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20.juillet.201820.7.2018 // Les Crises

[RussEurope-en-Exil] Les virages à gauche par le nouveau gouvernement italien, par Jacques Sapir

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On a beaucoup parlé de la question des migrants, et des déclarations fracassantes du nouveau Ministre de l’intérieur, M. Matteo Salvini. Mais, ces mesures ont en un sens caché le plus important. Sur trois domaines le nouveau gouvernement italien emmené par Giuseppe Conte, le Président du Conseil, entend prendre des dispositions qui pourraient avoir une influence considérable, tant en Italie que dans l’Union européenne. Ce gouvernement entend prendre des mesures qui, si elles se concrétisent, pourraient changer fortement la situation sociale mais aussi le rapport au libre-échange dans l’UE.

Giuseppe CONTE, Président du Conseil

 

Libre-échange et sanctions envers la Russie : vers un changement de pied

Conformément au programme gouvernemental signé entre le M5S et la Lega, le gouvernement italien a réitéré ses déclarations quant à son intention de bloquer l’AECG plus connu sous le nom de CETA, soit l’accord commercial entre l’UE et le Canada[1]. Il semble bien aujourd’hui que le gouvernement italien veuille aller plus loin que de simples déclarations et se prépare à exercer son droit de véto sur ce point.

Habituellement, les technocrates décident des traités internationaux à Bruxelles. On le sait, ces technocrates sont favorables pour des raisons de principes au libre-échange, raisons dont on a démontré la vacuité dans un ancien ouvrage[2]. La méthode manque largement de transparence et de démocratie, ce qui a été relevé par de nombreuses personnes. Cela avait d’ailleurs suscité la colère dans différends pays. Cette fois donc, les parlements nationaux auront leur mot à dire, et ce pour éviter les accusations de manque de légitimité d’une telle décision. Le Parlement européen a, bien entendu, déjà approuvé le traité. Mais cette approbation ne vaut pas ratification. Seuls des Parlements nationaux peuvent effectivement ratifier le traité. En effet avant sa mise en œuvre intégrale, « le texte de l’entente doit être ratifié par les parlements canadiens et ceux des vingt-huit États de l’Union européenne[3] ». L’application provisoire de l’accord, est intervenue le 21 septembre 2017. Une clause prévoit qu’en cas de rejet par l’un des parlements des États membres, l’accord s’applique provisoirement durant trois années laissant le temps à une renégociation. Mais, au-delà de ce délai, il sera annulé.

Si le parlement italien le rejette, comme on est en droit de le penser car il y a une large majorité contre l’adoption de ce traité[4], il mettrait de facto son veto au traité. Cela augure également mal pour le JEFTA, le traité entre l’UE et le Japon, qui a été signé le 16 juillet entre la Commission de Bruxelles et les émissaires japonais. En effet, si l’Italie rejette un traité international aussi important que le CETA, alors il est plus que probable qu’elle rejettera aussi le JEFTA. On le voit, le gouvernement italien ce gouvernement même qui fut si décrié, considéré horresco referens comme « populiste », autrement dit comme le Mal incarné, se prépare à faire échouer un traité qui était dénoncé par une large partie de la gauche européenne. Si le gouvernement italien va au bout de sa logique, c’est toute la construction libre-échangiste du commerce international qui en sera, et c’est heureux, affectée.

De plus, le Ministre de l’intérieur a annoncé que le gouvernement italien voterait vraisemblablement la fin des sanctions touchant la Russie en décembre de cette année[5]. On le voit, c’est tout l’édifice de l’Union européenne qui sera ébranlé par les décisions italiennes.

Mais ce n’est pas tout. C’est même très probablement un hors-d’œuvre.

L. Di Maio

Les rejet des « lois-travail » en Italie

Le ministre du Travail, qui est aussi le vice-Président du Conseil, M. Luca Di Maio, a proposé il y a quelques jours un «décret sur la dignité». Il a souligné que ce décret aiderait à stabiliser la vie et les conditions de travail de nombreux jeunes[6]. Ce décret vise à réduire les travaux «précaires» qui avaient été promus dans le fameux « Job Act » voté sous Matteo Renzi et dont Emmanuel Macron s’était inspiré en France pour sa réforme du code du travail. Pour l’heure, le décret a déjà été approuvé par le Conseil des ministres (le 2 juillet) et a été validé par le Président (le 12 juillet). Il a 60 jours pour être converti en loi par le Parlement c’est à dire tant l’Assemblée nationale que le Sénat.

Les associations d’industriels ainsi que de nombreux économistes ont bien entendu protesté. Elles ont souligné comment le décret réduit la flexibilité du marché du travail et permettrait un « retour au passé ». Pour ces organisations, comme pour ses économistes, ceci semble être un argument bien plus important que la vie des jeunes travailleurs que la loi Renzi condamnait à la précarité.

Ce décret, une fois traduit en loi, introduira des modifications substantielles dans environ 2 millions de contrats temporaires, en réduisant leur durée maximale de 36 à 24 mois. Il rendra par ailleurs plus difficile le recours aux contrats temporaires en introduisant l’exigence d’une «raison», autrement dit de justifier par l’employeur leur utilisation en lieu et place des contrats à durée indéterminée. Il y a deux raisons possibles: soit des besoins temporaires, non liés à l’activité ordinaire de l’entreprise (comme par exemple dans une activité saisonnière) et qui ne remplacent pas les contrats à durée indéterminée, soit des augmentations temporaires non prévues de la production dans le cadre de l’activité ordinaire de l’entreprise.

Ces mesures ont été contestées. Di Maio a accusé implicitement les services techniques du Ministère de l’Economie et des Finances de truquer ses chiffres pour justifier la réforme Renzi. De plus, le décret prévoit d’augmenter le coût des licenciements pour les entreprises et prévoit la fermeture des magasins le dimanche. Enfin, le décret prévoit le remboursement des subventions accordées par les entreprises étrangères qui investissent en Italie et qui délocalisent la production à l’étranger dans les cinq ans suivant le versement des subventions. A ces mesures concernant directement le « marché du travail » viennent s’ajouter la promesse de relèvement des minimas sociaux, en particulier en ce qui concerne les indemnités chômage. Ces mesures sont comparables à ce que propose l’opposition en France, et en particulier la France Insoumise.

On le constate, le gouvernement italien a prévu une véritable politique sociale. Il est frappant que cette dimension soit largement passée sous silence quand la presse française évoque ce gouvernement…

 

Une réforme des retraites

Mais, le gouvernement de M. Giuseppe Conte ne s’en est pas tenu là. Il a proposé une réforme des retraites qui pourrait avoir des conséquences importantes. Il s’agit, dans un premier temps, de recalculer ce que l’on appelle en Italie les «pensions d’or», c’est-à-dire les retraites supérieures à un certain seuil (probablement 5 000 €) et qui ne sont pas soutenues par un flux adéquat de cotisations (accumulées avec l’ancien système par répartition). La proposition se traduira probablement par un projet de loi, qui sera discuté par le Parlement après l’été. Un tel changement serait difficile à mettre en œuvre en raison de diverses condamnations judiciaires, qui considèrent les dispositions relatives aux retraites comme des «droits acquis» et ouvriraient ainsi une série de litiges. Ceci pourrait réduire les dépenses publiques en matière de pensions, bien que l’effet global ne soit pas significatif. Le gros problème est lié à la réforme Monti-Fornero introduite en 2011. Avec la réforme Monti-Fornero, l’âge de la retraite est devenu assez rigide au point que le gouvernement précédent de Matteo Renzi avait introduit un système complexe impliquant les banques qui auraient fourni une sorte de mise de fonds avant les versements de pensions réels. Ce système, comme nombre de « réformes » du gouvernement Renzi a été un échec. Le deuxième objectif est de rendre les dispositions de pension plus homogènes.

La réforme Monti-Fornero a fortement augmenté l’âge de la retraite et harmonisé les systèmes précédents, mais depuis lors, 15 «exceptions» ont été introduites pour les «emplois lourds». Le gouvernement de Giuseppe Conte a promis de faire reculer la réforme Monti-Fornero et il a alloué 5,0 milliards d’euros de provisions pour la refonte de cette loi. Il faut donc s’attendre à quelque chose de plus que les ajustements mentionnés. Il n’est pas clair si les 5,0 milliards d’euros serviront à faciliter la transition vers la retraite pour les personnes touchées par la réforme de 2011, ou si l’âge de la retraite sera réduit. Dans le premier cas, la somme provisionnée serait plus que suffisante. Mais, si l’on s’oriente en fait vers un abaissement de l’âge de la retraite, il faudra impérativement trouver de nouvelles sources de financement pour garantir la viabilité des finances publiques.

On le voit bien, le gouvernement Conte-Di Maio-Salvini s’est aussi attaqué là à un énorme chantier, dont les implications tant symboliques que financières pourraient être considérables. Ce qui est important c’est qu’il est en Europe, et en particulier au sein de l’Union européenne, le premier gouvernement à remettre en cause, ne serait-ce que partiellement, le discours néolibéral qui domine aujourd’hui et qui impose, pays après pays, l’allongement de l’âge de départ à la retraite et les réductions d’indemnités pour les plus pauvres et les plus démunis. Que l’on se souvienne de la polémique provoquée en France par la soi-disant « boulette » de la Ministre au sujet des pensions de reversions, et l’on mesurera l’ampleur de la rupture tentée par le nouveau gouvernement italien.

 

 

Le gouvernement italien mène donc une politique qui, du point de vue de ses effets, la classe directement à gauche. Traduite en lois et en mesures concrètes, elle devrait améliorer considérablement la situation d’une grande majorité des italiens. Mais, cette politique devra cependant trouver aussi des arguments pour la relance de l’activité industrielle et économique. L’Italie souffre depuis trop longtemps d’une situation déprimée. C’est sur ce point que le conflit avec l’Union européenne sera véritablement décisif.

[1] https://www.lemonde.fr/economie-mondiale/article/2018/07/13/le-gouvernement-italien-confirme-le-rejet-de-l-accord-de-libre-echange-ue-canada_5330974_1656941.html

[2] Sapir J., La démondialisation, Paris, le Seuil, 2011.

[3] Bélair-Cirino M., « Libre-échange – Le Canada et l’Union européenne concluent un accord », Le Devoir,‎ 18 octobre 2013

[4] http://www.europe1.fr/international/italie-le-vice-premier-ministre-confirme-que-la-majorite-parlementaire-rejettera-le-ceta-3709400

[5] https://www.lesechos.fr/monde/europe/0301984762953-litalie-veut-la-fin-des-sanctions-europeennes-contre-la-russie-2192515.php

[6] http://www.la7.it/bersaglio-mobile/video/di-maio-il-decreto-dignità-mira-a-stabilizzare-la-vita-di-tanti-giovani-17-07-2018-246618

Commentaire recommandé

Kiwixar // 20.07.2018 à 10h56

“Une clause prévoit qu’en cas de rejet par l’un des parlements des États membres, l’accord s’applique provisoirement durant trois années laissant le temps à une renégociation”

…permettant de dégommer le gouvernement gênant (cf Berlusconi) ou de faire un bypass foireux anti-démocratique (exemple le Traité de Lisbonne après le référendum “non” de 2005). Cette UE contre les intérêts des peuples est vraiment à gerber. Y a vraiment que des petits bourgeois crétins pour encore trouver ça bien. Merci aux Italiens. Forza Italia!

22 réactions et commentaires

  • andrea naz // 20.07.2018 à 10h53

    Il semblerait que si l’on veut on peut; ce qui clouerait le bec à pas mal de gens! et risquerait de faire bouger les lignes politiques ( de l’opposition) jusqu’en France!!

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  • Kiwixar // 20.07.2018 à 10h56

    “Une clause prévoit qu’en cas de rejet par l’un des parlements des États membres, l’accord s’applique provisoirement durant trois années laissant le temps à une renégociation”

    …permettant de dégommer le gouvernement gênant (cf Berlusconi) ou de faire un bypass foireux anti-démocratique (exemple le Traité de Lisbonne après le référendum “non” de 2005). Cette UE contre les intérêts des peuples est vraiment à gerber. Y a vraiment que des petits bourgeois crétins pour encore trouver ça bien. Merci aux Italiens. Forza Italia!

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    • Lutfalla // 21.07.2018 à 09h17

      Bonjour ,
      J’ai lu que le JETA ne sera pas soumis aux votes des parlements nationaux et/ou régionaux contrairement au CETA.
      Le JETA ne prévoit pas les recours à des tribunaux d’arbitrage.
      Quelqu’un peut il confirmer ?

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  • Sam // 20.07.2018 à 10h58

    Le Ministre du travail italien, vice président du conseil et président du mouvement 5 étoiles, c’est Luigi di Maio, pas Luca.

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  • IMBERT Olivier // 20.07.2018 à 11h15

    bof c’est une blague qui a l’avantage, de montrer qu’on peut définir la gauche (et la droite) de manière progressiste dans la souveraineté “économique et sociale”, et non dans “un progressisme” douteux communautariste et identitaire( voir ci dessous, il y a quelques jours, sur l’identitaire le narcissique etc…); mais pour le reste, cela risque, étant donné ce qui est souligné de manière un peu complice quant aux effets quantitatif et qualitatif de ces micro-ruptures d’être surtout à l’avantage des groupes transnationaux et nationaux et y compris agricoles et agroalimentaires, automobiles, comme commercial, de base italienne et un peu, donc très peu, du salariat du nord comme du sud.

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  • Le Rouméliote // 20.07.2018 à 12h16

    Attendons la réaction de la BCE pour voir…

    Pour illustrer ce que je viens d’écrire : http://cdn.publications-agora.com/elements/lca/newsletter/html/180720_LCA.html

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  • Christian Gedeon // 20.07.2018 à 12h57

    Une bataille d’envergure s’annonce…et compte tenu de la puissance financière et mediatique des organismes transnationaux,elle n’est pas gagnée d’avance.on peut d’ores et déjà parier que tous les coups,même les non permis,seront utilisés. La veulerie peut aller très loin,cf le comportement de l’actuel gouvernement espagnol,prêt à toutes les compromissions,et même à celle de la destruction du pays. Ça peut aller loin,très loin…attendez vou a une chasse impitoyable au scandale et aux révélations scabreuses sur Salvini et Di Maio…Carthago delenda esse.

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  • Chris // 20.07.2018 à 13h00

    A propos du JEFTA, voici un article canadien (journal conservateur) assez détaillé :
    http://www.lapresse.ca/international/201807/17/01-5189782-face-a-trump-lue-et-le-japon-signent-un-accord-commercial-historique.php
    Le texte doit être soumis d’ici la fin de l’année au Parlement européen en vue d’une entrée en vigueur en 2019, si le Parlement japonais le vote lui aussi rapidement.
    Contrairement à l’accord UE-Canada, actuellement contesté par l’Italie, il ne doit pas être ratifié par tous les Parlements de l’Union européenne : c’est l’absence de la partie sur la protection des investissements qui évite à l’accord de passer par les Parlements nationaux, précisent des sources européennes.

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  • alainr // 20.07.2018 à 13h01

    Merci M. Sapir, c’est comme toujours très argumenté et intéressant.

    Dans l’UE, le gouvernement portugais n’est-il pas le premier à avoir remis en cause, ne serait-ce que partiellement, le discours néolibéral qui domine aujourd’hui ?

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  • ipk74270 // 20.07.2018 à 13h07

    Si la BCE bronche, l’Italie frappera sa propre monnaie qui sera convertible, entre autres, en euro et je serais le premier à en acheter….

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  • roseceslamort // 20.07.2018 à 13h14

    Sapir reve encore debout, la seule declaration concrete de Salvini c’est pas exactement un virage a gauche, c’est une reddition en rase campagne face à l’euro, suffit de lre son interview du jour dans le WaPo

    Q. In 2016, you said that “everyone who votes for us will know that a Northern League government would get rid of the euro and move back to a national currency.” Do you still believe this, or have you changed your mind?
    A. No, I didn’t change my mind. I still think the euro was a wrong experiment. Since now it is here, we have to improve its conditions.
    Q. So you don’t believe what you said previously about getting rid of the euro?
    A. Have you ever changed your ideas?

    Ca finira comme Tsipras & co, des “rebelles” qui veulent pas risquer leur peau.transformés en contremaitres de l’allemagne

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    • Chris // 20.07.2018 à 14h36

      “I still think the euro was a wrong experiment. Since now it is here, we have to improve its conditions.”
      Au bénéfice du doute. Confirmer chez WAPO que l’Italie sortirait de l’€ est tout juste bon à provoquer la panique des marchés. Là, on touche à la politique monétaire mondiale.
      A ce propos, un article chez Agora m’a interpellée :
      Un reset monétaire a déjà eu lieu (entre 2014 et 2018)…
      http://cdn.publications-agora.com/elements/lca/newsletter/html/180720_LCA.html
      Depuis 10 jours, l’or baisse. J’attends la barre des 1200 l’once pour bouger.

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  • Dubreuil // 20.07.2018 à 15h57

    Ce mélange de mesures clairement xénophobes et racistes et de mesures sociales annoncées fait froid dans le dos.

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    • RGT // 20.07.2018 à 20h53

      “Ce mélange de mesures clairement xénophobes et racistes…”

      Pourquoi ?

      Quand un pays ne peut plus financièrement assumer une immigration de masse qui entraîne des problèmes sociaux insolvables que doit-il faire ?

      Je tiens à vous rappeler qu’en France, dans les années 70, le PCF et les autres partis de gauche (même les fauxcialistes qui ont ensuite retourné leurs vestes) étaient opposés à l’immigration de masse parce qu’ils avaient bien compris que c’était la porte ouverte vers la réduction drastique des rémunération des moins nantis.

      Désormais, suite aux magouilles Mitterrandiennes le MEDEF (ex CNPF) a réussi à tirer le jackpot et les salaires sont depuis en chute libre. Avec le “bonus” des 35 heures qui a aussi été une splendide arnaque (directe mais surtout à retardement) qui n’a profité qu’aux actionnaires…

      La majorité des migrants fuient les zones de guerre et les pays exsangues dans lesquels les ressources naturelles ont été “réquisitionnées” par les entreprises occidentales pour “maximiser les profits”.
      Si ces migrants pouvaient vivre dignement sur les terres de leurs ancêtres comme ils ont pu le faire jusqu’à la moitié ou la fin du XIXème siècle il n’y aurait pas beaucoup de volontaires pour aller s’expatrier et faire des “boulots de merde” qui leur permettent à peine de survivre.

      Historiquement, c’était “l’extrême-gauche” qui était opposée à la colonisation et à l’immigration de masse (oubliez le traître Jaurès qui n’est qu’une relique religieuse contrefaite brandie par ses “héritiers”).

      L’actuel gouvernement italien a été élu par les italiens et nous n’avons pas à émettre la moindre critique à leur égard.
      Surtout quand on voit ce que “NOUS” avons élu…

      Si les actions de ce gouvernement correspondent au souhait des italiens, tant mieux.

      Si par contre il les trahit comme l’a fait Tsipras en Grèce, ce sera aussi le problème des italiens.

      Les italiens ne sont pas les grecs et je pense que les dirigeants respecteront leurs engagements, quittes à entrer en conflit ouvert avec la Kommission.
      Vu l’importance de ce pays au sein de l’UE, j’ai dans l’idée que ce ne sont pas les italiens qui vont lâcher du lest.
      Et comme c’est déjà le “bordel” à l’est (Pologne, République Tchèque, Hongrie) ça commence à être un peu “chaud” pour les €uroïnomanes €urolâtres.

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    • Alfred // 20.07.2018 à 21h51

      Surtout les mesures sociales ?
      Il faut que les méchants soient bien méchants et elles gentils bien gentils à Hollywood.
      Une mesure positive par un gouvernement auquel vous êtes hostile doit elle être refusée ?
      Le désir de pureté fait justement partie du socle totalitaire.

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  • Frexit // 20.07.2018 à 16h01

    Monsieur Sapir,
    Comme à l’habitude vous n’allez pas au fond des problèmes :
    1/ l’analyse en termes de gauche/droite est-elle toujours pertinente? Personnellement, je ne le crois pas. Une analyse mondialisation/démondialisation correspond davantage à la situation actuelle. La “ligne de partage des eaux” sépare les populations en deux grandes catégories : ceux à qui la mondialisation profite et ceux qui en souffrent.
    2/ l’euro : quid des soldes TARGET2 négatifs accumulés par l’Italie (Sa Banque Centrale) : 464,7 milliards d’euros fin mai 2018? L’euro est-il oui ou non la source de la perte de compétitivité de l’Italie (et d’autres pays de la zone euro)?
    3/ Quels sont, de manière plus générale, les problèmes endogènes et exogènes de l’Italie?
    Les traités européens ont été conçus à une époque où l’on croyait que “l’ultralibéralisme” basé sur les 4 libertés fondamentales (liberté de circulation des capitaux, des biens et marchandises, des hommes et des services) allait apporter croissance, réduction du chômage et convergence des économies (Jacques Attali). C’est le contraire qui s’est passé.
    Alors, comme en physique, lorsque l’on constate que les faits contredisent la théorie, il faut abandonner la théorie et en chercher une autre. Il faut donc réécrire les traités européens sur d’autres bases. Comme le TUE et le TFUE ne peuvent être modifiés qu’à l’unanimité des états membres, il est donc nécessaire pour les pays qui le souhaitent de sortir de l’UE.
    Le libéralisme n’est pas forcément à jeter aux orties. Rappelons que Maurice Allais était pour le libre échange à certaines conditions (dont l’une, majeure, est l’égalité de développement des économies participantes).
    Et Mr Sapir occulte encore une autre question fondamentale : la démocratie qui n’est pas un vain mot si on le comprend comme la souveraineté des peuples, la libre disposition des peuples à choisir eux-mêmes leur destin. Et, pour de nombreuses décennies, le “peuple européen” n’a et n’aura aucune consistance, aucune réalité. Les institutions européennes n’ont donc aucune légitimité. En France, ce transfert de souveraineté a violé l’article 3 de la Constitution (réécoutez le discours remarquable de P. Seguin à l’Assemblée nationale en 1992). Il faut s’appuyer sur ce qui existe : les nations. On réaffirme ainsi la primauté du politique sur l’économie. En Italie, comme en France, on en est loin…

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    • Le Rouméliote // 20.07.2018 à 16h20

      … Et c’était prévisible : discours de Pierre Mendès-France du (je cite de mémoire) 18 janvier 1957.

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  • Cocoyoc1974 // 20.07.2018 à 20h12

    L’ITALIE n’est pas la Grèce. C’est la brèche qui peut fissurer le vase.
    [modéré]
    IL faut que la lutte CGT ENEDIS continue pour obliger à nationaliser le secteur électrique et de l’énergie.

    Vive la démondialisation !

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  • Marc Michel Bouchard // 20.07.2018 à 23h49

    Plusieurs commentaires critiques lucides sur cette page rappellent que le maintien de la gouvernance globale des peuples se fera avec beaucoup de combativité. Il reste à voir la détermination du gouvernement italien, sa capacité stratégique à voir venir les coups, un des partis de la coalition se serait vu couper une partie importante de son financement public par la justice nationale selon au moins une info à qui j’ai eu accès. Évidemment, l’affaire Benella a retenu presque 85% des informations depuis deux jours démontrant les failles du gouvernement Macron s’ajoutant aux moyennes ou grandes fissures qui parcourent tous les pays menottés par l’U.E autant que par l’euro. Néanmoins, le jeu pour le libre échange asiatique contre Trump, les efforts de T.May pour un Brexit dressé à un assez fort statu quo, le jeu de procédures économiques de l’U.E pour faire pression contre le Brexit, la médiocrité ou le caractère fantoche des proBrexits chez les conservateurs et travaillistes semble un atout pour Bruxelles. Pourquoi, dans un article, J.Sapir ne fait pas la synthèse des forces pro globalistes et anti-globalistes vers la fin de juillet, considérant dans un tableau avec une part de perspective, la capacité des deux camps à reculer, à faire du surplace ou d’avancer vraiment? l’U.E étant sûr un des noyaux forts de la mondialisation. Il semble que cette partie d’échec à grandeur du monde sera longue en n’oubliant pas la tension que fait sentir l’État profond américain contre la Russie et sa guerre civile froide contre Trump qui est une constance de toute cette époque agitée. En n’oubliant pas que l’absence d’un développement autocentré capitaliste en Afrique comme pour l’Angleterre de la révolution industrielle, cohabitant là avec la démographie du continent ajoute par la migration à la crise internationale actuelle.

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  • Ricard’eau // 21.07.2018 à 07h19

    Le gouvernement portugais à fait de même Au Portugal depuis 2/3 ans et personne n’en parle:
    Réintroduit les jours fériés enlevés par l’ancien gouvernement
    Transformations des CDD en CDI pour des fonctionnaires de l’État
    Réintroduction des primes de Noël et vacances enlevés par l’ancien gouvernement

    Etc etc

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    • Cocoyoc1974 // 21.07.2018 à 17h18

      Aussi, le Parti Communiste Portugais a déclaré que le système de l’UE et la Zone Euro est incompatible pour les droits de l’Homme. Et ce parti demande de quitter ces institutions supranationales et néolibérales le plus vite possible.

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  • Emmanuel // 21.07.2018 à 10h04

    Au risque de choquer ici, moi je suis pour un contre-projet européen. Non pas contre l’Europe, ou pour une autre Europe, ou pour plus ou moins d’Europe, ou pour pas d’Europe du tout ; mais pour un contre-projet européen. A cela, j’ajouterais une référence à De Gaulle, dont personne ne contestera la très importante clairvoyance géopolitique, encore tellement d’actualité. Il disait bien l’évidence d’une organisation entre les différents pays européens, mais avant tout basée sur la solidarité et la cooperation. Rien à voir avec la situation actuelle, et pire, avec le poison néolibéral qui a été inoculé au coeur même de ce système, ressemblant de plus en plus à une Europe allemande, ou à une Europe americaine. Les contradictions très profondes que traverse la GB, illustre pour moi l’impasse dans un sens ou dans l’autre du système actuel, quelque soit le bord où l’on se trouve. Il faut un contre-projet européens, sinon on se trouvera soit en pleines contradictions comme la GB, soit enchaîné et soumis de plus en plus à la doctrine ordo-liberale allemande, voire petit à petit à la dérive et affaiblis, et rendus de plus en plus vulnérables et soumis aux aléas et pressions extérieures.

     4

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