débarrasser au plus vite en la rendant au gouvernement italien dès qu’ils le pourront »16Cayla, Ibid. . L’économiste atterré ne croit pas que les Italiens s’empareront de cette monnaie et qu’elle parviendra à s’imposer comme le voudrait la loi de Gresham d’après laquelle « lorsque dans un pays circulent deux monnaies dont l’une est considérée par le public comme bonne et l’autre comme mauvaise, la mauvaise monnaie chasse la bonne »17Encyclopédie Larousse, « sir Thomas Gresham ». . Dans cette perspective l’euro serait la bonne monnaie que les agents économiques préféreraient thésauriser et les « Mini-bots » la mauvaise qui serait alors davantage utilisée pour les échanges économiques. Mais d’après David Cayla, et à l’inverse de Jacques Sapir, les bons Italiens « n’entrent pas dans cette configuration »18Cayla, Ibid. en raison de l’appartenance de l’Italie à la zone euro. C’est là le principal point de désaccord entre les deux économistes, David Cayla ne croyant pas que les « Mini-bots » auront « vocation à circuler dans l’économie et à remplacer l’euro »19Idem. . Il en découle deux interprétations divergentes concernant les conséquences politiques de cette mesure fiscale, divergence qui recoupe les désaccords internes au gouvernement italien.

Ainsi, David Cayla ne prête pas au gouvernement italien de velléité d’Italexit, pensant que « l’Italie cherche à rééquilibrer en sa faveur le rapport de force très déséquilibré qu’elle entretient avec la Commission en avançant la menace des minibots »20Idem. . Seule une «ligne intransigeante et humiliante »21Idem. imposée par la Commission européenne serait susceptible de pousser le gouvernement à émettre ces titres obligataires. D’ailleurs, la réunion de crise qui a rassemblé le 10 juin dernier Luigi Di Maio et Matteo Salvini, autour du Président du Conseil Giuseppe Conte, a permis aux trois hommes d’afficher une unité de façade, notamment à travers un communiqué affirmant qu’une « rencontre avec les techniciens du ministère des Finances et avec le ministre Giovanni Tria sera nécessaire pour mettre au point une stratégie à adopter dans la négociation avec l’Europe, de manière à éviter une procédure d’infraction »22Jean-Christophe Catalon, Dette: le gouvernement italien veut à tout prix éviter que Bruxelles ouvre une procédure disciplinaire . Ce type de déclaration viendrait appuyer l’interprétation de Cayla et conforter le verdict de Francesco Saraceno, économiste à l’OFCE, selon lequel l’émission des « Mini-bots » serait une « boutade »23Julie Gacon, Dimanche et après, « La dette italienne, une aubaine pour Matteo Salvini ? » mise en avant par une frange non majoritaire du gouvernement italien, désignant implicitement la ligne incarnée par Matteo Salvini. Le soutien des marchés financiers à la Commission, par l’intermédiaire de leur pouvoir de détermination des taux d’intérêt auquel l’État italien emprunte, constitue un argument supplémentaire en faveur de cette ligne où le rapport de force jouerait en faveur de Bruxelles24Cayla, Ibid. .

Seulement, avec la Lega recueillant presque 35 % des suffrages exprimés lors du scrutin européen, Salvini et la ligne qu’il promeut sortent renforcés des élections. D’ailleurs, le chef de file du parti eurosceptique a réaffirmé au lendemain des élections son hostilité envers les contraintes que la Commission européenne fait peser sur l’Italie en déclarant et diagnostiquant qu’au « sein de l’Union européenne, certaines règles doivent absolument être mises à jour […] Si le patient reçoit le même médicament et que son état s’aggrave, retournez chez le médecin et modifiez le traitement qu’il vous a prescrit »25Liberoquotidiano, Otto e mezzo, Matteo Salvini sfida Lilli Gruber: le frasi su Europa, toghe e immigrati che la fanno impazzire. . En s’appuyant sur ces résultats et sur ce sentiment national, Jacques Sapir soutient que les Italiens voient l’euro comme source principale de leurs maux et qu’il pourrait bien s’agir pour le gouvernement de répliquer par une stratégie du type « pile je gagne, face tu perds », la transition vers un Italexit ou l’expulsion de la zone euro aboutissant au même résultat26Une interprétation renforcée par l’analyse de la banque Natixis au sujet de l’impact de l’euro sur l’investissement des entreprises italiennes. Voir Natixis, L’Europe est-elle le problème de l’Italie. . En témoigne la conclusion que Jacques Sapir donne à la montée des tensions entre Rome et Bruxelles : « Ce qui risque donc de se passer, c’est que l’Italie soit de fait expulsée de la zone euro, tout en protestant (formellement du moins) sa volonté d’y rester. Mais, n’est-ce pas ce que les dirigeants italiens, et en particulier ceux de la Lega, souhaitent au plus profond d’eux-mêmes? »27Sapir, Ibid. . Une troisième interprétation défendue par Tom Luongo superpose ces deux approches aux tensions qui traversent le gouvernement italien. Nous assisterions en réalité à une lutte interne au sein du gouvernement italien, entre une troïka acquise à la Commission (fortement opposée au projet des « Mini-bots ») incarnée par le ministre de l’Économie et des Finances Giovanni Tria et le président Sergio Mattarella, soutenus par Giuseppe Conte, et le courant de la Lega incarné par Matteo Salvini. La meilleure option pour Salvini consisterait à mettre en place cette monnaie parallèle afin de faire face à la crise structurelle de l’économie italienne et de donner à voir aux Italiens qu’il «travaille réellement pour eux »28Durden, Ibid. . Reste à savoir si Salvini finira par céder comme Tsípras, ou s’il parviendra à réaliser un retournement à l’italienne vis-à-vis de l’étau monétaire européen, sachant qu’il en va cette fois-ci d’une potentielle implosion de l’union monétaire.

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

Notes   [ + ]

1. Reuters, Le FMI évoque des risques encore «très sérieux» en zone euro.
2. Antoine d’Abbundo, Pourquoi la situation économique en Italie inquiète.
3. Gabriel Grésillon, Déficit : Bruxelles va lancer les hostilités contre l’Italie.
4. Jérôme Gautheret et Cécile Ducourtieux, Regain de tension entre l’Italie et la Commission sur le budget.
5. Le Matin, Dette italienne : la zone euro rappelle Rome à l’ordre sur son budget.
6. Le débat italien concernant la mise en place d’une monnaie parallèle, ou « monnaie fiscale », n’est pas nouveau et s’est enrichi de multiples orientations de la part d’économistes depuis 2017, chacun des partis politiques italiens faisant valoir une politique monétaire alternative inédite. Ainsi le parti de Berlusconi Forza Italia a défendu la proposition d’émissions d’obligations d’État, les Credit Tax Certificates (CFF), inventée par Marco Cattaneo. Il s’agirait pour l’État d’émettre des obligations négociables et transférables, que les porteurs pourraient utiliser pour des réductions d’impôts deux ans après l’émission. Le mouvement Cinq Etoiles était, lui, plus favorable au modèle proposé par Gennaro Zezza. Ce dernier envisageant la monnaie numérique sous forme de cartes électroniques distribuées au public. Les unités de valeur pouvant être utilisées pour l’achat de biens et de services dans le secteur privé. Contrairement aux CFF celle-ci ne nécessiterait pas le délai de deux ans après émission. Quant à la Ligue du Nord, elle a repris à son compte les travaux de Claudio Borghi et sa proposition d’émission d’obligation sous forme de billets, les fameux « Mini-bots ». Ceux-ci transforment un crédit que le gouvernement doit à une société ou à une personne privée, en un instrument pouvant circuler et être utilisé immédiatement, d’où son caractère polémique. Sur ce point voir l’article éclairant de Tyler Durden, Italy’s Parallel Fiscal Currency: All You Need To Know.
7. Ces deux analyses font l’objet d’un développement dans la suite de l’article. Voir Jacques Sapir, L’Italie va-t-elle entamer en toute discrétion le processus de sortie de l’Euro ? et David Cayla dans « Minibots » : La monnaie parallèle de Salvini peut-elle remplacer l’euro ?, par Etienne Campion.
8. Tyler Durden, What Happens If Salvini Goes Mini-BOT On The EU?
9. Fabien Rives, Une monnaie parallèle à l’euro en Italie ? «Niveau logistique, c’est prêt» selon un ancien de la BCE.
10, 27. Sapir, Ibid.
11. Idem.
12, 13, 14, 15, 19, 20, 21. Idem.
16, 24. Cayla, Ibid.
17. Encyclopédie Larousse, « sir Thomas Gresham ».
18. Cayla, Ibid.
22. Jean-Christophe Catalon, Dette: le gouvernement italien veut à tout prix éviter que Bruxelles ouvre une procédure disciplinaire
23. Julie Gacon, Dimanche et après, « La dette italienne, une aubaine pour Matteo Salvini ? »
25. Liberoquotidiano, Otto e mezzo, Matteo Salvini sfida Lilli Gruber: le frasi su Europa, toghe e immigrati che la fanno impazzire.
26. Une interprétation renforcée par l’analyse de la banque Natixis au sujet de l’impact de l’euro sur l’investissement des entreprises italiennes. Voir Natixis, L’Europe est-elle le problème de l’Italie.
28. Durden, Ibid.

Commentaire recommandé

zozefine // 05.07.2019 à 09h02

à propos de la comparaison salvini/tsipras, je ne suis absolument pas d’accord avec l’analyse implicite qui conduit l’auteur à conclure ceci : “Reste à savoir si Salvini finira par céder comme Tsípras, ou s’il parviendra à réaliser un retournement à l’italienne vis-à-vis de l’étau monétaire européen, sachant qu’il en va cette fois-ci d’une potentielle implosion de l’union monétaire” pour mille raisons (désolée, pas envie d’argumenter, ma position est celle d’éric toussaint (CADTM) dans son analyse “Critique de la critique critique du livre ’Conversations entre Adultes’ de Yanis Varoufakis” (http://www.cadtm.org/Critique-de-la-critique-critique-du-livre-Conversations-entre-Adultes-de-Yanis). mais j’en donnerai toutefois une : l’auteur oublie complètement que la crise grecque (devenue système de colonisation par la dette, ce qui n’est pas le cas de l’italie) a commencé en 2009, et que tsipras, qui n’a jamais cédé vu qu’il n’a jamais résisté, a signé le TROISIEME plan de “sauvetage”. l’élection de l ‘extrême droite en italie est basée sur des positions et des promesses bien plus sécessionnistes que celles de syriza, ils sont tout frais entrés dans la bataille, et ils ont eu pratiquement 10 ans pour voir comment ça se passait chez les voisins d’en face l’adriatique….

25 réactions et commentaires

  • P // 05.07.2019 à 07h23

    132% du pib ça ne fait pas 2 milliards 300 millions d’euros

      +2

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    • Jos Le Fur // 05.07.2019 à 09h11

      Les 2 milliards 300 millions concernent la Grèce (j’ai failli faire la même erreur que vous).

        +2

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    • LS92 // 05.07.2019 à 09h14

      Effectivement la dette publique italienne en 2018 était de 2 322 milliards d’euros.

        +3

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  • zozefine // 05.07.2019 à 09h02

    à propos de la comparaison salvini/tsipras, je ne suis absolument pas d’accord avec l’analyse implicite qui conduit l’auteur à conclure ceci : “Reste à savoir si Salvini finira par céder comme Tsípras, ou s’il parviendra à réaliser un retournement à l’italienne vis-à-vis de l’étau monétaire européen, sachant qu’il en va cette fois-ci d’une potentielle implosion de l’union monétaire” pour mille raisons (désolée, pas envie d’argumenter, ma position est celle d’éric toussaint (CADTM) dans son analyse “Critique de la critique critique du livre ’Conversations entre Adultes’ de Yanis Varoufakis” (http://www.cadtm.org/Critique-de-la-critique-critique-du-livre-Conversations-entre-Adultes-de-Yanis). mais j’en donnerai toutefois une : l’auteur oublie complètement que la crise grecque (devenue système de colonisation par la dette, ce qui n’est pas le cas de l’italie) a commencé en 2009, et que tsipras, qui n’a jamais cédé vu qu’il n’a jamais résisté, a signé le TROISIEME plan de “sauvetage”. l’élection de l ‘extrême droite en italie est basée sur des positions et des promesses bien plus sécessionnistes que celles de syriza, ils sont tout frais entrés dans la bataille, et ils ont eu pratiquement 10 ans pour voir comment ça se passait chez les voisins d’en face l’adriatique….

      +15

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    • Dominique Gagnot // 05.07.2019 à 18h33

      La pire des sanctions que l’UE peut infliger à un membre désobéissant, est qu’il ne puisse plus importer faute de devises. (Comme Cuba du temps de la guerre froide, dites moi si je me trompe…)

      En pratique le désobéissant pourrait importer à la mesure des devises récoltées par ses exportations. Cela dépend donc de ses capacités de production. Or dans l’UE elles déclinent partout à cause des politiques qu’elle impose… (pour des raisons développées dans ce livre : http://bit.ly/capitalisme)

      Autrement dit :
      Obéir = ruine assurée (comme la Grèce), et devenir totalement dépendant…
      Désobéir = échapper à la ruine, et possibilité de repartir sur des bases saines, même si cela implique de réduire drastiquement sa consommation de pétrole et autres… Ce qui suppose une révolution économique (et autres aspects).

      L’intérêt des mini-BOTs est évident. (à moins que j’oublie quelque chose ?)

        +4

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  • Jos Le Fur // 05.07.2019 à 09h12

    Les 2 milliards 300 millions concernent la Grèce et non l’Italie (j’ai failli faire la même erreur que vous).

      +0

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    • LS92 // 05.07.2019 à 09h19

      En 2018 la dette publique grecque était de 335 milliards d’euros (181% du PIB)

        +2

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  • Pierre C // 05.07.2019 à 09h16

    Remarque sur la forme :
    “Par l’Équipe Les-Crises” en haut
    “Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]” en bas
    “Nous n’approuvons pas forcément notre travail”

    Je vous suggère de supprimer l’encart en bas quand ce sont vos articles, cela enlèvera un argument en votre défaveur 🙂

      +11

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  • Kokoba // 05.07.2019 à 09h46

    Je suis vraiment curieux de voir comment cette histoire de minibots va tourner.
    J’ai quand meme du mal à croire qu’il s’agisse d’une vrai solution ou meme d’une vrai tentative.
    A suivre…

      +1

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  • Toto // 05.07.2019 à 10h19

    “Car pour avoir une chance d’aboutir, cette procédure de sanction exceptionnelle doit recevoir l’approbation de l’ensemble des États membres.”

    Euh… d’après votre dossier et les nouveaux traités adoptés sur la zone euro… pas exactement… parlant des sanctions de la commission…
    “sont réputées adoptées par le Conseil, à moins que celui-ci ne décide, statuant à la majorité qualifiée, de rejeter la recommandation dans un délai de dix jours à compter de son adoption par la Commission. ”

    Entre avoir l’unanimité pour prononcer une sanction et la majorité pour s’élever contre une décision de la commission il y a une différence qui se mesure à l’aune du courage de nos élites politiques respectives.
    Et donc les états généralement cèdent à la commission entre les menaces de sanction et le poids des taux du marché que toute annonce contraire de la commission fait monter

      +5

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  • guzy // 05.07.2019 à 10h27

    Cet article n’est-il pas déjà dépassé ? La Commission a donné son blanc-seing au budget italien, sans doute en échange du soutien à Lagarde, qui va continuer la planche à billets. On gagne du temps.

      +8

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  • hyac // 05.07.2019 à 10h32

    ce qui semble évident c’est que toute l’Europe du sud, y compris la France, ne pourra pas rembourser ses dettes et qu’il faudrait beaucoup de courage politique pour le reconnaître… Sans rééchelonnement de la dette avec moratoire, simplification de la fiscalité et acceptation d’une phase de récession… point de salut !

    hyac

      +5

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    • septique // 05.07.2019 à 15h57

      Il ne s’agit pas de rembourser des dettes..mais de continuer à a payer des intérêts sur celles-ci, c’est pour cette raison que les dettes d’état sont des véhicules financiers très recherchés. C’est la même chose pour la dette américaine, tant et aussi longtemps que les usa paient les intérêts aucun problème.

      Il faudrait mieux pour le détenteurs d’assurance-vie en France (une maladie française..) que l’état ne rembourse pas ses dettes car de nombreux contrats ont des contreparties qui utilisent les bons du trésor et emprunts de l’état français..plus les fonds indiciels boursiers habituels, d’ou les rendements…

        +3

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  • Michel Le Rouméliote // 05.07.2019 à 12h01

    ” les négociations entre les États ne se conformant pas aux critères budgétaires des traités européens et l’institution bruxelloise aboutissant le plus souvent à un compromis.” Et dans le cas de la Grèce, un compromis qui est en réalité la position de la commission imposée à la Grèce avec un pistolet sur la tempe… Ce sera la même chose avec l’Italie…

      +2

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  • Jm // 05.07.2019 à 12h14

    Dette italienne 2 300 milliards d’euros. Dette française 2 350 milliards, autant dire c’est kif-kif !
    Et surtout on voit mal comment on pourrait la réduire, ni même la stabiliser.
    Alors que Macron depuis le début de son mandat chamboule tout dans le seul but de gratter quelques économies au passage avec le résultat que l’on sait, on se dit qu’on n’est pas rendu et loin d’avoir tout vu.

      +5

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    • septique // 05.07.2019 à 16h05

      Pour réduire la dette française..

      Réduire le déficit commercial de la France
      Réduire le train de vie de l’état sérieusement (réductions du nombre des députés, des ministères, etc..)
      Revoir les exemptions fiscale reliées à la spéculation sur l’immobilier
      Mettre fin aux régimes particuliers de retraite et de couverture de sécurité sociale

      + toutes les mesures fiscales nécessaires style exemption pour les investissements en Martinique, Guadeloupe, les tranches de l’imposition, les niches fiscales des entreprises qui ne sont pas nécessaires à l’exportation, etc..

      Pas parlé de l’ISF, c’est un symbole pas ce qui changera la situation.

      Rien ne se fera

        +1

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      • tchoo // 05.07.2019 à 22h30

        Surtout arrêter de diminuer les entrées tout en continuant de dépenser autant.
        Il faut donc supprimer toutes les exonérations fiscales qui n’ont pas d’effet. Et mettre en place les moyens de recouvrer les sommes dissimuler au fisc

          +1

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        • RGT // 07.07.2019 à 10h24

          Si déjà les exonérations fiscales concernant les plus nantis étaient supprimées (existe-t-il des exonérations fiscales concernant les “gilets jaunes” – j’en doute) ce serait un bienfait.

          Et si Bercy faisait RÉELLEMENT la chasse à la fraude l’optimisation fiscale en faisant payer des amendes réellement dissuasives – saisie de TOUS les biens détournés par exemple – le déficit de l’état et la “dette” se trouveraient rapidement résorbés.
          Manque de bol, les traqueurs de gros fraudeurs sont soit des Cahuzac, soit ont des “amis” auxquels ils ne veulent pas porter préjudice.

          N’oublions JAMAIS que si les déficits et la dette existent, c’est parce que depuis Pompidou l’état a fait des cadeaux aux plus nantis en leur permettant de ne plus acquitter leur part dans le fonctionnement de la collectivité.

          Et la progressivité de l’impôt n’est pas seulement un “rééquilibrage social”, c’est simplement de faire payer aux “utilisateurs” le pourcentage d’utilisation des services offerts par l’état.
          C’est évident : Un pékin lambda utilise les infrastructures et les services à titre individuel, donc correspondant en gros au budget investi par l’état divisé par le nombre de bénéficiaires.
          Dans le cas des entreprises (et de leurs actionnaires), cette utilisation n’est plus faite à titre individuel mais de manière “industrielle”. Les grosses entreprises utilisent des milliers (voire des millions) de fois plus les infrastructures et les services de l’état et ne payent qu’un très faible pourcentage du coût réel de cette utilisation.

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      • Galvan // 06.07.2019 à 07h13

        Surtout lutter contre la fraude fiscale, en particulier des plus riches, qui coute entre 60 et 80 milliards d’euros par an. C’est d’abord parce que l’etat a diminué ses entrées fiscales que nous en sommes là.

        Ce sont les PME et M. et Mme tout le monde qui financent l’etat, pas beaucoup les grands groupes internationaux ou les privilégiés de l’oligarchie, et c’est la tout le problème.

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  • James Whitney // 05.07.2019 à 13h34

    Autre manière de comprendre la situation en Italie est de regarder la raison d’être de l’Union européenne incarnée dans le traité européen : que les banques soient indépendantes des gouvernements, et des habitants de chaque pays. Ce qui permet une banque d’investir comme bon lui semble. Par exemple, acheter la dette d’un pays comme la Grèce sachant qu’une telle dette ne peut pas être remboursée, donc on peut saisir ce qui donne un retour sur investissement énorme. Tant pis si les habitants se trouvent dans la précarité et pauvreté. Tant pis s’il s’agit de Grecques, Italiens voire de Français.

    La solution est de mettre en place un contrôle par les gouvernements sur tout investissement important par les entreprises et les banques. Et d’exiger l’annulation partielle ou entière de toute dette qui devient impossible à rembourser.

    On a fait comme cela dans certaines civilisations d’antiquité comme le Babylone, selon Michael Hudson, économiste étasunien, décrit dans son livre « Killing the Host » dont la traduction française n’existe pas à ma connaissance.

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    • RGT // 07.07.2019 à 10h43

      “mettre en place un contrôle par les gouvernements…”

      Gouvernement “démocratique” qui contrôlerait en faveur de qui ?

      Croyez vous que Zupiter et sa clique montreraient une grande énergie à empêcher leurs “généreux mécènes” d’investir dans des opérations spéculatives fructueuses pouvant se traduire par des dégâts incommensurables pour l’état français et la population de “moins que rien” ?

      N’oubliez JAMAIS que la descente aux enfers de la population grecque n’a pas été causée par des actions qui ont profité à la population.
      La cause de ce désastre a été la spéculation des banques grecques et des banques €uropéennes (et aussi des spéculateurs de la City et de Wall street) qui ont commencé par faire “socialiser” les dettes privées par le gouvernement (comme Narközy l’avait fait pour la société Générale) et qui ont ensuite spéculé sur l’insoutenabilité de cette dette inique par l’état grec.
      Et comme d’habitude, les spéculateurs se sont fait des c**** en or sans prendre le moindre risque sur le dos d’une population qui n’avait rien demandé.
      Et, cerise sur le gâteau, ces banques et spéculateurs n’ont même pas utilisé leurs fonds propres (ils ne sont pas fous), ils ont utilisé les fonds de pékins lambda de leurs propres pays (en se gardant bien de les informer), ce qui leur offrait une protection inviolable de la part des états qui se seraient retrouvés avec une situation incontrôlable en cas de faillite de ces institutions car l’ensemble de la population de leur pays aurait vu ses comptes bancaires (même courants) vaporisés.

      C’est beau le “libéralisme”…

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      • James Whitney // 08.07.2019 à 13h12

        Merci pour ces remarques plus qu’utiles.

        En ce moment c’est les banques qui contrôlent les gouvernements, merci la Commission européenne. Oui, il faut que les gouvernements soient “démocratiques” qui est loin d’être le cas aujourd’hui. Donc il faut des mobilisations pour des choses comme la Référendum d’Initiative Citoyen sur tout sujet et à tous les niveaux. Mais surtout des mobilisations autour des questions locales : accès aux soins médicales, contre la fermeture des maternités, des écoles, contre l’idée que ce n’est pas rentable donc il faut privatiser, etc.

        Pas facile tout ça. Mais on a déjà un point de départ avec les gilets jaunes, les débats … L’empire jupitérien a déjà montré ô combien il a peur de nous, et il ne faut pas lâcher, on fonce.

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  • Alexandre Clement // 05.07.2019 à 14h41

    Le débat sur les mini-BOTs a une double dimension : d’une part il concerne l’euro et donc la volonté de mettre la monnaie unique en péril ou non, mais il concerne aussi l’émergence de nouvelles monnaies qui forcément vont se concurrencer les unes les autres et affaiblir le prestige de l’euro comme celui du dollar.

    http://in-girum-imus.blogg.org/l-euro-et-son-avenir-les-mini-bots-italiens-a166051332

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    • pascalcs // 08.07.2019 à 12h07

      “les premiers qui quitteront l’euro s’en sortiront le mieux” STIGLITZ

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  • Renaud // 06.07.2019 à 18h10

    Lien ci-dessous, voici une étude qui doit – coller – techniquement et structurellement à la situation italienne, et tant d’autres !!
    Cette étude provient de Janpier Dutrieux (qui hélas nous a quitté en février passé) un financier avisé qui fut très versé dans les questions économiques, monétaires et sociales et dont je recommande vraiment les sites, articles, études, etc, sur internet.
    Avec cette question monétaire aiguë en Italie, une étude comme celle-ci fournit les bases de la cohabitation dans un même espace économique de deux monnaies d’échelle différentes. Dans le cas qui nous intéresse, ce ne serait plus l’euro monnaie unique (que j’appelle inique) mais monnaie commune en parallèle avec une monnaie nationale.
    L’ “Europe” et l’ “euro” vont-t-il finir par avoir notre peau ??

    http://prosperiteetpartage.free.fr/et-si-les-collectivites-locales-sautofinancaient-de-la-monnaie-locale-complementaire-a-la-monnaie-commune.html

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