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11.avril.202011.4.2020 // Les Crises

« Je suis soignant » – Témoignage bouleversant d’un infirmier anesthésiste

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Lecteur quotidien du site Les-Crises depuis plusieurs années, ce courageux infirmier anesthésiste dans un hôpital public du sud de la France, a souhaité nous faire part de son ressenti face à la crise sanitaire du coronavirus, en écrivant cette lettre ouverte au Président de la République.

Son témoignage bouleversant, dont la sincérité a particulièrement touché notre équipe, méritait largement d’être diffusé auprès de nos lecteurs.

Si vous êtes soignant (ou toute autre profession actuellement démunie face à la crise sanitaire) et que vous souhaitez nous transmettre vous aussi votre témoignage, n’hésitez-pas à nous contacter ici (« Contacter l’auteur ») – en indiquant en objet « Témoignage Covid ».

Je suis infirmier anesthésiste en hôpital public et depuis plusieurs semaines, je suis confronté à notre gestion désastreuse du Covid-19. Mais ce qui me fatigue et m’irrite le plus, ce ne sont pas les changements de planning permanents, ni les horaires ; ce n’est pas le fait de me retrouver avec des patients en état de souffrance, ni même de côtoyer la mort. Tout cela je le vis depuis des années. Ce qui me fatigue le plus, c’est – lorsque je rentre chez moi – d’entendre les pouvoirs publics et notre président se souvenir soudainement de notre existence ; de les entendre tenir un discours sans aucun rapport avec ce que l’on vit.

Je veux dire à mon président que non, être soignant ne signifie pas être en guerre !

Je suis soignant mais pas en guerre, car je n’aurais jamais accepté de partir au front avec un président qui – comme ses prédécesseurs et depuis des années – n’a fait que diminuer notre capacité de soin. Nous avons moins de lits pour les patients et moins de personnel soignant pour nous en occuper. Nos équipements sont vétustes, et notre formation s’est détériorée, car nous manquons de personnel pour former à la pratique les étudiants infirmiers.

Je suis soignant mais pas en guerre, car je n’aurais jamais accepté de partir au front sans équipement. Nous n’avons pas (ou que trop peu) de masques chirurgicaux, encore moins de masques FFP2, peu de solutions hydroalcooliques, peu de tests, pas de combinaisons, ni suffisamment de respirateur pour tout le monde.

Je suis soignant mais pas en guerre, car je n’aurais jamais accepté de partir au front avec une telle infériorité numérique. Nous manquons de soignants – les vrais – les infirmiers, les aides-soignants, ASH et médecins. En revanche, des chefs, sous-chefs et grands-chefs, il y en a plein, confinés dans des bureaux, qui travaillent – certes – dans d’interminables réunions, à nous pondre de nouveaux protocoles. Mais ceux-ci sont irréalisables car toutes ces personnes sont déconnectées de la réalité du travail de terrain.

Je suis soignant mais pas en guerre, car je n’aurais jamais accepté de partir au front sans alliés. Où est donc passée cette belle entente européenne ? Nous avons laissé mourir les Italiens ; nous nous sommes contentés de les regarder – alors qu’ils étaient dans le désarroi le plus profond – en priant pour que cela ne nous arrive pas. Et maintenant, on apprend que les pays européens en viennent à dérober les commandes de matériel des autres pays…

En France, la région parisienne et le Grand Est sont à saturation depuis trois semaines. Au même moment, les hôpitaux des autres régions ne sont remplis qu’à 40%. Il y a encore une semaine, nous étions nombreux à nous tourner les pouces dans mon hôpital, en attendant la « vague », impuissants. Encore aujourd’hui, nous ne sommes même pas à 50% de notre capacité maximale. Pendant ce temps, nos collègues des régions les plus touchées doivent faire face à une saturation historique…

C’est donc pour toutes ces raisons, M. le Président, que je suis soignant mais pas en guerre pour autant ! En revanche…

Je suis soignant mais j’ai peur : peur d’aller au travail, de risquer de me contaminer, de contaminer ma femme, mes enfants, ou encore d’autres patients. J’ai peur lorsque j’imagine que la personne ayant des difficultés à respirer – celle qui ne peut le faire que grâce à un respirateur – ça soit peut-être demain moi ou ma femme, elle aussi infirmière, pour qui l’accès au équipements de protection est encore plus réduit que pour moi.

Je suis soignant mais je suis courageux : courageux d’affronter mes peurs, de partir m’occuper des patients qui vont mal, qui souffrent et qui redoutent le pire. Et il faut encore du courage pour appeler les familles et donner des nouvelles de leur parent hospitalisé.

Je suis soignant mais je reste humble, car ayant été délocalisé dans des services de réanimation ou de soins intensifs que je ne connais pas, même muni d’un niveau d’étude supérieur aux infirmiers déjà en place, je me retrouve en grande difficulté, un peu comme lorsque j’étais étudiant. Fort heureusement je peux compter sur mes nouveaux collègues et j’apprends ainsi chaque jour un peu plus.

Je suis soignant mais je suis fatigué. Je cumule la fatigue physique et psychologique de mon travail. J’enchaîne les heures, les jours et les nuits ; puis j’enchaîne à la maison avec mes enfants. Bien évidemment, ils me redonnent de l’énergie, par leur joie et leur insouciance, mais j’aimerais vraiment pouvoir me reposer et souffler davantage.

Je suis soignant et heureux. Heureux de voir toute cette solidarité entre les personnels hospitaliers ; ces collègues, ces ami(e)s qui se dévouent pour soulager celui qui craque. Heureux aussi de voir cette solidarité avec la population, qui nous applaudi, et nous fait parvenir de la nourriture au travail.

Je suis soignant mais je relativise : j’ai un jardin et un salaire qui tombe tous les mois. Aussi difficile qu’est ma vie actuellement, je n’échangerais pas ma place avec celle d’un commerçant, d’un auto-entrepreneur, ou d’un artisan. Je pense à tous ces gens qui vivent sur le revenu d’un travail qu’ils n’ont plus. Je pense aussi à ceux qui sont confinés dans un appartement de 40m² avec femme et enfants. Ma fatigue et mes peurs ne sont rien comparés à ce qu’ils vivent actuellement.

Je suis soignant mais je n’oublie pas. Il y a encore quelque mois, je faisais grève. Les soignants tiraient la sonnette d’alarme sur le déclin du système hospitalier. Mais nous n’avons pas été entendus. Bien sûr que j’aimerais avoir un salaire plus élevé : j’ai vingt ans d’ancienneté, un bac +5, et je touche 2 300 € par mois. Mais nos revendications ne se limitaient pas aux questions salariales. Nous réclamions surtout davantage de personnel soignant. Des soignants j’insiste ; pas des cadres, sur-cadre ou sous-cadre, pas de personnel administratif qui nous disent comment travailler avec leurs tableaux Excel. Non, des soignants qui sont au contact des patients ; des soignants qui sont là quand un patient souffre, qu’il se pose des questions, ou qu’il a besoin d’être lavé, changé, rasé, accompagné, rassuré, écouté, et pas seulement médicamenté. Tout ce temps de travail n’est jamais pris en compte dans les tableaux Excel, car pour eux, il faut « optimiser les soins ».

Toutes ces grèves – celles des soignants, des transports, des gilets – n’ont eu comme réponse qu’une fin de non-recevoir. L’État devait « économiser »… austérité, austérité… Je suis curieux de voir combien l’État aura « économisé » après tout ça.

Alors M. le Président, pour sensibiliser tout le monde à l’importance de rester confiné chez soi, plutôt que d’utiliser un champ lexical militaire, vous auriez mieux fait de présenter les prévisions des décès avec et sans confinement. Vous auriez mieux fait de vous présenter en public avec un masque de protection pour montrer l’exemple dès le départ. Vous auriez mieux fait de repousser les élections municipales. Comprenez que votre discours ne peut être entendu s’il apparaît comme incohérent.

Enfin, M. le Président, je vous remercie de vous soucier enfin des Français, car après plus d’un an de manifestation des gilets jaunes et de grèves, avec un taux de chômage proche des 9% et avec un nombre de travailleurs pauvres de plus en plus grand, je croyais que vous étiez devenu définitivement sourd au peuple français.

Je suis soignant.

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

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Somebulles // 11.04.2020 à 07h43

BRAVO
Un de mes fils exercant le meme «  » sacerdoce » » a Paris me tient les memes propos
On peut ajouter etre d astteinte lorsque l on est de repos.Les modalites tres particulières du Plan Blanc concernant les heures supplémentaires et l «  » enfumage  » des annonces concernant la possibilité de prendre des taxis!!!! Il faut l accord des chefs!!!! ETC…..
Les promesses n engagent que ceux qui les ecoutent!!!
MERCI et tener bon , vous etes les indispensables de la société. Il y en a tres peu!!!

43 réactions et commentaires

  • Somebulles // 11.04.2020 à 07h43

    BRAVO
    Un de mes fils exercant le meme «  » sacerdoce » » a Paris me tient les memes propos
    On peut ajouter etre d astteinte lorsque l on est de repos.Les modalites tres particulières du Plan Blanc concernant les heures supplémentaires et l «  » enfumage  » des annonces concernant la possibilité de prendre des taxis!!!! Il faut l accord des chefs!!!! ETC…..
    Les promesses n engagent que ceux qui les ecoutent!!!
    MERCI et tener bon , vous etes les indispensables de la société. Il y en a tres peu!!!

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  • Cordialement // 11.04.2020 à 08h48

    Ne vous inquiétez pas: nous sommes Bien en guerre et ce président finira par passer en cour martiale.

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    • Jean Néplinldo // 11.04.2020 à 13h08

      Holà! Faut quand même pas exagérer, pour un pays en voie de sous-développement, la France s’en sort quand même pas mal. Même pas d’épidémie de peste ou de variole !
      Et ça grâce à l’extraordinaire clairvoyance de nos zélée zélites qu’on peut remercier bien humblement avec tout le respect qu’elles méritent. Bon, elles ont un peu de mal avec le bon usage du masque, mais elles n’ont guère fait que sciences-po/ENA, ce qui est un peu léger pour comprendre qu’un postillon peut charrier un virus…

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    • V_Parlier // 12.04.2020 à 00h54

      En tout cas voici ENFIN un article « Coronavirus » qui vise bien là où est le vrai problème. Ca fait du bien ENFIN, même si les faits relatés, quant à eux, sont désolants!
      Il y a quelques jours je lisais le commentaire de quelqu’un qui se demandait pourquoi en Allemagne ils étaient mieux équipés dans les hôpitaux avec le même budget. Et bien l’auteur donne très clairement la réponse qui est bien celle que je supposais: On « purge » les opérationnels sur le terrain pour préserver les strates hiérarchiques dans leur zone de confort, une certaine spécialité française hélas, en plus des coupes budgétaires en général qui deviennent la norme UE. Ca leur fait à la fois deux boulets aux pieds!

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  • LBSSO // 11.04.2020 à 08h56

    J’ai ouvert un livre

    Dans notre bibliothèque familial se trouvent des témoignages à hauteur d’ hommes de poilus, de déportés, d ‘opprimés. Certains célèbres, d’autres moins.A peine ouverts, aussitôt refermés.Ces malheurs me sont insupportables à leur lecture.Alors, pourtant, au grand désarroi de mon épouse, ils restent ĺà présents, sur les étagères. Des phares. Des vigies. Leurs couvertures me protègent de l’oubli.
    Jeudi, ma fille jeune infirmière en réanimation m’a rapporté la dure altercation qu’elle a eu avec un médecin qui était obligé de rationner un médicament à un de ses patients. Elle lui a lancé: « je ne suis pas ici pour trier mais pour soigner ! ».  » Vous me parler de confort du patient, je vous parle de la souffrance de monsieur x ! » .(*)
    Elle vit aujourd’hui la face la plus sombre de la médecine.Elle n’y était pas préparée comme nombre de ses collègues. Par son histoire, sans le savoir, elle jeta à mes pieds un livre que je n’arrivais pas à ouvrir.On apprend aussi de ses enfants.Merci au témoignage de ce jour d’avoir mis en avant ce magnifique mot de « soignant ». Professionnel et humain.Soignant, pas combattant.

    (*) dans cette période de tensions, les rapports entre les différents soignants sont parfois très directs, chacun semble l’accepter.

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    • Narm // 11.04.2020 à 09h49

      « Dans notre  »
      bibliothèque nationale se trouvera
       » des témoignages à hauteur d’ homme  »
      et des femme soignants
      « Certains célèbres, d’autres moins.A peine ouverts, aussitôt refermés.Ces malheurs me sont insupportables à leur lecture.Alors, pourtant, au grand désarroi de mon épouse, ils restent ĺà présents, sur les étagères. Des phares. Des vigies. Leurs couvertures me protègent de l’oubli. »

      pour le moment, je crois qu’on en rage tous
      https://twitter.com/hashtag/onnoublierapas?src=hashtag_click
      https://www.liberation.fr/debats/2020/03/24/j-ai-la-rage_1782912

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      • LBSSO // 11.04.2020 à 10h22

        Le piège

        @Narm, je ne sais pas à quoi peut aboutir cette rage.Quand, habilement ,on transforme « des gens d’en bas en des héros », n’ont-ils pas tendance à se calmer ? Il ne s’agit pas d’une prédiction.Quand en pleine crise économique – nous sommes encore sur la thématique sanitaire- on va expliquer que l’ hôpital sera épargné par des contraintes ,grâce à de l’argent privé, les français comprendont-ils ce que cela signifie ?

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        • jean-pierre Georges-pichot // 11.04.2020 à 11h12

          Voyez la dernière vidéo de Juan Branko : https://www.youtube.com/watch?v=RTuTluuVHjY . Quand on héroïse les gens, c’est parce qu’on sait qu’on les envoie à la mort. La façon qu’ont les planqués médiatiques de flatter les soignants, camionneurs, livreurs et autres professionnels exposés tombe facilement dans l’obscène. Etant intelligents, ils le sentent et travaillent leurs formules. Macron, non. Grossier démagogue à prompteur.

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          • fanfan // 11.04.2020 à 16h18

            « Qui héroïse ou divinise apprête au sacrifice. N’oubliez jamais cette constante que les grecs nous ont léguée.

            Une société saine est une société qui n’a besoin ni de sacrifices, ni de héros. Soyons sévères face à ceux qui nous poussent à admirer ceux que nous devrions simplement respecter et reconnaître – estimer. Ils ont le plus souvent quelque chose à cacher.

            Ces êtres ont besoin de moyens et de respect. De protection. D’un gouvernement compétent. Pas d’une bande de charlatans prétendant les diviniser en jouant sur des dispositifs que l’on devine déjà (parions sur la multiplication des décorations) pour masquer leur irresponsabilité.

            Toute société se cherchant des héros est une société dysfonctionnelle en quête d’aveuglement. C’est une discussion avec Assange qui nous avait amené à cette conclusion. L’instrumentalisation des « riens » et des soignants par le pouvoir actuel doit nous alerter.

            https://twitter.com/anatolium/status/1244787731106091009

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            • Tepavac // 12.04.2020 à 13h42

              C’est exactement le même procédé qui a été employé en « laissant  » Roosevelt arriver au pouvoir.
              Empêtré dans la crise qui les désarmait face a la guerre qui arrivait, pour palier a la déliquescence de leur société, ils n’ont eût d’autres choix que de faire appel a la solidarité national et a l’humanisme de ce président.
              Mais sitôt la menace exterieur passée, ims ont repris meur mauvaises habitudes…

              Moi ce qui revomte, c’est de constater encore le mauvais fond qui traine dans notre société.
              J’ai recensé au moins ine vingtaine d’article décrivant la violence subit par les infirmières et autres aides soignants.
              Insultes, voitures saccagées, lettres de menace anonymes, expulsion de logement…
              Je dis femmes, car plus de l’ignominie des actes, se révèle la lâcheté des auteurs.
              Et nous ne sommes même pas en guerre, les magasins sont plein, nul bombe ne traverse nos murs, pas de gestapo qui pénètre chez nous.
              Et encore, les maires nous informent qu’ils reçoivent chaque jours des dizaines de lette de delation, la plus part du temps des voisins…

              Pauvre et honorable monsieur Aubrac et ses amis, sœurs et frères d’arme pour que nous vivions libre et heureux.
              INDIGNEZ-VOUS

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  • ATLAS // 11.04.2020 à 09h17

    Ma fille infirmière à PARIS est dans la même situation .
    19 ans d’activité professionnelle, il y a de cela encore quelques mois elle exerçait sa profession en Australie et était payée plus de 3000 Euros par mois .
    Le mal du pays elle est rentrée. Cherchant du travail dans la capitale, les hôpitaux ne lui offraient qu’un salaire d’infirmière débutante c’est à dire 1300 euros .
    Elle a réussie à se faire embaucher dans une clinique privée parisienne à un salaire légèrement plus élevé.
    Pour ne pas m’affoler elle ne me téléphone plus. Mais par renseignements détournés j’ai réussi a entrer en contact avec un personnel soignant de base de cette clinique. Clinique qui s’occupe des malades atteints du COVID 19
    C’est effarant:
    Les personnels soignants n’ont plus de masques, de gants , de blouses , de sur blouses de protège cheveux en nombre suffisant, il ne peuvent en changer qu’une fois par jour.
    Ils n’ont pas droit au test de dépistage, et on ne leur prend pas la température .
    Le mieux, ils sont aussi en manque de matériels de perfusion ou de seringues surtout celles de 50cc et sont obligés de les réutiliser plusieurs fois ( pour le même hospitalisé )
    Ma fille, pour décompresser après son travail fait du jogging et se fait arrêter par la police car elle le pratique parfois hors des horaires autorisés . heureusement que la plupart des policiers au vu de sa carte professionnelle sont compatissants
    Bienvenue en France, nous sommes dans le quart monde

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  • pseudo // 11.04.2020 à 09h39

    > j’ai vingt ans d’ancienneté, un bac +5, et je touche 2 300 € par mois

    affligeant. Je repense à ces mecs sortit d’X qui se les font couler en or dans des métiers qui a terme promeuvent la tyrannie mondialisé.

    Vous n’avez pas une vision claire de la société, si vous l’aviez, vous refuseriez ce traitement de misère…

      +5

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    • Narm // 11.04.2020 à 09h59

      parce que vous croyez que tout le monde pourrait refuser ?
      la france d’aujourd’hui c’est la france de la précarité
      et la france du dessus (parfois à peine au dessus) qui en rigole
      l’avenir avec les reformes macrons c’est la misère au travail et la misère à la retraite
      c’est le système qui veut ça (macron/fillon ou un autre)
      https://www.facebook.com/benrahla.rimka/videos/168412604614713/

        +15

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      • Brian64 // 11.04.2020 à 11h16

        Parfois La France d’à peine au-dessus, et même parfois en-dessous, qui en rigole. C’est affligeant.

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  • jean-pierre Georges-pichot // 11.04.2020 à 10h58

    Ne dites pas du mal du président. Il a au moins le sens du symbole. A preuve : hier il était à Pantin et la semaine prochaine il ira sans doute à Montcuq.C’est toute la réponse que vous pouvez espérer en vous adressant à lui. Maintenant, pour être sérieux, je vous rappelle qu’en quatorze les petits gars de France sont allés au combat en pantalons rouges parce qu’il fallait écouler les stocks de garance. De tous temps, les hommes de l’avant crevaient et ceux de l’arrière buvaient du champagne. En 1920, je vous aurais dit d’adhérer au parti communiste. Aujourd’hui, je ne sais pas. Mais je crains de percevoir dans votre propos autant de résignation que chez moi de lassitude et de désarroi !

      +14

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    • step // 11.04.2020 à 12h35

      C’est bien la seule fausseté dans ce texte d’une immense lucidité. j’allais dire qu’en 14 les futurs « poilus » étaient partis à la guerre avec des casques qui ne protégeaient pas des balles en plus du costume « flashi » qui permettait de mieux les viser et des généraux assez peu attentifs à leurs conditions de vie.
      Nous en sommes visiblement toujours là, nos « élites » sont toujours aussi médiocres. Nous avons une part de responsabilité collective dans cet état de fait, car cela fait plus d’un demi siècle que bercé de fausses alternances en promesses creuses, nous n’avons jamais sanctionné leur mépris.
      La dernière secousse en faveur de la liberté individuelle, si elle était justifiable sur le plan de la vie privée (des femmes en particulier), a largement été instrumentalisée économiquement pour aboutir à la situation actuelle d’atomisation des parcours, d’individualisation des rémunérations, et de disparition des protections et des solidarités collectives.
      La transmutation du darwinisme au plan économique et la prédation de plus en plus agressive (des ressources et à ce titre aussi des humains) n’est pas un projet de société enviable pour la majorité, mais démontre en plus son inefficacité à répondre aux besoins. La gestion en flux tendus sur de grandes distances n’est pas apte à résister au moindre cahot et la marchandisation du travail nous réduit à une force de travail, des équivalents temps plein interchangeables et sacrifiables.
      Il faut réduire notre frénésie matérialiste et retrouver le bonheur d’être humains dans une société qui le permet. Courage aux soignants!

        +6

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      • Alfred // 11.04.2020 à 21h47

        Eh vous deux. Je sais bien que c’est la mode de toujours dénigrer mais vous devriez respecter un peu plus vos aïeux. Ce n’étaient pas des imbéciles et surtout ils n’étaient pas commandés par des imbéciles (eux). Juste un exemple: Le caque des poilus n’était pas prévu pour arrêter les balles. Il ne l’a jamais été. Des études récentes ont par contre monté que c’était le plus efficace de l’époque (et même … par rapport aux casques actuels..) pour protéger les soldats au fond des tranchées de l’artillerie (grâce au faux cimier rapporté qui absorbe l’onde de choc).
        Donc non nous n’en sommes pas « toujours là ». Hélas nous en sommes bien plus bas. Beaucoup plus bas. La grande guerre a aussi été la dernière en France ou les élites ont morflé autant que les sans grades. On nous fait croire le contraire et c’est devenu un lieu commun (« des gens qui ne se connaissent pas se tue pour des gens qui se connaissent ») mais pourquoi? Simplement parce-que le contraste est insoutenable avec la situation contemporaine. Jamais les enfant de nos députés actuels mourront au front. Il faut à tout prix faire oublier cette époque où c’était possible. Jusqu’à la grande guerre il fallait que le vice rende hommage à la vertu. Après ça n’a plus été nécessaire. De nos jours c’est le vice lui même qui est devenu une vertu.

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        • step // 11.04.2020 à 22h21

          Il serait bien aussi que les ainés respectent aussi les jeunes (rien ne garantit d’ailleurs que vous soyez plus vieux que moi):
          Vous parlez sans nul doute de ceci :
          https://fr.wikipedia.org/wiki/Casque_Adrian
          Je parle du casque qu’il a remplacé et qui était fourni au début de la guerre. Il est évoqué avec ses magnifiques performances au début du texte. Et bien sûr que les blessures à la tête (par balle effectivement pas forcément) étaient une plaie pour les soldats français au début du conflit.

          Effectivement c’est la mode de dénigrer … y compris l’époque actuelle avec des souvenirs embellis du passé. Vous savez, vu la mentalité de certains députés, pas certain que la mort d’un membre de leur famille dérange beaucoup leur plans de carrière…. et je ne suis pas certain que c’était très différent à l’époque. Sans rancune, la quarantaine pèse sur le moral de tous.

            +2

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        • Séraphim // 12.04.2020 à 13h36

          Les jeunes gens d’élite, diplômés de Saint Cyr, sont morts au combat en surnombre même par rapport à la population générale. Cela ne veut pas dire que les dirigeants mouillaient leur chemise. Il y a les 10%, puis les 1%, puis les 0.1%…Les officiers d’un côté, les chefs d’état-major de l’autre, les Nivelle, les Mangins et autres surnommés « bouchers » par la troupe.

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  • Cadremaissurtoutsoignant // 11.04.2020 à 12h24

    Je suis cadre de santé et attristé que vous emettiez l’idée que nous soyons dans nos bureaux à expliquer comment travailler avec nos tableaux excels… je vais me permettre de partager mon expérience depuis l’arrivée du coronavirus. Effectivement des réunions avec des objectifs précis: réorganisation pour protéger les patients qu’il n’est pas urgent de faire venir à l’hôpital pour ne pas les exposer/ faire venir moins de patients pour diminuer les chances d’exposer les professionnels. Des réunions concernant l’élaboration de procédure de sécurité pour une prise en charge optimale des patients Covid19. Création d’un groupe WhatsApp avec l’ensemble de l’équipe pour être joignable 24h/24h 7j/7j se traduisant par des appels le soir et le week-end en plus de mes 10 à 11h de travail journalier (dont les heures supplémentaires ne seront jamais payées car cadre au forfait). J’appel aussi les membres du personnel malades pour prendre de leurs nouvelles pour rassurer l’équipe sur la bonne convalescence de leurs collègues. Je fais en sorte d’avoir le matériel nécessaire pour que l’équipe travaille en sécurité. Voilà le travail du cadre de santé. Toutes les procédures que vous critiquez tant ne sont pas prise sans l’aval des membres de l’équipe et les décisions évoluent en fonction de leurs besoins. Je conclurai par cette phrase pour dire que même si il y a cette une dimension hiérarchique entre les cadres et les équipes dont ils ont la responsabilité, l’équipe ne travaille directement pour le cadre mais le cadre lui travaille directement pour l’équipe

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    • ATLAS // 11.04.2020 à 15h29

      Allez expliquer cela aux soignants qui oeuvrent dans la clinique ou travaille ma fille.
      c’est vrai qu’il y a un monde entre les dirigeants et les actifs

        +3

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    • gotoul // 11.04.2020 à 19h23

      @Cadremaissurtoutsoignant
      Pas l’ombre d’une autocritique ?
      Au contraire :
      « Je fais en sorte d’avoir le matériel nécessaire pour que l’équipe travaille en sécurité. »
      Pardon mais ça ne correspond pas du tout aux innombrables témoignages venant des hôpitaux.
      À se demander où vous exercez …
      Bon week-end

        +3

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      • Cadredesantesoignant // 11.04.2020 à 21h03

        « Pas l’ombre d’une autocritique… » je ne comprends pas tellement votre phrase… Je n’ai jamais dit être parfait mais toutes les décisions ne sont pas pris seul dans un bureau mais discuté avec les équipes afin que la mise en application des décisions soit efficace.Mais de là à lire des propos mettant en cause l’ensemble des cadres de santé ça me pose problème. Je tiens à rappeler qu’avant de devenir cadre de santé, les cadres étaient (et le sont toujours) des soignants. Nous avons seulement choisi de nous investir autrement pour la prise en charge des patients impliquant notamment le management d’équipe.

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        • gotoul // 11.04.2020 à 22h13

          La phrase se réfère au fait que la plupart des soignants ne travaillent pas en sécurité ( 1/3 des soignants testés dans un grand hôpital lyonnais positifs ) alors que vous dites  » faire en sorte … que l’équipe travaille en sécurité. » Il y a quand même quelque chose qui dérange, non ?

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          • step // 11.04.2020 à 23h08

            il y a de tout dans les cadres de santé, comme dans tous les encadrants d’équipes de techniciens. Je ne travaille pas dans la santé, mais je subit parfois certains personnages. Il y a effectivement la personne qui sert la logistique de l’équipe en se battant pour eux. Ils existent mais ils sont clairement minoritaires ces derniers temps. J’ai vu arriver depuis une grosse décennie, une ribambelle de « managers » dont la spécialité est d’expliquer qu’ils savent mieux que toi ce qui est bon pour toi, et que les difficultés dans l’apparition de résultats à leurs plans inspirés viennent de la mauvaise volonté/organisation des autres, que l’on ne mérite pas nos salaires et que de toute façon ils sont incompris et leurs talents mieux reconnus ailleurs. En général, la dernière partie se fait un peu avant leur départ et un peu après avoir diminué les couts… et planté leur service en multipliant les sous-chefs pour se couvrir de toute responsabilité directe. Ils obtiennent de belles promotions et continuent de nuire ailleurs.
            Dans les discours les 2 espèces sont indifférenciées et jurent par leur grand dieu leur dévouement. Dans les actes, on voit rapidement les arrivistes qui vont pourrir le boulot.

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            • V_Parlier // 12.04.2020 à 01h00

              Je confirme que si à l’hôpital c’est comme dans les grandes entreprises, alors ils ont du soucis à se faire.

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          • Cadredesantesoignant // 12.04.2020 à 00h55

            Il ne faut pas confondre la connaissance des bonnes pratiques et le fait d’avoir du matériel. Le cadre doit permettre de mettre en relation ou de faire le relais entre l’équipe qu’il encadre et les personnes ressources de l’hôpital qui ont la connaissance (exemple: équipe opérationnelle d’hygiène). Concernant l’approvisionnement le cadre à la responsabilité de commander le matériel pour le service. Il n’a pas la main sur les approvisionnements… Il y a effectivement des services et hôpitaux en grande tension sur le matériel mais effectivement dans le service où j’exerce nos stocks permettent pour le moment (espérons que cela dure…)de faire travailler les professionnels dans des conditions de sécurité correctes. Le cadre de santé n’est pas un « petit chef » mais un soignant au service des patients et de l’équipe qu’il encadre. Cordialement

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        • LBSSO // 11.04.2020 à 23h51

          Merci d’être intervenu @cadredesantédoignant dans cette discussion.
          Bien sûr , les cadres opérationnels ont les mains dans le cambouis comme leurs équipes.
          J’ai toutefois noté de votre part l’ expression « management d’ équipe » qui vient en ligne droite du vocabulaire d’entreprise.Aussi , pour ne pas alourdir mon commentaire pourriez-vous lire si vous en avez le temps ce lien par exemple :
          https://www.cairn.info/revue-le-journal-des-psychologues-2007-9-page-29.htm
          Bon courage.

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  • Olivier // 11.04.2020 à 18h18

    Je suis soignant aussi et je signe cette lettre des deux mains. Le combat est très difficile mais l’administration nous tient encore en coupe serrée. Notre directrice vient de limoger notre directeur délégué et notre directrice des soins. Dans la réunion d’explication, un collègue a fait le voeu que cette crise puisse être l’occasion pour l’administration et l’ARS de reconsidérer les axes d’orientation de l’hôpital public. Il ne demandait même pas un mea culpa. La réponse da la directrice a fusé: c’est bien entendu hors de question! Il reste un gros travail à faire car une fois la crise passée (si nous y parvenons) la force administrative va s’opposer de toutes ses forces aux changements. Et on sait qu’une fois sortis de l’émotion et du deuil, nous aspirons tous à oublier le plus vite possible. Soyons donc extrêmement vigilants.

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    • Desperado // 11.04.2020 à 20h51

      Infirmier depuis 2006 (plus de 14 ans de stage) , actuellement dans une clinique privée. ..1750euros en travaillant la nuit.cad avec les primes de nuit. .en plus depuis juillet 2018 j’exerce illégalement mon métier du jour au lendemain à cause d’un c…rd à matignon car depuis 07/2018 infirmier doit payer pour avoir droit de travailler. ..certes pas énorme mais 35euros/an à l’ONI : du racket pur et dur ..
      Dans la clinique ou je « travaille  » il y a énormes problèmes déontologiques et en ce qui concerne la sécurité des patients en temps « normal » alors en ce moment pendant le Covid 19…..;//.. J’ai essayé d’alerter la direction…en vain…il ne parlent pas des patients, mais des clients et des lits occupés. …
      Alors j’ai contacté ARS car les médecins faisaient des choses dangereuses pour les patients, mais finalement ARS est de côté de la clinique… La Sécurité Sociale est sûrement de mèche car il y a des choses flagrants en matière de la triche…patients en fin des droit sortent 72 heures pour remettre leurs droits à jour…

      Bref., je ne me considère plus comme un infirmier, mais comme un veilleur de nuit. ..ou moins en ce qui concerne là paye…Dégoût, je songe à changer le métier. …

      Et SVP arrêtez de chercher pourquoi et comment…. T2A… bientôt on soignera comme en USA , tiens je me demande si je me reconverti en creuser des tombes…ou en croque-mort. ..métier d’avenir. …

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  • pascontant // 11.04.2020 à 19h46

    La maire de Digne médecin LREM responsable de l’hôpital s’est auto confiné depuis 3 semaine… je sais de source sure qu’elle n’a pas contracté de covid ses tests sont négatifs (hé oui, il y a des gens qui arrivent à se faire tester en cas de rhume)… que dire…
    Les chefs quittent le champ de bataille, si on était vraiement en guerre il devrai pas y avoir une cour martiale?

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  • Nanker // 11.04.2020 à 20h55

    « Ne dites pas du mal du président. Il a au moins le sens du symbole. A preuve : hier il était à Pantin et la semaine prochaine il ira sans doute à Montcuq »

    Magnifique!

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  • Maryse // 12.04.2020 à 10h31

    Bonjour ,

    Merci pour votre écrit qui correspond à mon vécu d’infirmière depuis 30 ans …Après réa , bloc,,chir, je travaille aujourd’hui à domicile sur un quartier que l’on qualifie de « difficile « mais qui est d’une richesse humaine extraordinaire.
    Je suis en colère de relire le mail reçu le 18 mars de notre pouvoir , nous demandant de ne mettre des masques uniquement pour les patients covid avérés…Nous n’avons pas cédé et nous avons fait avec les moyens du bord à ce moment là : nous avons utilisé les masques fournis au moment de la grippe aviaire , masques périmés certes, mais masques tout de même , pour tenter de protéger nos patients déjà fragiles , notre famille et nous même.
    Tout ça nous montre bien que nous devons compter sur nous même, nous prendre en charge et essayer de mettre en place au pouvoir non plus des politiques mais des professionnels conscients de l’intérêt général

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  • John // 12.04.2020 à 14h38

    Tout a fait d’accord.
    Je suis infirmier de réanimation de puis 11ans,
    J’ai pas vu la fille depuis 39 jours… 39 journées interminable pour la protéger… Parce qu’elle est immunodéprimée.
    Je travaille tous les jours avec un niveau de protection plus que minimal… Moi je suis soignant, mais j’ai honte…
    Honte d’être soignant dans ces conditions. Alors que le matériel dont on a besoin, tous les gens qui vont au supermarché en sont dotés… Nous sommes en 2020 et en France…
    Allez voir a Hong-Kong, mégalopole internationale, comment se passe la vie sans confinement, en Allemagne où la gestion de la crise n’a Rien a voir avec la France…

    A la fin de cette crise … Je ne serai plus soignant… L’état ne mérite pas un soignant de ma compétence… Surtout pas pour « subir » cet éloignement forcé de l’être le plus important de ma vie…
    Je ne me contenterai pas d’une « Prime », a l’instar des caissières de supermarché qui ont travaillé dur durant se confinement… Elles le mérite…
    Nous ce que l’on métrite, c’est la reconnaissance de notre travail. Pas par des applaudissements le soir… Mais par des moyens de travailler au quotidien. C’est pas des masques et des blouses dont je parle, c’est des pousses seringues, des respirateurs , des consommables, et surtout de la reconnaissance de notre métier.
    Aujourd’hui, l’infirmier de réanimation n’est plus une spécialité comme les IADE et les IBODE.
    Nous faisons un travail pas comme les autres. A quand une spécialisation de notre fonction???

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  • Bientôt 78 ans // 13.04.2020 à 03h07

    L’EFFONDREMENT, l’incapacité du Pouvoir à répondre aux besoins essentiels des citoyens, le mépris du premier droit humain qui est le droit à la vie, le droit de VIVRE, c’est ÇA!

    Et comme répétait si sage mon père: « ÇA, ça peut pas continuer comme ÇA!… »

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  • Farhi Colette. // 13.04.2020 à 09h38

    Il est nécessaire de féliciter celui qui a écrit ce récit je ne suis ni infirmier ni soignante mais j ai honte au nom des français d envoyer des innocents sans défense aucune à la guerre comme c est si bien expliqué j espère que Monsieur le président prendra connaissance du présent article

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  • Gier // 13.04.2020 à 12h29

    Ma chère et tendre, infirmière dans la grande ville du sud de la France, me rapportait que seuls 85% des lits dédiés au covid 19 sont occupés. (Chiffre qu’elle m’a donné mercredi 8 avril, donc il y a une semaine). Elle travaille dans un service jugé non prioritaire et est donc confinée. Elle s’est portée volontaire pour aider ses collègues des services coronavirus et n’a toujours pas été appelée ! Un peu comme si en temps de guerre, l’état major laissait à l’arrière ses réserves pendant qu’une partie du front cède sous le nombre.
    Piètre chefs de guerre que nous avons là !

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  • Mymyne // 16.04.2020 à 17h54

    Il ne faut pas oublier tous les hôpitaux associatifs, qui participent de par leurs statuts au service public hospitalier, qui ont encore moins de moyens que l’hôpital public, Dont les salaires sont inférieurs pour les personnels à tel point que leur convention est en dessous du smic pour certaines catégories de personnel.
    Ces hôpitaux sont impactés par la pandémie, ils ont ouverts des lits de réa en SSPI pour pallier. Mais ils se retrouvent avec des difficultés financières importantes avec tout cela comporte pour l’après.Quand un directeur vous dit: on se sait pas si on pourra payer les salaires….. On se pose des questions sur la prise en charge de l’état!!!

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  • Edouard bertrand // 18.04.2020 à 08h31

    Neoliberalisme,neoliberalisme,vous n’avez pas compris?neoliberalisme,c’est cela la vraie maladie au départ et puis l’horrible covid19,ce n’est pas une guerre mais une défaite en rase campagne de nos politiques mondiaux

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  • vdvthom // 19.04.2020 à 20h44

    Bonjour, je suis l’auteur de texte. Je voulais remercier toutes les personnes qui ont répondu et apportés des messages de soutiens. Quand j’ai écrit ce texte je ne pensais vraiment pas être publié, C’est la première fois que j’écris, je l’ai fait sous le coup de l’émotion après avoir entendu une intervention de notre président.

    Je voulais aussi dire au cadre de santé qui a posté, que je suis désolé si elle s’est sentie attaqué. Il y a beaucoup de cadre qui travaille et qui essaie d’améliorer la vie de leur équipe. Et votre présence sur ce site me donne à penser que vous faites partie de ces cadres-là. Mais être cadre aujourd’hui à l’hôpital c’est soit être du coté des soignants et se battre contre l’administration et donc être quasi sûr de n’avoir aucune progression de carrière, ou c’est être du coté de l’administration et donc complètement à l’opposé des préoccupations des soignants.

    Cette même administration qui nous apprend comment travailler au travers de tableau Excel : maximiser, optimiser, économiser, rentabiliser. Les maitres mots de chaque réunion. (suite …)

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  • vdvthom // 19.04.2020 à 20h45

    (… suite )
    « Je ne fais plus de soins, je coche des actes. »

    Vu que prendre ou perdre du temps pour accompagner un patient aux toilettes n’est pas un acte qui rapporte celons le tableau Excel, autant laisser le patient faire ses besoins dans sa couche. Et cette couche on ne va pas la changer à la demande, bien sure que non, on ne le fera qu’au moment du tour des soins à horaire fixe ; Optimisation oblige.

    Parler, écouter, rassurer un patient ou une famille ne rentre même pas dans la cotation des actes. Il ne faudrait quand même pas qu’un soignant perdre du temps dans ce genre de futilités.

    Des exemples de deshumanisation de l’hôpital, qui avant auraient été assimilés à de la maltraitance, mais qui rentre maintenant dans le quotidien normal des soignants, il y en a à foison. Cela fait des années que nous avons laisser l’hôpital public dépérir, de nombreuses sonnettes d’alarmes ont été tirés sans jamais avoir été entendus, et voir les membres du gouvernement se souvenir qu’on existe et louer notre travail me met en colère. (suite …)

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  • vdvthom // 19.04.2020 à 20h46

    (… suite )
    J’ai peur pour notre avenir, car après cette période que va-t-il se passer ?

    Les optimistes espèrent un changement de système, une autre manière de voir notre monde, notre pays. Refaire venir nos industries, savoir être autonome dans tout ce qui peut être important à produire pour la sécurité et le bien être de la population française. Sortir des chaines contraignantes de l’union européenne. Repenser le rapport humain et pourquoi pas même faire tout ça en pensant à l’impacte qu’on peut avoir sur la nature.

    Les pessimistes /réaliste ont peur d’au mieux repartir comme avant, dans notre marche forcée vers un monde toujours plus néolibéral, ou alors bien pire, aboutir à un pays encore plus totalitaire, plus policier ; « pour gérer cette pandémie imprévisible, qui a mis à mal notre économie, nous devons chacun faire preuve de solidarité, et donc …… AUSTERITE, AUSTERITE. »

    Quoi qu’il en soit, je vous remercie pour tous vos bons messages et désolé de ne pas avoir pu répondre plus tôt, mais vous comprendrez qu’en ce moment j’ai peu de temps libre.

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