Suite du billet sur les émissions de gaz à effet de serre. L’index général de la série de billets sur le réchauffement climatique est disponible ici

Le cycle du carbone

Le carbone est un des éléments les plus abondants à la surface de la Terre et un élément essentiel de la matière vivante sur notre planète. On le trouve le plus souvent sous forme de composés, essentiellement le dioxyde de carbone et ses dérivés minéraux comme les carbonates ou les matières organiques.

Tous interviennent dans un vaste ensemble de réactions chimiques qui sont susceptibles de se développer dans les conditions naturelles. L’eau de mer contient quelques 39 000 Gt (= Gigatonnes = milliards de tonnes) de carbone, essentiellement sous forme de bicarbonates dissous. La quantité de carbone contenue dans les plantes vivantes est modeste (environ 600 Gt) et sensiblement égale à celle présente dans l’atmosphère qui vaut environ 780 Gt. Les sols de surface en contiennent davantage (environ 1 600 Gt) et la matière organique y est présente sous forme de substances de stabilités très diverses. Les réactions d’oxydation causées par l’activité bactérienne recyclent très vite les débris de feuilles et d’herbe, mais beaucoup plus lentement les tourbes et les matières organiques humiques. La majeure partie du carbone est cependant stockée dans les roches sédimentaires calcaires au fond des océans, qui contiennent le faramineux total de 100 000 000 Gt de carbone. Ils contiennent environ 6 000 Gt de combustibles fossiles (pétrole, gaz naturel, charbon), dont seule une fraction est récupérable.

Comme le carbone fait partie des éléments indispensables à la vie, il circule constamment entre organismes et “réservoirs”. Il sert ainsi de nutriment et intervient dans la respiration (absorption d’O2 et rejet de CO2) et dans la photosynthèse (absorption de CO2 et rejet d’O2). À ce carbone qui circule relativement rapidement, il faut ajouter de grandes quantités de carbone sous forme de sédiments, de roches et de combustibles fossiles, situées sous terre ou au fond des océans. Ce carbone-ci, au contraire, est plutôt inerte : les stocks mettent très longtemps à se constituer (par sédimentation ou enfouissement du carbone de surface, phénomènes très lents) et à se dégrader (par altération des roches et via le volcanisme).

Flux de Carbone

La circulation du carbone

L’ensemble de ces flux s’appelle le cycle du carbone, c’est-à-dire que, grossièrement, il n’y a pas de création de nouvel atome de carbone, mais des passages par différentes molécules, dans les différents réservoirs.

Les puits de carbone

En 2000, le GIEC a défini le puits de carbone comme « tout processus ou mécanisme qui absorbe un gaz à effet de serre, tels le CO2 et le CH4, […] présent dans l’atmosphère ». Ce sont donc des lieux de stockage du carbone (CO2) que l’on trouve sous différentes formes (carbonates, molécules organiques, forme gazeuse ou solide) à différents endroits sur notre planète (océan, atmosphère, biomasse, sols).

Le carbone présent dans l’atmosphère représente une infime partie du carbone de la planète – mais c’est la partie qui a une grande influence sur notre vie quotidienne… Nous allons donc nous y intéresser de plus près.

Rappelons que les 4 réservoirs de carbone sont :

  • les roches et sédiments, 100 000 000 Gt.
  • l’océan : 40 000 Gt
  • la matière vivante : 600 Gt
  • l’atmosphère : 800 Gt (mais seulement 500 en 1750 !)

L’Humanité envoie tous les ans près de 10 Gt de carbone dans l’atmosphère (1 Gt de carbone est émise par 3,67 Gt de CO2) :

  • 8,5 Gt par utilisation des combustibles fossiles
  • 1 Gt par déforestation.

Par chance, tout le carbone émis dans l’atmosphère n’y reste pas : une partie est absorbée par les océans et la végétation, en raison du cycle du carbone.

Les scientifiques estiment que, pour le moment, environ la moitié du CO2 anthropique est absorbée par les océans et les végétaux.

Rappelons qu’il existe deux cycles du carbone en interaction étroite, mais répondant à des échelles de temps très différentes :

  • un cycle court, qui implique le vivant, les océans de surface et les sols,
  • et un cycle long dans lequel interviennent l’océan profond, les roches et sédiments, les volcans et les combustibles fossiles.

Depuis le début de l’industrialisation, l’action de l’homme a perturbé cet équilibre. Pour répondre à des besoins grandissants en énergie, nous sommes allé puiser dans les ressources fossiles (pétrole, gaz naturel, charbon) et les avons brûlé en grandes quantités, émettant d’immenses quantités de carbone vers l’atmosphère. Le recours massif aux énergies fossiles a en quelque sorte court-circuité le cycle naturel du carbone : les stocks de carbone fossile qui normalement aurait dû se dégrader au rythme de leur reconstitution, c’est-à-dire très lentement, sont actuellement consommés à l’échelle de temps de la vie humaine, c’est-à-dire très rapidement… sans que le rythme de leur reconstitution n’ait été accéléré.

Cela pose deux problème : d’une part, l’épuisement de la ressource est inéluctable, puisqu’on la consomme bien plus vite qu’elle ne se forme. D’autre part, du carbone est envoyé dans l’atmosphère à une vitesse telle qu’il ne peut que s’y accumuler… d’où l’impact sur le climat.

L’effet « boule de neige »

Les scientifiques craignent le déclenchement d’un effet « boule de neige » (rétroaction positive) dans le cycle, où le réchauffement conduirait à un réchauffement encore accru ; cet emballement de l’effet de serre serait lié la disparition des glaces et surtout la libération de stocks naturels de gaz à effet de serre actuellement fixés par le pergélisol, les hydrates de méthane marins, ou encore la biomasse.

Il est également craint que, suite au réchauffement planétaire, de grandes quantités de méthane soient libérées à partir des clathrates (hydrates de méthane qui tapissent le fond des océans) et de la toundra sibérienne qui commence à dégeler, le méthane étant 28 fois plus puissant comme gaz à effet de serre que le dioxyde de carbone.

On estime que l’extinction massive d’espèces lors du Permien-Trias il y a 250 millions d’années (disparition de 95 % de la vie marine et 70 % des espèces terrestres) pourrait avoir été causée par un tel emballement.

Les flux de carbone

On peut dès lors dresser le bilan annuel entre les émissions de CO2 et son absorption par les puits (figurent aussi le montant des stocks) :

Cycle du Carbone

Flux de Carbone

Ce graphique présente : (i) sous forme de flèches, les flux de carbone entre les réservoirs sur la période 1990-1999 en milliards de tonnes d’équivalent CO2 par an ; (ii) entre crochets, la taille des réservoirs en milliards de tonnes d’équivalent CO2 et leur variation sur la période 1750-1994. Réservoirs et flux pré-industriels sont en noir. Ceux qui sont liés au développement des activités anthropiques à partir de 1750 sont en rouge.

Les chiffres de ces graphiques datant toutefois un peu, d’où l’intérêt de passer à l’analyse fine du budget carbone.

L’évolution du budget Carbone de la planète

Le Budget Carbone 2010 de la planète a ainsi été celui-ci :

  • émissions par combustion d’hydrocarbures : + 8,5 Gt
  • émissions par déforestation : + 1 Gt
  • absorption par les océans : -2,5 Gt
  • absorption par les terres : – 3 Gt
  • bilan total pour l’atmosphère : + 4 Gt

Budget carbone mondial de CO2

On note la forte augmentation des émissions par hydrocarbures, la stabilité d’absorption du puits océanique et la variabilité du puits terrestre.

Si nous prenons plus de recul (avec un autre présentation) :

Flux de Carbone

ou :

Emissions mondiales de CO2 par pays

(land = puis terrestres ; land-use change = déforestation)

Soit au total :

Flux nets de C02

On constate ainsi que les gros dégâts ont vraiment commencé vers 1950…

Le bilan carbone global actuel est donc celui-ci :

Bilan carbone global

Bilan carbone global

Bilan spatial

Maintenant que nous avons compris le mécanisme “émission/absorption”, nous pouvons représenter une carte des soldes totaux, correspondant au volume net des émissions qui resteront dans l’atmosphère, pour le CO2 et le méthane CH4 :

Flux nets de C02

Flux nets de méthane CH4

4 synthèses animées

Je vous propose 3 animations pour conclure ce billet. Le première représente le cycle du carbone :

© CEA

La deuxième détaille les échanges de carbone (cliquez à différents endroits)

© Marc Jamous, IPSL

La troisième présente brillamment l’évolution du budget carbone de la planète (cliquez pour la lancer) :

© Marc Jamous, IPSL

Enfin, la dernière fait un bilan passé (équilibre)-présent (déséquilibre)-futur(problèmes) des émissions :

Les échanges et les bilans sont exprimés en milliards de tonnes de carbone par an et correspondent aux échanges vers l’atmosphère. Par exemple une flèche dirigée vers l’atmosphère (vers le haut), accompagnée d’une valeur de 7,1 indique un flux de CO2 vers l’atmosphère de 7,1 milliards de tonnes de carbone par an
© Marc Jamous, IPSL

Dans le billet suivant, vous trouverez une analyse portant sur la composition de l’atmosphère résultant de ces émissions…


Dessin humour cartoon CO2

38 réponses à 1330 Climat (4) : le Cycle du Carbone

  1. fabien775 Le 22 février 2013 à 08h32
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    Si la récession continue, on gagne un peu de temps sur l’épuisement des ressources mais la pauvreté s’installe durablement pour la plupart. Si la croissance revient, on est un peu moins pauvre mais on accélère l’épuisement des ressources. C’est quoi le choix?


    • step Le 22 février 2013 à 11h52
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      un modèle économique qui marche sans croissance, car c’est à nous de nous adapter à la planète à défaut de pouvoir la quitter, pas le contraire.


      • toutouadi Le 22 février 2013 à 13h06
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        Une économie globale et planifiée ?

        (Oui !! oui je sais… la Corée du nord, Cuba, Staline, les astéroïdes, l’apocalypse, les araignées géantes, les zombis, la fin du monde et surtout les furoncles mal placés…)


        • SPQR Le 22 février 2013 à 14h12
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          Planifiée, oui, globale, j’ignore si nous y parviendrons, relocalisée surtout.


          • chris06 Le 22 février 2013 à 14h40
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            ça veut dire quoi, concrètement, une économie planifiée “relocalisée”? Comment gère t’elle les ressources qui n’ont pas le bon goût d’être localisées de la même manière que le sont les habitants de la planète?


        • chris06 Le 22 février 2013 à 14h32
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          Les exemples que vous donnez ne font que démontrer qu’une économie planifiée fonctionne beaucoup moins bien qu’une économie de marchés libres.

          Il y a une raison pour cela, c’est que quelque soit les personnes que vous choisirez pour gouverner cet organisme global de planification leurs décisions seront toujours moins bonnes que celles des milliards d’individus qui décident d’acheter, vendre, investir en fonction de leur intérêt propre et qui ensemble composent les marchés. Et ça sera toujours plus démocratique qu’une bureaucratie globale qui n’aura de cesse que d’interdire la libre expression pour pouvoir gouverner.

          Et je vous souhaite bonne chance pour convaincre le monde, notamment des pays comme les Etats Unis, la Chine, la Russie, le Royaume Uni ou l’Allemagne de passer à une économie globale planifiée…

          Au fait, première question, vous le mettez où votre gouvernement mondial et votre organisme global de planification? Où mettez vous la “capitale du monde”? Sur la Lune?


          • Ardéchoix Le 22 février 2013 à 15h05
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            @chris06
            “une économie de marchés libres”.Certainement meilleure qu’une économie planifiée , faut il encore que celle-ci soit réalisé de façon honnête(pour l’homme et la terre) , sans triche , et ce n’est malheureusement pas le cas du monde dans lequel nous vivons .Je suis malheureusement certain que 80% de notre économie mondiale n’est que triche , et les exemples sont pléthores (ce n’est pas le nom d’un cheval). Les 20% restants ont pourtant raison sur le long terme , mais le profit immédiat est un chant de sirène qui permet à l’égo d’oublier le futur .


          • G L Le 22 février 2013 à 15h26
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            Il y n’y a pas 2 mais 4 hypothèses à envisager, qu’on obtient en combinant le fait que l’économie de marché soit satisfaisante ou pas et le fait que l’économie planifiée soit satisfaisante ou pas et Il faudrait aussi envisager les combinaisons de l’un et de l’autre type d’économie parce que ce sont de telles combinaisons qu’on rencontre dans la réalité…

            A moins que, puisqu’on constate qu’aucun type d’économie n’a fonctionné de manière stable depuis que l’agriculture est la principale source de nourriture, il vaille mieux en conclure que le problème était trop mal posé jusqu’ici pour qu’on puisse lui trouver une solution acceptable?

            Vous avez probablement l’impression d’être très réaliste mais je crains que ça vous conduise à n’envisager qu’une toute petite partie des questions soulevées par ce billet.


          • chris06 Le 22 février 2013 à 15h31
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            @Ardéchoix,

            tout à fait d’accord avec vous, c’est pour cela que je pense que la question n’est pas comment passer à une économie globale planifiée mais comment réduire le plus possible ce que vous appelez “la triche”, c’est à dire les corruptions en tous genre et la triche monétaire à laquelle se livrent nos gouvernements (guerre des monnaies, planche à billets, etc…)?

            Ce qui est important c’est de se rendre compte que le système actuel est très largement perfectible s’y on se donne la peine d’y réfléchir et qu’on y met tous de la bonne volonté, et qu’il faut résister à la tentation de jeter le bébé avec l’eau du bain et sauter sur sa chaise comme des cabris en criant à l’agonie du capitalisme parce que ce n’est pas comme cela qu’on va améliorer les choses pour l’humanité!


          • toutouadi Le 22 février 2013 à 15h42
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            “Les exemples que vous donnez ne font que démontrer qu’une économie planifiée fonctionne beaucoup moins bien qu’une économie de marchés libres.”

            Dans un pays au marché libre et plutôt un des moins inégalitaire au monde, la France, les patrimoines des 11 plus nantis est égale aux patrimoines des 20 millions les moins nantis… (Source OB ici même)
            Ça, c’est une réalité tangible dont les conséquences sont terrifiantes … La réalité présente est simplement un cauchemar pour beaucoup..

            Tu mets dans les plateaux de la balance d’un coté une réalité tangible et cauchemardesque et de l’autre des hypothèses qui peuvent être tout à fait envisagées (surtout les zombis) mais qui peuvent, comme toutes hypothèses, s’avérer totalement fausses ou fantasmagoriques …

            Je n’arrive pas à comprendre comment tu arrives à équilibrer cette balance !!!


          • chris06 Le 22 février 2013 à 16h11
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            @toutouadi,

            aussi inégalitaire que soit notre système, je ne vois pas beaucoup de personnes prêtes à fuir la France ou les Etats Unis pour aller vivre à Cuba ou en Corée du Nord (j’en vois beaucoup plus dans l’autre sens) qui sont des économies planifiées bâties sur l’égalitarisme que tu proposes de mettre en place globalement.

            Perso, je préfère l’inégalité dans la prospérité à l’égalité dans la misère. Je précise que je suis loin de faire partie des 1% les plus riches et que mes revenus et mon patrimoine sont tout ce qu’il y a de plus moyens. Mais je n’ai jamais cru au sophisme de Montaigne qui consiste à croire que c’est parce qu’il y a des riches qu’il y a des pauvres!

            Puisque tu propose la planification globale comment comptes tu répondre à la question que je pose plus bas?


          • Alain34 Le 23 février 2013 à 12h03
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            Pour moi il n’y a pas 50 solutions :
            1/ éducation massive, sans dogmes et avec ouverture d’esprit… c’est pas gagné.
            2/ pas de pitié pour les tricheurs et autres corrompus : élimination physique pour l’exemple des nuisibles et parasites
            3/ faire en sorte d’empêcher l’accumulation indécente de richesses et/ou puissance et surtout sa transmission a des enfants qui n’ont rien fait pour la mériter.
            4/ faire payer l’énergie et le travail des machines a son juste prix, c’est a dire a l’équivalent travail/homme que cela représente.
            5/ replacer l’Homme à sa place : un être de passage sur la planète et pas un parasite.
            etc…
            Bref, ce serait un changement total de ‘civilisation’ et on aura certainement le chaos bien avant…


        • chris06 Le 22 février 2013 à 15h15
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          Je vais prendre une question plus judicieuse puisqu’il semble qu’on ait ici des experts en planification:

          comment planifier globalement l’utilisation de la ressource “pétrole brut”? Admettons que l’organisme central de planification soit capable d’évaluer la quantité Q de pétrole restant sur cette planète comment choisi t’il de la répartir? Admettons que ça soit en parts égales par habitant (on suppose aussi que l’organisme central de planification soit capable de décider du nombre d’habitants H(t) dans l’avenir à moyen/long terme), sur combien d’années N choisi t’il de la consommer? 20 ans, 50 ans, 100 ans, 1000 ans? ça nous donne une ration annuelle par habitant de pétrole brut de combien de litres?


          • toutouadi Le 22 février 2013 à 16h00
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            Un exemple parmi tant d’autre d’un système économique non libéral à vocation démocratique et planifiable… http://www.masdechatusse.fr/imagejpg/credit%20bancaire.pdf


          • chris06 Le 22 février 2013 à 16h24
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            en quoi ce système est il “à vocation démocratique et planifiable”? Comment ce système résout il le problème que je pose plus haut?

            Ah, je sais, dés qu’on pose un problème économique concret à un adepte d’une énième version du socialisme y’a plus personne…


          • toutouadi Le 22 février 2013 à 16h50
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            Chris… Tu fait erreur !!!

            La planification ce n’est plus les chars d’assauts devant les puits de pétrole et l’organisation du travail des enfants dans les mines de sel… (Cela faisait trop jaser, on a dû abandonner )

            La planification consiste à reprendre la main sur le financement des activités économiques afin de les réorienter au profit de la majorité et non au profit d’une minorité, tout en prenant en comptes les intérêts des générations futurs…

            Cette réorientation ce fait par un système législatif constitutionnalisé.

            C’est sûr !! C’est moins fun qu’au bon vieux temps !! Mon brave m’sieur !! tout fout l’camp !!


          • chris06 Le 22 février 2013 à 17h01
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            excuse moi mais c’est du blabla et je vois que tu ne veux toujours pas essayer de résoudre le problème économique concret que je pose plus haut…

            “La planification consiste à reprendre la main sur le financement des activités économiques afin de les réorienter au profit de la majorité et non au profit d’une minorité, tout en prenant en comptes les intérêts des générations futurs…”

            ça donne quoi, cette “planification globale” quand il s’agit de gérer la ressource “pétrole brut” au profit de la majorité et en prenant compte les intérêts des générations futures?

            Comment décide t’on du financement des exploitations pétrolières (je prends cet exemple mais ça pourrait être n’importe quel autre), sur quelles bases?


          • toutouadi Le 22 février 2013 à 17h44
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            Chris !! Tu me demandes d’écrire les 943 258 341 textes de lois qui devraient régir les activités économiques humaines !!!???

            Poufff !! ça risque de prendre un peu de temps !!
            Ok !! Mais tu corriges mes fautes ?


          • Hadrien Le 22 février 2013 à 17h44
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            @chris06

            Vous oubliez ce qui a déjà été discuté ici, l’abus sémantique par lequel les libéraux comme vous prétendent que les marchés sont une affectation automatiquement optimale des ressources (i.e. la main invisible “des milliards d’individus qui décident d’acheter, vendre, investir en fonction de leur intérêt propre et qui ensemble composent les marchés”).

            RAPPEL :
            La frauduleuse appelation “OPTIMUM de Pareto” en économie.

            Les théoriciens qui ont sévi en économie, ont pris leurs désirs (néoclassiques) pour des réalités : ils ont notamment forgé de toutes pièces une confusion entre « équilibre » de Pareto et « optimum global » de Pareto, que l’on rencontre encore aujourd’hui dans tous les enseignements universitaires sur le théorème de « l’équilibre général » (y compris chez ceux qui prétendent en dénoncer le dogme!).
            L’ « économie néoclassique » a ainsi prétendu trouver sa justification libérale dans les travaux de Pareto.
            Or, si Pareto fut un sympathisant de Mussolini, ses travaux n’en restent pas moins parfaitement cohérents. On y distingue bien:
            – un équilibre multi-critère de Pareto, appelé aujourd’hui à tort “optimum” de Pareto, qui est simplement un équilibre conflictuel un peu particulier de la théorie des jeux: on ne peut ameliorer le « critère » d’un des agents qu’au détriment d’un autre (évitant ainsi les situations comme “le paradoxe des 2 prisonniers) A part ça, c’est le propre de n’importe quel équilibre de forces!
            – un optimum monocritère global de Pareto, obtenu par agregation sociale (somme des critères individuels) et qui seul mérite le nom mathématique d’optimum (car définissant ainsi un ensemble complètement ordonné, contrairement au précédent).
            On montre qu’au prétendu “optimum” de Pareto on peut toujours faire correspondre un optimum collectif global, mais où les coefficients de la combinaison doivent être calculés a posteriori de façon « ad hoc ». Ils sont généralement disparates, trés différents les uns des autres et donc éloignés de l’égalité qui traduirait un critère collectif neutre (ne favorisant ni défavorisant personne par leur pondération a priori).
            Cette propriété, qui est souvent invoquée pour justifier le qualificatif « optimal », montre donc tout le contraire: un équilibre de Pareto n’est généralement pas un optimum collectif à coefficients égaux (le seul respectant la déclaration des droits de l’homme et du citoyen: a priori « libres et… égaux en droit »).

            On trouve aujourd’hui couramment des économistes et politiques allégeant que la politique libérale est forcément « optimale » puisqu’elle représente un “optimum” de Pareto (entendu dans la bouche de Michel Rocard, que l’on ne s’attendait pas à voir tomber dans pareil travers, à la télévision).
            Les libéraux ont ainsi enseigné comme « optimum » quelque chose qui ne l’est pas !
            Il n’était d’ailleurs pas besoin d’être mathématicien pour le deviner, puisqu’il suffit de prendre un contre-exemple: Je partage un gateau en huit parts; j’en prend sept, et je ne vous en laisse qu’une. Et bien, c’est un optimum de Pareto (parce qu’on ne peut améliorer la satisfaction d’aucun sans déplaire à l’autre)!
            Les libéraux ont aussi invoqué l’analogie avec la « la lutte pour la vie », croyant y trouver légitimité. Or, si la « lutte pour la vie » était l’optimum, pourquoi être sortis de l’âge des cavernes par la loi avec le « Contrat social » si bien explicité par Rousseau ?
            Le débat sur l’adoption d’une régulation (économique, financière, etc.) n’est pas autre chose !

            C’est cette escroquerie intellectuelle qui est dénoncée plus en détails dans un billet invité :
            http://www.pauljorion.com/blog/?p=33654


          • Hadrien Le 22 février 2013 à 18h18
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            SUR LA PLANIFICATION TEMPORELLE
            (par exemple des ressources restantes en énergie fossile)
            j’ajoute plus spécifiquement à l’addendum qui y figure, le commentaire qui suivait:

            ———————————————————
            Marianne
            5 mars 2012 à 19:49
            J’aurais développé l’ADDENDUM (cas dynamique) selon les lignes suivantes:

            Quand on poursuit l’analyse en ce sens, au moyen de ce qu’on sait des jeux différentiels, on s’aperçoit que le système dynamique résultant est instable: tout avantage ou désavantage d’un des agents à un instant t, s’amplifie exponentiellement ultérieurement avec le temps.

            L’interprétation économique est trés simple:
            Il s’agit tout simplement de l’accumulation capitaliste par le profit telle que décrite initialement par Marx, et que la financiarisation n’a fait qu’accentuer:
            – le taux d’accumulation nourrit l’accumulation
            Tout comme, inversement:
            – le service de la dette nourrit la dette

            Ceci existait déjà dans « l’économie réelle », chez Marx, mais le taux d’accumulation par le biais du profit y représentait souvent une créativité et un travail organisationnel de l’investisseur-exploiteur dont la rétribution n’était pas forcément illégitime (il le dit lui-même dans « Le Capital ») mais arbitraire.
            Tout a changé avec la financiarisation, aidée par l’informatique, où la superstructure « finance » fait de l’argent avec de l’argent sur un simple clic, à des montants démesurés, pendant que le producteur se coltine tous les problèmes, à une échelle sans rapport.
            A ce jeu, tout ce qu’accumule l’un se fait au détriment de l’autre, et diverge en valeur,… jusqu’à l’explosion.

            Ça met donc encore plus en lumière, mathématiquement, pourquoi le « Théorème de l’équilibre général », qui est statique, ne permet en rien de revendiquer une quelconque « politique optimale » de gestion des sociétés et surtout de leur avenir !
            (Pour être juste, beaucoup d’économistes (ex: J. Généreux, ou J. Sapir dans « Les trous noirs de l’économie ») le savent plus ou moins confusément, et disent « Pareto-efficient » au lieu de « Pareto-optimal »)
            Mais c’est encore trop… Car « efficient », en bon français, ne signifie pas seulement que toute les ressources sont utilisées, mais qu’elles le sont au mieux (au sens de quel critère?) !
            ——————————————————-

            En France, des hommes comme Pierre Massé, Commissaire au plan sous De Gaulle, avaient étudié préalablement ces questions pour l’énergie en présence d’incertitude (il fut un précurseur de l’intégration stochastique).
            On est loin de la caricature de planification incriminée: Corée du Nord, etc.


          • chris06 Le 22 février 2013 à 19h21
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            @toutouadi,

            “Tu me demandes d’écrire les 943 258 341 textes de lois qui devraient régir les activités économiques humaines”

            Non, tu fais exprès ou tu ne comprends pas ma question?

            Alors je la repose ici, encore une fois, selon quels principes planifie t’on globalement l’utilisation de la ressource pétrole?
            Admettons que l’organisme central de planification soit capable d’évaluer la quantité Q de pétrole restant sur cette planète comment choisi t’il de la répartir? Admettons que ça soit en parts égales par habitant (on suppose aussi que l’organisme central de planification soit capable de décider du nombre d’habitants H(t) dans l’avenir à moyen/long terme), sur combien d’années N choisi t’il de la consommer? 20 ans, 50 ans, 100 ans, 1000 ans? ça nous donne une ration annuelle par habitant de pétrole brut de combien de litres?

            @Hadrien,

            je sais bie nqu’on en a déjà discuté, mais comme Toutouadi et tous les adeptes de la planification tu refuses toujours de répondre à ma question plus haut et tu préfères tourner autour du pot.

            C’est marrant quand même que nos experts en planification soient incapables ou refusent totalement de planifier!

            Alors je te repose ma question, sur combien d’années on décide de consommer le pétrole qui reste? Qui doit décider de cela?


          • Hadrien Le 22 février 2013 à 21h51
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            Je pourrais retourner la réponse faite ci-dessus à Toutouadi:
            “tu fais exprès ou tu ne comprends pas ?”

            Je viens en effet de citer l’Addendum de http://www.pauljorion.com/blog/?p=33654, où se trouvent les indications méthodologiques à ce sujet, tout en mentionnant l’exemple (P. Massé, scientifique nommé par De Gaulle) détruisant l’affirmation que
            “nos experts en planification soient incapables ou refusent totalement de planifier!”
            Mais c’était évidemment l’époque de “l’ardente obligation du plan”…
            Ça demande précisément de définir clairement le critère d’optimisation politique.
            Et ça démontre au passage que c’est bien le dogme libéral de “la main invisible”, en envahissant le champ économique, qui a institué la facilité de s’éxonérer de cette tâche… Le laisser faire y pourvoiera !

            C’est sans doute pourquoi Porsche peut être aujourd’hui la firme automobile la plus rentable avec les prix les plus surcotés, alors qu’il n’est même pas permis de rouler à la moitié de leur vitesse de pointe et qu’il n’y aura plus de pétrole en 2050 !
            C’est sans doute aussi pourquoi, à l’inverse, s’est développé une certaine écologie du “catastrophisme”, dont le climato-catastrophisme est une composante: effrayons les citoyens, et peut-être ainsi réagiront-ils mieux !


          • Hijak Le 22 février 2013 à 22h39
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            Une planification où tout le monde serait satisfait est totalement impossible aujourd’hui. Au regard des réserves il faudrait une population de 500 millions d’individu maximum. Chose que seul un planificateur autoritaire global sur au minimum un siècle pourrait mettre en place.

            Donc nous allons vers un appauvrissement massif des classes moyennes si il n’y a pas de bond technologique majeur bientôt.


          • Benjamin Franklin Le 22 février 2013 à 23h13
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            @Hadrien
            Les optima de Pareto on s’en moque complètement.
            Les marchés sont et seront toujours imparfaits parce que les humains sont imparfaits. On ne leur demande pas de maximaliser des gadgets mathématiques, on leur demande juste de permettre des échanges entre individus libres et consentants. Les marchés fonctionnent au mieux de l’information effectivement disponible et des désirs d’échange des individus, c’est tout ce qu’on leur demande.

            Bizaremment, les premiers à avoir voulu mettre l’humanité en équations s’appelaient Marx et Keynes…

            Par contre, pour planifier l’économie et la société avec des humains imparfaits, ça s’annonce pas compliqué, tiens…


          • Hadrien Le 22 février 2013 à 23h43
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            @ Benjamin Franklin et Hijak

            Réponse incohérente, car :
            L’optimisation signifie faire “au mieux”, quelle que soit l’indésirabilité et la force des contraintes. C’est même là qu’elle est le plus utile !
            Mais pour certains,… il vaut mieux jeter le manche après la cognée, et laisser les plus malins s’en emparer pour trancher à notre place !

            Quant au “bond technologique majeur”, encore faut-il lui donner ses chances si l’on ne veut pas passer à côté…
            J’entendais à midi, sur la chaîne parlementaire, un député écologiste critiquer devant l’assemblée les crédits affectés à ITER, le projet d’investigation de la fusion thermo-nucléaire contrôlée (indéfiniment renouvelable et sans déchet).


          • toutouadi Le 23 février 2013 à 00h37
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            “Bizaremment, les premiers à avoir voulu mettre l’humanité en équations s’appelaient Marx et Keynes…”

            Tsss !! Réflexion très partisane !!! et JB Say ?


          • Hadrien Le 23 février 2013 à 01h30
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            Ce ne sont d’ailleurs ni l’un ni l’autre…
            Le premier à poser le problème en autant d’équations que d’inconnues, définissant ainsi “l’équilibre” dont il est question (http://www.pauljorion.com/blog/?p=33654), c’est Walras !


          • Benjamin Franklin Le 23 février 2013 à 22h56
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            Ne mélangeons pas tout. Say a proposé une illustration-exemple d’une de ses idées avec des bouts de maths dedans, concernant les vertus du libre-échange. Mais l’ensemble de son travail se passe de modèles mathématiques.

            Il aurait pu tout aussi bien se contenter de dire qu’en l’absence de protectionnisme, rien n’oblige les individus à commercer à grande échelle, et pourtant ils le font volontairement.

            Walras n’est pas un libéral. C’est l’initiateur du courant néoclassique.

            Allez lire ça : http://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9on_Walras

            A propos de l’équilibre général : “Cette idée a été critiquée par Keynes (les économistes d’influence keynésienne continuant d’ailleurs à s’opposer à cette vision du fonctionnement du marché), ainsi que nombre de libéraux, particulièrement ceux adhérant aux théories de l’école autrichienne.”

            Mais vous avez raison sur un point : les thèses de Walras ont effectivement été publiées juste quelques années avant le Capital de Marx.


  2. Marcus Le 22 février 2013 à 16h24
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    C’est excellent Olivier tes explications et surtout graphes sur le cycle du carbone !

    Faudrait l’envoyer dans les écoles.

    Je renvoie ceux que ça intéressent aux vidéos des scientifiques Claude et Lydia Bourguignon. Vous les trouvez facilement sur Google.
    Quant à leurs conférences passées et à venir je vous renvoie à leur site :
    http://www.lams-21.com/artc/Videos/20/fr/

    Pourquoi je dis ça ? Parce si on arrêtait le labourage au moins profond et qu’on ne laissait JAMAIS le sol sans couvert végétal, on aurait une recapture du CO2 très importante. Le système consiste entre deux récoltes à semer un engrais végétal. De cette manière plus besoin de labourer donc on n’abîme pas la faune du sol et plus besoin d’engrais chimique car l’engrais végétal (se sont des plantes semées dans le champs tout simplement) fait son travail. Et en plus il y a une récupération dans le sol, grâce au sol agricole en permanente enherbé, une récupération du carbone (CO2). Cela serait bénéfique pour tout le monde.

    Tout ceci commence à être pratiqué par un nombre croissant d’agriculteurs. Malheureusement le principal syndicat, la FNSEA est vendu à l’agro-industrie … les choses avancent donc lentement …

    Amicalement.
    Marc


    • Marcus Le 22 février 2013 à 16h53
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      Je peux vous renvoyer au site de Gilles Domenech qui parle beaucoup de la nécessité de remettre du carbone dans les sols.
      Car en fait j’ai toujours entendu dire des Bourguignon et de tous ceux qui veulent redonner vie aux sols : pour redonner vie au sol avec toute sa faune qui a quasiment disparue, il faut remettre du carbone, c’est la tâche des années à venir pour l’agriculture si on veut une agriculture durable avec des sols vivants.
      Et le couvert végétal empêche le compactage de champs. La semaine dernière en rentrant de WE je regardais les champs nus, sans couvert végétal, eh bien ils étaient tellement compactés qu’il y avait partout d’énormes flaques d’eau … ce qui n’est pas normal chez nous … il ne pleut pas 4 m d’eau comme en zone tropicale … !
      Gilles Domenech s’occupe plus du jardinage, mais du jardinage au maraichage il y a un pas vite fait :
      http://jardinonssolvivant.fr/
      N’hésitez pas à fouiller ce qui vous intéresse.

      J’espère avoir été utile. Merci !


  3. Lisztfr Le 22 février 2013 à 18h14
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    Mermet : “Elles se sont fait virer”, (Aujourd’hui) c’est du machismes ? Le féminin ne s’accorde pas ?

    http://www.renaud-camus.net/le-jour-ni-l%27heure/2013/02/05#

    Dimanche 3 février, je confirme R Camus :

    Facebook & Twitter, « le Boléro de Ravel de Georges Bizet » (France Culture)

    Après quoi d’étonnant à ce qu’on confonde le cheval et le boeuf, aucune importance ! C’est pareil ce sont des quadrupèdes !

    Merci a Berruyer de faire des papiers scientifiques, ça incite à la rigueur.


  4. Patrick Luder Le 22 février 2013 à 21h57
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    Excellent billet, simple et pédagogique => bravo !!!

    Un voyant ces graphiques, je ne peux m’empêcher de faire remarquer que 200 ans ce n’est rien en temps gélogique qui se compte en millions d’années … mais 200 ans de folies carbonie (charbon, pétrole et dérivés) auront tout changé, et nous sommes de ceux qui auront dilapité en un temps record, ces énormes quantités d’énergie carbonifère !!!


  5. planete Le 23 février 2013 à 19h54
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    la vidéo de l’évolution du CO2 dans l’atmosphère sur 800000 ans, visible sur le blog de S. Huet:
    http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2012/06/le-co2-depuis-800000-ans-en-vid%C3%A9o.html
    (traduit du NOAA, service météo et océanographie des Etats-Unis) montre l’évolution de manière spectaculaire, d’abord le cycle annuel, puis l’évolution sur des siècles, puis sur des millénaires.

    A signaler aussi qu’une évolution de ce que Mr Berruyer appelle l’effet boule de neige ou rétroaction positive est la situation de la planète Vénus: La gravité de la crise climatique devrait nous inciter à plus d’humilité.


  6. Kandide Le 24 février 2013 à 19h15
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    Tout ça est bien joli, mais l’abondance de considérations savantes sur le passé et le présent cache mal l’insignifiance relative des projections finales.
    C’est la même impression de malaise qu’à la lecture du dernier numéro de La Recherche qui titre en couverture “Climat, ce qui nous attend vraiment”, pour introduire la climatologue V. Masson-Demotte dont le livre (Climat, le vrai et le faux) est pourtant plus qu’ambigu à cet égard:

    Passé (pp.45-46, p.113)
    “Lors du dernier maximum glaciaire, il y a moins de vingt mille ans, le niveau moyen des océans était de 120 à 130 m plus bas qu’aujourd’hui. On estime que la température moyenne était de 4 à 7°C plus froide qu’aujourd’hui, mais plus de 8°C dans les régions tempérées et jusqu’à 20 à 25°C au Groenland.
    Puis, un réchauffement brutal des températures (jusqu’à 16°C en moins de cent ans au Groenland!)”
    (Et tout ça contemporain de l’homo-sapiens)

    Présent (p.64):
    “Nous injectons dans l’atmosphère plus de trente milliards de tonnes par an” (le triple du chiffre de ce billet)
    Actuellement, les puits de carbone piègent environ la moitié de nos rejets de dioxyde de carbone” (donc, la totalité des rejets du budjet carbone de ce billet)

    Projections (pp.101,90)
    “Les projections analysées dans le 4e rapport du GIEC suggèrent que le niveau des mers devrait monter de 18cm à 59cm au cours du XXIe siècle, selon la quantité des rejets de gaz à effet de serre.
    Si nous maîtrisons ces rejets, le réchauffement probable serait de 1,8°C. Si nous poursuivons le mode de développement actuel (mais il n’y aura plus de pétrole à brûler après 2050!) il serait de l’ordre de 4°C.”

    Idées reçues (encadré dans le texte):
    “L’accélération du réchauffement: L’impact radiatif des rejets de dioxyde de carbone n’est pas proportionnel à leur concentration, mais au logarithme de leur concentration” (donc, effet de forte saturation et non d’amplification exponentielle).
    “L’emballement par rejets de méthane: Les mesures récentes de la composition isotopique du méthane emprisonné dans les glaces suggèrent qu’une telle déstabilisation ne s’est pas produite pendant la dernière déglaciation, qui représente pourtant une réorganisation massive du système climatique.”

    Cela rend d’autant plus incrédule à la lecture du passage, dans ce billet:
    “On estime que l’extinction massive d’espèces lors du Permien-Trias il y a 250 millions d’années (disparition de 95 % de la vie marine et 70 % des espèces terrestres) pourrait avoir été causée par un tel emballement”,
    surtout lorsqu’on apprend (Wikipedia) que cela fut d’origine tellurique, provoqué par une vague d’éruptions volcaniques liées à la tectonique des plaques, et privant l’athmosphère de la majorité de son oxygène.
    On est loin de l’échelle anthropique !


  7. planete Le 25 février 2013 à 01h22
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    vous confondez le CO2 et le C, il y a un facteur 3.67 entre le poids de CO2 et le poids de C : une tonne de carbone correspond à 3.67 tonnes de CO2.

    D’autre part, que le dérèglement climatique du Permien-Trias ait été déclenché par un volcan géant ou une autre cause, peut importe, cela s’est traduit par une augmentation de la concentration de CO2, puis un emballement de l’effet de serre jusqu’à une température de 50° à 60°, qui a rendu la vie quasiment impossible pendant 5 millions d’années. Ce qui est à craindre, c’est que l’homme fasse aussi bien qu’un volcan géant.

    Enfin, pour ce qui est de l’impact des GES anthropiques, les modélisations des climatologues ne laissent (malheureusement) plus de doute. Ces modélisations reproduisent toutes les fluctuations de cette température, elles permettent de voir l’effet de l’activité volcanique, de retrouver l’influence du cycle solaire et même des fluctuations internes de l’atmosphère. Ces modèles sont aussi validés par des comparaisons avec les climats passés qu’ils reproduisent correctement. Il n’y a plus de doute, l’homme est à l’origine d’une augmentation de 0.8° de la température moyenne de l’atmosphère.


    • Kandide Le 25 février 2013 à 21h15
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      Merci de la précision (C, CO2), mais je m’en doutais un peu… J’ai surtout voulu ironiser sur la phrase “Nous injectons plus de trente milliards de tonnes” qui se voulait alarmiste sans autre précision.

      Sur le Permien-Trias, je me réfère à Wikipedia qui cite Stephen Jay Gould:
      Cette crise serait en relation avec la survenue d’un phénomène géologique principal dû à la tectonique des plaques. « En reconstruisant l’histoire du mouvement des continents, on se rend compte que le Permien a été le théâtre d’un événement unique : la réunion de tous les continents en un seul supercontinent », la Pangée. Ça ne se produira pas deux fois !
      D’autres ajoutent que toute l’athmosphère fut assombrie au point de stopper la synthèse chlorophylienne. Est-il bien sage de faire craindre aujourd’hui tout cela ?

      Il n’est pas question de nier un réchauffement subit de 0,8°C ni un surcroît de rejets CO2 depuis plus de cent ans d’ère industrielle, mais de leur relative insignifiance au regard des considérations avancées:
      – plus de 8°C, aussi subits, au dernier réchauffement post-glaciaire pour l’homme à la fin du paléolithique.
      – quant à “L’impact radiatif des rejets de dioxyde de carbone non proportionnel à leur concentration, mais au logarithme de leur concentration”, cela implique une forte saturation naturelle qui s’opposerait à l’emballement par “effet boule de neige”. Là encore ne s’emballe-t-on pas plus que la nature elle-même ?

      Et surtout, nous n’aurons plus de pétrole dans trés peu de temps.
      Nos précautions semblent donc celles du passager d’un train approchant de la gare, qui se rappelle ne pas s’être restauré, et se précipite au Wagon-restaurant quand il n’aura plus le temps d’en profiter !


      • planete Le 26 février 2013 à 19h26
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        Certes, le pétrole va bientôt se raréfier, mais c’est sans compter sans l’addiction de notre civilisation aux énergies fossiles: Il reste largement assez de sables bitumineux, gaz de schistes, méthane et autre charbon pour déstabiliser gravement l’équilibre thermique de l’atmosphère.

        Les modèles climatiques sont d’une complexité énorme. Vous ne gardez, qui plus est en faisant des erreurs, que certaines parties du puzzle pour rejeter les travaux de l’immense majorité des climatologues qui nous mettent en garde de manière de plus en plus pressante. Votre scepticisme est un mépris des scientifiques.


      • Eric Le 26 février 2013 à 19h55
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        @Kandide: pourquoi freiner en effet: quand on aura plus de pétrole, ni de charbon, ni de gaz, on en pourra plus polluer. Mais on ne pourra plus non plus réagir face aux bouleversements: modifications profonde de l’agriculture et de sa répartition géographique, changements importants des températures locales demandant à adapter nos habitats, épisodes climatiques douloureux voire catastrophiques… Nous serons le gars assis sur sa voiture au milieu du désert, le réservoir vide.
        Donc, la question à mon sens n’est pas de savoir si nous devons diminuer notre consommation pour nous préserver du réchauffement, mais déjà d’être prudent sur notre consommation pour pouvoir accompagner le bordel qui arrive. Utopique, dommage…


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