“Notre propre gouvernement nous a appelés “paresseux”, et nos leaders “PIIGS”, tout comme tous les pays de l’UE. Nos ministres ont essayé de nous faire croire que nous avions tous une responsabilité dans ceci.”

Je vous propose aujourd’hui un film, que je vous recommande particulièrement – afin d’entendre un autre son de cloche.

Dettocratie (Debtocracy / Χρεοκρατία hreokratía) est un documentaire sorti en 2011 de deux journalistes grecs : Katerina Kitidi et Aris Hatzistefanou. Le film traite principalement de la crise de la dette grecque de 2010, et prend pour exemple le cas de l’Equateur, et montre comment ce pays a réussi à s’en sortir grâce à un audit de sa dette et en répudiant une partie de sa dette.

Les fondateurs du projet Debtocracy soutiennent que la Grèce doit suivre la même voie en commençant par créer une commission d’audit de la dette souveraine puis en sortant de l’euro.

Ce film a connu un vif succès en Grèce. Près de 500 000 personnes ont visionné le film une semaine après sa sortie sur internet, plus d’un million quelques semaines plus tard. Il faut également savoir que le projet a été intégralement financé par des donations.

Faut-il sauver la Grèce ? Jusqu’à présent, l’Europe a tout fait pour la sortir des eaux. En la renflouant à coups de centaines de milliards d’euros.

Mais plus l’Europe l’aide, plus la Grèce lui en veut : elle mord même la main qui la nourrit, comme en témoigne la percée aux élections du 6 mai de la gauche radicale et anti-européenne (Syriza), en passe de devenir la première force politique lors du prochain scrutin, le 17 juin. [Lire la suite...]

Aujourd’hui, nous quittons “l’objectif” pour “le subjectif”. J’aime bien publier ici des choses peu lues ailleurs. Dimitri Makrygiannis m’a fait parvenir ce témoignage, rentrant de 15 jours en Grèce. J’ai trouvé le témoignage – enfin, la charge engagée en l’espèce – intéressante et poignante, et je la partage avec vous. [Lire le témoignage]

© Delucq

“L’oracle de Naxos”, Manolis Glezos

Manolis Glezos est un homme politique membre de la SYRIZA et un écrivain grec, de 89 ans. Résistant, le 30 mai 1941, il monta au sommet de l’Acropole et déroba le drapeau nazi qui flottait sur la ville depuis le 27 avril 1941, date de l’entrée des troupes allemandes dans Athènes. Ce geste fut le premier acte de résistance en Grèce, ce qui lui valu d’être condamnés à mort par contumace par les nazis. Le 24 mars 1942, il fut arrêté par les Allemands et torturé longuement, avant de s’évader en 1944. Le 3 mars 1948, en pleine guerre civile grecque, il fut jugé pour ses convictions politiques et condamné à mort à plusieurs reprises par le gouvernement de droite1. Mais ces peines capitales ne furent pas appliquées en raison des réactions à l’étranger et finalement réduites à une condamnation à perpétuité en 1950. Encore en prison, Manolis Glezos fut élu membre au Parlement hellénique en 1951 comme candidat de la Gauche démocratique unie (EDA) ; il fut relâché en 1954. Le 5 décembre 1958, Glezos fut de nouveau arrêté et condamné cette fois pour espionnage, un prétexte courant pour persécuter les militants de gauche pendant la Guerre froide. Au cours de son deuxième emprisonnement pour raisons politiques après la guerre, il fut réélu député d’EDA en 1961, avant d’être relâché en 1962. Lors du coup d’État du 21 avril 1967, Glezos fut arrêté à 2 heures du matin, avec les autres dirigeants politiques grecs. Il fut libéré en 1971. Lors des élections législatives de 1981 et de 1985, il fut élu député sur les listes du PASOK. Au total, pendant la Seconde Guerre mondiale, la guerre civile grecque et le régime des colonels, Manolis Glezos passa 11 ans et quatre mois en prison et 4 ans et 6 mois en exil. [Lire le texte]

© Nicolas Vadot

“Notre pays s’enfonce dans les ténèbres du Moyen Âge”, par Mikis Theodorakis

Mikis Theodorakis, 87 ans, est un compositeur, penseur et homme politique grec. C’est une icone en Grèce. Influencé par le marxisme, il est entré en résistance à 17 ans, dès l’invasion du pays par les allemands. Après la Libération, Theodorakis entre dans la lutte contre la prise de pouvoir par les forces contre-révolutionnaires qui engendre la guerre civile en Grèce de 1945 à 1949. En 1946, Theodorakis est si violemment battu par la police lors d’une manifestation, qu’il est considéré comme mort et transporté à la morgue, avant d’être déporté dans la triste île de Makronissos où il contracte la Tuberculose. Affreusement torturé et deux fois enterré vivant, Theodorakis est un des rares à sortir de cet enfer. En 1964, Theodorakis est élu au parlement. En 1964, Theodorakis est élu au parlement. Le coup d’État du 21 avril 1967 des colonels l’oblige à entrer à nouveau en clandestinité d’où il publie deux jours après le putsch, le premier appel à la résistance1. Arrêté le 21 août 1967, il est emprisonné dans les locaux de la Sûreté, avant d’être exilé en France, où il devient un symbole vivant de la résistance contre la dictature. Rentré au pays, il est de nouveau élu en 1981 au Parlement grec. Identifié avec la gauche jusqu’à la fin des années 1980, mais en 1989, il s’est présenté comme candidat indépendant avec le parti de centre-droit Nea Dimokratia, et appelle de ses vœux une coalition entre le parti de droite en Grèce, Nea Dimokratia, et le parti communiste pour en finir avec les scandales du gouvernement d’Andréas Papandréou et du PASOK, avant de devenir ministre ; il s’est battu contre la drogue et le terrorisme, ainsi que pour la culture et de meilleures relations entre la Grèce et la Turquie. En 2010 il crée le mouvement des citoyens indépendants « SPITHA » (l’Etincelle) avec, à l’âge de 85 ans, toujours cet esprit de résistant pour son peuple mais aussi pour la liberté de tous les peuples… Le 12 février 2012, devant le parlement, il a été volontairement aspergé de gaz lacrymogène par la police. [Lire le texte...]

© Nicolas Vadot

[Article] “La Grèce Contemporaine”, par Edmond About

J’ai été frappé aujourd’hui par certains commentaires un peu haineux dans les médias sur “ces Grecs qui ne remboursent pas”. Cela illustre bien une “mentalité Bisounours” souvent très présente : “ben on m’a promis qu’on me rembourserait, c’est honteux”. Il se trouve que je n’ai jamais entendu parler d’un emprunteur qui aurait déclaré le jour de l’emprunt qu’il ne comptait pas rembourser – en ces matières c’est “trompe qui peut”, et c’est bien au prêteur de se méfier de peser le coût risque/bénéfice de son investissement, et pas de croire qu’il existerait des investissements sans le moindre risque, ce qui est évidemment faux…

Mais cela ne date pas d’hier… [Lire l'article]

Le jour J pour la Grèce…

Comme je fais la Une d’Atlantico avec cet article qui risque d’être un peu périmé demain, je vous le signale… Il est bâti sur les données analysées en détail dans ce billet…

Les créanciers de la dette grecque doivent décider ce jeudi s’ils acceptent de renoncer à leur mise de départ en échange de créances garanties par l’Union Européenne. Un arrangement moins alléchant qu’un défaut de paiement du pays.

C’est le jour J pour la Grèce… [Lire la suite de l'article]

[Exclusivité] La déclaration de l’Eurogroupe sur la Grèce en français

L’Eurogroupe a rédigé une déclaration en anglais sur la Grèce à l’issue du sommet de mardi.

Comme il faut croire que l’Union européenne réserve désormais la démocratie aux anglophones (merci à nos politiques pour la défense de notre langue au passage…), je vous en propose la version en français (et je remercie Valérie Courteau pour son travail de traduction).

Notez que j’exagère un peu, vu le torchon à 130 Md€ qu’est cette déclaration, qui n’explique pas grand-chose (si quelqu’un comprend de quoi sont vraiment constitués les 130 Md€, qu’il m’écrive…). [Lire la suite...]