Suite du billet sur le cycle du Carbone. L’index général de la série de billets sur le réchauffement climatique est disponible ici

La concentration atmosphérique en CO2

Le Mauna LoaLe Mauna Loa est le plus grand volcan du monde (17 kilomètres au dessus de sa base). Il culmine à 4 170 mètres, faisant de lui le deuxième plus haut sommet de l’île d’Hawaï.

Près de son sommet, situé à l’écart de toute activité humaine, le Mauna Loa Observatory (MLO) bénéficie de conditions atmosphériques idéales.

Il est devenu la référence pour la mesure de la concentration en CO2 de l’atmosphère :

Concentration mondiale de CO2 atmosphère Mauna Loa

Les dernières données sont les suivantes :

Concentration en CO2 de l’atmosphère, mesurée au Mauna Loa
(en rouge, moyennes mensuelles ; en noir, corrigées des variations saisonnières)

On observe tout d’abord la nette saisonnalité de la concentration en CO2. Elle varie avec dans une fourchette de 2 % par an, avec un maximum en mai (au début de la période végétative) et un minimum en octobre (fin de la saison). On observe ainsi la “respiration de l’hémisphère nord”, lié au cycle annuel de la photosynthèse.

On observe également que la concentration semble augmenter au fil des années. Le MLO effectuant des relevés depuis 1959 :

Concentration mondiale de CO2 atmosphère Mauna Loa

Zoomons pour une mieux observer la tendance :

Concentration mondiale de CO2 atmosphère Mauna Loa

Concentration mondiale de CO2 atmosphère Mauna Loa

Cette fois, plus de doute : il est clair que la concentration augmente nettement depuis 50 ans, et que la vitesse d’augmentation elle-même augmente. L’atmosphère se charge d’environ 20 ppm (parties par million, = 0,00001 %) par décennie (sur un stock actuel de 390 ppm), soit 5 % de CO2 en plus tous les 10 ans !

Afin de cerner le phénomène, prenons plus de recul : l’analyse de l’air emprisonné dans les glaces de Law Dome (Antarctique) va nous permettre de disposer de données sur les 1 000 dernières années :

Concentration mondiale de CO2 atmosphère

Cela devient parlant… On constate bien que la concentration augmente (sans aucune surprise…) avec le début de l’ère industrielle, et la combustion des différents hydrocarbures (charbon d’abord puis pétrole et gaz)…

Nous savons parfaitement que nous sommes responsables de cette augmentation, et ce, de deux façons différentes.

La première est très savante, qui consiste à mesurer le rapport entre les isotopes du carbone (les combustibles fossiles, issus de plantes disparues il y a des millions d’années, émettent une proportion d’isotopes différente de celle de l’atmosphère actuelle).

La seconde est beaucoup plus simple – car il suffit de compter… Nous avons émis depuis 1850, de façon cumulée, environ 2 600 Gt (gigatonnes) de CO2, soit environ 700 Gt de carbone.

Or, comme présenté dans ce billet sur le cycle du carbone, la concentration de l’atmosphère en carbone est passée dans l’intervalle de 500 Gt à 800 Gt, soit + 300 Gt. Les 400 Gt de différence ont par chance été absorbés par l’océan et les plantes…

CQFD.

Bon, allez, un graphique pour synthétiser quand même :). Il rapproche les émissions de CO2 par combustion d’hydrocarbures et l’augmentation de CO2 dans l’atmosphère :

Emissions et Concentration mondiale de CO2 atmosphère

Intéressante corrélation…

Devant l’évidence des mesures, il n’y a rapidement plus eu de contestation sérieuse sur le fait que nous soyons bien à l’origine de l’augmentation (mais les lobbys ont quand même essayés au début, rassurez-vous).

Maintenant, je vous propose de reculer beaucoup plus, grâce à des forages de glace à très haute profondeur, de remonter l’analyse de notre atmosphère jusqu’à… -800 000 ans :

Concentration mondiale de CO2 atmosphère 800000 ans 400000

L’anomalie actuelle saute aux yeux…

Pour l’anecdote, on observe que l’Humanité a à ce jour brûlé plus de 190 000 milliards de litres de pétrole par exemple. Cela représente un demi-litre pour chaque m² de la planète. On peut juger que c’est peu, puisque la fumée se dissipe dans les dizaines de kilomètres de colonne au dessus dudit m², mais quand on voit la fumée que produit une telle combustion, on se dit que ceci n’est pas négligeable du tout…

Voici une petite vidéo présentant cette évolution :

Au niveau de la répartition géographique de ce CO2 atmosphérique, je vous propose ces belles images :

Concentration mondiale de CO2 atmosphère

Concentration mondiale de CO2 atmosphère

et ces vidéos montrant les variations saisonnières et historiques :

Évolution journalière en 2008 (24 secondes) :

Pour les passionnés, évolution journalière 2000-2008 (3 min. 39):

Concentration mondiale de CO2

Nous allons en voir toutes les conséquences, mais avant, arrêtons-nous sur le cas du méthane, deuxième gaz à effet de serre le plus répandu…

La concentration historique en CO2

Soyons clairs : il y a eu beaucoup plus de gaz carbonique dans l’atmosphère par le passé. Mais il n’y avait pas 7 milliards d’humains sur la Planète pour en supporter les conséquences…

Ainsi, il y a 4,5 milliards d’années, on pense qu’il y avait entre 30 à 60 atmosphères de CO2 (3 000 000 à 6 000 000 de pascals), soit 100 000 fois la quantité actuelle de CO2.

Composition atmosphère

Plus récemment, on estime que, depuis 600 millions d’années, la quantité de CO2 atmosphérique a varié entre 0,5 et 20 fois la quantité actuelle. Au carbonifère (300 millions d’années), la teneur en CO2 était probablement aussi faible que maintenant. Puis elle a augmenté jusqu’au Crétacé (5 fois la valeur actuelle). Des valeurs relativement élevées de la teneur en CO2 se sont maintenues pendant le Mésozoïoque (de 240 à 100 millions d’années) et depuis lors cette teneur diminue (de 80 à 0 millions d’années).

Composition atmosphère

La concentration atmosphérique en méthane

Retournons au Mauna Loa pour observer cette fois la concentration de l’atmosphère en méthane :

Concentration mondiale methane ch4 mauna loa atmosphère

Zoomons :

Concentration mondiale methane ch4 mauna loa atmosphère

Concentration mondiale methane ch4 mauna loa atmosphère

On constate ici que l’augmentation du méthane a connu une très nette baisse entre 1990 et 2005, mais que la tendance est désormais repartie à la hausse. Rappelons que les émissions de méthane sont principalement issues du bétail, des rizières et des décharges. La baisse a principalement été due, comme nous l’avons vu dans ce billet, à l’amélioration des méthodes de cultures des rizières et de gestion des déchets.

Toutefois, si nous prenons plus de recul :

Concentration mondiale methane ch4 atmosphère

on observe la très forte hausse de la concentration de méthane dans l’atmosphère depuis 2 siècles : elle a presque triplé ! Rappelons que le méthane est d’ailleurs 30 fois puissant que le CO2 en terme d’effet de serre…

Pour terminer, prenons de nouveau un très long recul, en regardant 400 000 ans d’histoire :

Concentration mondiale methane ch4 atmosphère

Là-encore, la conclusion est sans appel : la révolution industrielle et l’explosion démographique ont entraîné une pollution hors norme…

Concentration mondiale methane ch4

Petite question : mais que diable peut-il se passer quand on augmente la quantité d’un gaz à effet de serre… Suspens terrible…

Dans le billet suivant, vous trouverez la réponse avec une analyse sur le réchauffement climatique…


Dessin Cartoon Emissions de CO2

26 réponses à 1335 Climat (5) : Concentration atmosphérique des gaz à effet de serre

  1. Marcus Le 01 mars 2013 à 05h02
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    Beaucoup de travail Olivier et toujours aussi passionnant !!!


  2. Proto type Le 01 mars 2013 à 07h19
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    Félicitations pour cet article.

    A t’on par contre un graphique de la température moyenne sur note terre depuis plusieurs millions d’années ?


    • planete Le 02 mars 2013 à 13h03
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      on trouve ici:
      http://www.skepticalscience.com/co2-lags-temperature.htm
      l’évolution de la température et de la concentration en CO2, non pas sur des millions d’années, mais sur 400000 ans. Le texte associé est intéressant parce que l’un des arguments des climato-sceptiques est que, dans le passé, les changements de température “précédaient” les changements de concentration de CO2 de 600 à 1000 ans et donc, disent-ils, l’augmentation de CO2 ne va pas induire une augmentation de la température. Mais, comme c’est expliqué sur cette page, dans le passé les variations de température étaient dues, essentiellement, aux variations d’inclinaison de la Terre. Cette variation induisait une faible variation de température, mais des effet de feed-back (les océans s’échauffent, relachent du CO2, qui augmente l’effet de serre, etc…) amplifiaient les variations sur une échelle de temps de plusieurs centaines d’années, parce que les deux paramètres que sont la température et la concentration en CO2 sont reliés par un système complexe. Imaginez deux bateaux sur l’océan reliés un élastique, ils vont s’entrainer l’un l’autre mais avec des retards. Mais si un des deux bateau est entrainé brutalement dans une direction, l’élastique va se tendre, la distance entre les deux bateaux va augmenter…jusqu’à ce que le deuxième bateau rejoigne le premier.


  3. Vénus-Etoile du Berger Le 01 mars 2013 à 08h30
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    En parallèle
    Vénus est la seconde planète du système solaire. Un important effet de serre y fait régner une chaleur torride, de 470°C en moyenne. Suffisant pour faire fondre du plomb. Outre quelques plaines, dépressions et monts, dont le mont Maxwell qui culmine à 11 000 mètres, la planète est sous le sceau du volcanisme, avec plusieurs dizaines de milliers de volcans.

    L’atmosphère de Vénus est principalement composée de dioxyde de carbone, avec un peu d’azote et des traces d’autres composés. La quantité d’azote dans l’atmosphère est relativement faible par rapport à la quantité de dioxyde de carbone, mais puisque l’atmosphère vénusienne est plus épaisse que l’atmosphère terrestre, la quantité d’azote totale est quatre fois supérieure à celle de la Terre (où l’azote représente 78% de l’atmosphère).

    Le Maat Mons est le plus haut volcan de Vénus, c’est son bouclier.
    Point culminant: 8 km
    Dimensions caldeira: 31×28 km
    Diamètre: 395 km
    Il est à l’origine de la présence du méthane CH4 dans l’atmosphère de Vénus.


  4. bastien775 Le 01 mars 2013 à 09h00
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    La “crise” financière, le réchauffement climatique ainsi que l’épuisement des ressources premières, ou l’art de détruire une planète en un peu plus d’ un siècle. Le profit immédiat comme l’ultime source du bonheur au détriment des générations futures. Quel imbécile à parler de la sagesse de l’homme?


    • Lisztfr Le 01 mars 2013 à 10h43
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      Comme l’a dit Alfred Hitchcock, sur la planète existe deux espèces connues pour se faire la guerre, l’homme et le rat. Parmi celles-ci, la première est dite intelligente. (je n’ai plus la source, une série TV)


  5. Christophe Vieren Le 01 mars 2013 à 11h12
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    Pour ceux qui en douteraient encore, après lecture de cet article, que l’origine de l’augmentation de la concentration du CO2 ces derniers siècles est bien due à la combustion des combustibles fossiles (la déforestation “naturelle” n’y prenant qu’une petite part), voir ce graphique : Concentration atmosphérique d’O2 (1990-2003) et le paragraphe Le dyoxygène atmosphérique de l’article dont il est extrait.


  6. Bouddha vert Le 01 mars 2013 à 11h51
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    Bonjour et encore merci pour ces données si clairement exposées, un vrai bonheur!

    Comme d’habitude, le sujet climat ne déclenche pas des tombereaux de messages, certainement parce qu’il est moins polémique que les autres:
    Les faits scientifiques sont têtus, peut être plus encore que les autres!

    L’appropriation de ces données n’a pas encore été faite par le plus gros de la population et rien ne bougera vraiment sans que cette éducation ne se soit propagée.
    A moins qu’ une énorme sécheresse avec de pas moins énormes inondations ne nous sorte de nos rêves plus en accord avec les changements du monde.

    Pour ajouter une petite information concernant les GES que nous envoyons dans l’atmosphère:
    Le CO2 s’accumule dans l’atmosphère avec un début d’ apuration au bout de 100 ans, la moitié en 800
    Pour le méthane une baisse au bout de 10 ans et la moitié à environ 50 ans
    Pour les fluors on observe des démarrage de baisse qui vont de 1 an à 1000 ans et bien plus…
    La vapeur d’eau, plus gros contributeur GES disparaît en quelques jours seulement.

    Il faut construire un monde sans carbone, diminuer sa consommation, donc les bienfaits de sa puissance, de sa concentration, de son extraordinaire facilité d’exploitation, les services et acquis qu’elle nous a prêté , organiser sa diminution.
    Par conséquent il faudra taxer ce carbone et financer la reconstruction d’un monde ivre d’énergie vers un monde qui ne doit plus y toucher.
    Cela ne se fera pas avec le cadre sociétal actuel, tout est à faire!

    Ce qu’il nous faut garder de l’ancien monde c’est bien évidemment ce fabuleux réseau qui nous relie tous et qui change tout.

    Bon vent.


  7. JB Boisseau Le 01 mars 2013 à 13h07
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    Très franchement Olivier, tes graphiques sont bien faits et constituent une source d’information remarquable… mais s’il te plait : n’abuse pas des graphiques dont l’axe des ordonnées ne commence pas à 0.
    Je le constate régulièrement : certains histogrammes donnent l’impression de variations relatives très fortes (doublement, triplement, chute de moitié) alors qu’en réalité il ne s’agit que d’un effet d’optique lié au positionnement des ordonnées. Je pense que tes messages sont suffisamment clairs pour ne pas avoir à utiliser ce type de procédé.

    Bonne continuation !


    • Yann Le 01 mars 2013 à 19h03
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      Pour moi ces graphiques ne posent pas de problème, car ils sont également fournis avec la version “origine = 0”. Il n’y a donc pas tentative de manipulation ou de tromperie. Le fait de zoomer est réellement utile pour s’apercevoir des changements de tendance (voir par exemple le graphique de la concentration en méthane). Après tout aujourd’hui comme pour les températures ce ne sont pas les niveaux absolus qui posent vraiment problème, mais les tendances et ce qui va se passer dans 50, 100 ans, et plus.


  8. Incognitototo Le 01 mars 2013 à 14h46
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    ? Bizarre… la part de l’oxygène augmenterait dans l’atmosphère ??? Ou c’est juste un effet de l’échelle choisie dans le tableau “composition de l’atmosphère depuis 6 milliards d’années” ?
    À ce propos, pas de CO² visible… mais il est vrai que l’on parle de la variation de 0,039 % de la composition de l’atmosphère… sans commentaire… 🙁


    • Yann Le 01 mars 2013 à 19h20
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      Vue l’échelle et les changements provoqués par l’homme depuis le début de l’ère industrielle, ce graphique ne peut pas être utilisé pour tirer des conclusions sur ce qu’il se passe aujourd’hui. Tout ce qu’il permet de dire c’est que la part d’O2 dans l’oxygène est plus importante aujourd’hui qu’il y a 200 millions d’années.

      Bien sûr que le CO2 n’apparaît pas sur ce graphique, il faudrait une échelle des ordonnées bien plus précise. Mais ne vous en faites pas, les climatologues sont suffisamment intelligents pour convertir les ppm en pourcentages, et les modèles qui calculent l’effet de serre induit par le CO2 prennent en compte le fait que l’atmosphère est très majoritairement composée d’O2 et de N2…


  9. jducac Le 01 mars 2013 à 17h20
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    Bravo ! Très beau travail ! Les conséquences des modes de vie à l’occidentale sont claires et incontestables, même si les dates et ampleurs des principaux dommages induits restent incertaines. Le plus urgent maintenant est d’agir sur les causes, la première d’entre elles doit amener une réduction drastique du niveau de vie dans les pays les plus développés. Ce sont les plus gros consommateurs pollueurs.

    http://www.statistiques-mondiales.com/energie.htm

    L’alerte a été donnée par D. Meadows et le Club de Rome il y a plus de quarante ans sans déclencher d’action corrective significative. Au contraire, les Etats se sont mis à s’endetter davantage, non pour investir dans la captation d’énergie sur les flux, mais conduisant à accroître la consommation prélevée sur les stocks non renouvelables.

    Seule la Chine il à une trentaine d’années, bien qu’officiellement communiste, semble avoir pris les mesures de nature à privilégier la survie de sa culture en adoptant une vraie attitude capitaliste assurant la prééminence du long terme sur le court terme. Elle a délibérément joué la modération de la consommation (l’épargne, l’investissement, limitation des naissances) au détriment de l’élévation du niveau de vie de la majorité sa population. Du même coup, cela a conduit à la mise hors jeu (au chômage pour longtemps et à la fragilisation) de la majorité des populations occidentales restées, par égoïsme et manque de maturité, inconscientes de la nécessité d’assurer l’avenir de leurs enfants et petits enfants en investissant, au lieu de consommer.

    L’Allemagne avec Schröder, il y a une dizaine d’années, a montré la voie en Europe sans réussir à faire passer le message aux pays d’Europe du Sud qui semblent manquer totalement de clairvoyance et/ou de courage, tant au niveau des dirigeants que des électeurs. Tout autre prétexte secondaire est bon pour détourner l’attention au lieu de s’attaquer au travail de fond, lequel doit aboutir à rendre tout le monde conscient de la nécessité de ne pas consommer plus que ce que l’on peut capter sur les flux.


  10. Kandide Le 01 mars 2013 à 19h40
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    Je ne voudrais pas répéter mon commentaire du billet 1330 (Le cycle du carbone), mais les chiffres bruts en concentration de rejets à effet de serre sont trompeurs quant aux effets finaux, selon la climatologue V. Masson-Demotte dont le livre (Climat, le vrai et le faux) stipule :

    Idées reçues (encadré dans le texte):
    “L’accélération du réchauffement: L’impact radiatif des rejets… n’est pas proportionnel à leur concentration, mais au logarithme de leur concentration” (donc, effet de forte saturation et non d’amplification exponentielle).
    “L’emballement par rejets de méthane: Les mesures récentes de la composition isotopique du méthane emprisonné dans les glaces suggèrent qu’une telle déstabilisation ne s’est pas produite pendant la dernière déglaciation, qui représente pourtant une réorganisation massive du système climatique.”
    (jusqu’à +16°C en moins de cent ans au Groenland!)

    Cela explique sans doute pourquoi, depuis le début de l’ère industrielle, la température ne s’est élevée que de 0,8°C malgré les 190 Gt de pétrole brûlé, soit la moitié du stock total estimé !
    Cela explique aussi, inversement, pourquoi le passé récent post-glaciaire a connu des variations de température moyenne dix fois plus importantes, avec moins de gaz à effet de serre qu’aujourd’hui.
    L’effet causal primaire est en effet dans l’autre sens: 8 à 10°C de plus ont produit l’équivalent nos rejets anthropiques de façon naturelle (dégagements des gaz dissous dans les mers), mais cette même quantité de rejets apportée en supplément par l’homme ne produit, en sens inverse, que 0,8°C d’augmentation !
    Il serait donc sage, pour une information objective, de représenter sur les mêmes graphiques (i.e. depuis 800 000 ans) les variations de température en même temps que les concentrations. On y verrait la faible correlation inverse évoquée, sous la forme d’une température qui ne suit pas l’augmentation de concentrations brutale affichée à l’âge industriel.

    En définitive, ce n’est pas la concentration en rejets qui est indicative pour nos conditions de vie, mais la variation de température elle-même, et surtout ses conséquences.
    Or, les prévisions les plus pessimistes à ce égard restent très inférieures au réchauffement qu’a connu l’homme à la dernière déglaciation, il y a moins de vingt mille ans.
    A titre indicatif, la paléanto-climatologue V.Masson-Delmotte rappelle que la variation du “niveau moyen des océans” fut alors “de 120 à 130 m”, alors que le GIEC prévoit pour la fin du siècle une fourchette de 18 à 59cm (à peine celle de la marée moyenne en méditerranée, qu’on considère habituellement comme négligeable voire inexistante). Même pas de quoi reculer sa serviette en bord de plage !

    C’est cette insignifiance relative des projections finales qui m’a fait dire au précédent billet “Carbone” qu’elles laissent une impression de malaise, face à l’activisme déployé par certains (GIEC, etc).
    En revanche, l’épuisement des ressources fossiles elles-mêmes est en vue pour bientôt, et personne ne semble en prendre la mesure: ainsi, cette semaine, un député écologiste intervenait à l’assemblée pour critiquer les crédits alloués au programme ITER ! Là, les arguments inverses sont évoqués: une issue en 2050, voire la fin du siècle, semblent alors une éternité aux impatients de “la lampe à huile et la marine à voile” !


    • Hijak Le 01 mars 2013 à 21h13
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      Bien, bien comme chacun a pu le remarquer nous sommes donc en période glaciaire intense avec une population nomade de 10 millions d’individus.
      Il n’y a donc aucun problème, le grand volcan Homos Sapionce peut cracher du feu encore longtemps sans que l’on soient obligés de faire le moindre sacrifice pour le calmer….

      Pour le reste il y a…Wikipédia et on sent vraiment une certaine précision scientifique du GIEC sur la question
      http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89l%C3%A9vation_du_niveau_de_la_mer

      “En 2007 le GIEC, sans prendre en compte la fonte des glaces, faute de modèle prédictif satisfaisant indiquait une augmentation de 20 à 60 centimètres en 2100. Cependant, la même année, des scientifiques alertent sur une fonte plus rapide que prévue 24, ce qui sera confirmé en 2009, y compris pour l’antarctique”

      hhhmmm hhhmmm “En 2007 le GIEC, sans prendre en compte la fonte des glaces, faute de modèle prédictif “


    • Lisztfr Le 01 mars 2013 à 21h37
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      Oui mais ITER ne marchera pas. D’ailleurs toute cette histoire qui consiste à reproduire le soleil en éprouvette se heurtera jusqu’à nouvel ordre au fait que ces réactions de fusion produisent des neutrons rapides difficiles à arrêter et dangereux. Ces mêmes neutrons qui détruiront les alliages supraconducteur d’ITER…. Comme disait Pierre-Gilles de Gennes, nous n’avons pas les matériaux capables de résister et il aurait fallu chercher dans ce domaine d’abord.


      • Kandide Le 06 mars 2013 à 20h43
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        Il est bien présomptueux d’affirmer “ITER ne marchera pas!”
        Gilles de Gennes parlait de la technique de confinement magnétique, qui n’est qu’une des voies.
        Il existe aussi la technique de confinement inertiel par laser de puissance, qui n’a pas les problèmes évoqués.
        Le but d’ITER est précisément d’explorer toutes les voies possibles.


    • Hadrien Le 04 mars 2013 à 18h49
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      Voilà enfin quelqu’un (Kandide) parlant un langage que l’on comprend.
      Certes, répétons- le, toute modification anthropique des équilibres naturels est à examiner avec circonspection… mais aussi avec le recul et le relativisme qui s’imposent:

      En matière de frontières et de niveau de vie, on voit surtout, comme migrations dues à la température, celles des retraités qui se retirent dans les contrées plus chaudes du Sud (bien que nous soyons déjà dans le haut du cycle chaud qui revient périodiquement tous les 100 000 ans) :
      Après la Côte d’Azur, ce sont maintenant les côtes du Maghreb, voire plus loin, que visent nos retraités. Aux Etats-Unis, le phénomène a concerné depuis longtemps la Californie, puis le Mexique. John Huston, parmi d’autres, s’y était retiré à Puerto Vaillarta, annonçant une vague qui ne s’est pas démentie.
      Plus bas, à Puerto Escondido, etc., on rencontrait déjà des retraités… allemands à la tête d’Hotels-restaurants, comme on les rencontre maintenant en tant que nouveaux propriétaires dans les villages côtiers de la Crête, balayés par les vents chauds en provenance de Lybie !
      Et tout cela concerne des différences d’au moins 10°C. On est loin de la fourchette de 1,8 à 4°C dans un siècle, tant redoutée par le GIEC… alors qu’elle ne sera même pas suffisante pour retenir nos retraités !

      En revanche, on voit migrer en grand nombre vers les climats plus froids du Nord Occidental des réfugiés économiques mais non climatiques…

      Question relativisme, il en va de même pour la récente campagne anti-diesel du gouvernement (cf Listzfr et Marcus) dont les intentions sont tout sauf écologiques: le moteur diesel étant plus économe en carburant fossile, on devrait encourager cette tempérance dans le domaine.
      Au lieu de cela, voilà qu’on veut le taxer comme le super, en raison de particules en suspension… qui sont à chercher au microscope par rapport à celles des chauffages au charbon ou au bois dans les cheminées… ce dernier dont on nous vantait, il y a peu, les charmes écologiques…
      Rappelons qu’ils furent tous deux la cause d’une mortalité sévère dans les grandes villes de l’ère industrielle, notamment au Royaume-uni où le “smog” Londonien fit des ravages jusqu’à une période encore récente. Il a aujourd’hui disparu grâce à la généralisation du chauffage au gaz et au gaz-oil…
      comme quoi tout est relatif !


  11. Dan Le 01 mars 2013 à 21h00
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    La pollution politique , pollution idéologique européenne , la pollution de quantitative easing est maximum
    la pollution des médias ,….. font que nous ne voyons plus le soleil et la planète est en danger avec toutes ces pollutions…… il est grand temps de lancer un appel mondial pour dépolluer l’humanité de tous ces parasites !


  12. Lisztfr Le 01 mars 2013 à 21h23
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    J’en profite pour rectifier quelques âneries entendues sur France-inter ce midi au sujet du diesel.

    Le présentateur affirmait pour commencer que le diesel n’était pas écologique. C’était une double erreur, d’abord parce que le principal reproche qu’on lui fait concerne l’émission de particules fines, qui ont un effet non pas sur l’environnement mais sur la santé. Donc c’est un problème de santé publique et non d’écologie.

    Deuxio, le diesel est au contraire très écologique puisqu’il a un rendement supérieur aux moteurs à essence, donc ses émissions en CO2 sont moindre en comparaison.


    • Marcus Le 01 mars 2013 à 22h24
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      Je l’ai entendu aussi.
      Le but c’est de taxer, taxer et encore taxer.
      On est la vache à lait !


    • jmdesp Le 01 mars 2013 à 23h13
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      Le rendement supérieur par lui même incite à acheter du diesel, quand la taxe est identique. Les moteurs diesels sont plus complexe, l’énergie grise est supérieure ce qui fait qu’il ne sont intéressant que pour les gros rouleurs, ceux qui font trouver un avantage fort à la différence même dans ce cas.

      Le raffinage par nature produit 50% de diesel et 50% d’essence, si on utilise nettement plus de l’un que de l’autre, on ne peut que exporter ce qu’on a un trop, trouver quelqu’un près à le bruler.

      Par contre, deux véritables âneries :
      – en terme de particule, le chauffage au bois de mauvaise qualité, pas d’insert, pas de post-combustion, pas de filtre à particule, est tellement mauvais que même en ville il contribue nettement plus à la pollution particule que les voitures
      – depuis les normes Euro 5, les rejets en particules des diesels sont très faibles, à peine supérieur à l’essence, et la très grande majorité du problèmes est ailleurs. Seuls les vieux véhicules contribuent significativement.


      • Lisztfr Le 02 mars 2013 à 11h12
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        Ok… comme d’hab dans les médias il n’y a pas de spécialiste digne de ce nom qui s’exprime et on reprend le message du gouvernement.


  13. philoupe Le 02 mars 2013 à 08h15
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    il faut mettre aussi prendre la courbe de l augmentation de chaleur de l atmosphère qui est en avance sur le CO2 . Donc c’est le réchauffement qui produit le CO2 supplémentaire en partie. Celui ci étant du à l’activité solaire exceptionnel des cycles du 20 orme siècle .
    Mais celui de 2013 qui ce termine semble être moitiers moins puissant donc on vas retrouver des températures des années 1800. cycle de mauder et. la nous auront faim car les récoltes seront moindre.


    • planete Le 02 mars 2013 à 15h55
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      vous pouvez voir ci-dessus ma réponse à la question de Proto type sur le décalage entre concentration de CO2 et température.


  14. Bouddha vert Le 06 mars 2013 à 01h42
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    Intervention très tardive après relecture des différents commentaires:
    Le GIEC n’est certainement pas la panacée, cependant son travail est précieux pour qu’une information, une culture existe au niveau mondiale: Nos actions ne sont pas neutres, nous devons connaître les ordres de grandeur.

    Un petit lien vers un condensé lisible, de la naissance, des moyens techniques, des acteurs, des publications du GIEC:
    http://www.manicore.com/documentation/serre/GIEC.html

    Le modèle international du GIEC est certainement la meilleure voie à opérer pour informer des grands sujets transnationaux que sont:
    Le climat, l’énergie, les pollutions, les ressources… Mieux et plus nombreux nous saurons et meilleure sera la planète.

    Toujours bon vent.


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