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26.mars.202026.3.2020
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Le Professeur Didier Raoult : Rebelle Anti-Système ou Mégalomane sans éthique ?

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Fidèles à notre mission d’informer sans tabous, et souvent à contre-courant, nous avons souhaité rapporter quelques faits à propos du Professeur Raoult, nouvelle star des réseaux sociaux, et maintenant des médias.

Notre propos ne sera pas sur ce site, de trancher la question de l’efficacité de la chloroquine, c’est un débat que nous laissons aux médecins, seuls compétents pour en juger. Nous nous interdisons même d’avoir un avis sur ce sujet. Cela n’est pas de notre ressort, l’efficacité d’un traitement ne relevant pas du débat d’opinion, mais de la science. Ce médicament semble être une piste intéressante, et nous espérons, comme tout le monde, qu’il s’agira du traitement miracle qui nous aidera à sortir de cette crise.

Nous sommes donc heureux qu’un très grand essai clinique soit en cours (comme dans d’autres pays, où la recherche n’attend pas la France pour avancer), car seul cet essai permettra d’apprécier l’efficacité réelle (mais aussi la dangerosité potentielle) de ce traitement.

En ce qui concerne les premiers essais menés par le Professeur Raoult, nous en parlerons plus en détail dans un prochain billet dédié. Ainsi, chacun pourra se faire sa propre opinion (et en discuter dans les commentaires de ce prochain billet)

Dans ce billet, nous allons nous intéresser au profil du docteur Raoult, désormais au cœur d’importantes polémiques. Notre but n’est en aucun cas de polémiquer, mais d’informer.

À la question, Didier Raoult est-il un génie incompris et antisystème ou un manipulateur malhonnête, nous répondons : probablement ni l’un ni l’autre. Cependant les éléments que vous retrouverez dans cet article nous portent à croire qu’il n’est pas bon de nous reposer uniquement sur son seul jugement, compte tenu de précédents assez stupéfiants et dramatiques le concernant.

Soyons prudents avec notre santé et respectons les règles scientifiques et éthiques, pour ne pas aggraver davantage la situation.

Alors, qui est donc Didier Raoult, ce médecin qui court-circuite toutes les autorités médicales, et communique désormais directement des consignes médicales à la population sur Twitter (comme ici ou ) ?

Alors, partons donc à la découverte du « plus grand chercheur français de microbiologie ». Qui est donc Didier Raoult, ce médecin qui court-circuite toutes les autorités médicales, et communique désormais directement des consignes médicales à la population sur Twitter (comme ici ou ) ?

Bonne lecture,

Olivier Berruyer

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Plan du billet :

  1. Quelle était l’analyse de Didier Raoult en janvier 2020 face à la menace pandémique ?
  2. Quel était ensuite le message le Didier Raoult au début de la débâcle ?
  3. La France : Raoult fut néanmoins récompensé par le Gouvernement
  4. Quelle est le message de Didier Raoult en pleine débâcle ?
  5. Plus de 1 000 morts : le parfait moment pour sortir un livre !
  6. Didier Raoult : chercheur ou manager ?
  7. Didier Raoult et les IHU
  8. L’IHU Marseille Infection, « bébé » de Didier Raoult
  9. L’avis de l’IGAS sur la gestion de l’IHU de Marseille par Didier Raoult
  10. Les drôles de « combines » à l’IHU Marseille Infection
  11. Souffrances dans les équipes de Raoult
  12. #ThemToo
  13. Appel à témoignages sur Didier Raoult et ses unités
  14. (bonus) Didier Raoult négateur du réchauffement climatique
  15. Une dernière question
  16. Pour terminer

Être un grand chercheur ne procure pas une compétence universelle. Car il y a de nombreux très grands chercheurs français, et ils ne sont pas tous d’accord sur tout. Celui qui a raison sur un sujet un jour, peut avoir tort sur un autre sujet le lendemain. Etre spécialiste de la composition de l’ARN d’un virus ou de la façon dont il infecte une alvéole pulmonaire ne fait pas de vous un spécialiste d’épidémiologie pour prévoir la propagation du virus (comme on va le voir), ou des arbitrages à faire pour valider un médicament. Cela ne l’empêche pas non plus, mais il faut simplement valider la compétence sur ces points par la confrontation des prédictions avec la réalité.

Rappelons que le généralissime des Forces armées françaises au cours de la Seconde Guerre mondiale Maurice Gamelin (1872-1958) « était un des généraux les plus intellectuels de son époque. Il était respecté, même en Allemagne, pour son intelligence et sa subtilité. » (Wikipédia). Cela ne l’a pas empêché de mener la France au désastre face à l’Allemagne.

Sur le plan sanitaire, Didier Raoult peut donc être vu comme l’un des ‘’généraux’’ français qui était en charge d’empêcher l’invasion de la France par le coronavirus (SRAS-Cov-2 ou Covid-19). Intéressons-nous donc à ses anticipations en janvier 2020 :

I. Quelle était l’analyse de Didier Raoult en janvier 2020 face à la menace pandémique ?

Le coronavirus SRAS-2 est donc apparu en novembre/décembre en Chine. Très vite, fort de l’expérience du pays face au dangereux SRAS-1, le gouvernement chinois s’est mobilisé et a pris des mesures drastiques :

  • 17 janvier : 45 cas de Covid-19, 2 morts ;
  • 20 janvier : 291 cas de Covid-19, 9 morts ;
  • 22 janvier : 558 cas, 17 morts : confinement de la population de trois villes de la province de Hubei particulièrement impactées par le virus et dont elles seraient le berceau, afin de contenir les risques de pandémie : Wuhan, Huanggang et Ezhou, soit une population combinée de plus de vingt millions d’habitants.
  • le , les autorités chinoises élargissent la zone de quarantaine à presque toute la province de Hubei, soit environ 56 millions d’habitants.

D’autres mesures très fortes sont prises en Chine, en particulier de désinfection, ce qui donne ce genre d’images édifiantes dans les journaux télévisés :

Interrogé face à cette incroyable réaction chinoise, et donc aux menaces d’épidémie, voici la réaction de Didier Raoult le 23 janvier aux actions du gouvernement chinois :

Question – Prof. Didier Raoult, une épidémie de coronavirus fait l’actualité en Chine. Doit-on craindre quelque chose ?

Raoult – Vous savez, c’est un monde de fou. Ce qui se passe, le fait que des gens soient morts de coronavirus en Chine, vous savez, je ne me sens pas tellement concerné. C’est vrai que le monde est devenu complètement fou, c’est-à-dire que il se passe un truc où il y a 3 Chinois qui meurent et ça fait une alerte mondiale, l’OMS s’en mêle, ça passe à la radio, à la télévision. S’il y a un bus qui tombe au Pérou on va dire : « les accidents de la route tuent de plus en plus ». Tout ça est fou. C’est-à-dire qu’il n’y a plus aucune lucidité.

À chaque fois qu’il y a une maladie dans le monde on se demande si en France on va avoir la même chose. Ça devient complètement délirant. C’est tellement dérisoire que ça finit par être hallucinant.

Ça veut dire qu’il n’y a plus aucune connexion entre l’information et la réalité du risque. Mais aucune du tout. Comme ils sont 1,6 milliard, vous n’avez pas fini d’avoir des alertes. Je ne sais pas, les gens n’ont pas de quoi s’occuper, alors ils vont chercher en Chine de quoi avoir peur, parce qu’ils n’arrivent pas à regarder ce dont ils pourraient avoir peur en restant en France. Voilà, ce n’est pas sérieux.

Didier Raoult, 21 janvier 2020, Chaîne Youtube de l’IHU Méditerranée Infection (archive)

On saluera dans ces conditions le slogan de Raoult « Nous avons le droit d’être intelligents »…

Donc, eh bien, « voilà, ce n’est pas sérieux ».

Et il a continué dans la presse, ici le 1er février (source) :

Il y a onze ans, en pleine crise H1N1, le professeur Bernard Debré ironisait dans le JDD : « Cela reste une grippette« . Le gouvernement en fait-il trop?
Ce virus n’est pas si méchant, ce n’est pas un meurtrier aveugle. Le taux de mortalité, estimé aujourd’hui aux environs de 2 % c’est-à-dire équivalent à celui de toutes les pneumonies virales présentes à l’hôpital, va probablement diminuer une fois que les cas qui n’ont pas donné de symptômes seront pris en compte. Sans être devin, je doute que le virus chinois fasse augmenter de manière très significative, chez nous tout au moins, les décès par pneumonie.

Mais on ne peut pas ne pas tenir compte de l’état de notre société, très émotive. À l’heure de l’hyper-réactivité des réseaux sociaux, les responsables politiques ont peur de ne pas en faire assez, alors ils en font parfois trop.

2 % de 20 000 000 = 400 000 morts – « pas si méchant »… Le problème de ce SRAS-2 du covid-19, n’est pas le taux de mortalité, mais le couple taux de mortalité x contagiosité. Il tue comme une pneumonie, mais il va toucher beaucoup plus de monde…

Mais Didier Raoult ne s’est pas contenté de sous-estimer gravement la menace. Cela a continué après l’invasion du coronavirus.

II. Quel était ensuite le message le Didier Raoult au début de la débâcle ?

Quand le virus a commencé à se développer en France, il a décidé de publier le 25 février (14 cas confirmés de Covid-19, 1 mort en France ce jour-là) cette vidéo sur Youtube (sic.) nommée, alors : « Fin de Partie pour le coronavirus ! » (re-sic.), pour faire de la publicité à la Chloroquine (nous n’en parlerons plus dans ce billet) :

Précisons que, a priori (nous allons confirmer), l’étude chinoise n’avançait apparemment pas de chiffres précis, se contentant de dire que ça pouvait aider ; mais ce n’était pas un essai clinique classique pouvant le prouver. Raoult a donc surtout dit :

  • « Un scoop de dernière minute, une nouvelle très importante » ; « Fin de Partie pour le Coronavirus ! » : c’est la nouvelle « Recherche française« ™
  • « C’est probablement l’infection respiratoire la plus facile à traiter de toutes » ;
  • « Ce n’est pas la peine de s’exciter » [ils sont vraiment fous ces Chinois, qui ont pourtant été les premiers à utiliser ce médicament, de continuer à confiner la population…] ;
  • « Faites attention, il n’y aura bientôt plus de chloroquine dans les pharmacies » : au vu du succès de la vidéo de M. Raoult (plus de 550 000 vues), ceci a entraîné une rupture des stocks dans les pharmacies, privant de médicaments ceux qui avaient vraiment besoin de chloroquine (patients atteints de malaria ou de lupus).

Comme les Décodeurs du Monde ont, à raison, classé la vidéo comme « partiellement fausse », Raoult l’a renommée « Coronavirus : vers une sortie de crise ? » (supprimant ce statut). Mais l’original était bien ceci , largement relayé par l’Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille qui n’y a vu aucun problème déontologique (sourcearchive@aphm_actu) :

N’en restant pas là, il est allé ensuite dans les médias porter son message, comme ici dans 20 Minutes (nous enlevons la plupart des parties concernant la chloroquine, ce n’est pas notre axe d’analyse ici, mais plus d’analyser son expression verbale et son éthique médicale) :

Coronavirus : « Ce serait une faute médicale que de ne pas donner de chloroquine contre le virus chinois », selon le professeur Didier Raoult

Note OB : rappelons que les principes de l’OMS visent à ne plus donner de nom de pays aux virus et maladies – cf. ce qui s’est passé au début de l’épidémie pour nos ressortissants d’origine chinoise stigmatisés sans raison

Source : 20 minutes, Mathilde Ceilles, 26-02-2020

INTERVIEW Le professeur Didier Raoult, directeur de l’Institut Méditerranée Infection à Marseille, envisage désormais d’utiliser un traitement contre le paludisme pour soigner le coronavirus, compte tenu des dernières découvertes scientifiques

  • Des scientifiques chinois affirment dans une publication qu’un traitement contre le paludisme peut soigner le coronavirus.
  • Fortes de cette étude, les équipes de l’Institut Méditerranée Infection à Marseille envisagent désormais d’utiliser la chloroquine pour soigner la maladie.
  • Pour son directeur, Didier Raoult, les réserves émises par certains confrères sont hors de propos.

Edit le 27 février : Dans un tweet, le ministère de la Santé indique que « aucune étude rigoureuse, publiée dans une revue internationale à comité de lecture indépendant, ne démontre l’efficacité de la chloroquine pour lutte contre l’infection au coronavirus chez l’être humain ».

A Marseille, l’Institut Méditerranée Infection (IHU), centre de référence unique en France pour la prise en charge des maladies infectieuses dont le Covid-19, a décidé en conséquence de commander un stock de chloroquine, dans l’optique de soigner d’éventuels futurs malades du coronavirus chinois. « Coronavirus : Fin de partie ! »,​ titre même l’IHU sur son site Internet dans un article sur les bienfaits de la chloroquine. Le professeur Didier Raoult, directeur de l’IHU et passablement agacé par les réserves, critiques et autres commentaires suscités par cette décision, explique à 20 Minutes ce choix. […]

Certains scientifiques sont moins enthousiastes que vous sur les bienfaits de la chloroquine contre le coronavirus, à l’image du professeur Astrid Vabret dans « Sciences et Avenir »

Les ragots des uns et des autres, je m’en fous. Ça ne m’intéresse pas. Mon métier, c’est les maladies infectieuses, et ce depuis quarante ans. Je me sens obligé, car je crois que c’est maintenant nécessaire, de communiquer ce que je sais, et non pas des opinions, sur la recherche en maladie infectieuse. Après, ce que vous en faites, je ne suis pas prophète. Je m’en fous. J’essaie d’être le plus clair possible. Quand on a montré qu’un médicament marchait sur une centaine de personnes alors que tout le monde est en train de faire une crise de nerfs, et qu’il y a des andouilles qui disent qu’on n’est pas sûr que ça marche, ça ne m’intéresse pas !

Allez-vous utiliser la chloroquine à l’IHU pour soigner contre le coronavirus ?

Les scientifiques chinois sont des gens très sérieux. Ce ne sont pas des zozos, et ils ont montré que la chloroquine marche. Ça serait honnêtement une faute médicale que de ne pas donner de la chloroquine au coronavirus chinois. Ça n’a pas de sens. Soyons sérieux. Demain, vous commencez à être essoufflé. Vous avez un coronavirus chinois et vous avez 40 de fièvre. Et les gens vous disent : « Vous savez, je n’y crois pas à la chloroquine contre le coronavirus chinois ». Qu’est-ce que vous faites ?

A l’IHU, nous allons mettre en place un protocole thérapeutique. Nous, ce qu’on veut, c’est soigner les malades. Il y a des gens qui arrivent avec une maladie grave, et on a montré que le seul traitement contre cette maladie, c’est la chloroquine. Donc, pour pas donner de la chloroquine, il faut être farci ! Donc on va prévenir le ministre pour lui dire que si les gens qui arrivent ont un coronavirus chinois, on va les traiter par la chloroquine parce que c’est le seul traitement dont on a eu la démonstration qu’il marchait. C’est tout ! C’est pas mystérieux, c’est de la médecine, pas des potins de télévision !

Source : 20 minutes, Mathilde Ceilles, 26-02-2020

Et le même jour, M. Raoult, qui ne semble pas trop brimé par les médias, donne une interview dans la Marseillaise, « Pour lutter contre le coronavirus, il faut être efficace sur le diagnostic » (source) :

Enfin… Il faut dire qu’ils ont changé le titre le 18 mars :

Pas de chance, suivant depuis un moment ce sujet, j’avais déjà repéré et archivé cette pépite :

Voilà. Il serait donc éthique que la Marseillaise ait la décence de remettre le titre original – même s’il dessert l’image de l’enfant du pays.

Dans cette interview il disait en effet ceci :

La Marseillaise : Le coronavirus Covid-19 est-il plus dangereux qu’un virus responsable d’une épidémie de grippe saisonnière ?
Didier Raoult :

Il ne l’est pas.

Commentaire OB : Poke Michel Cymes. La Chine mets rapidement 60 millions de personnes en quarantaine, l’OMS déclare une urgence de santé mondiale pour le SRAS-2, mais c’est juste pour une « mauvaise grippe » – sacrés « chercheurs français »™ …

Il y a eu dans la zone de Wuhan une mortalité relativement élevée que les Chinois ont estimé à 5,6 %. Si vous sortez de cette zone, la mortalité est plus proche des valeurs de 0,5 à 0,6 %, […] Par ailleurs, la surmortalité pour les formes sévères dans la zone de Wuhan est liée, d’après la Chine, à un niveau d’équipement hospitalier insuffisant, c’est pourquoi ils ont construit un hôpital en dix jours. Il y aurait donc une surmortalité liée à une mauvaise prise en charge médicale, et il est vraisemblable que ce scénario se soit répété ailleurs.

Commentaire OB : de l’intérêt, donc, qu’il n’y ait pas de grosse épidémie saturant les hôpitaux. Hélas cela semble arriver dans 9 pays sur 10… Et donc cette mortalité pourrait bien être assez élevée.

Quelle stratégie thérapeutique vous semble la plus adéquate pour lutter contre le virus ?
D.R. : Concernant les vaccins, ils sont destinés à prévenir de vraies maladies, qui concernent des centaines de milliers de cas.

Commentaire OB : Raoult doit donc considérer que nous avons à faire a une « fake maladie ». Qui est portant en croissance exponentielle, qui a déjà contaminé 375 000 personnes et tué 16 000 personnes (source)

J’attends plutôt des Chinois qu’ils testent chez les patients le médicament le plus simple et le moins toxique au monde qu’est la chloroquine, dont ils ont prouvé l’efficacité en laboratoire. Ce serait le meilleur candidat, plutôt qu’un nouveau médicament qui nécessiterait plusieurs années avant une autorisation de mise sur le marché.

Signalons aussi cette interview de Raoult du 26 février qui survient après que l’Italie ait fermé toutes les écoles de 3 régions :

« En France il y a seulement quelques cas depuis ce mercredi 26 février 2020, donc il nous est impossible de faire un test. Il permet d’améliorer l’efficacité de la prise en charge du patient et de diminuer les risques d’aggravation du malade, mais aussi d’augmenter ses chances d’une guérison rapide.

Une chose est sûre, si un patient se présente aux hôpitaux marseillais pour une infection au coronavirus chinois, le Docteur Raoult recommande le traitement à la chloroquine. La Chine ayant de nombreux patients, ils peuvent mener une évaluation du traitement.

Les Chinois sont en train d’investir massivement le sujet, et là-bas la chloroquine est le traitement de référence pour la maladie.

Vous savez, il y a plus de morts par accidents de trottinettes en Italie que par le Coronavirus. Cette psychose et emballement médiatique viennent d’une sensibilité de la race humaine au risque d’extinction. Anthropologiquement, il y a toujours une raison pour laquelle nous allons tous mourir, chaque génération à ses fantasmes autour de la disparition de l’espèce humaine.

Il se trouve que les épidémies font partie du monde moderne, donc forcément cela suscite l’inquiétude. Il y a une fascination des épidémies chez les hommes, il suffit de voir le succès retentissant des sites qui en parlent.

Il faut être responsable, que les équipes médicales jouent leur rôle, il faut raison garder et ne pas contribuer à une panique générale nourrie par une communication hasardeuse ou des discours alarmistes.

De facto, si nous regardons les chiffres, lundi 24 février 2020, il y avait seulement 500 nouveaux cas dans le monde de coronavirus, ces chiffres ne justifient pas cette panique massive. Il y a chaque année quelques dizaines de millions de morts dans le monde dus aux infections respiratoires virales, il y en aura quelques centaines de plus.

Si vous regardez les nouveaux cas, le taux de nouvelle contamination est de moins de 1% en ce moment, c’est très faible et ça laisse entendre que l’épidémie touche à sa fin. »

Source : TourMag, 26/02/2020

On comprend donc que tout ceci ait pu participer à démobiliser les pouvoirs publics.

III. La France : Raoult fut néanmoins récompensé par le Gouvernement

Bien que ses propos aient participé à relativiser la menace et à démobiliser le public, Didier Raoult, ce grand « mandarin à la française » fut intégré parmi les 11 membres du Conseil scientifique gouvernemental, le 11 mars 2020 (source) :

C’est même un des 2 seuls infectiologues.

En réalité, il est peu surprenant de le voir à cette place, car le Président du conseil scientifique Jean-François Delfraissy appartient lui aussi au conseil d’administration de l’IHU IM.

Bref, Raoult n’est pas vraiment brimé ni « hors-système ».

Même si, au vu des polémiques, il a annoncé le 24 mars ne plus participer au Conseil scientifique réuni autour d’Emmanuel Macron (mais il n’en a pas démissionné).

Rappelons d’ailleurs que c’est ce conseil qui a confirmé à Macron qu’il n’y avait aucun problème à organiser les municipales – ce que ne partageaient pas d’autres médecins :

Bilan : des assesseurs ont été contaminés le jour du vote…

IV. Quel est le message de Didier Raoult en pleine débâcle ?

Didier Raoult a ensuite réalisé un essai de chloroquine sur 26 personnes, et a publié les résultats dans une très prestigieuse revue internationale à comité de lecture dans une vidéo Youtube le 16 mars (et par une publication le 17 – source). Nous nous intéresserons à cet essai dans un prochain billet.

Nous continuons simplement à analyser ses déclarations dans la presse, qui se sont multipliées suite à l’essai. Florilège – en commençant par mon préféré :

« La chloroquine guérit le Covid-19 » : Didier Raoult, l’infectiologue qui aurait le remède au coronavirus

Source : Marianne, Etienne Campion, 19-03-2020

[Marianne] L’homme nous confie être encore amer quant au mépris dont il dit avoir été victime. Sans baisser les bras pour autant : « Je discute beaucoup avec le gouvernement et avec des personnes au plus haut niveau de l’Etat. Je comprends ce qui fait partie de l’écosystème des décideurs, ce n’est pas une surprise que d’avoir été mis de côté. »

OB : « Mis de côté » : oui, enfin, en tant membre du Comité scientifique, il fait partie des 11 conseillers du gouvernement…

[Marianne] Quant aux accusations de « fake news » ? « Préférer les opinions aux faits est une maladie. Mais je n’en veux à personne, changer d’avis, c’est mieux que de rester idiot. » […]

Mais, s’il explique « continuer sa série de tests cliniques« , Didier Raoult précise : « Je ne fais pas de communication avant d’avoir prévenu le ministère de la Santé. Dès que j’aurai un nouvel article à faire paraître, je communiquerai de façon transparente pour informer la population, pas avant. »

OB : C’est à dire que, maintenant, le « Chercheur Français »™ , dès qu’il a deux résultats provisoires, il fait des vidéos Youtube pour « informer la population » avant d’avoir convaincu ses pairs.

[Marianne] Sur les 300.000 médicaments à base de chloroquine que compte offrir Sanofi à la France, il confie : « Ça, croyez-moi, j’étais au courant avant vous !« .

OB : ah, ben, il en sait des choses Didier Raoult… Mais du coup, vu les relations de l’IHU IM et de Sanofi, on comprend mieux… Sanofi qui en profite donc pour se faire une énorme opération de communication – pour un gigantesque marché potentiel.

[Marianne] Concernant les bémols émis quant à la méthodologie de ses récents essais cliniques : « C’est contre-intuitif, mais plus l’échantillon d’un test clinique est faible, plus ses résultats sont significatifs. Les différences dans un échantillon de vingt personnes peuvent être plus significatives que dans un échantillon de 10.000 personnes.Si on a besoin d’un tel échantillonnage, il y a des risques qu’on se trompe. Avec 10.000 personnes, quand les différences sont faibles, parfois, elles n’existent pas.« 

OB : Oui ! Didier Raoult a clairement dit cette énormité qui choquera principalement les lecteurs scientifiques : « Plus l’échantillon d’un test clinique est faible, plus ses résulats sont significatifs » – une véritable insulte à la Loi des Grands nombres ; une « Loi de Raoult » que l’on pourrait résumer ainsi : « Testons – non pas sur un grand nombre – mais sur un seul patient et nous aurons la meilleure robustesse statistique possible pour apprécier l’efficacité du traitement et anticiper les effets secondaires ! Et donnons-le à tous les malades dès le lendemain sans l’accord des autorités médicales ! ».

Bien sûr les grands chercheurs internationaux (ici un spécialiste suisse) n’en sont pas revenus (source) :

Eh oui, on parle bien ici du conseiller du Gouvernement français sur la crise actuelle… Retweeté par Donald Trump !

Mais bon, si Trump avait fait de la recherche plutôt que de la politique, cela devrait – dans la forme – ressembler plus ou moins à ce que fait Raoult.

Source : Marianne, Etienne Campion, 19-03-2020

On a également affaire à un bien bel humaniste :

Coronavirus : « Je ne suis pas un outsider, je suis en avance », entretien avec le professeur marseillais Didier Raoult

source : La Provence, Alexandra Ducamp, 21-03-2020

627 morts en une journée et 40 000 cas de Covid-19 en Italie, on n’en est plus à la « grippette » dont vous parliez il y a quelques semaines…
Pr Didier Raoult : Vraisemblablement, vous ne comprenez pas du premier coup. Toutes les situations doivent être mises en perspective. Sur quelle maladie infectieuse toute la presse s’est-elle excitée l’année dernière ? La rougeole. À la fin, il y a eu 1 000 cas avec un mort et il y avait une annonce tous les jours dans les médias. Le monde de l’information vit dans un monde parallèle au mien, celui de l’observation. On est passé d’une exagération à une déconnection. Il y a dans le monde 2,6 millions de morts d’infections respiratoires par an, vous imaginez que les 5 000, 10 000 ou même 100 000 vont changer les statistiques ?

On ne parle pas de statistiques, on parle d’êtres humains, de populations entières confinées…
Pr Didier Raoult : De quoi voulez-vous parler d’autres ? Les gens meurent, oui. La plus grande surmortalité de ces dernières années en France, c’était en 2017 : 10 000 morts supplémentaires en hiver, on ne sait pas même pas si c’est de la grippe. 10 000 morts, c’est beaucoup. Mais là, on en est à moins de 500. On va voir si on arrive à en tuer 10 000, mais ça m’étonnerait.

OB : « Et puis on verra… »

L’argument statistique est donc le seul prisme…
Pr Didier Raoult : À Marseille, nous avons diagnostiqué 120 cas positifs, il y avait deux morts de plus de 87 ans. Ils mourraient aussi l’année dernière. Sur 100 prélèvements de gens qui ont une infection respiratoire, ce sont plutôt des cas graves, quand on teste 20 virus et 8 bactéries, il y en a 50 % dont on ne sait pas ce qu’ils ont, c’est notre grande ignorance. Pour tous les autres, il y a 19 virus saisonniers, qui tuent aussi. Les coronavirus endémiques tuent plus ici que le chinois. Je confronte en permanence les causes de mortalité dans toute la région à cette espèce de soufflet anxiogène qui monte : pour l’instant, on a plus de chance de mourir d’autres choses que du Covid-19.

OB : ah, oui, si c’est le critère, on n’est pas près d’y être en effet.

Le grand âge, les comorbidités et la prise en charge tardive sont des facteurs de mortalité. C’est peut-être inentendable, mais c’est la réalité. La seule chose qui m’intéresse sont les datas, les données brutes. Les données vont rester, les opinions, elles, changent… […] Je ne dis pas l’avenir, mais je ne suis absolument pas terrifié.

OB : ça , on l’avait bien compris…

« Dans mon monde, je suis une star mondiale »

Comment expliquez-vous la situation dans l’est de la France ?
Pr Didier Raoult : Je suis scientifique, c’est ce qui manque dans ce pays ; une grande partie du monde politique et administratif réagit comme vous (les médias, NDLR). Nous, nous ne devons pas réagir comme ça. Les seules données qui m’intéressent ce sont les données d’observation, je n’ai pas d’opinion. Il n’y a que la presse qui parle de ce qui se passe dans l’Est, moi, je n’ai pas de données. Pour l’Italie, on disait pis que pendre, j’ai reçu une analyse, c’est comme ailleurs, ce sont des gens de plus de 75 ans.

OB : bah oui. Ils peuvent tous crever, où est le problème ? C’est quoi 5 ou 10 ans d’espérance de vie en plus ?

[…] Vous êtes en permanence à contre-courant du discours…
Pr Didier Raoult : Ce n’est pas parce qu’il y a quelques personnes qui pensent certaines choses à Paris, que je suis à contre-courant. Dans mon monde, je suis une star mondiale, je ne suis pas du tout à contre-courant. Je fais de la science, pas de la politique. Les maladies infectieuses, ce n’est pas très compliqué, c’est diagnostic et traitement. C’est le B-A ba, si les gens ne connaissent pas le B-A ba des maladies infectieuses ou de la chloroquine qui s’apprend en troisième année de médecine, je n’y peux rien. Je vais pas refaire l’éducation de ceux qui refont le monde sur les plateaux-télé. Je me fous de ce que pensent les autres. Je ne suis pas un outsider, je suis celui qui est le plus en avance. La vraie question est : comment ce pays est arrivé dans un tel état que l’on préfère écouter les gens qui ne savent pas que plutôt ceux qui savent ? […] Si vous avez des doutes sur ma crédibilité, ce n’est pas mon problème. Il y a des gens soignés dans le monde entier, je ne me sens pas plus responsable des malades de Paris que de Corée. Ce seront les plus intelligents qui seront le mieux soignés. Je n’essaie pas d’être arrogant. Si les gens ne veulent pas regarder les chiffres, je n’y peux rien.

OB : qui « savent » annoncer à temps l’épidémie du siècle en la voyant venir de loin, par exemple ?

24 patients sont suivis dans l’essai clinique, combien de personnes ont été traitées depuis…
Pr Didier Raoult : On en a traitées d’autres mais je ne vous dirai pas combien. J’en informerai d’abord le ministère.

OB : Ok, il traite donc des gens sans en avoir informé le ministère, tout va bien.

Quid des effets secondaires du traitement à l’hydroxy-chloroquine ?
Pr Didier Raoult : Ce qu’on dit sur les effets secondaires est tout simplement délirant. Ce sont des gens qui n’ont pas ouvert un livre de médecine depuis des années. Plus d’un milliard de gens en ont bouffé, les personnes qui souffrent de lupus en prennent pendant des décennies… Je connais très bien ces médicaments, j’ai traité 4 000 personnes au Plaquénil depuis 20 ans. Ce n’est pas moi qui suis bizarre, ce sont les gens qui sont ignorants. On ne va pas m’apprendre la toxicité de ce médicament.

OB : je me demande quand même comment on peut déjà connaitre les effets secondaires lorsque le médicament est donné à un patient atteint du Covid-19… L’aspirine et les anti-inflammatoires aussi on connait bien, et pourtant, il ne faut pas en prendre.

source : La Provence, Alexandra Ducamp, 21-03-2020

Citons également ceci (l’épidémie guérit naturellement en 5 à 8 jours pour 90 % des gens) :

EXCLUSIF – Coronavirus : « On sait guérir la maladie », affirme l’infectiologue Didier Raoult

C’est peut-être une révolution dans l’avancée de la pandémie de Covid-19 : après six jours de test clinique sur la prise de Plaquenil, l’un des noms commerciaux de la chloroquine, seulement un quart des 24 patients tests du professeur Didier Raoult de l’IHU Méditerranée Infection à Marseille étaient encore porteurs du virus.

Mieux : « Associé à la prise d’antibiotiques ciblés contre la pneumonie bactérienne (l’azythromycine), le traitement a totalement guéri les sujets dans la semaine, alors que 90 % des malades qui n’ont pas pris de traitement sont toujours positifs », affirme l’infectiologue parmi les plus cités au monde.

Source : Les Echos, Paul Molga, 17-03-2020

et ceci :

Exclusif Coronavirus « Le seul produit à la fois efficace et disponible, c’est la chloroquine »

Alors que le président américain Donald Trump vient d’annoncer qu’il allait distribuer ce traitement antipaludéen pour lutter contre l’épidémie de Covid-19 aux Etats-Unis, son plus ardent promoteur en France, le microbiologiste Didier Raoult, revient sur les réserves suscitées par cette molécule dans notre pays.

Le microbiologiste marseillais Didier Raoult a été, en France, l’un des plus ardents promoteurs, sinon le seul défenseur, de l’utilisation de la chloroquine, un traitement antipaludéen, pour contrer l’épidémie de Covid-19. Jeudi 19, le président américain Donald Trump, parlant de premiers résultats « très prometteurs », a annoncé qu’il allait « rendre ce médicament disponible quasiment immédiatement » aux Etats-Unis, estimant que cela pouvait « changer la donne face » à l’épidémie.

Source : Les Echos, Yann Verdo, 19-03-2020

Enfin, notons ceci :

Source : Marianne, Brice Perrier, 16-03-2020

Marianne : Que vous inspire l’évolution de l’épidémie de coronavirus ?

Didier Raoult : Je ne me laisse pas embarquer dans la terreur. Je ne sais pas deviner l’avenir et n’ai pas l’habitude de croire les plus excités qui se sont toujours trompés dans leurs modélisations. J’analyse au jour le jour, et l’évolution, aujourd’hui, c’est quelques 6.000 morts dans le monde, dont environ 3.500 en Chine où l’épidémie se termine, et 127 en France. Je m’étonne qu’on parle de cause très significative de mortalité, et même de crise sanitaire du siècle, alors qu’en 2017 la grippe et les autres infections respiratoires ont tué entre 14.000 et 20.000 personnes en France. Peut-être que les statistiques seront très différentes à la fin de l’épidémie, mais aujourd’hui je ne vois pas de problème majeur en termes de mortalité. […]

Pensez-vous qu’on s’emballe dangereusement ?

Oui. Quelles sont les données pratiques ? En 2019, il y a eu 2,6 millions de morts dans le monde par infection respiratoire aiguë. A votre avis, quelle influence aura là-dedans le coronavirus ? Avant de modifier sensiblement ces statistiques, il va falloir qu’il tue beaucoup… Et qui sait s’il ne s’arrêtera pas du jour au lendemain sans qu’on sache pourquoi comme le SRAS, ou si l’on en aura fini avec lui en mars, comme habituellement avec la grippe. Tout cela fait que je ne suis pas particulièrement ému, et pense surtout à détecter et à traiter.

Source : Marianne, Brice Perrier, 16-03-2020

Ainsi que :

« Le fait d’ignorer ce qu’ont dit les Chinois sur la chloroquine est délirant. Ce sont eux qui avaient les malades pour expérimenter, pas nous. »

Source : Marianne, Etienne Campion, 19-03-2020

Comme nous l’avons indiqué dans ce billet, nous avons dès lors contacté un des Raoult chinois, qui vient de faire un essai sur la chloroquine, de taille limitée :

« Nous n’avons observé aucune tendance bénéfique de l’hydroxy-chloroquine dans le traitement du Covid-19. Mais cela ne signifie pas non plus que cela aggraverait la maladie. Notre étude était limitée par sa petite taille d’échantillon [30 malades].

Mais nous pouvons constater dans cet essai que l’hydroxy-chloroquine n’est pas un médicament « magique » – dans l’hypothèse où il aurait bien un effet antiviral. Je sais qu’il y a des ECR [Etudes Comparatives Randomisées = essais cliniques de qualité] en cours sur l’hydroxy-chloroquine. Mais, je ne connais aucun résultat positif de ces études par communication personnelle.

En fait l’hydroxy-chloroquine n’a jamais été efficace dans aucune des maladies virales, malgré son activité antivirale in vitro.

De plus, son problème est qu’elle a un effet néfaste dans le traitement de certaines maladies virales, aggravant notamment le VIH et les infections par le virus du Chikungunya.

Par conséquent, je recommande fortement d’attendre que les ECR [essais cliniques] soient effectués avant d’utiliser cette substance comme prophylaxie ou comme médicament thérapeutique. » [Jun CHEN, interview Les-crises.fr, 25 mars 2020]

Raoult a même démobilisé pour le confinement en France :

[Vidéo] Un membre du conseil scientifique Covid-19 dénonce l’inefficacité du confinement

Pour le professeur Didier Raoult, l’Italie, la France et l’Espagne suivent la mauvaise route en empruntant la voie du confinement total.

Alors que la France entière est confinée depuis maintenant deux jours, l’avis du professeur Didier Raoult est dissonant. Cet infectiologue, membre du conseil scientifique Covid-19 mandaté par le gouvernement, refuse de céder à la panique. Dans une vidéo, celui qui est directeur de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) de Marseille explique d’ailleurs que les dernières mesures prises par le gouvernement français, mais également par les gouvernements espagnols et italiens, ne règlera pas le problème immédiat du coronavirus. Pour lui, un constat s’impose : « Il faut garder raison et faire comme pour les maladies infectieuses en général : du diagnostic ».

Source : Valeurs actuelles, 19-03-2020

V. Plus de 1 000 morts : le parfait moment pour sortir un livre !

En pleine épidémie, en plein test pharmaceutique, Didier Raoult vient d’annoncer qu’il sort un livre dans les prochains jours (source) pour encore démobiliser :

On croit rêver… Et la presse semble ne pas y voir de problème (source) :

On comprend mieux pourquoi son essai sur la chloroquine est aussi bancal (nous vous le démontrerons dans le prochain billet) : il était probablement occupé à écrire son livre…

Florilège :

Il apparaît dans les tous premiers mots de ce court ouvrage destiné à surfer sur le drame actuel, que Didier Raoult a un grand but dans la vie : démobiliser les population face au risque exceptionnel de faible fréquence mais de forte intensité (du genre du Covid-19).

Pourtant, comme le rappelle fort justement Nassim Nicholas Taleb (qui est, sur ce point de gestion du risque, clairement plus dans son domaine d’expertise que Didier Raoult) dans cet article que nous avons repris :

« Il faut raisonner par l’inconnu, et non par le connu. C’est une erreur grave, parce qu’on sait qu’une grippe saisonnière ne se multiplie pas comme le coronavirus , et si c’est le cas, elle est bénigne. […] face à un tel événement, il faut réagir pour parer au pire. C’est une nécessité. […] il y a des risques qu’il ne faut pas prendre. […] Même si on panique pour rien deux fois par an, ça vaut le coup pour la fois où on paniquera avec raison. […] Sans paranoïa, pas de survie ! » [Nassim Nicholas Taleb, mars 2020]

Mais le pire est cette phrase purement mensongère :

M. Raoult a le droit d’estimer qu’elle est très faible, mais, un scientifique ne peut décemment dire qu’elle est nulle.

Que ce soit du point de vue théorique ou pratique – le coronavirus SRAS-2 a bel et bien changé les statistiques de Bergame en Italie, qu’il a durement frappée : du 8 au 16 mars 330 morts, contre 23 morts durant la même période de 2019 (source). A Bergame, en Italie, le virus aurait tué plus que pendant la Seconde Guerre mondiale.(FranceInfo,)

Et tout l’enjeu du combat est que la France ne devienne pas un gros Bergame…

Ainsi, le « Général de la santé » Didier Raoult a contribué à plusieurs reprises à relativiser la menace et à diminuer la mobilisation de la population en pleine offensive du coronavirus. Il a donc participé à notre défaite face à la propagation du virus. Espérons cependant qu’il participera à notre victoire finale sur sa mortalité…

VI. Didier Raoult : chercheur ou manager ?

Mais revenons sur le parcours de Didier Raoult. Comme le rappelle sa page Wikipedia :

Didier Raoult, né le 13 mars 1952 à Dakar au Sénégal, est un infectiologue et professeur de microbiologie français spécialiste des maladies infectieuses tropicales émergentes à la faculté de médecine de Marseille. […]

Mauvais élève, Didier Raoult part travailler à 17 ans, pendant deux ans, sur des bateaux. […]

En 1972, il passe un baccalauréat littéraire en candidat libre puis s’inscrit en faculté de médecine. […]

Devenu professeur, il dirige des thèses sur les maladies infectieuses à la faculté de médecine de Marseille. Il est président de l’université de la Méditerranée – Aix-Marseille II de 1994 à 1999. […]

Il dirige de 2008 à 2017 l’unité Urmite (Unité de recherche en maladies infectieuses et tropicales émergentes) à Marseille

Grand prix Inserm 2010 pour l’ensemble de sa carrière, il a décrit, avec son équipe marseillaise, des virus complexes. Il est l’un des chercheurs français les plus cités, avec de nombreuses publications scientifiques à son actif. […]

Grâce à la subvention la plus élevée accordée en France pour la recherche médicale (72,3 millions d’euros portés par l’ANR dans le cadre du PIA), Didier Raoult fait construire un nouveau bâtiment pour accueillir l’Institut hospitalo-universitaire en maladies infectieuses de Marseille ou IHU Méditerranée Infection (« Institut MI »), inauguré en 2018. Cet institut est dédié au diagnostic, à la prise en charge et à l’étude des maladies infectieuses y compris les soins, la recherche et l’enseignement. L’Institut MI a pour membres fondateurs : université d’Aix-Marseille, Assistance publique – Hôpitaux de Marseille, BioMérieux, l’Établissement français du sang, l’Institut de recherche pour le développement (IRD), le Service de santé des armées. Il bénéficie de l’aide de l’Union européenne et de la région ainsi que de nombreux partenariats.

Nous vous renvoyons vers sa page Wikipedia pour voir l’impressionnante liste des recherches de l’Institut, et ici pour la liste de ses publications (source, chercher « Raoult D[Author] ») .

Par ailleurs, et comme on l’a vu sur l’image précédente il est en effet un des chercheurs français les plus fréquemment cité. Mais en fait, ce n’est pas vraiment son seul nom qui est « cité », mais les études qu’il a signées. Et co-signées. Et il co-signe vraiment beaucoup :

Comme on voit qu’il co-signe depuis 2012 près d’un article chaque jour ouvré, cela signifie qu’il utilise une pratique assez répandue, mais à large échelle : la « stratégie du coucou », où il co-signe pratiquement chaque article de n’importe lequel de ses (centaines de) subordonnés.

Signataires de l’essai de l’hydroxychloroquine dont Raoult a publié les résultats le 16 mars

Comme Didier Raoult est à la tête d’un des plus grands centres de recherche européens sur les maladies infectieuses, co-signant presque tous les travaux, il est donc finalement assez logique d’arriver à ce genre de communiqué de presse tapageur (source) :

Il chapeaute d’ailleurs depuis longtemps de grandes équipes. Mais il a une vision très productiviste de la recherche, comme on le voit ici en 2008 :

« Logé dans les étages de la faculté de médecine, son laboratoire emploie 140 personnes dont 45 chercheurs qui publient entre 150 et 200 papiers par an. […] En moyenne, chaque thésard qui passe là produit cinq articles. « Nous sommes 75 % plus productifs qu’un laboratoire de l’Inserm », a calculé Didier Raoult. Avec un budget annuel de 10 millions d’euros, le coût de revient d’une publication dans son unité ne dépasse pas 80.000 euros contre 200.000 en moyenne (pour une publication d’impact 3,5) dans l’établissement public.

Si le scientifique est si proche de ses sous, c’est qu’il doit se battre chaque année pour remplir les caisses. […]. Cette année, deux autres projets, jugés hors champ, ont encore été retoqués. « C’est irritant et incompréhensible, se révolte Didier Raoult. Sous prétexte d’égalitarisme, le système français prétend donner autant à tous. Or la recherche est une compétition. Comme des sportifs de haut niveau, les chercheurs doivent être évalués objectivement et individuellement. Les outils existent, faciles d’accès. Manque la volonté de comparer. Or c’est la seule alternative possible si on entend privilégier la promotion et le financement des chercheurs les plus efficaces et les plus dynamiques. » [Les Echos, 29/10/2008]

20 minutes précise au passage la vraie spécialité de Raoult : « Spécialiste mondial des Rickettsies, ces bactéries intracellulaires à l’origine notamment du typhus, Didier Raoult a aussi décrypté le génome de la bactérie à l’origine de la maladie de Whipple, près d’un siècle après l’apparition de cette pathologie. Le professeur marseillais a même donné son nom à deux nouvelles bactéries pathogènes qu’il a découvertes, Raoultella planticola et Rickettsia raoultii. »

Ainsi, on peut en conclure plusieurs choses :

  • bien qu’ayant un style disons « très personnel », le professeur Raoult est indubitablement un grand chercheur français sur les virus.
  • Didier Raoult n’est pas un « petit chercheur » hors du système, ayant raison contre le reste du monde, c’est une très haute figure de la santé française à qui a été confié un budget de plus d’une centaine de millions d’euros pour créer un des plus grands centres de recherche d’Europe, dans le cadre du grand emprunt ;
  • il n’a rien d’isolé : il dispose de nombreux soutiens de poids dans la recherche, l’administration, mais aussi la politique (en particulier chez LR : « C’est un garçon qui peut avoir le prix Nobel, lance même son ami médecin de longue date, le président LR de la région Paca Renaud Muselier. Il est brillantissime. » […] Face à ces critiques, Renaud Muselier se fait son meilleur avocat : « Quand on est classé numéro 1, dire qu’on est le meilleur, est-ce de la mégalomanie ou simplement faire un constat ? » – source 20 minutes)

    Didier Raoult avec toutes les autorités politiques locales et régionales lors de l’inauguration de l’IHU, le 27 mars 2018 (source)
  • c’est donc surtout maintenant un manager, qui dirige un des centres de référence du pays – que nous allons analyser plus avant.

« Le meilleur » ? Nous allons voir…

VII. Didier Raoult et les IHU

Didier Raoult, en raison de sa grande influence politique en France, a joué un rôle central dans la création des IHU, comme le rappelle un rapport de 2015 de l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) du Ministère de la Santé – don la mission est d’aller auditer les structures pour le compte du Minsitère (archive) :

« En 2003, peu après la crise liée à l’anthrax, dans un rapport remis aux ministres chargés de la santé (Jean-François Mattei) et de la recherche (Claudie Haigneré), le professeur Didier Raoult propose la création de sept infectiopôles [… – ] structures intégrées regroupant des équipes multidisciplinaires (recherche fondamentale, soins, diagnostic, épidémiologie et valorisation) sur un site géographique unique. […]

En 2006, le professeur Raoult développe dans un nouveau rapport le projet de création d’un premier infectiopôle implanté à Marseille, sur le site de la Timone. […] » [Rapport IGAS]

Ses préconisations ont été suivies d’effets :

« La création d’Instituts hospitalo-universitaires (IHU) a été préconisée par deux commissions successives en 2009 et 2010, qui ont fixé les contours des IHU : la réunion en un lieu unique des fonctions de soins, de recherche et de formation, rassemblées au lit du malade. Ces rapports en ont préconisé les principes structurants : être en nombre limité, viser un niveau d’excellence internationale, être conçus autour de talents reconnus mondialement, […] disposer d’un statut spécifique permettant d’attirer et de retenir les meilleurs talents internationaux et de simplifier les collaborations entre la recherche et l’industrie pour une durée suffisamment longue, intégrer un objectif de transfert de technologies, passant par des relations étroites avec les acteurs industriels et enfin, inclure un partenariat et donc un cofinancement systématique par le secteur privé. En pratique, 850 M€ ont été ouverts par la loi de finances rectificatives de mars 2010 au profit des IHU. [NdR : dans le cadre du « Grand Emprunt »]

Le jury international a auditionné neuf projets au total et en a retenu six. » [Rapport IGAS]

Ces 6 IHU se sont donc développés au milieu des années 2010 grâce au Fond d’Investissement d’avenir mis en place en 2009 (« Grand Emprunt »).

Concernant ces structures, Marianne rappelait ceci en 2017, en raisons de tensions entre elles et l’Inserm :

« Les IHU ont été créés en 2010, sous Nicolas Sarkozy et sur conseil de Jacques Attali, Alain Juppé et Michel Rocard , afin de stimuler la recherche médicale, alors moribonde en France. L’objectif était de créer des centres de recherche de haut niveau échappant aux pesanteurs des structures existantes. Pour ce faire, ils bénéficient depuis leur création du statut de « fondation » indépendante. […] Or, ce statut est discuté depuis plusieurs années en ce qu’il pose des questions sur la viabilité du modèle économique et les liens avec les institutions partenaires de l’IHU.

Yves Levy est un des plus fervents contempteurs du modèle « fondation ». Dans son édition de ce mercredi 11 octobre, Le Canard enchaîné révèle que le patron de l’Inserm a envoyé le 9 septembre une note aux équipes candidates, dans laquelle il prône le remplacement du statut de fondation par un simple « contrat ». Celui-ci pourrait notamment prendre la forme d’un groupement d’intérêt public. La différence entre les deux statuts ? Le statut de fondation permet aux IHU de prendre des décisions rapidement, après consultation de leur conseil d’administration. Dans les groupements d’intérêt public (GIP), chaque institution partenaire dispose d’un droit de regard sur les décisions de l’IHU. Or, l’Inserm est partenaire et membre fondateur de cinq des six premiers IHU.

Dans ceux-ci, l’Institut met à disposition ses chercheurs, certains de ses laboratoires, et participe aux conseils d’administration. Sans avoir de droit de veto. Il y a aussi un enjeu en termes de brevets. Les IHU ne pouvant être en déficit, les brevets qu’ils déposent et vendent à des grandes entreprises participent à leur modèle économique. Au sein d’un GIP, la répartition de la manne devra être renégociée, devenant potentiellement plus favorable à une institution comme l’Inserm. » [Marianne, 11/10/2017]

Maintenant que nous avons mieux saisi les enjeux autour de ces structures (je renvoie les passionnés vers un autre rapport de l’IGAS de 2016 : « Le modèle économique » des IHU) , analysons plus en détail les problèmes à Marseille.

VIII. L’IHU Marseille Infection, « bébé » de Didier Raoult

Le rapport IGAS nous indique la suite de la création de l’IHU de Marseille :

« Une première fondation de coopération scientifique a été créée en 2007 pour abriter les activités du centre thématique de recherche et de soins (CRTS), sous le nom d’Infectiopôle Sud. Le professeur Didier Raoult en était le président et le docteur Yolande Obadia la directrice. […]

[Finalement retenu,] le projet d’IHU de Marseille est celui des projets d’IHU qui a bénéficié du financement le plus important. Le coût total sur la période des huit années du projet d’IHU prévu dans le document soumis au jury international est affiché à hauteur de 172,5 M€. […]

Le projet d’IHU de Marseille se caractérise par la part très importante, plus des 2/3, des fonds versés par l’ANR [Agence Nationale pour la Recherche] utilisée pour financer la construction d’un bâtiment : 48,8 M€ sur 72,3 M€. »

Comme le rappelle 20 Minutes, « il faudra toutefois attendre la fin d’année 2016, soit une quinzaine d’années plus tard, pour que Didier Raoult inaugure son « bébé », l’IHU Méditerranée Infection, dans un bâtiment de 24 000 m2 tout près de la Timone ».

Raoult est donc à la tête de l’Institut hospitalo-universitaire de Marseille. Il exerce à la fois la fonction de Directeur de la Fondation Marseille Infection qui coiffe l’IHU IM, mais il en est également administrateur (source) :

Organigramme de l’IHU IM

La fondation marseillaise est présidée par Yolande Obadia, qui est médecin spécialiste de santé publique.

Didier Raoult gère donc depuis des années un énorme budget (plus de 150 millions d’euros) et chapeaute près de 800 salariés. (source 1, source 2)

Budget de l’IHU MI

Alors que la situation financière de l’IHU était très difficile au début, elle a fini par s’améliorer récemment : l’IHU est désormais largement bénéficiaire (source) :

Avec plus de 11 millions d’euros de bénéfice (en augmentation de 79 % en un an), Didier Raoult semble avoir trouvé de très bons partenaires pour financer son IHU. Hélas, comme nous n’avons pas trouvé de budget détaillé (malgré la page dédiée) pour comprendre l’origine d’un tel bénéfice, ni d’éléments financiers sur la fondation de l’IHU (pas grand chose sur la page dédiée) et ses structures.

Mais il y a un « mais ».

D’abord il est à noter que cet IHU, comme les autres, nécessite une large participation du secteur privé, dont bien évidemment, les laboratoires pharmaceutiques mais aussi les banques :

Les partenaires de l’IHU-IM.

Notez bien que Sanofi Aventis finance l’Institut, donc Raoult est forcément régulièrement en contact avec eux (c’est le 3e plus gros laboratoire pharmaceutique du monde ; il faut simplement connaitre ces liens – source).

Ces partenariats sont très importants, car, la pérennité du financement de ces structures IHU, à cheval entre le public et le privé, inquiétait déjà l’IGAS il y a 5 ans :

« À partir de 2020, c’est-à-dire après l’arrêt des subventions de l’ANR [Agence Nationale de la Recherche], le modèle économique de l’IHU est inexistant. Cette situation n’est pas spécifique à l’IHU de Marseille mais soulève de multiples questions, en particulier sur la capacité de l’IHU en maladies infectieuses à trouver des nouvelles ressources fondées sur la recherche contractuelle et la valorisation [NdR : trouver des ressources du secteur privé] et susceptibles de pallier l’arrêt du subventionnement public. » [Rapport IGAS, 2015]

IX. L’avis de l’IGAS sur la gestion de l’IHU de Marseille par Didier Raoult

En réalité, le rapport de 2015 de l’IGAS était en fait un audit consacré à l’IHU de Marseille :

Il se poursuit sur la gouvernance :

« Conformément aux préconisations du rapport Marescaux sur les IHU, le support juridique et organisationnel de l’IHU de Marseille est une fondation de coopération scientifique. […] En 2011, les statuts de la fondation Infectiopôle Sud ont été modifiés afin d’élargir son champ d’activité à l’IHU et la fondation a pris alors le nom de « fondation Méditerranée Infection ». Les statuts modifiés ont été approuvés par décret du 30 novembre 2011 et publiés au Journal officiel du 2 décembre 2011. Le docteur Yolande Obadia a été élue présidente de la fondation et le professeur Didier Raoult nommé directeur. »

Raoult et Obadia ont donc inversé leurs rôles respectifs. Le rapport se poursuit, pointant une incroyable succession de problèmes de gouvernance :

« 4.2 La gouvernance et le management de l’IHU sont inadaptés

4.2.1 Un conseil d’administration qui ne fonctionne pas de façon satisfaisante

À cette fin, la première qualité d’un conseil d’administration se trouve dans l’équilibre de sa composition ainsi que dans la compétence et l’éthique de ses membres. Ses membres doivent être soucieux de l’intérêt social, avoir une qualité de jugement qui repose sur l’expérience, avoir une capacité d’anticipation leur permettant d’identifier les risques et les enjeux stratégiques et être présents, actifs et impliqués. Ils doivent également ne pas avoir de conflits d’intérêts.

Or le conseil d’administration de la fondation Méditerranée Infection ne satisfait pas suffisamment aux standards requis à cet égard.

Les administrateurs de la fondation représentant les membres fondateurs sont très peu présents personnellement, et très systématiquement représentés par un tiers. La présence des personnalités qualifiées est, elle-même, contrastée […]

Le choix des présidents des conseils d’administration des IHU s’est à juste titre porté, en général, sur une personnalité nationale et extérieure à l’institut, ayant une forte expérience politico-administrative au plus haut niveau de l’État, qui présente des garanties d’indépendance et apporte de la crédibilité, de l’autorité sur les membres du conseil d’administration ainsi que des capacités de vision stratégique et de soutien managérial.

On peut s’interroger sur l’autorité et l’indépendance de la présidente du conseil d’administration vis-à-vis du directeur, le professeur Didier Raoult, alors que celle-ci était auparavant la directrice de la fondation Infectiopôle Sud dont le professeur Didier Raoult était le président. Le cumul entre les fonctions de présidente du conseil d’administration et les fonctions de responsable d’une unité de recherche qui est partie intégrante de l’IHU, est également discutable. […]

S’agissant du profil des trésoriers, c’est un choix similaire qui s’est imposé dans les autres IHU […] : celui de personnalités issues du monde de la finance (ministère des Finances, Cour des comptes) ou de l’entreprise […]. Par ailleurs, le cumul constaté entre les fonctions de trésorier et celles de directeur général de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Marseille (Jean-Paul Ségade puis Jean-Jacques Romatet ont été élus trésoriers) paraît inopportun. […]

Le directeur de l’IHU, [NdR Didier Raoult …] qui siège en principe selon l’article 3 des statuts au conseil d’administration avec voix consultative, est en pratique membre titulaire du conseil d’administration depuis sa création : d’abord désigné à titre de personnalité qualifiée, il a ensuite été élu administrateur de plein exercice en tant que représentant des enseignants-chercheurs. Ce cumul de fonctions (directeur et administrateur) est contraire aux statuts-types des fondations reconnues d’utilité publique, qui s’imposent aux fondations de coopération scientifique et qui ont été approuvés par le Conseil d’Etat et érigés en directives (CE, 2010, n° 305649, « Postel-Vinay » depuis qualifiées de « lignes directrices » par le CE dans une décision de 2014 n° 364385 « M. J »). L’article 8 de ces statuts-types dispose qu’aucun administrateur ne peut exercer les fonctions de direction, afin d’éviter la confusion entre l’organe collégial décisionnaire et les fonctions exécutives de direction. Le cumul actuel doit donc cesser sans délai.

De façon générale, et selon les observations convergentes de plusieurs de ses membres, le conseil d’administration s’apparente trop à une chambre d’enregistrement des décisions prises par le directeur et ne peut remplir pleinement le rôle qui lui est imparti par le droit des fondations.

Deux administrateurs et membres fondateurs ainsi que le commissaire du gouvernement ont souligné que les conditions dans lesquelles les documents préparatoires étaient diffusés, les débats se déroulaient et les comptes-rendus étaient élaborés n’étaient pas propices à leur garantir la sérénité et la densité nécessaires. […]

La mission a pu constater, en effet, sur le dossier du financement de la construction du bâtiment combien les documents fournis aux administrateurs ont été succincts et changeants, en dépit de l’importance des enjeux financiers. Elle a également pu constater, au vu des comptes rendus du conseil d’administration, que les débats sur le sujet ont été trop limités. […]

Les membres fondateurs ne se réunissent pas jusqu’à présent en collège, avant les conseils d’administration, afin d’en préparer les débats et arrêter une ligne. […]

Il n’existe pas pour l’instant de bureau du conseil d’administration, qui devrait réunir le président, l’AP-HM, l’AMU, une personnalité qualifiée ou deux et le commissaire du gouvernement.[…]

Dans le même esprit, en raison des défis actuels auxquels doit faire face la fondation, le conseil d’administration mériterait de se réunir plus de deux fois par an, compte tenu des enjeux nombreux auxquels la fondation et ses membres doivent faire face. » [Rapport IGAS]

Un tel cumul d’entorses élémentaires à l’éthique de la gouvernance d’une structure publique au budget de près de 200 millions d’euros est vertigineux. Et encore, ce n’était que le Conseil d’administration ! Le rapport se poursuit sur le management :

« 4.2.2 Une organisation et un management de l’IHU qui ont des caractéristiques menaçant la bonne mise en oeuvre du projet

L’organisation et le management de l’IHU de Marseille soulèvent plusieurs problèmes qui ont été constatés par la mission.

4.2.2.1 Un défaut de formalisation et de clarté dans l’organisation

La mission a constaté au cours de ses investigations un très grand manque de formalisation de la part des responsables de l’IHU, ce qui a compliqué les travaux de la mission mais obère surtout le déroulement d’un projet complexe sur le plan administratif et financier.

Des éléments fondamentaux faisaient, ou font toujours pour certains, défaut. Il en va ainsi par exemple du nombre et de la répartition des m² des locaux, du plan d’affectation des locaux…

D’autres éléments essentiels manquent énormément de clarté. Il en va ainsi de l’organigramme de la fondation ainsi que du rôle respectif du comité de pilotage, des départements, de l’articulation entre les work packages et l’organigramme, etc….

Un véritable comité exécutif de l’IHU fait défaut, le comité de pilotage en principe dédié à l’animation de la vie scientifique en faisant office

Le rôle des directeurs de départements, et leur association au management de l’IHU, ne sont pas apparus clairement à la mission.

4.2.2.2 Une extrême concentration des pouvoirs autour du directeur

Le management de la fondation et de l’ensemble du projet est tout entier dominé par le professeur Didier Raoult qui l’exerce selon un mode vertical fondé sur l’autorité et non sur la coopération et l’inclusion et selon un mode très centralisé, sans délégation ou presque. Toutes les décisions, scientifiques et non-scientifiques, remontent en pratique au professeur Didier Raoult qui décide selon des critères qui ne sont pas transparents pour un bon nombre des interlocuteurs de la mission. […]

Le professeur Didier Raoult cumule au demeurant les fonctions de directeur et de directeur scientifique de l’IHU, ce qui n’existe pas dans les autres instituts comparables. Cette situation de cumul n’est pas satisfaisante compte tenu de la multiplicité des projets scientifiques qui sont gérés et des ambitions qui sont celles de l’IHU.

En outre, la concentration de tous les pouvoirs entre les mains d’un seul est contradictoire avec le caractère nécessairement fédératif et coopératif de l’IHU et conduit certaines parties prenantes à prendre des postures de méfiance – voire de défiance – à l’encontre de la direction, qui pourraient mettre en péril le projet, ou en tout cas lui faire prendre du retard.

Par ailleurs, les relations professionnelles parfois abruptes du professeur Didier Raoult ont suscité des polémiques, y compris en public ou par écrit, avec responsables de l’AP-HM, médecins et chercheurs. Cela n’a pas facilité la mise en oeuvre du projet jusqu’à présent, du moins au-delà du périmètre de l’URMITE et du pôle MIT. Ces polémiques doivent être absolument évitées à l’avenir dans la nouvelle phase du projet qui s’ouvre désormais.

4.2.2.3 L’absence de compétences administratives et financières au sein de la fondation

L’encadrement administratif et financier de la fondation est à ce jour très insuffisant au regard de la complexité des enjeux auxquels elle est confrontée. L’organisation actuelle explique les retards et les difficultés sur un grand nombre de dossiers administratifs et financiers importants évoqués ci-dessus.

Au moins deux secrétaires généraux, anciens directeurs d’hôpitaux, ont été successivement recrutés après avoir été proposés par la direction générale de l’AP-HM, mais ils n’ont pas pu trouver un point d’entente avec le directeur de la fondation et ont quitté celle-ci prématurément. Le recrutement d’un nouveau secrétaire général est prévu mais son profil, trop peu expérimenté, ne correspond pas aux besoins décrits ci-dessus par la mission. Les responsables de l’IHU ont fait le choix délibéré de limiter au maximum le nombre de salariés chargés des tâches administratives au sein de la fondation : seule une « assistante de gestion » y pourvoit. […]

4.2.3 Des processus et une organisation adaptés de conduite de projet qui font défaut, au détriment des interfaces avec l’AP-HM et les autres partenaires

L’IHU de Marseille ne s’est pas mis dans une logique de gestion de projet suffisamment efficace et opérationnelle qui permette de délivrer à échéance les livrables attendus et de créer les interfaces nécessaires avec ses grands partenaires, en particulier l’AP-HM et l’AMU. » [Rapport IGAS]

Le rapport indique même de façon étonnante :

« Il n’a pas été possible de réconcilier les chiffres figurant dans le dossier de réponse à l’appel d’offres [NdR : pour les 72 millions du Grand emprunt en 2011] avec les données budgétaires et financières disponibles aujourd’hui. »

C’était donc l’analyse de la gestion de Didier Raoult.

On comprend dès lors pourquoi la page de présentation du rapport IGAS indique :

« Ce rapport conjoint IGAS-IGAENR porte sur l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) en maladies infectieuses établi à Marseille. […] Il analyse sa situation financière qui n’apparaît plus de nature à mettre en péril le projet. Il constate que la structuration du projet tant médical que de recherche de l’IHU n’est pas achevée sur des points importants et pèse sur l’ambition du projet. Enfin, il montre que la gouvernance et le management du projet sont inadaptés à ses enjeux actuels et que des changements rapides et profonds devraient être requis par les financeurs et les fondateurs. » [Rapport IGAS]

Terminons en regardant comment ont été traitées 3 des multiples recommandations de l’IGAS :

Recommandation n°25 : Désigner rapidement un trésorier qui ait une expérience et une autorité économique et financière fortes

L’IHU MI a donc fini par remplacer son trésorier médecin par une nouvelle trésorière :

Elle est « Directeur Investissements » à la caisse locale de la Caisse d’épargne :

Au vu du volume d’argent brassé par ce projet qui doit approcher les 250 millions d’euros, essentiellement publics, un membre de la Cour des comptes spécialistes de la comptabilité publique aurait semblé un choix peut être plus approprié.

Recommandation n°27 : Mettre un terme sans délai au cumul actuel des fonctions de directeur et de membre du conseil d’administration de plein exercice […]

Didier Raoult a répondu ceci dans une interview (source) :

AEF : Le rapport pointe le fait que vous cumuliez les fonctions de directeur et d’administrateur.

Didier Raoult : Ils se trompent. On ne peut pas être à la fois administrateur et directeur si l’on est payé. Je suis directeur bénévole, il n’y a donc pas de conflits d’intérêts. Nous avons consulté un cabinet d’avocats spécialisés : personne ne peut être payé par une fondation de cette nature tout en étant administrateur.

Donc, face à une remarque de bon sens de l’IGAS, visant à éviter des conflits d’intérêts dus à « la confusion entre l’organe collégial décisionnaire et les fonctions exécutives de direction« , Didier Raoult a préféré utiliser son budget pour payer une consultation d’avocats pour ne pas démissionner d’une de ses fonctions. Les modèles de statuts évoqués indiquent que : « Aucun administrateur ne peut exercer des fonctions salariées de direction de la fondation. » Raoult joue sur le mot « salarié » (et explique que ce serait illégal à 1 € de salaire mais pas à 0), mais on comprend bien l’esprit de la loi : c’est un problème de contrôle et de bonne gouvernance plus que d’argent.

Mais pas de souci, Raoult a même cosigné en 2014 un xeme un papier, cette fois sur le conflit d’intérêts :

Recommandation n°24 : Désigner rapidement un président du conseil d’administration extérieur à l’IHU et ayant une expérience et une autorité (ancien ministre, dirigeant d’entreprise, dirigeant d’un grand établissement public, membre d’un corps d’inspection, du Conseil d’Etat ou de la Cour des Comptes) adaptées à un projet d’ampleur nationale et internationale

Force est de constater que Didier Raoult s’est assis, comme pour la précédente, sur cette recommandation, pour ne pas se séparer de Yolande Obadia. Et nous allons comprendre dans la partie suivante pourquoi…

X. Les drôles de « combines » à l’IHU Marseille Infection

La fondation de l’IHU IM est donc présidée depuis 2011 par Yolande Obadia,

L’excellent site d’investigation locale MarsActu racontait fin 2018 cette éloquente affaire :

« Les contrôleurs de l’agence française anti-corruption (AFA)[…] dans la plus grande discrétion, sont venus à Marseille, fin mai [2018], contrôler un des fleurons de la recherche française, l’Institut de recherche pour le développement (IRD) […] dont le travail consiste à développer la recherche avec les pays du Sud. […]

Les contrôleurs de l’AFA se sont particulièrement intéressés à une convention de quelques pages signée entre le PDG de l’IRD, Jean-Paul Moatti et sa femme, Yolande Obadia. À la clef, un chèque de 300 000 euros pour la fondation Méditerranée infection qu’elle préside. […] Cette convention a toute l’apparence d’un conflit d’intérêts. […]

Plusieurs éléments étonnent. Le loyer, tout d’abord, semble cousu main, pour déboucher sur un chiffre miraculeusement rond de 250 000 euros. Or, le détail, étage par étage et laboratoire par laboratoire, laisse pourtant apparaître des montants bien plus précis. Ainsi, l’IRD entend verser 213 261 euros au principal laboratoire de l’IHU, l’Urmite, jusqu’ici piloté par son directeur Didier Raoult. […]

Ensuite, cet accord vient poursuivre un long compagnonnage économique et scientifique entre les deux entités. En effet, de 2007 à 2010 et sous l’impulsion de Jean-François Girard alors président de l’IRD, l’institut s’était déjà engagé à verser 250 000 euros au projet d’infectiopôle déjà porté par Didier Raoult. Ensuite, son successeur, Michel Laurent a poursuivi son effort en faveur de l’IHU en versant cette fois-ci 1 million d’euros sur cinq ans auxquels s’ajoutent 50 000 euros par an pendant six ans, à partir de 2013. En 2017, l’IHU ne touche donc plus que 50 000 euros par an. La convention et les loyers afférents semblent donc opportunément combler le trou par rapport aux années précédentes. […]

Au sein de l’IRD, aucun mécanisme de contrôle ne s’est activé : le montant de 300 000 euros est jugé trop peu élevé pour que son conseil d’administration en soit informé. […]

Jean-Paul Moatti, le PDG de l’IRD, connaît bien l’IHU. Il en a longtemps été un de ses directeurs de laboratoire. Quant à sa femme Yolande Obadia, elle en est partie prenante depuis le début. […]

Les membres du conseil d’administration de l’IRD que nous avons contactés nous ont confirmé que ce sujet d’un déport possible sur l’IHU n’avait jamais été abordé en conseil d’administration […] Et pour cause, le financement des organismes extérieurs à l’IRD n’y est que très peu un sujet de débat. » [MarsActu, 10/2018]

Opération de BTP de 75 millions d’euros, course aux partenariats privés, gouvernance calamiteuse, étonnants soutiens politiques très appuyés : il serait vraiment rassurant pour le contribuable que le préfet des Bouches-du-Rhône demande à la Cour des Comptes régionales un audit approfondi de l’IHU-IM, et le ministère un nouveau rapport de l’IGAS.

XI. Souffrances dans les équipes de Raoult

L’IHU IM a été mis à rude épreuve par des affaires de harcèlement, durant depuis des années. La CGT raconte longuement l’affaire dans cet article. En voici quelques extraits :

« L’Agence d’Évaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur (AERES), a audité l’unité URMITE à plusieurs reprises (notamment en 2008 et 2012). Lors d’au moins deux de ces audits, les ITA [NdR : Ingénieurs, Techniciens et Assistants] ont exprimé certaines de leurs souffrances au travail devant les représentants du comité d’audit. Cela n’a été suivi d’aucun effet. Plusieurs agents ont décrit leurs conditions de travail et exprimé leur mal-être et leur souffrance au sein de l’URMITE à la médecine du travail de plusieurs tutelles. Cela n’a eu aucun résultat concret. […]

Nous sommes au courant de nombreuses demandes de mutation, formulées par des ITA, mais aussi des chercheurs, INSERM, CNRS et Aix-Marseille Université. Cela semble ne pas avoir alerté les tutelles sur la situation des personnels dans l’unité. Le responsable de l’école doctorale aurait eu à gérer un nombre non négligeable de réaffectations d’étudiants de l’URMITE dans d’autres unités, en cours, voire en fin de thèse.

En janvier 2017, le Haut Conseil de l’Évaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur (HCERES) a audité les projets des deux unités issues de l’URMITE, qui devraient voir le jour en janvier 2018. Les représentants élus des personnels techniques ont été écartés de ces deux audits. Ce dysfonctionnement, à l’initiative des futurs directeurs des deux unités en création, a entraîné la première action en externe de la CGT, qui a contacté les personnels techniques de l’unité pour leur demander s’ils avaient des problèmes ou des demandes à faire remonter aux tutelles.

Lors des deux audits, des ITA ont témoigné devant les deux comités HCERES, pour dénoncer, au moins partiellement, leurs conditions de travail et les rapports hiérarchiques au sein de l’URMITE. Ces témoignages, qui sont censés être confidentiels, ont été connus de la direction de l’URMITE, apparemment le soir même. On ne retrouvera, dans les deux rapports finaux de l’HCERES, aucune trace de ces témoignages. […]

La CGT a donc décidé de proposer aux ITA susceptibles d’accepter, de rédiger un courrier d’alerte et de demande d’intervention, à l’adresse des CHSCT des 4 tutelles. Le 3 avril, une lettre non signée de 12 personnels ITA de l’URMITE est envoyée aux secrétaires des CHSCT et aux tutelles. »

Ainsi, en avril 2017, les CHSCT du CNRS, de l’Inserm, de l’IRD, et d’Aix-Marseille université ont reçu ce courrier anonyme envoyé par des salariés de l’Urmite (Unité de recherche sur les maladies infectieuses et tropicales émergentes), dirigée par le même Didier Raoult (source – en entier ici) :

En réaction, les syndicats s’organisent et informent les tutelles, dont l’INSERM le 1er juin 2017. Le Directeur de l’Inserm Yves Levy leur répond le 29 juin, en leur indiquant qu’il a demandé une inspection de l’Urmite par les CHSCT (source) :

Poursuivons le récit de la CGT :

« Début Juin, Didier Raoult, qui avait déjà connaissance de la lettre des 12, apprend les avis négatifs […] quant à la labellisation de ses deux unités filles. Il faut préciser que le contenu scientifique des projets est critiqué dans les deux cas et que cet avis négatif n’est pas rendu uniquement sur les problèmes de souffrance des personnels, loin s’en faut. Ces premières alertes provoquent une réaction de la direction de l’URMITE. [NdR : les conseils scientifiques des deux institutions ont rendu des avis défavorables, avis suivis par les deux directions]

Les mesures de rétorsion à l’encontre des lanceurs d’alerte commencent le 8 juin. Didier Raoult remet à disposition des tutelles les deux ITA ayant critiqué le plus fortement, lors des visites HCERES, ce qui se passe dans l’URMITE. Des propos menaçants auraient été tenus vis à vis des 12. Le directeur intervient en assemblée générale pour moquer les avis rendus par la section 27 du CNRS et la CSS de l’INSERM, dénoncer l’action des 12 ITA et dire qu’il n’en resterait pas là. Dans ces conditions, pour beaucoup de personnes, la peur de témoigner devant les CHSCT se développe. » [CGT]

Une intersyndicale se forme alors, et alerte la ministre, ajoutant que la Direction serait en train de sanctionner les ingénieurs lanceurs d’alerte qu’elle pense avoir identifiés (source) :


Le 7 juillet, l’inspection a lieu (voir ici MarsActu). Un autre article précise les choses quelques jours après (source) :

« Peu à peu, les langues se délient, même si les témoignages se font toujours à mots couverts. […] Les entretiens individuels, en particulier, ont permis de donner corps à des faits déjà soulevés par les syndicats. [« Ce mépris se traduit par des cris, des vexations, des insultes, le non-respect des règles les plus élémentaires de l’hygiène et de la sécurité. Les personnels, dont un très grand nombre est précaire et d’origine étrangère, vivent dans la peur […]. »]

Dans un entretien accordé à l’agence de presse spécialisée AEF, qui évoquait le dossier cette semaine, Didier Raoult a pour la première fois commenté cette nouvelle période de remous. « À ma connaissance, ce genre de choses ne se passe pas, hormis une plainte, une histoire d’amour qui a mal tourné selon le rapport que j’ai eu de la police. Nous avons interdit à ces deux personnes de se rencontrer sans témoin. » […]

« C’est délirant, déclare-t-il à nos confrères. Nous avons ouvert l’institut de recherche sur les maladies infectieuses le plus puissant au monde. Nous offrons des conditions de vie exceptionnelles. » Il évoque des « personnes amères », « cinq ou six grognons jaloux et mécontents du déménagement »avant de vanter les conditions de travail de l’IHU et le caractère exceptionnel des recherches menées en son sein : « La science, au niveau où je la pratique, c’est du sport de haut niveau. Il y a des tensions quand on le découvre, c’est la nature de l’excellence. » […]

« Ce qui est délirant, c’est surtout de tenir des propos de ce type, réagit Jean Kister, secrétaire général adjoint du syndicat national des travailleurs de la recherche scientifique (SNTRS-CGT), en écho à Didier Raoult. Cela vient plutôt accréditer le mal-être ressenti par certains salariés. » [MarsActu]

Le rapport du CHSCT est glaçant :

« À l’inverse, parmi certains anciens de l’Urmite, les langues ont commencé à se délier. Leurs témoignages anonymes que Marsactu a pu recueillir recoupent largement les points de vue soutenus dans le rapport. Un ancien ingénieur de recherche de l’Urmite, explique ainsi que Didier Raoult semble fonctionner « avec un tableau dans la tête ». « Un tableau à entrées multiples avec deux colonnes. Il vous considère plus ou moins bien selon votre statut, médecin, pharmacien, chercheur, ingénieur... Et plus ou moins bien selon que vous êtes un homme ou une femme, explique-t-il. Nous avions des réunions de groupe le vendredi et j’ai souvent vu des femmes partir en pleurs. »

L’ingénieur aujourd’hui signifie ainsi que le directeur de recherche lui a clairement signifié « un ingénieur, ça ne publie pas » à l’arrivée dans son service. Il poursuit son portrait-charge : « Il manipule au mieux les plus soumis ou ceux qui ont les dents longues selon la vieille technique de la carotte et du bâton. Cela ne marchait pas pour moi parce que je n’ai pas forcément de grosse ambition. En revanche, cela se concrétisait par de longs mois au placard, ce qui entraînait forcément une démotivation. » L’ingénieur a fini par quitter le service et la ville. […]

Les personnels interrogés tout comme les écrits soulignent une grande frustration ressentie par certains. C’est ce que résume le rapport du CHSCT : « Certains ingénieurs et techniciens (IT) nous ont indiqué, oralement ou dans les témoignages écrits, avoir le sentiment que leur travail n’était pas reconnu par la hiérarchie. Lors de l’entretien avec les personnels chercheurs, un chef de service nous a clairement indiqué ne pas faire signer systématiquement tous les IT ayant participé aux expériences ». Ce constat se traduit sèchement par la recommandation suivante : « Rappeler les règles éthiques en termes de signature des articles scientifiques ». » [Source – MarsActu]

Finalement, c’est vraiment la stratégie du coucou : virer les méritants et prendre leur place dans les signatures…

« Ces tensions dans le travail sont également ressenties par certains doctorants qui décrivent des situations de harcèlement moral. « Notre directeur de recherche, proche de Didier Raoult, avait beaucoup de mal à supporter la pression que ce dernier lui mettait pour obtenir des résultats, explique l’un d’eux. Du coup, de manière pyramidale, cette pression retombait sur nous ». Il a ainsi le souvenir de réunions « work in progress » où les étudiants dont le travail ne convainquait pas étaient humiliés par les directeurs de recherche, Raoult en tête. « Après on ne les revoyait plus », dit-il. […]

Mais le document validé par les quatre tutelles ne s’arrête pas qu’aux aspects humains des conditions de travail. Il décrit par le menu un certain nombre de manquements factuels dans l’organisation du laboratoire, y compris dans le respect des règles d’hygiène et de sécurité « basiques » au sein d’un laboratoire où les personnels manipulent des « agents biologiques pathogènes ». Cela vaut également pour les règles de confinement spécifiques associées à chaque type de micro-organisme selon leur dangerosité. Là encore, les normes en vigueur ne sont pas toutes respectées.

Ces éléments nombreux et répétés font état d’une mauvaise prise en compte des attentes des personnels dans la construction de l’Institut, de matériaux défectueux, inadaptés voire non conformes à la réglementation. » [Source – MarsActu]

XII. #ThemToo

Mais ce n’est hélas pas fini. Il y a également eu des accusations de harcèlement sexuel et même d’agression sexuelle subie au sein de l’Urmite, comme le raconte, à nouveau le site Marsactu (abonnez-vous pour le soutenir, si vous pouvez, il le mérite). En effet, suite à la visite du CHSCT, 4 plaintes ont été déposées pour harcèlement sexuel :

« Le syndicat SNPTES a également été informé de ce que certains jeunes étudiants/chercheurs, le plus souvent de nationalité étrangère, ont été victimes depuis plusieurs années de faits pouvant revêtir la qualification de harcèlement sexuel, d’agressions sexuelles, ainsi que d’autres qualifications pénales, et qui se seraient produits là encore au sein de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) […]

Dominique Escalier confirme que le directeur de l’école doctorale avait bien eu connaissance de ces cas « mais qu’il n’en avait informé que le directeur de l’unité », en l’occurrence, Didier Raoult. « Nous aurions apprécié que ces dossiers soient au moins transmis au président de l’université » »

Nous vous renvoyons vers cet autre article de MarsActu, rempli de témoignes révoltants, tels que :

« Les rendez-vous ne se sont pas bien passés. J’ai eu l’impression que les faits que nous soulevions n’étaient pas pris au sérieux. On m’a également demandé si je comptais finir mon doctorat ce que j’ai pris comme une menace implicite ».

Nous vous recommandons également cet article de MarsActu pour lire la suite. La CGT précise :

« Il n’en reste pas moins que, à notre connaissance, ce sont au moins 6 femmes qui ont eu à subir, au sein de l’URMITE, des faits de ce que nous pensons être, au minimum, du harcèlement sexuel, et que cela nous amène à faire plusieurs commentaires. […]

La tenue de propos graveleux semble être une pratique courante. Comme exemple qui nous a été rapporté, à une ITA qui portait une coudière, un chercheur aurait demandé si c’était « à force de branler ? ». On peut également citer, une phrase qui aurait été coutumière d’un autre chercheur « Il est 4 heures, c’est l’heure de ma pipe, qui est-ce qui s’y colle ? ». […]

Comment est-il possible que des faits supposés de harcèlement sexuel, portés à la connaissance du directeur d’unité (Didier Raoult a confirmé, devant les CHSCT, en avoir eu connaissance dès 2015 et ne pas en avoir informé la présidence de l’Université), puissent rester sans dénonciation officielle par la direction de l’unité pendant deux ans ? Comment peut-on considérer comme normal qu’une personne responsable du personnel qu’il a sous sa direction, qui plus est médecin, laisse en contact, pendant deux ans, des supposées victimes avec leur supposé agresseur ? Comment interpréter le fait que, dans les nouveaux locaux de l’IHU, les supposées victimes et celui qu’elles ont désigné comme leur agresseur soient installés dans des laboratoires contigus par la direction de l’unité ? Comment comprendre qu’un directeur d’unité n’ait jamais pris le temps de rencontrer, en deux ans, une étudiante qui a déclaré avoir été agressée dans les locaux de son unité, par un directeur de recherche sous sa direction (déclaration faite par Didier Raoult dans une lettre qu’il a signée et adressée aux supposées victimes) ? […]

Aujourd’hui, nous pouvons dire que, loin de faire son examen de conscience, la direction de l’URMITE est dans le déni. Pour les cadres en place il n’est pas question d’entendre les faits reprochés, ils sont au contraire minimisés et les lanceurs d’alerte sont accusés de tous les maux. […]

Dans la deuxième moitié d’août, alors qu’elles sont en vacances, nous sommes avertis de menaces de renvoi ou d’interruption de bourse des supposées victimes sexuelles. […]

La pression et la stigmatisation continuent encore à l’heure actuelle. Lors de la dernière assemblée de l’URMITE, le 23/10/2017, plusieurs personnes nous ont rapporté les propos qui ont été tenus vis-à-vis des lanceurs d’alerte. Ils y auraient été désignés sous le vocable de voyous. Il aurait même été affirmé qu’ils ne feront pas longtemps les voyous. Leur dénonciation non signée de ce qu’ils affirment avoir subi aurait même été comparée à des méthodes de nazis.

Elles sont la démonstration qu’aucune volonté d’apaisement et de recherche de relations saines et respectueuses n’est actuellement à l’œuvre au sein de l’URMITE. La preuve en est, le professeur Jean-Louis Mège, qui a témoigné en faveur des victimes de harcèlement et d’agression sexuels lors de la CAP, aurait été retiré du poste de sous-directeur de l’unité Méphi et remplacé. Nous regrettons également que de nombreux personnels de l’URMITE, souffrant de mal-être au sein de leur unité, se voient contraints de partir rejoindre d’autres unités, alors que les responsables resteraient en place. » [CGT, 23/11/17]

France 3 a bien évidemment rendu compte de l’affaire (source) – appréciez la réaction de Didier Raoult face aux graves accusations contre ses collaborateurs :

Notons qu’en mars 2018, lors de l’inauguration officielle de l’IHU MI a également tenu ses propos :

« Quant aux accusations de harcèlement et agressions sexuelles portées par des employées de l’IHU à l’encontre de plusieurs chercheurs, il les balaie d’une formule : « Je vous remercie d’avoir décrit ce lieu comme un lupanar. J’ai fait installer un distributeur de préservatifs » « Mais vous n’êtes pas la justice, ni la police, s’emporte-t-il. Si le CNRS a voulu rendre la justice avant que celle-ci se prononce, ce n’est pas plus à vous de le faire ».

Pour la CGT, ces paroles sont « le reflet d’un manque de considération de M.Raoult envers les victimes d’actes de harcèlements sexuels ou agressions sexuelles, mais aussi envers l’ensemble des personnels et étudiants travaillant à l’IHU ». Les deux syndicats précisent ainsi qu’ils continueront « leur action pour améliorer les conditions de travail et d’étude à l’IHU et faire tomber l’omerta qui y règne ».

XIII. Appel à témoignages sur Didier Raoult et ses unités

Dans le cadre de ce dossier, nous sommes preneurs de tout témoignage (public ou en off), information ou document sur la gestion de l’IHU par Didier Raoult et les faits précédemment évoqués.

Vous pouvez nous contacter ici.

XIV. (bonus) Didier Raoult négateur du réchauffement climatique

Soulignons, en passant, un autre combat de Didier Raoult depuis des années : démobiliser les populations du combat contre le réchauffement climatique (alors que ce n’est évidemment pas son domaine), comme ici en 2013 (source) ;

et c’est vrai que c’est mal les prévisions erronées, comme nous le verrons ci-après.

Et encore ici, le Monde nous rappelle ses propos en juin 2014, dans l’hebdomadaire Le Point : « Après une poussée thermique notable dans les années 1990, la Terre a globalement arrêté de se réchauffer depuis 1998. » et « le réchauffement climatique est incertain et la responsabilité de l’homme discutable » (source) !

Bref, Didier Raoult est un visionnaire responsable…

Rappel

Mais du coup on comprend mieux pourquoi Raoult plait autant à Fox New et à Donald Trump…

XV. Une dernière question

Pour conclure, j’aimerais partager une dernière réflexion personnelle. À ce stade, elle n’a aucun lien avec Raoult. Elle est en lien avec les récents aveux d’Agnès Buzyn que nous avons rapportés dans ce billet .

« Le 30 janvier, j’ai averti Edouard Philippe que les élections ne pourraient sans doute pas se tenir. Je rongeais mon frein. » [Agnès Buzyn]

Ces propos ont été confirmés par un témoin. Elle a donc lancé une importante alerte au Premier Ministre. Celui-ci a forcément passé le dossier à son conseiller, qui a dû enquêter. Il a très probablement obtenu d’une ou plusieurs personnes des retours apaisants. Ils ont dû être transmis en retour à Buzyn, qui a fini par se taire. Et, pour se faire, on peut donc imaginer que ces avis émanaient de hautes personnalités entourées d’une aura prestigieuse – assez pour faire taire la ministre.

La question que je me pose est : Raoult en faisait-il partie ? Raoult a-t-il été interrogé le 30 ou 31 janvier ou tout début février par les cabinets ministériels ? Et leur a-t-il tenu son leitmotiv « arrêtez de paniquer pour rien » – puisqu’on connait parfaitement sa position ce jour-là, avec ses vidéos…? Aurait-il contribué à désarmer le gouvernement ?

Il serait intéressant que des journalistes creusent ce point en interrogeant Raoult et Matignon… Car malgré les aveux de Buzyn, je n’ai encore vu aucune d’enquête sur : comment cette alerte n’a pas été prise en compte ?

[Message : vous, les témoins directs, intègres et courageux, qui êtes dans les structures d’État (et qui à ce stade avez bien compris qu’il y a un très très gros problème de gouvernance) : vous pouvez nous contacter ici– anonymat garanti]

Pour terminer

En conclusion, Didier Raoult, vrai grand chercheur, semble bénéficier d’une aura exagérée car il compte de nombreux échecs à son actif, dans les différents domaines que nous venons d’analyser (c’est-à-dire hors recherche médicale fondamentale). Loin d’être un chercheur isolé, on voit que ce « mandarin à la française » bénéficie de puissants soutiens, qui ont, semble-t-il, empêché de le sanctionner en tant que manager quand il le fallait.

« Général de la santé » ayant contribué à plusieurs reprises à diminuer la mobilisation de la population en plaine offensive du coronavirus – nous verrons jusqu’où plus tard – il a participé à notre défaite face à la propagation du virus. Espérons cependant qu’il participera à notre victoire finale sur sa mortalité. Nous le verrons dans le prochain billet, consacré à son essai rendu public le 16 mars.

Pour la Chloroquine, nous n’avons donc aucun avis ; croisons les doigts et attendons calmement le résultat des essais et les consignes des autorités médicales. N’imaginez donc pas de complots : tout le monde peut l’attraper – Macron, un SDF, Bernard Arnaud, vous… – ; donc 100 % des Français veulent trouver un remède au plus vite.

Occupons-nous plutôt de l’urgence impérieuse : ne pas nous faire contaminer, et #ResterChezNous.

Nous analyserons donc dans le prochain billet l’essai de Raoult – mais nous pouvons déjà vous dire que son professionnalisme et son éthique sont à la auteur du personnage que nous venons de décrire longuement dans ce billet.

Olivier Berruyer

(Billet édité)

388 réactions et commentaires - Page 4

  • zedk47 // 27.03.2020 à 13h52

    Pour les curieux, Raoult va publier son papier dans le « fameux » International Journal of Antimicrobial Agents, dont le directeur de la rédaction est un certain JM Rolain, co-auteur de l’article est membre de l’IHU de Marseille. Mais rassurez vous, le comité de lecture est 100% indépendant !

      +0

    Alerter
    • Hippocampe pourpre // 27.03.2020 à 17h29

      C’est toujours mieux que dans le journal de l’université du Zhejiang; sorte de papier paroissial vanté dans une autre critique, par ailleurs fort mal structurée…

        +1

      Alerter
  • bern // 27.03.2020 à 14h55

    Concernant les chiffres maintenant , je me demande à propos des décés dûs à l’épidémie si Raoult se plante lorsqu’il affirme que dans les statistiques des décés annuels le chiffre des morts du Covid19 ne sera pas significatif. J’espére bien sûr que non…mais il faudrait qu’il nous explique ?
    Le Gvt lui nous raconte des bobards. Le chiffre des décés dans les hôpitaux est sans doute vrai mais tous les autres , pour l’instant , sont passés sous silence. Quant aux contaminés , diagnostiqués , testés ou non ils se comptent sans doute en centaines de milliers ? Je pense que les chiffres allemands , qui eux testent 500 000 personnes par semaine , sont plus proches de la réalité . Si l’on se base sur ces derniers , la mortalité du Covid ( hors EHPAD…. ) doit se situer « autour » de 1% ( =10 000 morts par million de contaminés toutes tranches d’âge confondues ) , peut être moins ? Si l’on multiplie par 30, 40 ou 50 millions de français contaminés ( en plusieurs vagues ) le chiffre des décés risque donc d’être « significatif » ?
    J’ajoute qu’à moins de trouver rapidement un traitement efficace ou de se procurer et d’effectuer des millions de tests , les rebonds presque obligatoires de la maladie ( 3 vagues pour la grippe espagnole ) vont entraîner presque obligatoirement d’autres périodes de confinement ( confinement total si on ne teste pas massivement ou sélectif si on le fait ). Ce n’est donc qu’un « début »…

      +2

    Alerter
  • Arnaca // 27.03.2020 à 15h37

    La réputation d’un chercheur est évaluée sur ses publications surtout comme auteur principal. dans des revues réputées fiables. Il existe une différence entre les revues de société régionales et les quelques prestigieuses revues internationales dont les publications valent comme paroles d’évangile, quoi que….
    Ces revues se doivent d’être à l’avant-garde pour conserver leur lectorat mais ont une attitude paranoïaque face au risque d’études biaisées ou falsifiées. Surtout pour des articles dont certaines revues sont friandes, présentant les nouveautés inédites ou contredisant des théories solidement établies.
    Elles impliquent un contrôle pointilleux par des spécialistes aguerris, non seulement dans le sujet traité mais aussi en matière de biais de toute sorte voire de fraude (ça existe !)
    Ce processus retarde de plusieurs mois la publication d’une étude rigoureusement menée depuis des mois, voire des années, dont les conclusions semblent crédibles..
    Une études chinoise sur le covid-19 pourrait cependant être rapidement publiée dans un journal réputé grâce à l’activation urgente de son comité de lecture, vu l’intérêt stratégique.
    En effet, tout acte médical, toute ordonnance à quelque niveau que ce soit, doit pour des raisons juridiques être justifiable par des documents écrits et validés à l’exclusion de tout autre moyen. La parole d’un expert ne vaut que dans son domaine d’expertise, dont la dimension est en général inversement proportionnelle à ses compétences.
    Il est faux d’attribuer les compétences d’une équipe à celle d’un seul membre, même son chef.

      +0

    Alerter
  • Arnaca // 27.03.2020 à 16h06

    Dans les années 70, Linus Pauling préconisait la Vitamine C pour se prémunir des grippes et autres refroidissements.
    Ce chimiste et physicien, prix Nobel pour ses travaux sur les liaisons chimiques ne s’appuyait sur aucun travail scientifique en pharmacologie, mais essentiellement sur sa propre expérience.
    À ce jour, il n’y a aucune publication scientifique qui valide cette croyance.
    Elle est cependant toujours universellement propagée même dans le cas d’affections dues aux coronavirus dont le Covid-19 en se référant à la parole d’un prix Nobel.
    Voir Internet pour s’en convaincre.

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  • Julien // 27.03.2020 à 17h43

    Je n’avais pas lu les commentaires me voilà rassuré les gens comprennent enfin que cette crise est traitée ici même avec l’émotion et la sensibilité de OB qui prennent largement le dessus sur la raison, le bon sens et la neutralité. Très déçu également j’aimais venir sur ce site et depuis quelques temps j’y mets beaucoup moins les pieds tellement le message passé et anxiogène et totalement similaire ou presque au médias mainstream. Pourtant des choses à analyser et critiquer il y en a : pourquoi l’Italie a autant de décès ? pourquoi ils ont un temps dénigré la choloroquine. (La vraie raison) ? Pourquoi Buzin s’est comportée comme ça ? Le rôle de Cymès sur les plateaux tv, le rôle de l’infectiologue Karine (je n’ai plus son nom) que l’on voit partout dezinguer Raoult, on sait pourquoi désormais, pourquoi plus de stock de masques, pourquoi l’état fait la sourde oreille envers des industriels qui proposent la fabrication de respirateurs … ect ect … mais rien. Osez parler des conséquences qu’aura cette crise sur notre
    Démocratie et oser parler d’un éventuel gouvernement mondial qui pourrait pointer son nez avec cette crise comme prétexte … Que de la peur et de l’anxiété et du ressentit personnel. Pour ma part j’ai eu ma dose, je tire ma révérence. Cordialement.

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    • Arnaca // 27.03.2020 à 18h49

      En partie, voir plus haut : il n’y pas d’étude validée et publiée concluant à un effet positif de la chloroquine chez les patients atteints du Covid-19-19. Raoult est « en voie de publication »

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      • Narm // 27.03.2020 à 22h05

        Rien à voir, on n’est pas medecin et qu’est ce qu’on s’en fout….

        l’important est qu’il essaie de sauver des vies, point.

        Julien: »Pourtant des choses à analyser et critiquer il y en a : pourquoi l’Italie a autant de décès ? pourquoi ils ont un temps dénigré la choloroquine. (La vraie raison) ? Pourquoi Buzin s’est comportée comme ça ? Le rôle de Cymès sur les plateaux tv, le rôle de l’infectiologue Karine (je n’ai plus son nom) que l’on voit partout dezinguer Raoult, on sait pourquoi désormais, pourquoi plus de stock de masques, pourquoi l’état fait la sourde oreille envers des industriels qui proposent la fabrication de respirateurs … ect ect »
        et je rajouterai et l’allemagne très peu

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  • Baybee // 27.03.2020 à 18h50

    Je ne comprends pas bien votre emballement à propos du professeur Raoult.
    Quand on voit le petit panel de patients proposés pa Raoult et le fait qu’il ait écartés 4 personnes ayant pris de la chloroquine parce qu’envoyées en réa dont une qui a décédée (soit 20% du panel final) cela remet pas mal en cause son résultat final …

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  • Arnaca // 27.03.2020 à 19h08

    La réputation d’un chercheur est essentiellement évaluée sur ses publications surtout comme auteur principal. dans des revues réputées fiables.
    Il existe une différence entre les revues de société régionales et les quelques prestigieuses revues internationales dont les publications valent comme paroles d’évangile, quoi que….
    Ces revues se doivent d’être à l’avant-garde pour conserver leur lectorat mais ont une attitude paranoïaque face au risque d’études biaisées ou falsifiées. Surtout pour des articles dont certaines revues sont friandes, présentant les nouveautés inédites ou contredisant des théories solidement établies.
    Elles impliquent un contrôle pointilleux par des spécialistes aguerris, non seulement dans le sujet traité mais aussi en matière de biais de toute sorte voire de fraude (ça existe !)
    Ce processus retarde de plusieurs mois la publication d’une étude rigoureusement menée depuis des mois, voire des années, dont les conclusions semblent crédibles..
    Une étude sur le covid-19 pourrait cependant être rapidement publiée dans un journal réputé grâce à l’activation urgente de son comité de lecture, vu l’intérêt stratégique urgent.
    En effet, tout acte médical, toute ordonnance à quelque niveau que ce soit, doit pour des raisons juridiques être justifiable par des documents publiés et validés à l’exclusion de tout autre moyen.
    La parole d’un expert ne vaut que dans son domaine d’expertise, dont la dimension est en général inversement proportionnelle à ses compétences.
    Il est faux d’attribuer les compétences d’une équipe à celle d’un seul membre, même son chef.

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  • Arnaca // 27.03.2020 à 19h40

    Aucune revue réputée ne refuserait une étude correctement menée sur le COVIS-19 si son comité de lecture ne trouve pas de biais méthodologique, cela est excellent pour le tirage.
    Et, encore une fois, elle le fera sans délai inutile.
    À ma connaissance, il n’existe aucune publication validée montrant un effet positif dépassant le pur hasard.
    L’étude de Raoult serait « en voie de publication ».
    Toute recommandation ou ordonnance à ce stade implique une responsabilité personnelle et de lourdes sanctions en cas de « pépin » grave voire tardifs, type thalidomide ou autre.
    Par contre, rien n’empêche un citoyen d’avaler ce qui lui semble bon, sous sa propre responsabilité au risque, pour les ayant-droit d’avoir des problèmes avec son assurance-vie.
    À ce stade, en tant que médecin, JE la prendrais, j’en parlerais à mes patients, mais je m’interdis d’en faire la propagande ou de la prescrire (à mes risques non négligeables) sans une décharge stipulant que le patient dûment informé l’a demandée.
    C’est comme si un automobiliste exigeait de se faire monter des freins homologués pour les tracteurs agricoles sous prétexte que des tas de copains l’ont fait depuis 2 mois sans accident. Si tout va bien c’est bonus, et Raoult sera primé au Nobel. En cas de problème patent, c’est la taule. Et c’est pas Raoult qui m’en sortira, il y sera peut-être aussi.
    On peut déplorer que des études sérieuses n’aient pas été faites plus tôt. La vitesse explosive de la progression nous fait oublier qu’il n’y a que deux mois qu’on pouvait éventuellement songer à y penser.
    Même le Pr. Raoult excluait alors un quelconque intérêt urgent.

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  • Nymbus // 27.03.2020 à 22h27

    Je ne sais pas pourquoi vous ne l’aimez pas. Il est ambitieux, se prend pour Dieu le père etc… Et alors ? Qu’est-ce qui motive la plupart des gens exceptionels ? Simplement le désir d’accomplir des choses extraordinaires et d’en avoir la reconnaissance. Ce blog est d’habitude de qualité, mais cet article est vraiment à charge.
    De toute façon, on s’en fout de savoir qu’il co-signe tous les papiers des gens qui bossent pour lui. Le plus important, c’est que son truc, ça marche:
    https://www.mediterranee-infection.com/wp-content/uploads/2020/03/COVID-IHU-2-1.pdf
    Cette étude sur 80 patients montre que la charge virale est non détectable et les patients ne sont plus contagieux pour 90% d’entre eux au bout de 7 jours contre 3 semaines pour la plupart des patients non traîtés. Rien que ça, c’est formidable, ça permets d’éliminer les réservoirs de contamination.

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    • Uncitoyencommelesautres // 29.03.2020 à 05h45

      Oui sauf que sans la prise de son traitement pas du tout miraculeux. Les retours terrains sont en train d’arriver le traitement n’apporte aucun bénéfice saillant dixit le virologue Christophe Rapp il y a 48 heures, je cite : « les premiers essais de terrain du plaquenil 100 (chloroquine) en france, italie et chine ne traduisent pas d’effet thérapeutique sur le covid 19 ». Bref le traitement ne fait pas mieux que le placebo (est ce pour cela que Raoult persiste à ne pas inclure de groupe placebo dans ses tests ?). Ces résultats seront publiés d’ici 15 jours. En résumé les malades qui ne prennent pas le traitement de Raoult ont exactement le même taux moyen de guérison 98% que ceux qui prennent son traitement. En clair boire un Fanta orange ou prendre sa mixture donnera les mêmes effets. Dire que des milliers de braves gogos angoissés et désireux de se rassurer à pas chère ou en mal de gourou tombent dans le panneau. Raoult est grillé.

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  • Calmos // 27.03.2020 à 23h07

    Pourquoi tant de fiel, de soupçon contre ce professeur qui tente des choses dans cet article d’OB?
    Ce type est un grand scientifique, c’est ce qui compte
    Le fait que Le Monde le traite comme Fake news, m’incite au contraire à croire que ce professeur est sérieux.

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  • nyo // 28.03.2020 à 11h44

    L’article est baisé car il ne fait pas la chronologie des déclarations du docteur, et aussi parce qu’il sort les phrases de leur contexte.

    1. Pr. Raoult dit que le confinement n’est pas la solution. Il propose le diagnostic. Résultat : Partout où le diagnostic a été privilégié (Corée du Sud, Japon,…), L’épidémie n’a pas pris l’ampleur qu’elle a prise dans les pays qui ont pratiqué le confinement tardivement.

    2. Le professeur déclare que le coronavirus n’est pas plus dangereux que la grippe saisonnière. Il faut placer ces propos dans leur contexte : comparaison avec les maladies infectieuses respiratoires.

    Pour terminer, il faut aller regarder l’excellent reportage de france-3 sur la manière de travailler de l’ihm du professeur. On y découvre leur stratégie, la façon d’aborder l’innovation, les convictions forgées après des années d’expérience…

    – leur stratégie : utiliser des outils venant d’autres corps de métier pour observer plus facilement les effets d’un essai thérapeutique.
    – leur conception de l’innovation : ils ont utilisé les archéobactéries pour combattre d’autres bactéries. Ces archéobactéries pourraient être aussi utiliser dans la décontamination des terres polluées par des insecticides…
    – leur conviction: le champ de leurs recherches change la manière de voir les choses et ouvre tellement de perspectives sur pas mal de découvertes qu’il faut juste transmettre tout de suite afin d’accélérer les connaissances (le placenta des femmes serait d’origine virale, et même rétrovirale).

    https://www.youtube.com/watch?v=esFAIpNbuiM

    En tout cas, Olivier merci bcp pour ton travail !

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  • shame_on_you // 28.03.2020 à 15h19

    merci de l’avoir répété dans votre commentaire !
    Non Raoult ne se base pas sur ses seuls 24 patients, mais également sur une thérapie qui a été testée avec un succès certain par les chinois.
    Mais bien sûr, les chinois sont très loin de l’excellence de nos Levy, Buzin et autres pontes parisiens

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  • Vincent // 28.03.2020 à 16h41

    Plutôt étonné de constater un tel acharnement avec autant de malhonnêteté et de malveillance.
    Si j’avais de la sympathie pour ce site et son auteur, c’est terminé. Le soutien également.

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  • Fil // 28.03.2020 à 23h05

    Une petite erreur dans votre article : le conseil scientifique n’a pas « confirmé à Macron qu’il n’y avait aucun problème à organiser les municipales ». Ça c’est plutôt Macron qui le dit, mais dans son avis du 12 mars le conseil dit autre chose (et il revient le 14 — c’est dire s’il pense avoir été « mal interprété » par Macron, pour rester poli).
    cf. https://seenthis.net/messages/831541

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  • Uncitoyencommelesautres // 29.03.2020 à 05h48

    Fin de partie en vue pour Raoult et ses élucubrations mégalomaniaques. Il se confirme de plus en plus que la prise de son traitement n’a rien de miraculeux. Les retours terrains sont en train d’arriver le traitement n’apporte aucun bénéfice saillant dixit le virologue Christophe Rapp il y a 48 heures, je cite : « les premiers essais de terrain du plaquenil 100 (chloroquine) en france, italie et chine ne traduisent pas d’effet thérapeutique sur le covid 19 ». Bref le traitement ne fait pas mieux que le placebo (est ce pour cela que Raoult persiste à ne pas inclure de groupe placebo dans ses tests ?). Ces résultats seront publiés d’ici 15 jours. En résumé les malades qui ne prennent pas le traitement de Raoult ont exactement le même taux moyen de guérison en 10 jours soit 90% que ceux qui prennent son traitement. En clair boire un Fanta orange ou prendre sa mixture donnera les mêmes effets. Dire que des milliers de braves gogos angoissés et désireux de se rassurer à pas chère ou en mal de gourou tombent dans le panneau. Raoult est grillé, d’ailleurs la presse scientifique suisse, allemande et américaine rejoignent l’avis de nombre de virologues français… pure mystification.

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    • Françoise // 29.03.2020 à 08h59

      Oui parfaitement mais il sert au gouvernement, réfléchissez : ingéniorie sociale par temps de crise !
      Regardez mon commentaire ci dessous.

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    • Litote77 // 29.03.2020 à 09h08

      J’étais effectivement partagé récemment entre deux souhaits : que sa malhonnête intellectuelle soit révélée au grand jour par l’inefficacité prouvée de son remède, ou qu’il soit tombé, un peu par forfanterie et pari hasardeux, sur un traitement réellement bénéfique. Il semble que l’on s’oriente vers le premier cas… hélas, il y a fort à parier que même s’il est « grillé » dans la communauté scientifique, les gogos trouveront l’explication classique pour le sauver : cela marchait bien « en fait » mais les labos ont tout fait pour le discréditer etc….

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      • Le Spectre // 31.03.2020 à 02h05

        Vous êtes tous spécialiste des virus par ici ?
        Non ! Mais pas plus de la méthodologie et l’épistémologie.

        Raoult use de démarche dialectique de terrain (Science based) et non du protocole technocratique créé par les politique néolibérale depuis les années fin-70 et début-80, Evidence based, traduit par démarches fondées sur les faits. Ce sont ces mêmes démarches qui détruisent la santé, l’éducation et les services publiques. Et qui aujourd’hui tue des gens par son laisser-faire au nom du saint Fait..

        Raoult est dans une science fondamentale avec sa méthode de terrain, son expérience, ses démarches pragmatiques et dialectiques.

        Il ne suit pas la bible bureaucratique de l’Evidence based qui impose une stricte technique de labo, empiriste et fixiste.

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  • Françoise // 29.03.2020 à 08h53

    Quoi de mieux qu’un BON GOUROU pour polariser tous les Français (polarisables) durant cette période de crise ? Cela s’appelle de l’ingénierie sociale. La colère des Français (des gilets jaunes et des travaillleurs) est occupée…
    Moi perso j’en ai raz le bol de ce type de personnages qui pullulent à la tête des institutions, des médias, des entreprises et structures de management.
    Arrêter de focaliser sur des personnalités (type tendance psychopathes) qui ne sont que des opportunistes de tous poils. On en crève de partout. Moi je les appelle soit les vendeurs d’aspirateurs, soit les verbeux. Ils ne savent que semer la confusion dans votre bon sens. Ceux qui s’attachent à la personnalité au lieu de s’attacher aux faits, actes et résultats sont dans la plus totale des immaturités.

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    • Litote77 // 29.03.2020 à 08h59

      Exactement, tendance autocrate vaguement perverse/manipulatrice en tout cas, ce genre de personne, pour en exploiter les talents sans en avoir à subir la personnalité pathogène (:-)), devrait être cantonné en bas de la hiérarchie, hélas ils cherchent le plus souvent à monter…monter…Mais ce n’est pas à leur personnalité réelle que l’on s' »attache », mais au personnage qu’ils créent en façade.C’est le piège dans lequel tombe une bonne partie du petit peuple d’Internet….

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    • Litote77 // 29.03.2020 à 09h02

      Par contre, la polarisation n’a rien à voir avec le gouvernement, vous faites vous-même du complot là… C’est Raoult lui-même qui crée et jouit de cette polarisation assez factice, et amplifiée par différents mouvements sur Internet et en dehors. Ne tombez pas dans le fantasme d’une autorité qui contrôlerait tout juste parce que « cela fait sens ».

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    • RC // 29.03.2020 à 15h44

      @ Françoise & litote77
      Peut-être faudrait-il puiser les informations aux bonnes sources et se prévaloir de faits réels avant de formuler des jugements incendiaires.
      La place manque ici. Je vous propose donc seulement quelques reportages. L’un de fr3 (2015) sur le travail de D. Raoult : https://youtu.be/esFAIpNbuiM (durée 26′)
      L’autre, un séminaire d’octobre 2013 (durée 1h 24’56 ») :
      https://youtu.be/thaxON18uJs
      Ça vous paraîtra sûrement un peu long à visionner mais c’est à ce prix seulement que l’on peut ensuite disserter sur la manière de travailler du Pr Raoult !
      A cet égard, j’invite aimablement Olivier à porter un regard attentif sur ce dernier document – un regard épistémologique. Y apparaissent, en creux et en relief, certains des mécanismes politiques, tecnocratiques et médiatiques qui ponctuent et plombent la crise sanitaire que traverse notre pays.

      Et avant de prendre Raoult pour un zozo ou un escroc sévissant dans les quartiers mal famés de Marseille, on peut également regarder ce reportage interview par une équipe chinoise :
      https://youtu.be/vcYMKwN6u6k (30’31 »)
      En rappelant, pour faire écho aux propos de Raoult sur la dangerosité du Covid19, que la grippe saisonnière a fait 8100 morts en France pour la saison 2018-19

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      • Litote77 // 29.03.2020 à 18h47

        Que je sache, toutes les sources citées dans cet article sont exactes et les faits réels. Et si vous nous disiez précisément ce que vous contestez et affirmez, au lieu de partir dans des généralités vagues ? « un escroc sévissant dans les quartiers mal famés de Marseille » Personne n’a dit cela.

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  • Litote77 // 29.03.2020 à 08h54

    Article très éclairant merci. Étrange de retrouver dans cette histoire un de ces renversements de rôles assez typique, ou le « méchant » (Raoult en scientifique peu scrupuleux de l’éthique à tous égards, mégalo voire parano et au jugement douteux (climatosceptique)) qui devient, avec l’air du temps (et les vieux réflexes de l’opinion) le chevalier blanc héros du peuple, et le couple Buzyn / Levy, dont l’une semble avoir alerté tôt le gouvernement du danger de propagation et l’un avoir réagi administrativement aux signalements sur Raoult et son équipe, deviennent eux les « amis des labos prêts à sacrifier le peuple sur l’autel du profit ». Ce genre de renversement n’est pas nouveau… il y en a de nombreux exemples, plus ou moins terribles, dans l’histoire; grande ou petite. A ce titre, votre réflexion finale sur la possible influence de Raoult, sceptique de la première heure sur la dangerosité du virus, sur la lenteur/prudence de réaction du gouvernement aurait quelque chose d’une cruelle ironie, le pompier pyromane en somme, en étant très méchant, l’empoisonneur de puits qui propose ensuite son pseudo-remède …Malgré tout ce qui les oppose, Raoult et Trump semblent avoir réellement certaines choses en commun (outre le climatoscepticisme) et ce rapprochement à travers l’Atlantique est sans doute plus que du hasard..

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  • Litote77 // 29.03.2020 à 09h35

    Sinon, dans un autre registre, il y en a d’autres ici à qui le « style » de Raoult, quand il manie les chiffres/statistiques de mortalité avec une légèreté presque gourmande, paraît glaçant ?
    Extrait « De quoi voulez-vous parler d’autres ? Les gens meurent, oui. La plus grande surmortalité de ces dernières années en France, c’était en 2017 : 10 000 morts supplémentaires en hiver, on ne sait pas même pas si c’est de la grippe. 10 000 morts, c’est beaucoup. Mais là, on en est à moins de 500. On va voir si on arrive à en tuer 10 000, mais ça m’étonnerait. »
    « on va voir si on arrive à en tuer… » ?
    Ce type est bizarre, et dérangeant même.

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    • maartensamson // 29.03.2020 à 15h00

      Vous ne semblez pas comprendre l’interaction en question.
      L’interviewer lui dit « mais le côté humain ? ». Il lui répond qu’il ne parle que de ça. Et il appuie plus fort pour lui faire entendre que c’est un raisonnement, pas un sentiment.
      pff on tombe vraiment daas l’exégère de la personnalité… « trop froide », « dérangeante »… ça devient du n’importe quoi.

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      • Litote77 // 29.03.2020 à 18h44

        Vous avez lu l’article dans son entierté ? C’est quand on met bout à bout tous les éléments qu’une image de sa personnalité surgit. Le journaliste de toute évidence est frappé de cette addition de chiffres qui ne désignent plus rien (littéralement, R. mentionne les nombres sans plus dire que quoi il s’agit).
        R. « ….vous imaginez que les 5 000, 10 000 ou même 100 000 vont changer les statistiques ? »
        Journ. : »On ne parle pas de statistiques, on parle d’êtres humains, de populations entières confinées… »
        Il s’agit de mot direz vous, les réalités restent les mêmes, effectivement, mais le ton, la formulation, cela dit quelque chose d’un homme ! Bref, sinon à propos de mots, je ne comprends pas bien votre français.

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      • Litote77 // 29.03.2020 à 19h28

        N.B. : Et contrairement à vous j’ai donc parfaitement compris « l’interaction », il s’agit justement d’une opposition révélatrice : le journaliste sous-entend que les prévisions incertaines de morts demandent des actions préventives, R. répond « business as usual » ! On a connu ça, inutile de s’inquiéter, 5000 ou 10000 de plus, c’est du déjà vu…
        Donc non il ne parle pas « que de ça », il n’en parle pas DU TOUT, du côté « humain ».

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  • Jean Paul B. // 29.03.2020 à 10h12

    Désolé de vous contredire O.B. mais l’attentisme voire l’incompétence ou le cynisme mercantile du Comité scientifique et du Gouvernement, mettent nos vie en danger.
    Je mets en lien cet entretien video avec un médecin généraliste (donc de terrain!) qui nous explique pourquoi il faut avant d’en arriver à l’hospitalisation,TESTER LARGEMENT ET TRAITER CEUX QUI SONT MALADES DÈS LE DÉBUT avec le Plaquénil (médicament produit en France jusqu’à il y a peu!) comme le font RAOULT et son équipe à Marseille en suivant l’exemple de la Chine ou de la Corée du Sud entre autres.
    https://www.youtube.com/watch?v=Rit3iLxcdFA&feature=emb_rel_end

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  • monique // 29.03.2020 à 10h50

    pourquoi un article bouclé à la va-vite ,et à charge contre didier raoult…?
    un cerveau pas de paris…on va le dézinguer!!
    à vous entendre ce mec est au mieux un abruti ,au pire un marseillais ,on
    connaît çà à marseille,le dédain de la capitale.
    à marseille,on a la galejade,la sardine et j’en passe,des cerveaux non…
    perte de temps!
    pourquoi ne pas enquêter sur les responsabilités,les compromissions de nos politiques ,
    ç’aurait pu être déjà çà de fait pour la suite …
    et puis « oublier » de citer les liens de parenté entre membres de la clique proche de l’état
    et l’ancien directeur de l’inserm…..,c’est pas malin et ça n’éclaire pas ceux qui ne savent pas
    votre interprétation « bizarre « de l’inauguration de l’IHU,un véritable scandale :
    alors que la moindre inauguration de chrysanthèmes déplace des vagues de chef d’état et de ministres,
    là,aucun officiel parisien ou gouvernemental!!
    gaudin ,muselier,le préfet…..que des locaux.
    merci la capitale….et merci olivier..
    vous nous aviez habitués à mieux..

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    • Litote77 // 29.03.2020 à 12h18

      « pourquoi un article bouclé à la va-vite ,et à charge contre didier raoult…? »
      Parce que ce n’est ni un article bouclé à la vite ni à charge ?….
      Vous êtes hors sujet, pleine des ragots habituels des « rézos socios » et dites globalement n’importe quoi (quel rapport entre l’article et cette histoire de paris / province ?) Vous n’avez clairement pas lu l’article, « bouclé à la vite » ???? Il est très précis et documenté au contraire. A aucun moment Raoult n’est traité d’abruti ni son intelligence mise en cause ici (ce qui est différent de la pertinence du jugement!).
      Il n’y a pas de remèdes contre certaines sottises…
      Lisez, juste lisez, et faites l’effort de comprendre, ou taisez vous.
      (Je remets ce lien au cas où vous voudriez vous soigner un peu…mais j’en doute https://www.liberation.fr/checknews/2020/03/28/le-vrai-du-faux-de-ce-message-viral-sur-la-chloroquine-raoult-et-agnes-buzyn_1783133)

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  • Litote77 // 29.03.2020 à 10h53

    Ce qui est « drôle », c’est que le scénario « les labos profitent de la crise en vendant un médoc » ne s’applique pour l’instant qu’à Raoult, son labo et Sanofi (qui le finance). Si la France reste prudente, d’autres pays achètent déjà en grandes quantités la chloroquine (https://www.liberation.fr/checknews/2020/03/28/le-vrai-du-faux-de-ce-message-viral-sur-la-chloroquine-raoult-et-agnes-buzyn_1783133)
    Raoult est décidément un bon vendeur….mais un « rebelle », ça c’est autre chose….

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  • Maarten // 29.03.2020 à 14h48

    Bonjour Oliver,
    Je suis désolé mais vous melêz des arguments insensés avec de bons arguments. Cela rend votre billet particulièrement confus et indigeste.
    – Exemple 1 : Raoult parle de communiquer sur les résultats au gouvernement bientôt, avant les médias. Et vous lui reprochez en conséquence… de ne pas communiquer sur le traitement ! Cet exemple est sans le plus grossier de votre critique. Mais sans conséquence.
    – Exemple 2 : Vous reprochez à Raoult de parler de « virus chinois » plusieurs fois. Mais vous comprenez bien qu’au moment où il emploie cette expression c’est pour mettre en valeur les solutions.. chinoises, leur expérience. Donc là vous tombez vraiment dans le mauvais journalisme fact-checking qui décontextualise pour reprocher de ne pas suivre une norme, absolue, sans y réflechir.
    – Exemple 3 : Au tout début vous extrayez une déclaration dans laquelle il dit que le virus « n’est pas bien méchant » et vous lui reprochez de minimiser son impact. Sauf que vous faites volontairement abstraction du sens. En effet, il n’est pas bien méchant… par rapport « aux pneumonies virales présentes à l’hôpital ».

    A nouveau je pense qu’il y a de sérieux reproches à faire à Raoult sur le contenu de sa communication.
    Notamment à propos de l’Italie, ou bien son incroyable angle mort de ne pas considérer la situation du système de santé (même si les journaliste ne l’interrogent pas dessus, c’est l’arrière plan de toute discussion et il est de sa responsabilité de le prendre en compte).

    Bref, vous êtes dans une démarche à charge, sans clairvoyance.
    J’en suis navré.
    Un quidam

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    • Litote77 // 29.03.2020 à 18h38

      Et vous vous relevez des points négligeables dans un long article dont vous laissez de côté l’essentiel. Qui est à charge ? Quelle mauvaise foi dans toutes ces critiques.

        +1

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    • Litote77 // 29.03.2020 à 18h56

      ps:  » Sauf que vous faites volontairement abstraction du sens. En effet, il n’est pas bien méchant… par rapport « aux pneumonies virales présentes à l’hôpital ».  »
      1. Qu’en savez vous que cela soit « volontaire » ? Procès d’intention.
      2. Qu’importe par rapport ‘à quoi’ R. compare le virus, sa minimisation de sa dangerosité est gratuite et arbitraire, sans compter d’être erronée. Et des comparaisons absurdes, il en fait d’autres ! (cf : « Vous savez, il y a plus de morts par accidents de trottinettes en Italie que par le Coronavirus. »)
      Votre clairvoyance à vous nous étonne !

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  • RC // 29.03.2020 à 14h52

    Voir à partir de 13’45 »
    https://m.youtube.com/watch?v=0-rBJPrdH7c
    Ce n’est pas un avis « scientifique » qu’il nous développe mais son analyse de la controverse en vaut bien d’autres.

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  • Gilles klein // 29.03.2020 à 17h43

    Un article très bien documenté. Mais depuis le 1er test l’IHU a décidé de prescrire un dérivé de Chloroquine et un antibiotique aux malades.
    Sur 1003 personnes hospitalisés à cause du virus, 1 seul est décédé (au 29 mars 2020).
    A la même date, il y a 35 000 décès déclarés dans le monde entier , associés au Coronavirus, pour 7,5 milliards d’habitants.
    Ça peut évoluer beaucoup ou peu.on ne sait pas encore.
    Le Coronavirus serait une infection saisonnière, elle va donc probablement ralentir un temps.

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    • Uncitoyencommelesautres // 31.03.2020 à 09h51

      Si vous négligez ce qui va suivre vous passez à coté de l’essentiel. Le taux de mortalité moyen du virus est compris entre 1 et 3% (plus sur les profils à risque comme les plus de 70 ans) ce qui signifie qu’entre 99% et 97% des porteurs s’en sortent tout seul au bout de quelques jours (25% des porteurs font des complications et 5% de ceux qui ont des complications décèdent) …ce qui signifie une chose… le résultat est le même avec ou sans traitement du gourou marseillais. Et de ça il faudrait s’en foutre ? le laisser gaspiller temps et argent, énergie et exposition médiatique alors que nous devrions nous nous consacrer aux expérimentations sérieuses des vraies pistes ? Au nom de quoi ?

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  • Laurent // 29.03.2020 à 19h22

    Bonjour,
    Je parlais tout à l’heure du biais pris, à charge, de cet article, notamment dans l’exploitation des sources citées, dont je connais un bon nombre.
    Mon commentaire, général et qui me semblait respecter la charte a disparu. Ce n’est pas grave.
    En guise d’illustration je vous invite à visionner la séquence vidéo d’une conférence qu’a donnée
    le Professeur Raoult et de laquelle est extraite l’idée qu’il serait climato-sceptique.
    Que chacun se fasse son idée en la visionnant. Pour moi, c’est bien clair. Il ne parle pas de climat, mais de méthodologie. C’est une séquence d’épistémologie, sur la capacité des mathématiques de prédire l’avenir. L’exemple qu’il prend du climat est là pour illustrer que les modèles mathématiques ne peuvent pas prédire des phénomènes complexes. Ils se trompent. Ils le font mieux après coup, après ajustements.
    Raoult dit par ailleurs expressément, clairement, distinctement, que le climat peut se réchauffer à nouveau plus tard, qu’il n’en sait rien.
    Mais, étonnament à partir de son analyse critique des modèles mathématique, certains aiment lui coller l’étiquette de climato-sceptique… Probablement parce que le GIEC en fait un grand usage. Peut-être Raoult est-il climato-sceptique, je n’en sais rien, mais toutes les « preuves » que j’ai lues à ce propos jusqu’à présent, n’en sont pas. En plus, je trouve qu’exploiter ce filon pour le discréditer, c’est un peu hors sujet… Mais soit, je tenais à illustrer tout de même ce biais caractéristique de certaines analyses expéditives de son discours. Notamment dans le présent article. Je peux donner d’autres exemples de ces dérives bien malheureuses et qui me posent question.
    La séquence se trouve à partir de 1:01:20 . https://youtu.be/thaxON18uJs?t=3682

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  • Litote77 // 29.03.2020 à 19h48
    • Litote77 // 29.03.2020 à 20h01

      Dans l’article en anglais, il est question de manipulation de données lors de publications (et d’une interdiction subséquente de publier, rien que ça) et aussi de son traitement humiliant d’étudiants, comme indique dans cet article.
      La conclusion implacable :
      « Now consider this. Raoult’s past papers show falsified data, which even resulted in his ban by ASM for one year, to which Raoult responded with threats of lawsuit. He is a patriarchal control freak and a misogynous bully who violently punishes all disagreement and uses threats against whistleblowers and victims to achieve compliance. He is pathologically resistant to criticism and believes to be infallible and omniscient: Raoult denied anthropogenic climate change in 2013 and before that, the microbiologist even denied evolution in his 2011 book “Beyond Darwin“. Raoult’s new study on chloroquine as the cure for COVID19 is obviously flawed, at best. »

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    • Laurent // 29.03.2020 à 20h01

      Concernant ce professeur et le traitement qu’il préconise, je suis incapable de conclure grand chose. Par contre, une chose est certaine, sur laquelle je peux conclure aisément au vu du nombre de commentaires qui tombent dans ma boîte émail, et le mode d’expression utilisé, c’est que vous ne le portez pas en grande estime. Ca je pense que nous l’avons tous bien compris. Ca ne me dérange pas d’ailleurs. Mais est-il vraiment nécessaire de continuer de nous bombarder continuellement de vos avis ? La charte ne préconise-t-elle pas 3 interventions maximum par jour ?

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      • Litote77 // 30.03.2020 à 10h35

        Si vous êtes incapable de conclure grand chose, vous l’êtes tout autant concernant mon appréciation de sa personne, grande estime ou non, je ne le connais pas, je m’exprime sur ce que je lis point. Quant à vos notifications dans votre boite mail, c’est un peu votre problème non ? Pour les 3 interventions, j’en prend bonne note…

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  • Lui-même // 30.03.2020 à 08h21

    Je ne comprends pas bien l’intérêt de cet article, il ne semble avoir été écrit que dans un but malveillant. Surtout que dès le début de l’article, il est précisé qu’il n’est même pas question du traitement (qui est pourtant le point le plus important). Une lecture sans grand intérêt digne d’un tribunal.

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    • Nando // 30.03.2020 à 17h36

      Pour corroborer, vos dires avec lesquels je suis en complet accord, cela va jusqu’ au colportage de ragots de couloirs  » [Message : vous, les témoins directs, intègres et courageux, qui êtes dans les structures d’État (et qui à ce stade avez bien compris qu’il y a un très très gros problème de gouvernance) : vous pouvez nous contacter ici– anonymat garanti]  » Si ça n’est pas du Raoult bashing, ça y ressemble et comporte les mêmes relents.

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      • Uncitoyencommelesautres // 31.03.2020 à 09h45

        évidemment l’aspect scientifique, l’efficacité ou pas du traitement de Raoult vous vous en fichez la seule chose que vous voulez c’est trouver un gourou politique. Que son protocole ne soit pas plus efficace qu’une tasse de thé rien à faire. Et vous vous dites du coté des faibles et des malades ? on a le droit de rire ?

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  • Francois Carmignola // 30.03.2020 à 08h26

    Cet article « à charge » ne l’est pas vraiment: rien de vraiment dévastateur, et le climato scepticisme pour finir fait sourire car l’essentiel tient en une chose. Raoult le dit bien et avec raison: cette épidémie qui panique tout le monde n’est pas vraiment grave, ne va concerner que quelques dizaine milliers de vieux qui seraient morts de toute façons, et que cela a entrainé la destruction de l’économie, pour rien. On aura des courbes dans d’autres articles.
    Le dire et même le penser est impossible, n’est ce pas ? Et pourtant si. Modérez moi.

    Le mal est mondial et seul deux pays ont pris la mesure du problème: Corée du sud, et Allemagne. Les autres sont condamnés à la pauvreté et à la mendicité, car leurs vieux, ils ne les sauveront pas, et cela de toutes façons.

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    • Litote77 // 30.03.2020 à 10h43

      Oh, le méchant troll …Donc tout ce qui se passe dans les hôpitaux ce n’est pas « vraiment grave », les gens qui meurent à la pelle etc…? ou c’est de l’ironie ? Votre style est un peu confus…. Au fait, ces « vieux qui seraient morts de toute façon, » parce que vous croyez qu’il n’y a que les vieux qui meurent, non seulement, de façon générale, mais de ce virus ? Vous suivez les infos ? Il y a même eu une mort d’enfant en bas âge. Toutes les catégories d’âge sont concernées. Bref. La fin de votre propos confine au délire « condamnés à la pauvreté et à la mendicité, » ? Et moi qui croyais qu’une section commentaire en bas d’un article aussi sérieux serait d’un niveau plus relevé, mais non, on trouve la même proportion d’élucubrations, de sophistes, de nihiliste bas de gamme, de propagandistes, etc. Bref, je me barre.

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  • Laurent // 30.03.2020 à 13h46

    Concernant le biais, à charge, pris par le présent article, en voici un second exemple, après celui du présupposé climato scepticisme.
    Le professeur Raoult minimiserait-il la pandémie et ne l’aurait-il pas prise au sérieux en janvier 2020 ?
    A l’aide des trois vidéos ci dessous, je vous laisse vous faire votre avis vous même.
    Il alerte depuis très longtemps sur notre grande méconnaissance et notre manque total de préparation pour affronter une crise qui pourrait être grave. Il rappelle que les épidémies appartiennent à des écosystèmes. Craindre des épidémies qui se passent ailleurs, alors que l’on ne s’occupe pas de celles qui tuent chez nous des milliers de personnes chaque année est insensé. Il signale aussi que statistiquement le nombre de morts liés au Covi 19 en janvier était peu significatif. Ce qui est toujours le cas actuellement comparativement aux affections respiratoires en général (2 600 000 morts contre 30 000 à ce jour )
    Voici l’original de la vidéo « saucissonnée » dans le présent article. Elle ne fait pourtant que 4 minutes.
    https://www.youtube.com/watch?v=qoBoryHuZ6E
    Voici la position de Raoult concernant notre manque de préparation et l’importance de l’enjeu de la recherche et de l’anticipation stratégique, sociale, pour la lutte contre les risques de pandémies.
    Une vidéo de télévision (2009 France 3 19/20 Provence Alpes) : https://youtu.be/7Z0l5g5s5sk?t=45
    Une vidéo de l’Institut de 2006 : https://www.ina.fr/contenus-editoriaux/articles-editoriaux/2006-didier-raoult-alertait-deja-sur-le-danger-d-une-epidemie-virale/

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  • JP Collignon // 30.03.2020 à 18h25

    offensive contre le professeur Raoult acte 3 la chloroquine peut poser des problèmes cardiaque au dose élever prescrite C’était intégré dans le protocole d’ utilisation contre le coronavirus qui recommande de faire un examen cardiaque avant traitement On assiste a une monter au créneau du CHU de bordeaux pour mettre en avant les possibles effet cardiaque, région pour l’ instant peut impacter par l’épidémie comparer a d ‘autre ou le personnel soignant fait 12 heure par jour et est en attente de traitement efficace. A quand le Groenland préconisant ses recommandation pour soigner le paludisme (UBU) .L’élite ne lâche jamais si c’est pas par la porte c’est par la fenêtre nous rentrons dans le lyssenkisme a quand l’acte 4 il est claire que toute prescription doit passer par un médecin seul apte a juger des avantage inconvénient du traitement , toute auto médication est a proscrire et dangereuse

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  • Uncitoyencommelesautres // 31.03.2020 à 00h09

    Limpide et logique. Je recommande chaudement à tous le visionnage de cette vidéo réalisé par un chercheur du CNRS apparue il y a quelques heures et intitulée « Covid-19 et chloroquine : mensonge et caprice à l’heure d’Internet 2.0 ». Je suis impatient de lire vos réactions à tous. https://www.youtube.com/watch?v=Bm-GJ4PF9ts&feature=emb_title

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    • Le Spectre // 31.03.2020 à 01h54

      Un copain de Buzyn qui a toujours l’intention de s’accaparer avec son mari de l’IHU de Marseille afin qu’elle soit sous les ordres des institutions de l’état dont du CNRS et de l’INSERM ?

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      • Uncitoyencommelesautres // 31.03.2020 à 05h41

        la Theorie du complot reste le graal imaginaire pour les neuneux et les frustrés car elle permet de refaire l’inconnu à sa sauce (nous ne sommes pas allé sur la lune, les chemtrails ou la terre est plate) mais surtout elle n’explique pas les critiques argumentées émanants de virologues ou scientifiques de tous les pays (Chine compris) sur le travail bâclé et dénué de résultats tangibles de Raoult.

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  • Le Spectre // 31.03.2020 à 01h05

    Faut-il faire confiance à l’Evidence based soit ce que l’on traduit trompeusement par « démarches fondées sur les faits » dont les gouvernements mondialistes sont des prosélytes dont en France (Buzyn, Blanquer et cie) ?

    Cette démarche fondée sur les faits a un nom trompeur pour tromper les ignorants et les bienviellants qui aiment écouter (phonétique pur) les beaux mots sans regarder/scruter (figuratif) le contenu.

    Or, l’Evidence based a été inventée par les politiques reagano-thatcheriennes afin de lutter contre les dépenses publiques en éliminant tous les faits scientifiques opposés aux saints faits qui avantagent et arrangent le capitalisme.

    Toutes démarches scientifiques contraire ont été calomnieusement qualifiées de charlatanisme ou de pseudo-science comme on accusait les pratiques de guérisons par les plantes de sorcelerie au moyen-âge. >_<

    L'evidence based que prône les anti-Raoult en médecine et les anti-pédagogues dans l'éducation (JM Blanquer, Ramus, Dehaene) sont des démarches purement empiriques déjà moult fois dénoncés notamment dans l'essai de Lénine sur l'empiriocriticisme et le matérialisme dont Karl Popper a trouvé d'ailleurs excellent.

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    • Uncitoyencommelesautres // 31.03.2020 à 06h00

      La réalité est un poil plus complexe et limpide que cela. Par aileurs tout ce qui peut réduire l’espace du charlatanisme est le bienvenue en Médecine par contre pour l’éducation c’est un autre sujet. Ce qui ne m’empêche pas d’admirer maintes visions de Popper à commencer par l’interventionnisme protecteur de l’état « Nous devons construire des institutions sociales, imposées par l’État, pour protéger les économiquement faibles des économiquement forts ». https://fr.wikipedia.org/wiki/Pratique_fondée_sur_les_preuves

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  • David // 31.03.2020 à 17h33

    Bravo pour cet article. Plus les jours passent et plus je doute sérieusement de cet homme. Selon un article sur le site Futura Santé, voilà ce qu’aurait déclaré M. Raoult dans une correspondance publiée dans le journal Clinical Infectious Disease en 2015:
    « Les études sur les syndromes infectieux ne devraient plus être exploitées sans utiliser systématiquement des témoins négatifs pour évaluer la valeur prédictive positive d’un résultat positif et il poursuit le fait que ce concept soit lent à s’imposer est démontré dans des recherches récentes dans lesquelles aucun contrôle négatif n’a été testé »

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    • CM75 // 04.04.2020 à 17h21

      C’est fatiguant de répéter inlassablement les mêmes choses mais bon, une dernière fois …
      peut être qu’en 2015, les gens ne mourraient pas par milliers et que des millions de personnes n’étaient pas confinées. Qu’on peut comprendre que faire du « double aveugle » avec un échantillon de patients dont on sait qu’ils vont mourir n’est pas très éthique si on pense avoir un traitement approprié. Peut être qu’un médecin-chercheur fait passer sa qualité de médecin qui en prêtant serment à jurer de soigner toute personne en besoin de l’être avant avant sa qualité de chercheur qui lui fait connaitre par coeur tous les protocoles expérimentaux.
      Je ne participe pas à la lutte des anti et pro Raoult. Le problème est que cet article est clairement « à charge », on ne sait pas pourquoi, est empêche son lecteur de se faire une idée avisée de la situation. C’est dommage !

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  • JaneDo // 31.03.2020 à 18h41

    Merci pour toutes ces informations bien fournies et vérifiables. J’ai été très choquée par ses propos lors du visionnage de ses vidéos. Je suis étonnée que tant de gens avalent ses propos si facilement ainsi que son traitement à l’étude bâclée !

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  • bbm // 01.04.2020 à 14h26

    Merci pour votre travail, il est évident que M. D. Raoult doit être un peu mégalomane, mais malheureusement c’est souvent comme ça que ça se passe dans le monde médical et dans le monde universitaire. La célébrité monte à la tête, pour ma part j’ai vu des professeurs d’université faire faire le boulot aux étudiants ou au stagiaires puis s’approprier les travaux, c’est monnaie courante. vous avez aussi la même chose dans les entreprises. Malheureusement on peut aussi dire que Covid-19 fera beaucoup de morts mais pas autant qu’un Ebola ou un choléra. C’est la triste réalité. Ceci dit chaque étude émergente aujourd’hui doit être prise en considération et l’objectiver le plus vite possible. La gestion de cette crise en France n’a pas été correctement faite, on commence à se mettre au pas mais encore avec difficultés et le vrai drame dans tout ça c’est le manque criant de matériel.

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    • CM75 // 04.04.2020 à 17h08

      Si c’est monnaie courante, pourquoi s’en prendre en la personne du Pr Raoult plutôt que de faire le procès de ces pratiques dans leur ensemble ? Il y a quelques chose qui m’échappe…

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  • Dadi // 01.04.2020 à 23h44

    Je félicite l’auteur d’avoir osé aborder celui qui devient pour les réseaux sociaux une icône intouchable.
    Le doute et la remise en question sont la base de notre culture, rien ni personne ne doit y échapper… quand à la chloroquine nous aurons bientôt le résultat…

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  • Pourfendeur // 02.04.2020 à 08h50

    Dommage…..
    Si on voulait un exemple d’enquête a charge, nous voila passablement bien servis.
    Cet article, et le suivant sur un sujet connexe, risque bien de créer de la suspicion sur l’ensemble des articles présentés sur ce site.
    Dommage….

      +2

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  • ambellir // 03.04.2020 à 00h12

    M. Berruyer, d’habitude j’apprécie vos analyse en économie. Mais ici… vous affirmez être neutre, on vous sent nettement dans le camp des anti-Raoult. Vous déballez jusqu’aux poubelles de l’institut de Marseille… Toutes les communautés, toutes les institutions ont des poubelles qui puent quand vous fouillez bien. Faites-donc aussi les poubelles de l’INSERM !
    Vous dites que c’est aux médecins de trancher, d’accord, alors foutez la paix à Raoult, il est médecin, lui, pas vous.
    Soyez aussi un peu psychologue. Ce monsieur Raoult vit avec les virus depuis des décennies, bien évidemment qu’un nouveau virus ne l’effraie pas ! Surtout qu’il sait qu’un précédant virus H2N3 très agressif a tué 18.000 personnes en France et 650.000 dans le monde, ceci sans que ça ne choque personne en 2015 !!!
    Voilà pourquoi il ne comprend pas pourquoi on s’affole pour « 3 chinois qui meurent ». Lui ne panique pas, il y a de la marge « avant d’arriver à 650.000 morts ».

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  • Laurent // 03.04.2020 à 11h47

    Quoi qu’il arrive, nous serons désormais à chaque fois un peu perdants.

    Si le protocole de traitement de La Timone échoue, nous serons tristes pour les malades et pour le discrédit jeté sur un grand professeur, dont les questions et analyses, notamment d’ordre épistémologique, sont un véritable rafraîchissement pour l’esprit, même s’il n’est pas sans reproches.

    Si le Protocole de La Timone révèle une efficacité, le discrédit et la suspicion seront alors jeté sur un site alternatif d’informations que nous recommandons partout : Les Crises, et son fondateur aux analyses si souvent pertinentes, M. Berruyer, pour lequel nous avons beaucoup d’estime.

    Quel mouche a donc piqué M. Berruyer de donner à ses analyses fouillées un caractère si partisan ? Etait-il vraiment nécessaire de monter dans la galère, assez peu ragoutante, des attaques personnelles ? De la distance – oserais-je ajouter de la prudence – n’aurait rien enlevé à ses recherches et analyses sur le sujet. Bien au contraire.

    En tout cas, je ne parviens pas à trancher de savoir dans cette situation, si tel est le cas, qui joue le plus au poker : Berruyer ou Raoult ? S’il y a peut-être pour l’un, ou pour l’autre, ou pour les deux, une « fuite en avant « , à chacun de parier sur son joueur.
    Nous serons assez vite fixés ! La ligne d’arrivée n’est plus très loin.

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  • CM75 // 04.04.2020 à 17h01

    OB: « Notre propos ne sera pas sur ce site, de trancher la question de l’efficacité de la chloroquine, c’est un débat que nous laissons aux médecins, seuls compétents pour en juger. Nous nous interdisons même d’avoir un avis sur ce sujet »

    Malheureusement comme on s’en rend compte, les « médecins » ne sont pas des êtres bons et éthérés imperméables aux contingences humaines. Ce qui vaut pour Raoult vaut pour tous ces médecins dont la concomitance de liens d’intérêts et l’ omniprésence sur les médias ressemble de plus en plus à une affaire de corruption. Je ne comprend pas la démarche de l’auteur de ces articles « à charge » .
    Commencer par « Notre propos ne sera pas sur ce site, de trancher la question de l’efficacité de la chloroquine » et peindre un tel tableau à charge alors qu’il y a beaucoup à dire sur le milieu de la santé en général laisse perplexe quand aux réelles intentions de leur auteur. Je constate la bonne tenue des commentaires sur l’ensemble des articles hébergés par « les crises » et ceci est d’autant plus étonnant . Que se passe-t-il ?

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  • CM75 // 04.04.2020 à 17h41

    Désolé, cette « enquête à charge » n’est pas un travail de journaliste. Tout ce qui est exposé est certainement à peu près vrai, mais c’est à sens unique. Ca ressemble plus à un dossier monté genre « stasi » ou « cia » posé sur la table d’un organe de propagande pour décrédibiliser ou déstabiliser quelqu’un ou quelque chose. C’est tellement gros, c’est tellement syncro avec l’annonce de Raoult qu’on est en droit de se poser des questions. Enfin, il ne faut pas voir le mal partout …

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