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1.juin.20191.6.2019 // Les Crises

[RussEurope-en-Exil] L’Italie va-t-elle entamer en toute discrétion le processus de sortie de l’Euro ? Par Jacques Sapir

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La motion votée à l’unanimité par le parlement italien et concernant la création de Bons Ordinaire du Trésor de faible montant nominal (dits « Mini-BoTs») est une décision importante mais ambiguë[1]. Elle peut être considérée comme une politique de consolidation fiscale, aidant à la fois à financer un déficit public alors que l’UE montre les dents contre l’Italie, tout comme elle peut être considérée comme la possibilité de la mise en œuvre d’un scénario à deux monnaies pour ce pays et le prélude à une sortie de l’Italie de l’Euro. Le fait qu’elle survienne à la suite de la spectaculaire victoire de la Lega et de son dirigeant, Matteo Salvini, mais aussi à la suite de l’annonce de menaces de sanctions de l’UE contre l’Italie[2], est symptomatique. On peut y voir une réponse du berger à la bergère, mais aussi un peu plus que cela.

Il convient, alors, de rappeler que la possibilité de mettre en œuvre des devises parallèles avait déjà été présentée comme un outil pour résoudre le problème de la Grèce par Y. Varoufakis[3]. Ce mécanisme peut permettre d’obtenir plus de liberté tout en restant dans la zone euro tout comme il peut servir pour gérer une éventuelle rupture avec cette même la zone euro et le retour à une monnaie nationale. De fait, les devises parallèles ont une longue histoire en économie. Autrefois, les pièces émises par différents pays ont circulé librement dans un pays donné. La question a été soulevée en particulier lorsque le papier-monnaie a été introduit et lorsque les Banques Centrales ont obtenu le monopole d’émission. Les expériences avec des monnaies parallèles ne sont pas abondantes au XXe siècle[4], mais elles existent néanmoins, et la dynamique d’un système à deux monnaies mérite attention[5].

Claudio Borghi, Président de la Commission du Bilan de la Chambre des Députés italiens

Une mesure et son contexte

On sait que la question de la dette italienne inquiète depuis longtemps certains milieux[6]. De fait, la dette publique italienne a atteint 132,2% du PIB l’an dernier et pourrait encore augmenter, à 133,7% cette année du fait de l’entrée de l’Italie en récession et aller jusqu’à 135,2% en 2020 selon les dernières prévisions de la Commission. Cette Commission européenne a donc demandé officiellement mercredi à l’Italie de s’expliquer quant à la détérioration de ses Finances publiques, comme on l’a appris de source officielle de l’Union. Dans ces conditions, cette démarche pourrait aboutir dès la semaine prochaine à l’ouverture d’une procédure disciplinaire contre Rome. D’ores et déjà, ceci a fait monter les taux d’intérêts, provoquent la menace d’un étranglement de l’économie italienne[7]. C’est ce qui, semble-t-il, a motivé la décision de recourir aux « Mini-BoTs ». Mais, cette décision a réactivé la crainte pour les uns et l’espoir pour les autres, de voir l’Italie quitter la zone euro. Cette possibilité de sortir « en douceur » de la zone euro avait déjà été évoquée à de multiple reprise en Italie, et en particulier par Silvio Berlusconi[8]. Car, aujourd’hui, il n’en faut pas douter : le problème de l’Italie est bien l’Euro[9]. Au-delà de la question de l’Euro, on peut se demander si ce n’est pas tout simplement l’UE le véritable problème de l’Italie[10].

De fait, la proposition de créer les « Mini-BOTs » figurait dans le programme initial de la Lega et de son allié le M5S[11]. Or, quand on examine le texte (qui n’a pas force de loi) qui a été voté à l’unanimité par le Parlement italien, on constate des ambiguïtés importantes. Cette motion, comme il est indiqué dans le document, appelle le gouvernement à s’engager à débloquer le paiement des dettes de l’administration publique envers les entreprises et les professionnels, en accélérant en même temps le paiement des impôts.

Aperçu de la motion[12]

Cette motion prévoit donc :

  1. a) La stabilisation du mécanisme de compensation entre créances commerciales et dettes fiscales prévue par le décret-loi «Destination Italie» (n ° 143 de 2013), récemment étendue à l’ensemble de l’année 2018 par l’article 12-bis du décret-loi no. 87 de 2018;
  2. b) L’élargissement du nombre de cas admis à la compensation entre créances et dettes de l’administration publique, ainsi que la titrisation de créances fiscales, également au moyen d’instruments tels que les petites obligations d’État (les «mini-BoTs»), mettant en œuvre mesures adoptées dans la loi de finances pour 2019, relatives également aux avances de fonds, pour assurer le respect des conditions de paiement des dettes commerciales des administrations publiques et mettre ainsi fin à la procédure d’infraction engagée par la Commission européenne contre l’Italie sur la mise en œuvre de la directive sur les retards de paiement;
  3. c) La modification des règles de passation des marchés dans les parties non conformes à la directive sur les retards de paiement n. 2011/7 / UE, donnant suite à l’avis motivé émis le 7 juin 2018 par la Commission européenne;
  4. d) La modification de la réglementation relative au document unique de régularité fiscale (durc), à condition que celui-ci puisse être délivré si la société prouve qu’elle détient certains crédits liquides et recouvrables dans une mesure ne permettant pas le paiement de la sécurité sociale et des impôts, également dans ce contexte, un mécanisme de compensation;
  5. e) L’accélération du processus d’adhésion de toutes les administrations publiques à l’infrastructure numérique SIOPE Plus afin d’assurer en temps voulu la gestion informatique complète de la facturation et des paiements des administrations publiques, en prévoyant des mesures spécifiques pour le suivi du paiement des dettes commerciales de l’administration publique et de veiller à ce que les données déjà disponibles sur la plate-forme électronique pour les crédits commerciaux puissent être utilisées sans interruption

On le voit, cette motion est bien en apparence une réaction à la lettre envoyée par la Commission européenne, mais elle prévoit aussi la création des « mini-BoTs ». Ceux-ci devraient cependant être cantonnés dans un premier temps au domaine fiscal.

De quoi s’agit-il ?

Il faut dès lors comprendre de quoi il s’agit. La question des « Mini-BoTs » a déjà été évoquée. L’Etat émettrait des bons du Trésor de faible montant, et ces bons pourraient être utilisés par les entreprises pour régler leurs arriérés d’impôts. Comme l’Etat doit de l’argent aux entreprises, dans le cadre de contrats publiques, cela pourrait équivaloir à un système de compensation des dettes, qui de facto aboutirait à injecter dans l’économie italienne de l’argent qui est actuellement retenu par l’Etat. Pris dans cette dimension les « Mini-BoTs » ne seraient pas un mécanisme de paiement, mais purement un système de compensation. L’extension de ce système aux dettes envers la sécurité sociale et aux différents organismes publics, points (b), (c) et (d) de la motion, va dans ce sens. Ce système est parfaitement compatible avec les règles de l’Union européenne et celle de la zone Euro.

Mais, faut-il créer des « Mini-BoTs » pour cela ? De simples mécanismes électroniques, mentionnés dans la motion, ne pourraient-ils pas suffire ?

De fait, ces bons du Trésor à faible montant ne sont nécessaires que si l’on veut qu’ils circulent non seulement entre les entreprises et l’Etat mais aussi entre les entreprises. On le sait, l’Etat italien à une dette (retards de paiements) d’environ 50 milliards d’euros à l’égard des entreprises et des particuliers[13]. Ainsi, l’entreprise (A), auquel l’Etat doit de l’argent et qui est relativement à jour de ses impôts mais qui doit de l’argent à l’entreprise (B) qui, elle, a un arriéré fiscal, pourrait recevoir des « Mini-BoTs » en paiement des dettes de l’Etat. L’entreprise (A) pourrait alors payer sa dette à l’entreprise (B) en « Mini-Bots » permettant à l’entreprise (B) de se mettre rapidement à jour face aux administrations publiques. Ce système aboutirait dans les faits à assouplir les règles budgétaires pour l’Etat italien (tout nouvel engagement financier serait financé en « Mini-BoTs ») et, surtout, transfèrerait une partie du pouvoir de création monétaire de la Banque Centrale Européenne et de la Banque d’Italie vers le gouvernement et le ministère des finances.

Si cela est mis en œuvre, il y aura bien un début de circulation des « Mini-BoTs » comme moyen de paiement, hors de la simple relation entreprise-Etat. Ce qui permet, alors, d’imaginer qu’une entreprise ayant reçu des « Mini-BoTs » de l’Etat en paiement d’une dette accumulée sur un marché public, pourrait payer ses salariés en partie ou en totalité en « Mini-BoTs », les dits salariés, les utilisant pour payer leurs impôts ou leurs cotisations sociales. On le voit, ce système pourrait rapidement se substituer, du moins en partie, à l’Euro pour de nombreuses transactions. La limite étant ici les transactions de consommations courantes des ménages. Si les « Mini-BoTs » devaient acquérir un pouvoir libératoire étendu, s’ils devaient être utilisés par les ménages pour payer les commerçants, alors on pourrait parler de la création d’une « monnaie parallèle », avec toutes les implications qu’un tel système aurait sur le maintient de l’Italie dans la zone euro.

Les enjeux politiques

En effet, si les « Mini-BoTs » devaient circuler librement, il serait logique que s’instaure un marché de la conversion entre ces titres, qui seraient libellés en euros ne l’oublions pas, et les euros « normaux ». Ce marché, de fait un marché des changes, donnerait des indications sur la dépréciation de la monnaie italienne future par rapport à l’Euro. De fait, ce système est contradictoire avec l’autorité de la BCE, avec les règles de fonctionnement de la zone euro qui veulent que l’Euro soit la seule monnaie pouvant circuler au sein des pays de la zone.

Nous n’en sommes pas (encore) là. Mais, il est clair que l’Italie s’engage sur ce chemin. Il convient de noter la déclaration, modérée, de Claudio Borghi, le président de la commission du bilan du Parlement italien[14]. Il dénonce les « spéculateurs », en pointant le fait que le traitement de l’Italie sur les marchés est aujourd’hui pire que celui de la Grèce et demande que l’économie italienne puisse bénéficier d’un espace de liberté budgétaire afin de mettre en œuvre des politiques susceptibles de ramener la croissance. Notons qu’il affirme vouloir rechercher un compromis avec l’UE. Mais Borghi, qui est l’auteur d’un livre anti-Euro[15], et un fort bon économiste, ne peut ignorer la dynamique qui s’annonce avec le création des « Mini-BoTs ».

L’Italie souffre beaucoup de l’existence de l’Euro, cela est reconnu maintenant par de nombreux économistes[16]. Les Italiens le savent eux aussi. Aujourd’hui, un bras de fer est clairement engagé avec la Commission Européenne. Mais, dans ce bras de fer, elle sera en position difficile face au gouvernement italien si ce dernier accepte le défi. A chaque durcissement de la part de la commission, sanctions financières ou mesures de rétorsions de la BCE, pourrait correspondre la décision du gouvernement italien de franchir une étape supplémentaire dans la voie d’un pouvoir libératoire étendu pour les « Mini-BoTs ». Ce qui risque donc de se passer, c’est que l’Italie soit de fait expulsée de la zone euro, tout en protestant (formellement du moins) sa volonté d’y rester. Mais, n’est-ce pas ce que les dirigeants italiens, et en particulier ceux de la Lega, souhaitent au plus profond d’eux-mêmes ?

Notes

[1] https://www.momentoitalia.it/pa-lo-stato-accelera-il-pagamento-dei-debitti/d=IwAR0-tTI9CkDg3S0KQIOY_YjaV1_uuWEmiineF_KVO_lZzWJGnkV2n3Wfw_I

[2] https://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/la-commission-somme-l-italie-de-s-expliquer-sur-la-derive-de-ses-comptes-publics-818800.html

[3] Son récit de l’affrontement avec les autorités de l’UE et de la Zone Euro, quoiqu’intéressant, doit être pris avec une grande prudence. Varoufakis, Y., Adults In The Room: My Battle With Europe’s Deep Establishment, Londres, Bodley Head, 2017.

[4] Voir l’exemple canadien : Coe V-F, “Dated Stamp Scrip in Alberta”, Canadian Journal of Economics and Political Science/Revue canadienne de economiques et science politique, 4, 1938 pp 60-91.

[4] http://jpkoning.blogspot.fr/2015/05/alberta-prosperity-certificates-and.html

[5] Agénor, P-R., Parallel Curencies Market e in Developing Countries : Theory, Evidence and Policy Implications, Essays in International Finance, n° 188, novembre 1992, Princeton University, Pinceton, NJ. Cohen-Setton J., « The economics of parallel currencies », June 8th, 2015, http://bruegel.org/2015/06/the-economics-of-parallel-currencies/ .

[6] https://www.capital.fr/entreprises-marches/litalie-va-t-elle-sombrer-en-emportant-la-france-et-la-zone-euro-1272560

[7] https://www.euronews.com/2019/05/29/italy-should-obey-budget-rules-or-face-market-punishment-ecb

[8]http://www.repubblica.it/politica/2017/02/12/news/silvio_berlusconi_votare_adesso_e_da_irresponsabili_salvini_non_sara

[9] Bagnai A., Brigitte Granville , Christian A. Mongeau Ospina, « Withdrawal of Italy from the euro area: Stochastic simulations of a structural macroeconometric model », in Economic Modelling , Vol. 64, August 2017, Pages 524-538.

[10] Natixis, L’Europe est-elle le problème de l’Italie, FlashEconomie, n° 271, 18 mars 2018.

[11] https://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRL5N1SP11H

[12] D’après https://www.momentoitalia.it/pa-lo-stato-accelera-il-pagamento-dei-debitti/d=IwAR0-tTI9CkDg3S0KQIOY_YjaV1_uuWEmiineF_KVO_lZzWJGnkV2n3Wfw_I , op. cit..

[13] https://www.theweek.co.uk/101500/how-would-italy-s-parallel-currency-work?amp&__twitter_impression=true

[14] https://www.bloomberg.com/news/videos/2019-05-31/italy-wants-to-collaborate-with-eu-but-needs-breathing-space-borghi-video

[15] Basta Euro – Come Uscire d’all Incubo,

[16] Storm S., « Lost in deflation: Why Italy’s woes are a warning to the whole Eurozone », Working Paper n°94, Delft, Institute of New Economic Thinkikng, 2019.

Commentaire recommandé

Alfred // 01.06.2019 à 11h50

C’est effectivement la démarche à adopter (le faire dans le dire). C’est ce que j’avais brièvement espère des ambiguïtés de Mélenchon. Probablement à tord puisque c’est quasiment la seule ambiguïtee levée (et dans le mauvais sens).
Bref voilà du courage et de l’intelligence politique.
Si l’Italie quitte la zone euro et pas la France la question de l’installation en Italie va se poser pour de nombreux français. Car tôt ou tard le chômage italien de résorbera sous l’action conjuguée d’une dévaluation de la monnaie et du vieillissement de la population.

72 réactions et commentaires

  • Alfred // 01.06.2019 à 11h50

    C’est effectivement la démarche à adopter (le faire dans le dire). C’est ce que j’avais brièvement espère des ambiguïtés de Mélenchon. Probablement à tord puisque c’est quasiment la seule ambiguïtee levée (et dans le mauvais sens).
    Bref voilà du courage et de l’intelligence politique.
    Si l’Italie quitte la zone euro et pas la France la question de l’installation en Italie va se poser pour de nombreux français. Car tôt ou tard le chômage italien de résorbera sous l’action conjuguée d’une dévaluation de la monnaie et du vieillissement de la population.

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    • Lecharentais // 01.06.2019 à 15h44

      Ce mécanisme est à généraliser à l’ensemble des nations Europennes. Ce qui permettra d’obtenir un continent capable d’affronter positivement la Mondialisation.

        +7

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      • K // 01.06.2019 à 17h13

        Pas besoin de généraliser à tous les pays de la zone euro car si l’Italie (seule) va au bout du processus d’émission de bons de dettes publiques de faibles montants, alors les marchés vont comprendre que l’euro est en train de disparaitre en tant que seule monaie en circulation en Italie. En voyant l’euro disparaitre, les marchés vont faire monter les taux d’intérêt (ça a déjà commencé nous dit Sapir). Mais la hausse de taux ne sera pas uniquement italienne. Elle touchera tous les pays peripheries de la zone euro. Ces pays sont déjà étoufés par leur taux de change (fixe avec l’Allemagne). Il ne pourront pas supporter en plus de cela une hausse des taux d’intérêt. Ce sera donc l’explosion de la zone euro.

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        • Glbert Gracile // 01.06.2019 à 19h55

          moi je me demande comment l’Italie pourrait “sortir discrètement” de l’Euro… j’imagine que les mecs de l’UE et la BCE ont quelques notions en matière de trafic monétaire et fiscal, et un paquet d’espions, et qu’il doivent connaitre en détail ce que fait l’Italie, mieux que l’honnorable Monsieur Sapir.
          Pour le moment, je reste dubitatif sur cette sortie de l’Euro, car on ne voit pas le début d’une dynamique sérieuse dans ce sens. A un moment, ils devront bien se découvrir. Alors, on nous explique que Salvini a rien foutu pendant 1 an parce-qu’il attendait les élections européennes… mais maintenant, il va peut-être attendre les élections suivantes.

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          • Max ulreb // 02.06.2019 à 00h09

            Depuis des mois les économistes sérieux prétendent que quelque se trame en Italie, qui affirme le contraire . Un vrai jeu de poker menteur. Des bons du trésor ” monopoly” échangeable contre de la lire ? Salvini a bien retenu la technique du salami europeiste, tranche après tranche il va reprendre sa souveraineté monaitaire.
            Affaire à suivre !

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            • Kiwixar // 02.06.2019 à 02h48

              A mon avis, la nouvelle monnaie sera le “florin” et non la “lire”.

              Wiki : “Des pièces en or frappées initialement à Florence (Toscane) au xiiie siècle, dénommées florenus en latin et fiorino en italien, étaient largement acceptées à travers l’Europe. Leur nom latin vient de la fleur de lys, symbole de Florence, qui les ornait. Celles-ci ont plus tard été utilisées comme modèle pour frapper des monnaies nationales.”

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            • Recits d’Yves // 06.06.2019 à 08h01

              J’y vois aussi uen partie de poker menteur. l’Italie “pourrait” déclencher une bombe sir la l’UE et la BCE ne se montre pas plus coopératives et plus souple avec les demandes italiennes, voir même celles de certains états européens.
              Mais sur le plan politique, je doute très fortement que ‘lUE accepte et que Salvini en soit le grand vainqueur car ce serait envoyer un très mauvais signal aux européens sur les capacités d’un “populiste au pouvoir” d’avoir réussi à tordre le bras aux technocrates de l’UE.

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          • RGT // 02.06.2019 à 08h32

            Les “mecs de l’UE et la BCE” ont certes quelques notions en matière de trafic monétaire et fiscal mais par contre ils sont handicapés par leur foi religieuse inébranlable envers les institutions €uropéennes.

            C’est un sacré handicap car leurs œillères les empêcheront de voir qu’ils foncent tout droit dans le mur.

            Je n’espère qu’une seule chose à l’issue de ce bras de fer qui risque de concrétiser l’implosion de ce “machin” qui ne profite qu’à ses serviteurs :
            Que suite à cette implosion TOUS les profiteurs qui ont choisi de faire carrière dans cette vénérienne institution se retrouvent sans emploi et sans aucune indemnité (ce qui est tout à fait dans la ligne de leur idéologie, ne l’oublions pas – On ne va pas les insulter en leur imposant cette honte).
            Le plus “libéral” consistant bien sûr à ce qu’ils se retrouvent sur le carreau de la ville dans laquelle ils “travaillent” sans avoir les moyens de quitter les ponts sous lesquels ils se seront réfugiés (il faudra en construire d’autres pour tous les héberger).
            Ils devraient comprendre la détresse de tous ceux qu’ils ont laminés en favorisant les délocalisations et la “libre concurrence” mais j’en doute.
            À ce niveau d’intégrisme politico-religieux ils se contenteront de ruminer leur haine à l’encontre des “rouges-bruns” qui ont détruit leur “meilleur des mondes”.

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    • tchoo // 01.06.2019 à 22h26

      Comment savoir si JLM le ferait puisque ne pas le dire.
      Le message m’a toujours paru clair de sa part beaucoup de part Manon.
      Peut être une explication à l’atterrissage brutal

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    • kasper // 03.06.2019 à 01h14

      Le faire sans le dire, c’est tromper les électeurs qui voteront pour vous en pensant que vous voulez juste “changer l’Europe”.

      Au premier geste vers le frexit les mediacrates auront beau jeu de souligner la tromperie et hurler au fascisme, on entendra parler que de ca en continu. La partie de votre électorat qui s’estimera flouée trouvera de généreux donateurs pour l’aider a structurer son mouvement, on leur distribuera des drapeaux européens, des croissants et du café chaud, les flics ne se verront plus livrer leurs munitions de LBD, et au lieu d’une manif de gilets jaunes chaque semaine vous aurez un Maidan permanent sur la place de l’étoile.

      Vous vous retrouverez comme ça avec la Troika devant, la moitie de votre peuple derrière pour vous pourrir et aucune marge de manœuvre pour exécuter une politique qui, même avec le plein assentiment du peuple, sera déjà le parcours du combattant.

      Alors j’entend bien les difficultés qu’il y a a avancer a visage découvert, mais il ne faudrait pas sous estimer celles qu’apporterait le fait de brûler les étapes en faisant le frexit sans l’accord informé de la majorité. Sans compter la forfaiture morale de dissimuler l’axe majeur de votre programme. Laissez ce genre de trahisons a des gens comme Macron.

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  • Patrique // 01.06.2019 à 12h00

    “Se centrer sur la réforme qu’on veut faire est essentiel, sinon il existe un doute qui va être exploité par les opposants : c’est ce qui s’est passé en Grèce.
    La situation italienne n’est pas plus annonciatrice que le reste. Nous assistons à un processus de délitement, les choses sautent les unes après les autres. Je ne pense pas qu’on en soit actuellement à une sortie de l’euro de l’Italie, mais la situation participe à un processus qui amènera l’Italie à quitter l’euro. C’est un mécanisme qui va étape par étape, même si ce n’est pas immédiat, je suis persuadé que l’Italie va sortir de l’euro.”
    Vincent Brousseau (31/05/2018)

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    • Emmanuel Florac // 01.06.2019 à 15h47

      Dans le cas de la Grèce, Varoufakis l’a clairement expliqué: très rapidement, Tsipras n’a plus soutenu son “plan X”. Il avait été “retourné” par Merkel (ce qui, du point de vue de son intérêt personnel, a été un franc succès…).

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  • calal // 01.06.2019 à 13h24

    c’est une affaire a suivre. L’ue va t il mettre la pression sur l’italie, salvini va t il se coucher comme un tsipras grec? que va faire le parlement nouvellement elu? Est ce que les resultats des elections europeennes recentes va t il donner un avantage aux italiens contre bruxelles?

    y a t il de bonnes decisions a prendre pendant l’automne pour eviter que l’hiver ne vienne? ou la venue de l’hiver est ineluctable?

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    • Dafrhel // 01.06.2019 à 14h52

      On pressentait que, dans cette affaire européenne, le salut viendrait, à nouveau, de l’Angleterre. Mais, peut-être viendra-t-il, cette fois, de l’Italie ?

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      • septique // 01.06.2019 à 16h14

        L’Angleterre n’utilisant pas l’Euro on se demande ce qu’elle fait dans cette histoire. Laissons nos amis avec le Brexit..leurs politiciens se sont couverts de ridicule depuis 2 années…
        De Gaulle qui les connaissait bien ne voulait pas les voir faire partie de l’EU, il avait raison.

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      • ipk74270 // 01.06.2019 à 18h30

        Elle vient des deux et au bon moment…..
        départ de l’Angleterre = perte d’autonomie économique pour Bruxelles,
        émission de bons du trésor par l’Italie pour régler sa dette publique = perte d’autonomie financière pour Bruxelles
        et pendant ce temps là, ces cons de français sont majoritairement europhiles !!!!!!

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        • Antoine // 01.06.2019 à 21h35

          J’ai l’impression que vous mélangez tout. L’Italie émet des bons du Trésor, exactement comme la France, l’Allemagne ou n’importe quel pays ayant un gouvernement national désireux de s’endetter.

          Ici on parle des “mini-bots”, c’est-à-dire un titre de dette qui aurait la particularité de pouvoir être utilisé, de façon très limitée, comme monnaie, par l’État pour payer ses fournisseurs.

          Quant à l’autonomie financière de Bruxelles, je ne vois pas le rapport. L’Italie n’a pas annoncé qu’elle cesserait de payer sa contribution au budget communautaire…

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          • septique // 01.06.2019 à 23h21

            Seulement l’impression..ici il y a un curseur pour l’économie, les banques centrales, le röle de la BCE, l’économie chinoise ou russe, la faillite du $ us, etc, plus le niveau d’appréciation est élevé plus c’est erroné ou illogique tout simplement, comme ici.

            On remarque que l’Italie émet des bons du trésor et que Bruxelles perd de son autonomie…diable…aucun lien…une acrobatie financière qui m’échappe…il est évident que Antoine a totalement raison.

            J’adore la phrase l’Italie émet des bons du trésor pour régler sa dette publique…les bons du trésor font partie de la dette publique…

            On peut aussi rappeler a lpk74270 (ca fait code postal…) que la GB va devoir débourser près de 50 milliards d’euros, ses engagements, peu importe…ce qu’elle négocie, le Brexit ce n’est pas gratuit.

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            • RGT // 02.06.2019 à 08h54

              Si les italiens parviennent à se faire “répudier” par l’UE et la BCE ils n’auront STRICTEMENT RIEN À PAYER pour leur sortie.

              C’est bien plus intelligent que le BREXIT car ils ne seront PAS à l’origine de cette sortie mais pourront prendre une posture de victimes, et donc, retrouvant leur entière souveraineté, pourront tout à fait refuser de payer pour cet affront.
              Finalement les italiens sont beaucoup plus malins que les autres.

              Et à mon avis ça donnera de bonnes idées à tous les autres “canards boiteux” de l’UE qui rêvent de quitter le navire sans bourse délier (Hongrie, Pologne, République Tchèque, et pourquoi pas Portugal et autres si affinités).

              Les derniers à rester seront ceux qui auront le plus de difficultés pour s’asseoir et ce sera la foire de l’empoigne pour déterminer qui se fera le plus essorer.

              À ce petit jeu, j’ai la certitude que ce seront les français et les belges qui paieront et que l’Allemagne (qui aura été le plus grand bénéficiaire de l’opération) ne payera strictement RIEN.

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            • Chris // 02.06.2019 à 10h02

              “la GB va devoir débourser près de 50 milliards d’euros”
              Pas si sûr !
              Le RU paiera à hauteur de ses engagements antérieurs, soit une trentaine de milliards, récupérera sa pèche et chantiers navals au grand dam de la France et du reste; le budget de fonctionnement de l’UE s’en verra réduit, ce que rendra moins dociles les ex-républiques de l’Est… sauf compensations et/ou occupation plus intensive de l’OTAN pour autant qu’elle soit abondée par l’UE et Washington. Très atomisant !
              Je doute que le RU se fasse arnaquer par les prétentions d’un Barnier & Consorts, d’autant plus que ce sera probablement un Allemand qui prendra la présidence de la Commission, voire aussi de la BCE, ce qui agira comme répulsif supplémentaire.
              Si la France ne sort pas de ce bourbier, les “trains” en direction de l’Allemagne vont continuer de la vider…
              Toute la clique qui a imaginé l’UE et l’Euro et ses suiveurs devraient être passés par les armes. Ils le savent d’autant mieux qu’un Sarkosy a fait biffer le délit de haute trahison.

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            • septique // 02.06.2019 à 19h45

              Si les italiens parviennent à se faire “répudier” par l’UE et la BCE ils n’auront STRICTEMENT RIEN À PAYER pour leur sortie…ah c’est la meilleure…les dettes de l’état italien restent, elles sont en euro pour le moment…

              Les pays comme la Pologne, etc, recoivent beaucoup plus que ce qu’ils contribuent à l’EU, on se renseigne avant d’écrire…

              Quand a Monsieur Chris…il doit ignorer le principe de transmission des traités (entre autre choses…). Pour résumé la GB doit assumer l’ensemble de ses obligations peu importe la forme que peut prendre son organisation ultérieure..les chantiers maritimes…ou..?..depuis quand..?..c’est une industrie totalement dévastée par les politiques de Maggie, comme le rail ou le NHS..

              La reine et sa famille étant au RU les plus grands bénéficiaires des subventions agricoles..ceux-la ne vont pas trouver l’aventure plaisante…

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  • pasenax // 01.06.2019 à 14h45

    La mise en oeuvre progressive d’une monnaie parallèle est probablement la solution qui minimise les dangers. Je note que c’est la solution préconisée par Poisson et le PCD. Eux aussi sont parfaitement convaincus des méfaits de l’euro sur notre économie. Eux aussi disent qu’il n’est pas possible de quitter brutalement l’euro, et qu’il n’est même pas envisageable de dire qu’on souhaite quitter l’euro. Eux aussi proposent une deuxième monnaie. Ensuite, il suffit de donner progressivement des avantages à cette deuxième monnaie sous divers prétextes (écologie, droit des femmes, circuits courts, bref tout le politiquement correct) et lorsque elle a pris suffisamment d’essor, le gouvernement prend les moyens constitutionnels, à froid et par surprise, de désigner cette monnaie comme la monnaie nationale.

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  • D’Aubrac // 01.06.2019 à 15h01

    Enfin ! Un acte concret de répudiation de l’euro, même s’il n’est pas présenté de la sorte, (pas encore?).

    Enfin ! Le commencement d’un véritable rapport de force, Lega/Bruxelles. (Notons au passage que les forces eurosceptiques sont largement majoritaires en Italie à l’issue des Européennes, il n’est donc pas innocent que la création des Mini Bo Ts intervienne au lendemain du scrutin ).

    Enfin ! Une initiative qui ouvre une petite fenêtre dans la prison mentale et psychologique qui asservit les drogués à l’euro-apparent que nous sommes devenus.(ce ”bon” euro-apparent des voyageurs sans entrave qui masque l’euro-dur, instrument du chômage, de la casse industrielle, de la précarisation, du dumping social, de la divergence des économies de la zone, etc).

    Une vraie partie -politique, au bon sens- va peut-être se jouer.
    On peut regretter que cela soit sous la houlette d’un Salvini.
    Mais les gauches grecque, française et ibériques n’ont-elles pas démontré leur impuissance à affronter la question ?

    Et à tout prendre, cela vaudra mieux que la prison à vie, où la mort par lent étouffement.

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  • Loredana // 01.06.2019 à 15h19

    je ne crois pas que l’Italie, ou mieux, le gouvernement italien vise à la sortie de l’euro. Il serait trop dangereux politiquement d’assumer la”faute” de la dissolution de l’euro. L’idée serait plutôt de provoquer la dissolution de l’euro, tout en restant formellement dans la légalité des traités.
    C’est à dire: les mini-bots ne sont pas interdit et ne violent aucune loi européenne, ils sont nécessaires à la reprise de l’économie, mais, en même temps, ils sont une menace au pouvoir de la Commission, de la BCE et de l’Allemagne, qui ne peuvent pas s’y opposer. Leur mise en circulation est un défi à ces institutions, une menace pour l’euro. La seule réponse possible serait d’exclure l’Italie de l’euro, ce qui provoquerait la dissolution de l’euro par la main des institutions elles-mêmes : je crois bien que c’est le but, provoquer la dissolution de l’euro, qui est de toute façon condamné à bref ou moyen terme.
    La BCE pourrait toujours tenter la voie de la menace par les marchés et par le spread, mais l’Italie n’est pas la Grèce, et une mise en faillite (ou sur la voie de la faillite) de l’Italie mettrais en jeu la finance et l’économie mondiale. Draghi ou son successeur seraient-ils disposés à prendre ce risque?
    Finalement, l’Italie a toutes les cartes en main: un pays en excédent commercial, en avance primaire sur le déficit public, avec une dette détenues aux 2/3 par les italiens sous loi italienne à 95%, craint très peu la banqueroute, et politiquement, la méchante EU aura provoqué le seul default de l’Italie depuis sa naissance ( Allemagne: 3 fois)

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    • septique // 01.06.2019 à 16h36

      La BCE pourrait toujours tenter la voie de la menace par les marchés et par le spread..j’ignore si les gens qui ont approuvé votre commentaire savent ce qu’est un spread…en plus un terme anglophone ca fait branché…

      La BCE n’a pas de contrôle sur les arbitragistes et l’écart des taux, hier, la progression de cet écart, n’est pas une bonne nouvelle. Personne ne peut dire qu’elle pourrait-être le cours éventuel de la lire ou d’un franc français, in-fine le risque majeur est celui d’une inflation destructrice.

      Sapir se garde bien de pronostics à ce sujet

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      • Loredana // 01.06.2019 à 17h07

        La BCE est pratiquement le seul acquéreur des titres de dette italiennes (avec les banques italiennes), elle arbitre ainsi.

        Les intérêts restent encore très bas, et je ne suis pas sure que les faire augmenter beaucoup soit une bonne idée, c’est une manière d’obliger l’Italie à sortir ou faire default… (ah, les euroméchants…qui nous poussent à la sortie!)

        L’inflation aujourd’hui? on en prendrais bien une bonne louche!
        la dernière fois qu’on a dévalué de 20 % en 1992, en a suivi une inflation d’environ 5%, et on n’était pas dans celle qui ressemble fort à une déflation par la dette.

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        • septique // 01.06.2019 à 17h44

          Les banques françaises sont très exposées aux dettes italiennes la BCE n’est pas le seule acheteuse..il ne s’agit pas des taux d’intérêt fixé par la BCE il s’agit des taux que l’Italie doit payer auprès de ses prêteurs….qui ne font pas de cadeaux.

          https://www.bdor.fr/actualites-or/economie/quelles-sont-les-banques-les-plus-exposees-a-la-dette-italienne

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          • Diego // 02.06.2019 à 01h05

            Il y a un proverbe qui dit: si je vous dois 100 euros j’ai bien un problème, mais si je vous dois 1.000.000 d’euros, alors c’est vous qui avez un problème!…

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            • septique // 02.06.2019 à 03h29

              Les proverbes n’ont rien à voir avec les comptabilités publiques….par contre la faillite des banques italiennes on va en entendre parler…

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  • Loredana // 01.06.2019 à 15h41

    puis, j’oubliais le soldes Target 2, que l’Allemagne veut considérer comme des dettes : ce sont une mesure comptable qui remplace les balances des paiements à l’intérieur de la zone euro, pour mesurer les flux de capitaux à l’intérieur de la zone, où tous les paiements se font en euro avec pouvoir libératoire : une Porsche (on ne se refuse rien) payée par un italien à un allemand est effectivement payée, mais génère un solde Target négatif pour l’Italie, mais on ne va pas la payer 2 fois; les capitaux qui s’échappent d’Italie vers l’Allemagne ne sont plus en Italie, mais ils génèrent aussi un solde négatif, mais cela ne veut pas dire qu’il faut en plus rembourser les allemands!

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    • Glbert Gracile // 02.06.2019 à 00h13

      moi, quand je vois ce bazar, je me demande ce qui est pire, rester ou sortir… la maison est tellement délabrée, avec plein d’étais imbriqués les uns aux autres… quand on va bouger un truc, tout va se casser la figure… simplement, quand une maison s’effondre, elle s’effondre sur ceux qui sont dedans… hors, ceux qui sont dedans, c’est nous, les peuples… alors je me demande ce qui est le pire…
      D’ailleurs on le voit bien, même avec les gilets-jaunes : les gens ont trop à perdre et trop peu à gagner pour tenter de grandes choses… et je pense que, au fond, c’est pareil dans toute l’Europe. Après tout, même appauvris, on reste beaucoup plus riches que les pays pauvres. Alors, les gens ne savent peut-être pas très quoi bien penser. Et puis, la dynamique de l’Histoire nous est-elle vraiment favorable, à nous peuples occidentaux repus, déculturés et vieillissants ? J’en doute…

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  • septique // 01.06.2019 à 15h57

    Le gouvernement italien a annoncé hier qu’il n’avait pas l’intention de mettre en place des mini BOTS comme le présente Sapir.

    https://www.zerohedge.com/news/2019-05-31/five-star-capitulates-will-back-salvinis-tax-cut-plan-rome-denies-parallel-currency

    Le trésor italien a suffisamment de problèmes avec le financement de sa dette (qui vogue vers les 140 % du PIB) et doit maintenant payer des taux d’intérêts élevés (le risque a un prix). Les banques françaises sont très exposées à la dette italienne.

    Une des absurdités proposées par Salvini est une ‘flat tax’ à la Trump, le même taux d’impôt pour tout le monde, les riches se réjouissent, une initiative applaudie par les néo-libertariens. Dans le contexte italien ceci va permettre d’appauvrir encore plus le sud de l’Italie. Avec ce genre de mesure on espère toujours une relance de la consommation qui ne viens jamais…Il y a aussi toute une collection de privatisations et de ventes d’actifs (comme Alitalia…) pour tenter de renflouer la caisse, comme en Grèce…

    La désindustrialisation du nord de l’Italie, les entreprises parties ailleurs ne reviendront pas, la stagnation de la partie sud du pays, la corruption politique et financière, la déliquescence de l’état, de ses institutions (éducation, santé, transport), la mafia présente partout, sont les causes du marasme italien..

    En plus pas qualifiée pour la coupe du monde de football en 2018..Mamma Mia…

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    • Diego // 02.06.2019 à 01h30

      Faux. Le ministère italien des finances (et pas le gouvernement italien dans son officialité) a simplement dit que le projets des minibots n’étaient pas à l’étude à l’heure actuelle, ce qui est une évidence banale puisque la loi n’existe pas encore! Mais ce n’est pas le ministère des finances qui décide. L’Italie est une République parlementaire, et c’est bien le parlement qui a le pouvoir de mettre en place les minibots par une loi spécifique. Ensuite le gouvernement et le ministères compétents exécutent la loi. Point. Et dans le parlement italien actuel les eurosceptiques sont largement majoritaires.

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      • septique // 02.06.2019 à 03h37

        Pour le reste..? la flat taxe…Pas de commentaires…?..je suis prêt à parier un rouble que rien ne va se passer Salvini ne tient pas à renflouer les banques italiennes…tout simplement. Et a près 140 % du PIB comme endettement il ne tient pas a ressembler à l’Argentine…

        The Treasury denied that it planned to issue the mini T-bills to help repay public administration suppliers and creditors, according to a statement

        Vous avez lu le lien aimablement fourni ?

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  • Désert des Tartares // 01.06.2019 à 16h48

    Très intéressant …., et je souhaite à nos amis Italiens de réussir !
    J’en tire deux conclusions :
    # Qu’en est-t’il de la solidarité Européenne qui devait nous guérir des guerres ?
    # Qu’adviendra-t’il de la France dans sa dérive Européiste ?

    Par ailleurs, je n’ai pas voté Mélenchon à ces Européennes pour la principale raison que sa position sur l’Europe et l’Euro est plus que floue

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  • Ulrich // 01.06.2019 à 17h03

    On peut imaginer aussi que les autorités européennes laissent faire. Après tout, ces bons n’auraient pas de valeur en dehors de l’Italie. S’ils ne sont utilisés qu’entre l’Etat et les entreprises, ils auraient pour effet de réduire le montant des dettes entre ces entités. Pour les échanges inter-européens, cela ne changerait rien, cela serait même profitable puisque les entreprises Italiennes se dégageraient des réserves en euros. Mais bien sûr, les autres pays de la zone euro suivraient alors rapidement l’exemple italien, et l’euro de “monnaie unique” serait rabaissée au rang de “monnaie commune”. Ce qui irait à l’encontre du projet européen de fédéralisation par la monnaie.

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    • Loredana // 01.06.2019 à 17h20

      les minibots sont une menace pour l’emprise des institutions européennes sur le budget de l’état, la renaissance d’une forme de souveraineté et de pouvoir de l’état (bête noir du néolibéralisme), pour la finance, ils mettent en doute la pérennité de l’euro (et de Deutsche Bank)
      En Allemagne depuis quelques temps des économistes proches du gouvernement veulent mettre en place un système de paiement Target 3 qui reviendrais à donner une valeur différente à l’euro-lire, l’euro-mark, l’euro-franc, l’euro-pesetas, etc.
      Ainsi soit-il!

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  • Vincent P. // 01.06.2019 à 17h32

    Personne ne dit si les soldats de l’OTAN massivement présents dans les bases italiennes pourront payer en mini-BoTs .
    Parce que Salvini semble plutôt bien s’entendre avec cette institution, et est complètement ok avec le déploiement-en cours- des nouveaux Nukes “tactiques” américains (du prix Nobel de la Paix Obama, je crois)
    Du coup je me demande jusqu’à quel point il est raisonnable de l’encenser, tout fâché contre Juncker soit-il.
    La crise de l’Euro pilotée pour masquer l’effondrement du système US ? Humf : qu’on spire à sionniste, sans doute.

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  • Chris // 01.06.2019 à 18h33

    J’adore tous ces discours sur le méchant Euro . On oublie que de 99 à 2005 ( Euro en place ) l’Allemagne avait les mêmes problèmes que la France ( chômage élevé , croissance faible ) mais qu’ensuite ça s’est arrangé avec l’agenda 2010 de Schröder . Pourquoi elle , grâce ou malgré l’Euro s’en elle sortie ? Ça me rappelle le dicton sur la poutre et la paille . Si je cours contre Usain Bolt et que l’on porte chacun 25 kg sur le dos , je vais perdre . Alors prétendre que lui va plus vite à cause du poids et moi moins vite à cause du même poids , ben comment dire heu non ce n’est pas ca .

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    • Alfred // 01.06.2019 à 20h09

      Creusez peut etre le sujet relativement à la sous évaluation du mark et la suréavluation d’autres monaies “figées” dans l’euro. Au besoin sur ce blog.
      L’image de l’euro comme charge identique pour chaque coureur est erronée. Tant qu’à prendre une image de coureurs je vous propose celle -ci (elle est presque aussi nulle): Visualisez une course de type iron-man où il n’y a que des quantités limitées aux ravitaillements et les vélos ne sont pas tous de la même qualité: les premiers prennent tout et se renforcent et les derniers ne trouvent rien sur le parcours et s’affaiblissent. Surtout personne n’a le droit de quitter le parcours pour se restaurer ou d’abandonner la course.

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    • MountainSeb // 01.06.2019 à 21h37

      Là Chris vous oubliez que personne ne nie que l’Euro a effectivement profité à l’Allemagne. Son économie industrielle et exportatrice s’est réjouie de voir arriver ce “deutsche mark” dévalué. L’Allemagne s’en est sortie grâce à l’Euro qu’elle a défendu et dont elle a imposé les critères au mieux de ses intérêts, mais des économies plus importatrices comme la France, l’Espagne ou l’Italie en ont énormément souffert. Ajoutons que l’Allemagne a mis en coupé réglée économique les pays de l’Est européen et a milité pour leur intégration à l’UE et à l’Euro, s’ouvrant les portes de leur marché naissant.

        +9

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      • septique // 02.06.2019 à 03h46

        On ne peut dépenser plus que ce que l’on gagne…et les pme/pmi allemandes sont des machines exportatrices, les gens ne font pas grève en Allemagne, le syndicats collaborent, il y a un système intelligent d’apprentissage, une éthique du travail, rien de tout ceci en France, cher pays…le système allemand c’est AUSSI comme le système suisse pas un hasard, des résultats identiques.

        Ajoutons que l’Allemagne a mis en coupé réglée économique les pays de l’Est ..surtout en Allemagne de l’Est mais les firmes françaises n’ont pas été timides..Peugeot, Renault, etc..un peu de vérité ?

        L’Euro a le dos large, très large…toujours la faute de quelque chose d’autre en France.

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        • Ando // 02.06.2019 à 22h48

          C’est toute la question. Les Français ne sont pas des Allemands. Histoire collective, culture, sensibilité, traits nationaux, densité industrielle (née avant l’unification allemande), etc… tout est différent. L’économie allemande est le résultat de la combinaison de ces mêmes ingrédients en Allemagne. Quel moyen magique utilisez-vous pour que ces ingrédients issus d’une très longue période deviennent subitement ceux de notre pays?. C’est chose bien entendu impossible et personne du reste n’exige que la France devienne l’Allemagne. Une fois l’euro abandonné, l’Allemagne conservera sa morne discipline salariale et sa fade concertation syndicale, la France, pays d’ingénieurs, renouera avec les dévaluations compétitives et sa créativité industrielle. Ou est le problème si ainsi notre pays relance son économie et dope son PIB?.

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      • Chris // 02.06.2019 à 10h23

        “L’Allemagne s’en est sortie grâce à l’Euro qu’elle a défendu”
        Plutôt grâce au dumping salarial facilité par l’annexion de l’ex-EDA et l’arrière-cour des ex-républiques soviétiques, des gens éduqués et corvéables à merci… et un marché tout trouvé pour ses produits relabellisés !
        Ce sont ces circonstances qui, sous la houlette américaine (drang nach Ost), ont fait la bonne fortune industrielle de l’Allemagne réunifiée. A cela s’ajoute bien sûr un euromark.

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    • Gleux // 01.06.2019 à 22h34

      Pour comprendre le pourquoi, il faut regarder l’évolution du taux de change sur la duré. Entre 1945 et 1999, le mark s’appréciait sans arrêt vis à vis du franc et encore plus vis à vis de la lire. A partir du moment ou le taux de change est fixe, les effets se font sentir petit à petit et de plus en plus avec le temps qui passe.
      Pour reprendre votre métaphore avec Usain Bolt, c’est comme si vous partiez tous les deux avec 25 kg, mais tous les quatre mètres, son poids s’allège de 1 kg quand le votre augmente de 1 kg, au bout des 100 mètres , Bolt ne porte plus rien et vous vous avez une charge de 50 kg, vous allez perdre aussi, même si vous vous entraînez comme un damné, mais vous pourrez dire que les règles ne sont pas justes.

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  • Antoine // 01.06.2019 à 19h52

    Un exposé très intéressant. Tout de même, je suis circonspect vis-à-vis des conséquences tirées par J. Sapir :

    > Ce système aboutirait dans les faits à assouplir les règles budgétaires pour l’Etat italien (tout nouvel engagement financier serait financé en « Mini-BoTs »).

    Je ne comprends pas vraiment pourquoi. Les Mini-Bots ne sont utilisables que pour régler les dettes fiscales des entreprises. Donc un engagement financier de l’Etat ne peut être financé en mini-Bots que si en face un montant équivalent des recettes fiscales est reçu en mini-bots (même si ce n’est pas forcément la même entreprise qui paie)… car les entreprises n’ont guère intérêt à thésauriser une monnaie virtuelle à l’avenir aussi incertain.

    Or, si on veut considérer qu’un engagement financier en mini-bots ne compte pas (comme dépense) vis-à-vis des règles européennes, symétriquement on ne peut pas non plus demander qu’une recette fiscale reçue en mini-bots puisse compter (comme recette) vis-à-vis des règles européennes. Bref, on ne peut « sortir » un montant X des dépenses de l’État via les mini-bots que si, cette année ou l’année suivante, on « sort » aussi grosso modo un montant X des recettes de l’État via ces mêmes mini-bots.

    Vis-à-vis des règles européennes, cela ressemble donc beaucoup à un jeu à un somme nulle et non à un moyen de les contourner. Sauf à forcer les entreprises italiennes à thésauriser les mini-bots, ce qui ne va pas forcément leur faire plaisir (imaginez qu’on vous force à thésauriser une pseudo-monnaie à l’avenir incertain, genre des bitcoins…).

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  • Antoine // 01.06.2019 à 19h54

    Suite et fin de mes remarques, puisque sinon le message aurait été « trop long » (sic, alors qu’il n’y en a en tout et pour tout que 2600 signes…).

    > Ce qui permet, alors, d’imaginer qu’une entreprise ayant reçu des « Mini-BoTs » de l’Etat en paiement d’une dette accumulée sur un marché public, pourrait payer ses salariés en partie ou en totalité en « Mini-BoTs », les dits salariés, les utilisant pour payer leurs impôts ou leurs cotisations sociales.

    On peut l’imaginer, mais ce n’est pas ce que dit la mesure votée et décrite ici. Elle ne concerne que les dettes fiscales des *entreprises*. Pas des particuliers.

    > Si les « Mini-BoTs » devaient acquérir un pouvoir libératoire étendu, s’ils devaient être utilisés par les ménages pour payer les commerçants, alors on pourrait parler de la création d’une « monnaie parallèle », avec toutes les implications qu’un tel système aurait sur le maintient de l’Italie dans la zone euro.

    Tout à fait. Mais je doute qu’une telle mesure soit votée à l’unanimité, ni qu’elle se fasse sans bruit en Italie.
    Rappelons, de plus, que le président italien (Mattarella) a pouvoir de refuser de promulguer toute loi qu’il juge inconstitutionnelle…

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  • moshedayan // 01.06.2019 à 22h19

    A lire Septique , les Italiens sont foutus et jamais ils ne pourront se redresser, l’euro n’a rien à voir avec tout cela.
    Donc l’Italie est quasi morte pour des dizaines, centaines d’années voire un millénaire. C’est avec de tels raisonnement que l’on s’enfonce tous. Merci encore

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    • septique // 02.06.2019 à 04h16

      Je me souviens lors de mon dernier voyage en Sicile avoir pu admirer ces routes qui ne mènent nulle part, ces ponts sans route y menant..au-dessus de rivières..gracieuseté de la mafia locale qui a utilisé les subventions de la CEE et a dirigé celles-ci vers ses entreprises mafieuses.

      L’Italie est aussi le pays qui recoit per-capita le plus de subventions pour son industrie laitière et particulièrement en Sicile..ou il n’y a pas pratiquement de vaches…vous me direz c’est la même chose…en Corse..ou les subventions se multiplient plus vite que les vaches…

      Et bien oui mon cher moshedayan les problèmes italiens sont bien plus graves que l’Euro…c’est bien dommage.

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      • Loredana // 02.06.2019 à 10h17

        poncifs et propagande, la corruption en Italie est “ressentie” parce qu’on en parle, en France et ailleurs, notamment en Allemagne, c’est sous le tapis,sauf de temps en temps, quand quelqu’un ne joue pas le jeu.

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        • Michel Le Rouméliote // 02.06.2019 à 11h56

          Très juste ! Il n’y a qu’à voir en France : on n’a soi-disant plus un rond et, pourtant, les villes n’arrêtent pas de faire des ronds-points, des trous partout pour des aménagements urbains aussi laids qu’inutiles ! Sans parler des autoroutes qui ne servent à rien en Grèce, Croatie ou Slovénie !

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      • Chris // 02.06.2019 à 10h29

        Ponts et routes qui ne mènent nulle part ?
        Pas seulement en Italie. Vous avez la même chose en Espagne, pas encore dans les pays de l’Est, vu le retard infrastructurel, mais ça pointe déjà…

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        • moshedayan // 02.06.2019 à 17h10

          Merci, Chris de donner un peu d’espoir. A en croire Septique, l’Italie ne vaut plus rien Pourquoi produisent-ils encore Ferrari ou la 500 (c’est vrai en partie en Pologne aussi)? Ils avaient inventé le start’n go sur la Ritmo, le moteur non-interférentiel Fire sur la Uno déjà. Mais bon certains préfèrent “made in Germany” et se réjouissent du sort des peuples “corrompus, voués à la Décadence” à la Borghia. C’est comme ça qu’on construira une UE d’êtres disciplinés, “arbeit ! arbeit!” et qui ferment leurs g… (oups censure autorisée).
          Votre Emmanuel Todd a bien compris l’enjeu de visions des société et de la famille dans cette UE allemande. Merci Chris encore.
          (ps. j’aime le styles sobres de certaines voitures allemandes. Quant à la fiabilité de certains modèles – skoda oui – c’est allemand maintenant hélas pour nous car il n’y a plus aucun savoir-faire chez les ingénieurs tchèques, mais vous verrez moins de BMW en Slovaquie – dans les Tatras surtout (prix élevé, fiabilité électrique en doute en hiver).

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  • Macarel // 01.06.2019 à 23h54

    Une monnaie parallèle pour retrouver la croissance ! Mais quel type de croissance exactement ?

    Car pour “croire à une croissance infinie dans un monde fini, il faut soit être un fou, soit un économiste.”
    Kenneth Boulding

    Ce dont nous souffrons plutôt, c’est d’une très mauvaise répartition de la richesse, aussi bien à l’intérieur des pays, qu’entre les pays. La décroissance des ressources matérielles non renouvelables est dans le futur inéluctable (et pour certaines dans un futur pas si lointain) : à moins d’un miracle de la science à ce jour fort improbable. Donc, dans le contexte d’une décroissance due à l’attrition de ces ressources matérielles, si cette décroissance ne se fait pas avec une réduction concomitante des inégalités et un meilleur partage, alors l’humanité va traverser des périodes très sombres et très troublées, ce d’autant plus, qu’elle n’aura démographiquement jamais été aussi nombreuse sur cette Terre. Le “gilets jaunes” apparaîtront comme de gentils “enfants de choeur” à côté des révoltés d’un possible monde à la Mad Max…

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    • Antoine // 02.06.2019 à 00h13

      > La décroissance des ressources matérielles non renouvelables est dans le futur inéluctable

      Franchement je ne vois pas pourquoi. Les ressources utilisées ont beaucoup varié au cours de l’histoire. Par exemple, on ne fait plus guère d’armes en bronze ni de navires de guerre en bois. Il n’y a donc aucune raison que l’on soit condamné à utiliser les matériaux actuels pendant des siècles. Par exemple, on peut utiliser moins de charbon sans entrer en décroissance…

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      • septique // 02.06.2019 à 04h32

        La production minière a été multiplié par 4 les 20 dernières années (à cause de la Chine). C’est intenable, le recyclage à des limites que l’on ne peut dépasser (cuivre par exemple, plastiques, bois) Il y a sur Thinker View une excellente présentation de Philippe Bihouix…(en fait plusieurs).

        https://www.youtube.com/watch?v=Oq84s9BLn14

        On commence a noter un manque de sable dans des pays comme le Maroc (pour faire du béton).

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        • Antoine // 02.06.2019 à 11h11

          Oui, et sous l’Ancien Régime on manquait parfois de bois (on a rasé des forêts entières pour construire des flottes de guerre). On n’a pas toujours utilisé et on n’utilisera pas toujours les mêmes matériaux. Il n’y a pas de raison a priori pour que dans les siècles à venir on construise toujours en béton. Sauf si on entre dans une ère de stagnation technologique durable, ce qui serait effectivement un très grave problème pour nos conditions de vie.

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      • Winny l’ourson // 02.06.2019 à 15h26

        Antoine, vous connaissez l’entropie ? L’effondrement des systèmes complexes ?
        Vous savez sur quoi est basée la pseudo- croissance actuelle ?
        1 l’énergie bon marché : Pétrole, charbon, gaz, le reste est marginal.
        2 Les métaux et terres rares
        3 L’endettement (la croissance a cessé en 1973, depuis on parie sur une croissance future en émettant des bons du trésor).
        4 Une agriculture totalement dépendante des 3 précités.
        5 J’oubliais le principal, l’exploitation des 3/4 de la planète au bénéfice de 1/4. (un détail quand on est du bon coté de nos merveilleuses démocraties qui vivent sur le sang des autres).
        Et vous, vous regardez le passé et le transposez dans l’avenir, c’est beau mais cela n’a jamais fonctionné.
        Quand la réalité change, il faut changer de paradygme.

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      • Valérian // 03.06.2019 à 17h53

        S’il est exact que nous exploitons des ressources nouvelles avec le temps nous n’abandonnons pas pour autant les anciennes. Les nouvelles ressources ne se substituent pas aux anciennes mais s’additionnent. Par exemple l’Homme n’a jamais extrait plus de charbon qu’aujourd’hui alors même qu’il dispose de sources énergétiques nouvelles. La demande de tout type de ressource explose sauf quelques exceptions. En tout cas ce qui est certain c’est que toute ressource épuisée ne pourra plus être exploitée.

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        • Antoine // 03.06.2019 à 22h01

          On peut affiner l’analyse. Le charbon a été largement remplacé dans des pays comme la France. Il est donc possible de le remplacer sans passer en décroissance, même si d’autres pays continuent à l’utiliser.

          Le vrai problème, c’est qu’il reste en réalité *beaucoup* de ressources hydrocarbures fossiles (charbon, pétrole…), qui sont des sources d’énergie faciles à transporter et à exploiter, et il y a donc peu d’intérêt immédiat à hâter la transition vers autre chose.

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    • Alfred // 02.06.2019 à 00h27

      Une monnaie parallèle c’est juste une ruse qui peut permettre de dégager des marges de manœuvres pour entrer dans la décroissance (car il faut des ressources pour tout changement… même celui qui nous permettra de consommer moins de ressources).

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  • Jacques // 02.06.2019 à 00h35

    Juridiquement, il n’est pas permis à un Etat de quitter la zone Euro sans – en même temps ! – quitter aussi l’Union Européenne.
    On imagine le tableau : un Brexit sans accord (c’est en cours !) suivi d’un Italexit (avec accord ?) …
    “Joyeuse” pagaille en perspective !

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    • Chris // 02.06.2019 à 10h32

      Je pense que la crise financière globale imminente va agir comme un accélérateur.
      Pour un mieux ? Pa sûr !

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  • blot.dominique // 02.06.2019 à 09h00

    si l’Italie se détache de l euro,cela ne va t il pas donner la possibilité à d autres pays de le faire?
    si l’Italie se libere de la main mise de l’union européenne ,les pays pourront récupérer leur souveraineté
    tant salvatrice

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  • ien // 02.06.2019 à 11h36

    L’intelligence italienne n’est pas à démontrer. La sottise française non plus (Les “experts français” sont à l’origine de ce truc, la “monnaie unique. Merci au passage à Jacques Delors). L’Euro n’existe plus que par la volonté des politiques de la zone Euro de lui administrer des soins palliatifs. Qu’une bourrasque se lève, et il sera sans doute balayé. Du moins peut-on l’espérer, avec passion. M. Macron, “richement vêtu” d’Euro, se retrouvera en guenilles Franc. Songeons au côté amusant de cette tragique pantalonnade.

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    • Igor // 02.06.2019 à 21h04

      A mon avis la bourrasque en question va s’appeler Jens Weidmann furtur président de la BCE , parions que cela se fera avec l’aide de l’Italie , quelques mois après sa prise de fonctions ou quelques semaines l’euro aura cessé d’exister.

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      • Jérôme // 02.06.2019 à 23h30

        Vous vous trompez. L’Allemagne est le pays qui a le plus intérêt à conserver l’euro. Les allemands ne veulent pas défaire l’euro. Ils veulent juste imposer aux autres pays de la zone euro une discipline de fer pour que l’euro survive et que l’Allemagne continue ainsi à en profiter le plus longtemps possible.

        Le jour où l’euro éclaterait, le nouveau Deutsche Mark s’envolerait et la moitié de l’industrie allemande serait forcée de délocaliser ou ferait faillite.

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        • mbrissan // 03.06.2019 à 02h11

          Devant les creances pourries qu’ils ne cessent d’accumuler venant des pays du sud,
          il serait preferable qu’ils se debarassent de l euro le plus tot possible.
          Plus ils attendront et plus la déflagration et les pertes seront importantes pour elle.
          Le mark ne s’envolera pas, car il est taillé a la juste mesure par rapport a l euro.
          Ce sont les les monnaies du sud qui se devalueront.
          L industrie allemande est DEJA délocalisée dans son inter land (pays de l est sous son influence)
          Ce sont surtout les 1000 milliards de creances pourries qui lui seront payées en monnaies de singe qui la plomberont.

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          • Cépajuste (@Cepajuste2) // 03.06.2019 à 11h35

            Quelles créances pourries ? Si vous parlez de Target, c’est une créance virtuelle qui ne pèse pas sur l’économie allemande.
            L’Allemagne a une industrie forte, une croissance meilleure que celle de ses voisins (sauf tout dernièrement), elle a des excédents commerciaux et budgétaires. Certes, ce n’est pas seulement grâce à l’euro, mais l’euro y est pour beaucoup.
            Jens Weidmann ne sera pas le prochain président de la BCE. L’Allemagne préfère obtenir le poste de président de la Commission car elle sait bien que la BCE ne peut pas changer sa politique monétaire sans provoquer une grave crise financière, ce dont personne y compris l’Allemagne n’a intérêt.

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  • Cépajuste (@Cepajuste) // 03.06.2019 à 07h28

    Il y a un point important qui n’est pas abordé dans cet article, c’est la faisabilité politique et institutionnelle d’une sortie de l’euro par l’Italie dans la situation actuelle.

    Faisabilité politique car Salvini n’a pas de mandat pour s’engager dans un choix aussi important qui ne fait pas partie de son programme.

    Faisabilité institutionnelle car la constitution italienne ne permet pas, aujourd’hui, de s’affranchir des règles européennes, notamment budgétaires. On se souvient d’ailleurs du veto mis par le président Mattarella il y a un an, lorsque Salvini voulait nommer au ministère de l’économie un anti-euro notoire.

    Pour que l’Italie sorte de l’euro, il faudrait qu’il y ait des nouvelles élections et que la Ligue ait une majorité suffisante pour lui permettre de modifier la constitution italienne et d’élire un nouveau président de la république en accord avec la ligne politique de Salvini.

    Une sortie discrète, « sans le dire », est donc impossible.

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  • christian gedeon // 03.06.2019 à 10h37

    On a cru ,un bref moment,qu’une alliance des pays “du sud”,Grèce,Italie,Espagne et Portugal,pouvait avoir la volonté réelle de combattre le véritable terrorisme financier et économique exercé par l’Euro sur leurs économies.La Grèce est tombée au champ d’honneur en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire,l’Espagne et le Portugal,”socialistes”,ne jurent que par l’Euro et la soumission à Bruxelles,et les forces du Nord,Allemagne,Pays bas,Luxembourg et alliés comptent plus que jamais imposer leur domination…alors,bon courage aux Italiens. Et les Bots sont libéllés,s’il voient le jour….en Euros,n’est ce pas?

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  • guzy // 06.06.2019 à 11h27

    L’ami Sapir nous annonce la fin de l’€ depuis 2012. Je pense qu’il aura raison à la fin, mais l’idée que cela se termine d’un coup, à la suite d’une réunion de crise entre chefs d’Etat suivi de comités techniques ne correspond pas à la réalité. C’est un raisonnement juste techniquement. dans un monde rationnel économiquement, la crise de l’€ aurait dû l’emporter, mais nous avons affaire à une religion. Tout le monde est beaucoup trop engagée psychologiquement, émotionnellement même, dans cette affaire.

    L’effondrement de la croyance religieuse en occident (je parle du christianisme) qui arrive à son stade avancée aujourd’hui me parait être une bonne comparaison. Les gens encore croyants dans les années 60-70 ont progressivement quitté la religion, l’assistance à la messe est devenue plus épisodique, puis le fiston n’a pas baptisé ses enfants, puis un jour on se réveille en assumant qu’on ne croit plus. L’€ ça partira en lambeaux progressivement, avec des phases d’accélération. Je serai bien incapable de donner des dates. La façon dont le gouvernement italien agit est maligne. Pas d’attaque frontale, le truc se vide peu à peu de sa substance et puis un jour on se réveille en constatant que l’€ n’existe plus réellement, même si Rome (Brux-Francfort) entretient toujours ses bâtiments et les prêtres continuent de prêcher, et qu’on vit quand même.

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